ACTES DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX FONDÉE LE 25 JUIN ISIS Et reconnue comme établissement d'utilité publique far Ordonnance Royale du 15 juin i 828 Athénée Rue des Trois-Conils, 53 TOME LXIII ^ OCT 101935 BORDEAUX Y. CADORET, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE '17, RUE POQUELIN-MOLIÈRE, 17 1909 '/ ACTES LA SOCIETE LINNEENNE DE BORDEAUX DE LA SOCIETE LINNEENNE DE BORDEAUX FONDÉE LE © JUIL-UEX ISIS Et reconnue comme établissement d'utiiité publique 2iar Ordonnance Roijale du 1 5 juin iS28 Athénée Rue des Trois-Conils, 53 VOLUME LXIII BORDEAUX Y. CADOREÏ, IMPRIMEUU DE LA SOCIÉTÉ IJNNÉENNE 17, RUE POQUELIiX-MOLTÈRE, i7 1909 Docteur B. de NABIAS (1860-1908) NOTICE BlOliRAPlliOUE Le Professeur B. de NABIAS ANCIEN PRESIDENT DE LA SOCIETE LINNElîNNE M.-B. LLAGUET, Secrétaire général. Le 17 février 1908, notre Société a subi une perte cruelle en la personne de notre éminent collègue le professeur de Nabias. Des voix plus autorisées que la mienne auraient pu vous rap- peler, d'un trait plus saillant, l'étape glorieuse de son passage dans nos rangs. Ce n'est, en effet, ({ue sous l'empire d'une affec- tion profonde, d'une vénération presque filiale et sous l'impres- sion encore poignante des heures de veillée que je pourrai tra- duire le sentiment admiratif de ceux qui l'ont vu dans nos assemblées et ont subi l'autorité bienfaisante de sa présidence. Me rappelant qu'il fut mon parrain à la Société, je ne pourrai que donner libre cours à mes larmes et laisser mon cœur sup- pléer à la science de celui que vous avez désigné pour être votre rapporteur. M. de Nabias est entré dans notre Compagnie le 26 avril 1893, présenté par MM. de Loynes et Dubreuilh. Tome LXIII. î qi Ses travaux remarquables, ses titres scientifiques et universi- taires formaient déjà à son nom une brillante auréole; sa haute valeur morale, la finesse de sa pensée, la justesse de ses con- seils lui gagnèrent rapidement toutes nos atFections. Il était bon et juste; toujours d'une simplicité encourageante, il donnait à ses relations un tel attrait de bienveillance qu'elles se transfor- maient parfois en liens de solide amitié. Si je n'ai pas eu le bonheur de le voir aux séances alors que, moins absorbé par ses fonctions à la Faculté, il avait encore quelques soirées de liberté, j'ai pu cependant, dès ma réception à la Société, recueillir l'écho unanime des sympathies qui l'en- touraient. Assidu aux réunions, il prenait toujours une part active à tous les travaux et donnait souvent des explications lumineuses, éclairant d'une brillante simplicité les faits les plus obscurs et les conceptions les plus énigmatiques. « Il sait tout », déclara un jour un de nos maîtres vénérés, Henry Brochon. Notre collègue avait, il est vrai, touché à toutes les branches de la science : plantes, animaux, minerais; aucune partie des études biologiques ne l'avait laissé indifférent, et c'est toujours avec une avidité curieuse et une heureuse clair- voyance qu'il analysait l'évolution lente et féconde de la nature. Armé d'une science vaste et précise, secondé par une observa- tion de la plus grande finesse, doué d'une mémoire puissante et très fidèle, il pouvait toujours et de tout donner une savante explication. De caractère cependant modeste, il ne faisait point un vain étalage de ses profondes connaissances et ce n'est qu'après le feu de la discussion, quand les dernières étincelles n'avaient pas suffisamment fourni de clarté, qu'il entr'ouvrait SCS lèvres pleines de bonhomie et de douceur pour faire goûter à tous les fruits d'une supérieure leçon. Ces remarquables qualités ne pouvaient que le désigner promptement au choix d'honneur de ses collègues, et c'est quel- ques mois seulement après son admission qu'il entra au Conseil. En 1895, il fut nommé secrétaire général, puis successivement devint vice-président le 2 juin 1897, et le 10 novembre fut élu président de notre Société. C'est pendant les deux années de sa présidence que Ton put goûter le charme pénétrant de sa parole et subir le joug agréable de son autorité réconfortante. D'une délicatesse à toute épreuve, il savait concilier les opinions les plus diverses et, sous sa ferme direction, chaque tournoi scientitîque se clôturait toujours par la plus agréable solution. Mais l'empreinte idéale de l'être supérieur, qui en avait fait l'élu de nos assemblées, le désigna bientôt au choix de ses col- lègues de l'Enseignement et, le 19 janvier 1898, à l'unanimité, il fut nommé doyen de la Faculté de médecine et de pharmacie. Dès lors il ne put, absorbé par la lourde charge qui lui incombait, nous donner qu'à de très rares intervalles le bonheur de sa présence; et, quand après six ans de captivité adminis- trative, en 1904, malgré les sollicitations encore pressantes de ses collègues, il résilia ses lourdes fonctions, il n'aspira qu'au moment heureux où il pourrait revenir parmi nous. C'est à cette époque qu'il me fut plus particulièrement permis de travailler à ses côtés, qu'il m'aida de ses conseils, dirigea mes rapports et ne cessa de me prodiguer ses précieux encoura- gements. Donnant même toute la mesure de sa confiance, il voulut bien me soumettre ses derniers travaux pour les présenter à l'une de nos assemblées. Je me souviens que déjà la dernière séance du mois d'août était proche, l'année avait pourtant été chargée et la fatigue était extrême, mais scrupuleux du devoir à remplir, il prépara sa note, elle fut publiée. Il vint à notre fête d'Arcachon le 2 juillet 1905 et, Tannée suivante, il voulut encore participer à celle de Langoiran. Qui de nous ne se souvient de l'arrivée subite de notre collègue, au milieu du banquet; sa belle physionomie venant compléter le cadre charmant de cette réunion sur les bords enchanteurs de la Garonne? C'était, hélas, la dernière vision qui allait nous rester de ce Maître Linnéen. L'automobile qui, au milieu des acclamations, le remporta, semblait déjà nous donner le signe précurseur d'un trop hâtif départ. En effet, quelques mois s'étaient écoulés à peine, qu'un mal implacable allait, dans une lente agonie, le ravir à notre chère affection. — 4. Les étapes rapides de sa vie furent on ne peut plus brillam- ment parconrues. Né le 15 août 1860 à Montaner, village des Basses-Pyrénées, Barthélemy-Marie-Napoléon de Nabias débuta dans l'enseignement comme répétiteur au Lycée de Tarbes,puis comme maître à celui de Bordeaux. Bachelier en 1879, licencié es sciences naturelles en 1882, il devint chef des travaux d'his- toire naturelle à la Faculté de médecine en 1883. Docteur le 30 mars 1886, il fut, après un très brillant concours, nommé, le 3 août suivant, professeur agrégé. L'année après, il était lauréat du prix Godard des docteurs stagiaires. Poursuivant avec une inlassable activité ses études, il fut reçu pharmacien de 1" classe en 1893 et docteur es sciences en 1894. Cette même année, il fut nommé professeur de Matière médicale. C'est là, plus particulièrement, qu'il put faire briller les qua- lités de son talent et de sa science. Il donna libre carrière h toute l'étendue de ses connaissances, et utilisant tour à tour la zoologie, la botanique, la chimie biologique, la physiologie et la thérapeutique, il fit toujours de remarquables leçons. Le cours, commencé dans le ton savoureux du terroir béarnais, peu à peu s'animait; il enveloppait sous le charme de sa finesse, et sa chaleur communicative enlevait l'enthousiasme de la cohorte d'étudiants toujours avide de l'entendre. Ses travaux féconds et marqués au sceau de la plus grande science lui valurent le prix Lallemand, décerné par l'Institut. Pendant les années de son décanat, il se montra aussi ferme administrateur que dévoué collègue, et quand, dans le recueille- ment de sa conscience, il avait jugé une chose juste, il n'hésitait pas à sacrifier ses satisfactions personnelles pour la faire triom- pher. Des distinctions honorifiques, qu'il n'avait jamais sollicitées d'ailleurs, vinrent successivement récompenser ses mérites. C'est ainsi qu'il fut officier d'Académie en 1893, officier de l'Ins- truction publique en 1894 et enfin chevalier de la Légion d'hon- neur en 1904. ~ 5 ~ Recherché par les Sociétés savantes de notre région il occupa, dans chacune d'elles, le sommet de la hiérarchie. Il devint proniptement président de notre Société; il le fat aussi des Sociétés de pharmacie, des Sciences physiques et naturelles, Scientifique d'Arcachon; il fit partie de la Réunion biologique, de l'Institut colonial et fut élu, en 1902, membre de l'Académie des Sciences, Belles-lettres et Arts de Bordeaux. Partout il laissa la trace lumineuse du collègue aimable et dévoué, du maître éminent, plein de séduction et de charme dont on conserve pré- cieusement, sur le Livre d'or, l'empreinte ineffaçable. Homme de bien et d'abnégation, homme de devoir au sens le plus élevé du mot, il fut naturellement sollicité par tous les promoteurs d'œuvres philanthropiques. Membre du Comité de rOEuvre Bordelaise des habitations ouvrières et des Bains-dou- ches à bon marché, il devint, lors de sa création, le Président de la Section Girondine de l'Alliance de l'Hygiène sociale. Le discours qu'il prononça le jour de l'inauguration de cette œuvre admirable, fut un morceau d'éloquence; la cause du Bien par lui était gagnée, il allait enfin cueillir les fruits de la vic- toire. Mais voilà que trois ans après, à quarante-sept ans, en pleine maturité de talent et de science, alors qu'il avait organisé la coalition pour la vie contre la coalition pour la mort, il tom- bait, après Brouardel et Gasimir-Perier, nouvelle victime de la sombre fatalité. Les travaux du professeur de Nabias ont porté sur les points les plus variés des sciences naturelles et biologiques. Ils déno- tent une science sûre et profonde et sont témoins d'une activité féconde, qui pouvait laisser espérer encore d'importantes décou- vertes et de troublantes révélations dans les mystères de la vie. C'est avec regret que, faute de place dans cette notice, nous ne pouvons en faire qu'une rapide énumération. Nous suivrons pour cela le cadre formé par la nature même des sciences étudiées. Naturaliste par naissance, botaniste dès le plus bas-âge, imprégné encore de la sauvage poésie des belles montagnes du — 6 — Béarn, M. de Nabias voulut tout d'aljoi'd, enfant reconnaissant, faire revivre la flore de cette riche région. Ses premiers efforts scientifiques furent consacrés h Jean Prévost, médecin de la ville de Pau, avec son catalogue complet des plantes de la Navarre, du Béarn, de Bigorre et des côtes de la Mer des Bas- ques. Dans ce travail, qui comprend la biographie de Prévost, botaniste ignoré de la première moitié du x\ir siècle, et l'étude complète des travaux de Glusins, Dodoéens, Lotel, Gasiiard Bauhin, on retrouve la dénomination de chaque plante rap- j)ortée à la synonymie de Linné. Ces mêmes espèces ont été depuis décrites dans les ' trouvailles de Tournefort, Fagou, Gottan, Ramond et Léon-Dufour. Ce mémoire, présenté comme thèse inaugurale, fut couronné par la Faculté. Il fit encore, en botanique, d'autres publications de grand intéi'êt : Quelques champignons nouveaux récoltés à Monta?ier [Journal d'histoire naturelle de Bordeaux et du Snd-Ouest, 1884); Les Galles et leurs habitants, sujet d'une thèse remar- quable soutenue au concours d'agrégation. Dans l'ordre des sciences physiologiques, il faut citer, en col- laboration avec M. le professeur Jolyet : Etude physiologique des graines du Dompte-Venin (Vincetoxicum officinale), prélude d'un travail d'ensemble sur la chimie et la physiologie des grai- nes de quelques apocynées indigènes (Communication prélimi- naire au Congrès de l'Association pyrénéenne, Bordeaux, 1891). — Sur r action physiologique de V hydrogène antimonié . — Con- tribution à l'étude de la méthémoglobine . — De l'kyper thermie expérimentale et de son influence sur le développement du char- bon chez les mammifères (Publications des travaux du labora- toire de physiologie, 1891). — Contribution à l'étude de Vem- poisonnement par l'hydrogène arsénié ; ce travail a fait l'objet d'un mémoire présenté pour le concours du prix Godard, 1887- 1888, etd'une communication k l'Académie des Sciences en 1890. — Etude du Bengué et du M'Bo7tndou, poison d'épreuve du Haut Oubangui (avec M. le professeur Dupouy) [Bulletin de la Société de pharmacie, août 1904). — Mécanisme d'action des anesthésiques généraux [Journal de Médecine de Bordeaux, novembre 1906). — 7 — Les publications en parasitologie sont de deux ordres : Dans la série animale : Conlrihution à Vétiide de la ladrerie humaine, cas de cysticerqiies en grappe dans les méninges (Gys- •ticercus bovis chez l'homme) (en collaboration avec M. le pro- fesseur W. Dubreuilh) [Bidleiin de la Sociélé anatomique de Bordeaux, 1889). — ■ Ténia noir chez l'homme, étude chimique et expérimentale de la coloration; sujet soumis par M. le profes- seur Démons [Bulletin de la Société d' Anatomie et de Physio- logie de Bordeaux, 1891). — Sur quelques cas de fausse helmin- thiase, observations faites dans les urines et les matières fécales [Archives cliniques de Bordeaux, 1892). — Sur un hématozoaire nouveau du lapin domestique . — La filaire du sang des gre- nouilles; découverte du mâle (avec M. le professeur Sabrazès) (Association française pour l'avancement des sciences. Congrès de Pau, 1892). --- Pseudoparasitisme des mijriapodes chez Vhomme (avec M. le professeur Gassaët) [Gazette hebdomadaire des Sciences médicales, septembre 1905). — Erreur à éviter dans le diagnostic de lombricose [Journal de Médecine de Bor- deaux, 1905). Dans la série végétale : Peronospora de la vigne et sulfostéa- tite cuprique ; après avoir exposé les caractères extérieurs du mildew, défini clairement, et l'on peut dire élégamment, le cycle biologique du cryptogame, M. de Nabias s'occupe, dans ce tra- vail, de l'emploi des substances cuivreuses à utiliser pour com- battre cette maladie de Ja vigne [Feuille vinicole de la Gironde, 1887). — Corps étrangers et productions cornées de l' arrière- gorge dans les pharyngomycoses. Action du chlorure de zinc iodé sur le leptothrix buccalis (en collaboration avec M. Sabrazès) (Société d'Anatomie et de Physiologie de Bordeaux, avril 1892). Eu technique hislologique et zoologie générales : Remarques sur quelques points de technique et de zoologie géîiérale (en commun avec M. Sabrazès) [Archives cliniques de Bordeaux, avril 1893). — ■ Sur le cerveau d'Hélix aspersa Mûller (Associa- tion pour l'avancement des sciences. Pau, 1892). — Travail sur la filariose : A propos d'un cas d' adeî\olymphocèle (avec MM. les. professeurs Démons et Sabrazès) [Archives cliniques de Bor- fléaux, 1896). — Phénomènes osmotiques produits dans l'mté- 7'ieiir des cellules avec des liquides ou des mélanges anisotoni- ques (Compte rendu de l'Associalion des anatomisles, Lyon, 1901). — Méthode de coloration au chlorure d'or. Action réduc- trice de la lumière et des acides gras (Comptes rendus de la Société de biologie, juillet 1905). — Les anilines substituées et les composés phénoliques comme agents de virage de l'or dans les tissus [IbicL, 1905). — Sur les canaux de Holingren. Les chromatophores du Calmar (Comptes rendus de TAssociation des anatomistes, avril 1906). I^es travaux présentés par notre collègue en séances de la Société sont aussi très nombreux. Dans trois notes intitulées : De l'origine directe des nerfs dans les ganglions viscéraux et pédieux chez les Gastéropodes. — Recherches histologigues sur les centres nerveux de.<> Gastéro- podes. — Recherches anatomiqiies et organologiques sur les centres nerveux des Gastéropodes puhnonés. Genres Hélix, Arion, Zonites et Litnax (Procès-Verbaux des séances juin- août 1893, t. XLVI), il obtint des résultats précieux qu'il réunit dans un travail d'ensemble ayant pour titre : Recherches histolo- giqnes et organologiques sur les centres nerveux des Gastéro- podes et qu'il présenta comme thèse à la Faculté des Sciences de Paris, pour obtenir le grade de docteur ès-sciences natu- relles. Ce mémoire, de 195 pages avec 106 dessins sur planches et 7 figures dans le texte, fut accepté avec toutes boules blan- ches par le jury de laSorbonne. Il publia ensuite : Observations sur le trijpanosome (Procès- Verbaux, t. \hN\\\).— Symétrie et fixité des cellules cérébrales chez les Gastéropodes (P.-V., t. XLVIII). — Remarques sur la structure des embryons de la flaire de l'homme (Filaria Ban- crofti) (en coliaboralion avec M. Sabrazès. P.-V., t. L). — Sur le Streplothrix parasite de l'homme (P.-V., t. XLVIII). — Cer- veau et nerfs cérébraux chez Bulimus decollatiis, anatomie macroscopique (P.-V., t. L). — Grenouilles rouges et microccus proiligiosus (P.-V., t. LU). — Recherches sur le système nerveux des Gastéropodes jmlmonés aquatiques. Cerveau des Limnées (Limnsea slagnalis) (P.-V., t. LIV). — Remai^que sur la méthode de Apathy (P.-V., t. LX). — Actions de l'hydroxy lamine sur le virage de l'or en histologie (P.-V., t. LX). — Coloration des tissus végétaux par le chlorure d'or (Procès-VerJjaux, t. LXI). Depuis trois ans, il se livrait à des recherches biologiques d'un ordre spécial et, désireux de pénétrer le secret des fonctions digéstives, cherchait, dans les résidus coprologiques, des élé- ments d'étude et d'investigation. 11 fit successivement paraître trois notes du plus grand intérêt : Recherche du bacille de Koch dans les matières fécales (communication faite au Congrès inter- national de la tuberculose, octobre 1905). — Destruction rapide des matières fécales [Journal de Médecine de Bordeaux, 15 octo bre 1905). — Recherche rapide de Furobiline dans les selles (Comptes rendus de la Société de Biologie de Paris, Journal de Médecine de Bordeaux, décembre 1906. Plongé dans une atmosphère pernicieuse remplie de miasmes et de microbes, soumis à l'action de certains g{«z délétères, véri- table victime du devoir, il contracta lentement le germe du mal qui devait l'emporter. Malgré les supplications de ceux qui l'en- touraient, de ses amis, de sa famille, il ne voulut pas abandon- ner les ex[)ériences qu'il voyait déjà fructueuses, fécondes en découvertes pour le bien de l'humanité ; et, quand la maladie vint l'obliger à tout quitter, les ravages étaient trop grands, le Maître était condamné. Notre président, M. Degrange-Touzin, vous a exprimé en séance l'accueil atFeclucux que, sur le lit de souffrance, lui fit le cher malade. Je peux vous donner l'assurance que jusqu'aux derniers jours, il s'est eniretenu de notre Société; son ambition Linnéenne était, me disait-il, de voir se resserrer, davantage encore, les liens du cœur entre ses collègues. Permettez-moi de vous soumettre les quelques lignes que pieusement j'ai recueillies au milieu de bien des souvenirs. « La fêle Linnéenne, écrivait il, a été établie en souvenir de J. Bauhin — 10 — au mois de juin, au lieu du 4 septembre en souvenir de Gh. Linné. Rappelons-nous toujours qu'elle a pour but d'entretenir cette douce union si nécessaire aux progrès réels de la science, et de répandre le goût d'une étude aussi agréable qu'utile ». Et maintenant qu'il repose dans le centre i-adieux et sublime des sphères élevées, pénétrons-nous bien des généreuses pen- sées qu'il a toujours su nous dicter. Nous garderons précieu- sement gravée dans nos cœurs la mémoire de ce collègue aimé et nous suivrons le bel exemple qu'il a donné de dévouement pour la science et pour la société, nous inspirant de ce qui fut pour lui la plus noble devise : Pro scientia, urbe et patria. iissii i liiiTiE mmim A. GRUVEL, Maître de Conférences à la Faculté des Sciences {Université de Bordeaux). Chef de la JiJission. R. CHUDEAU, Docteur ès-sciences. Chargé de M ission , avec un groupe de Collaborateurs. AVANT-PROPOS M. le Gouverneur général Roume nous a fait l'honneur de nous confier, l'année dernière, une Mission spéciale pour l'étude scientifique et économique de la région littorale et sub-littorale de la Mauritanie, comprise entre Saint-Louis (Sénégal) et Port- Etienne (Baie du Lévrier). Au cours d'une marche assez longue et suffisamment lente, nous avons pu recueillir de nombreux matériaux zoologiques, botaniques et géolog-iques qui, nous l'es- pérons, permettront de donner une idée générale assez exacte, à la fois, de la constitution géologique, de la faune et de la flore des régions traversées. Nous montrons, dans le volume consacré à la marche générale de la Mission et aux études économiques (1), que les différents explorateurs qui nous ont précédés et qui ont, plus ou moins. (1) A travers la Mauritanie occidentale, par A. Gruvel et R. Ghudeau. Laroze, éd. Paris, 1909. — 12 — suivi une partie de noire itinéraire, obligés de passer rapide- ment, de crainte d'être pillés ou, même, massacrés par les Maures, ont, évidemment, rapporté quelques renseignements géographiques plus ou moins exacts, du reste, mais de rares documents scientifiques de quelque valeur. Les seuls renseignements concernant l'histoire naturelle de la région que nous avons parcourue se bornent, uniquement, aux notes rapportées par la mission Blanchet et dont M. Dereims, un des membres de la mission, a bien voulu nous donner un résumé. Il ne pouvait faire autre chose, puisque, au moment de la captivité des membres de la mission à Atar, ils ont été dépouillés par les Maures de tout ce qu'ils possédaient, y com- pris les matériaux scientifiques qui avaient été récoltés. L'un de nous a également rapporté, d'une première mission ayant un caractère plus spécialement pratique, des documents scientifiques étudiés par divers spécialistes et auxquels la Société Linnéenne de Bordeaux a bien voulu faire le meilleur accueil dans ses Actes (1). Les matériaux qui ont été examinés et décrits par ces différents auteurs avaient trait surtout à la flore, sur les quelques-uns des points où des débarquements avaient pu être effectués au cours du voyage d'études et, plus spécialement, à la faune marine : Poissons, Echinodernies, Hydroïdes, Mollusques, Cirrhipèdes, etc. Quelques notions avaient également été recueillies sur la géographie physique et la géologie de la presqu'île du Gap Blanc et sur le sel de la Saline de Marsa. Dans le voyage récent (janvier à mai 1908) que M. Chudeau et moi avons accompli, uniquement par terre, en suivant parfois le littoral, en nous enfonçant, d'autres fois, plus ou moins pro- fondément dans l'intérieur, le nombre des échantillons de la faune et de la flore terrestres, actuels, sub fossiles ou fossiles, recueillis par nous, a été, naturellement, beaucoup plus consi- dérable. (1) A. Gruvel, Mission des Pêcheries de la côte occidenlale d'Afrique. Divers col- laborateurs [Acies.de la Société Linnéenne, Bordeaux, vol. LX, 6« série, t. X). — J3 — Les documents et collections scientifiques récoltés au cours de ce voyage intéressent, plus spécialement, les Mammifères, Oiseaux, Reptiles, Poissons, Kchinodermes, un assez grand nom- bre d'Insectes, les Crustacés et les Mollusques, ainsi que les Vers, en ce qui concerne la faune. La flore est représentée par plus de cent espèces différentes. Enfin, des échantillons géologi- ques : roches, animaux fossiles et sub-fossiles, ainsi que des docu- ments ethnographiques, en nombre assez considérable, feront l'objet d'autant de chapitres qui seront publiés à mesure que nous recevrons les études auxquelles ils auront donné lieu de la part des spécialistes qui ont bien voulu nous offrir leur savante collaboration. Tous les échantillons scientifiques ont été remis aux diffé- rents services compétents du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, et distribués par eux aux divers spécialistes avec les- quels ils sont en rapport. C'est donc sous leur signature que paraîtront, ici, les différents travaux qui résulteront de leur examen. A tous ceux qui ont bien voulu nous offrir leur concours pour assurer la publication des résultats scientifiques de notre Mis- sion, nous adressons nos plus sincères remerciements. A. Gruvel. Actes de la Société Liiinéenne de Bordeaux. Tome LXIII, PL I. MISSION EN MAURITANIE OCCIDENTALE PARTIE BOTANIQUE A. ETUDE SYSTEMATIQUE M. Ed. BONNET La nouvelle exploration des côtes de la Mauritanie effectuée par MM. Gruvel et Chudeau, pendant les premiers mois de l'année 1908, a fourni une importante contribution à la flore encore si peu connue de cette région; déjà en 1905, au cours d'une précédente mission, plus spécialement industrielle, M. Gruvel avait recueilli, dans les mêmes parages, vingt-neuf espèces qui ont été étudiées et décrites dans les Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux (LX, p. 7-16, tab. II, 1905), par M. Daveau, conservateur du Jardin botanique de l'Université de Montpellier. Antérieurement à cette dernière date, la Mauritanie, bien que dangereuse et inhospitalière, avait été déjà parcourue par quel- ques hardis voyageurs, mais ces premiers explorateurs s'étaient plus spécialement attachés à réunir des renseignements géogra- phiques plutôt que des collections botaniques toujours encom- _ j6 — brantes et souvent difficiles à conserver; toutefois, je dois men- tionner qu'il y a plus de soixante ans, un Anglais, le capitaine Boteler, avait découvert sur les dunes du Gap Blanc, un Statice [S. tuberculata Boiss. ap. D. G. Prodr. XII, p. 662), que MM. Gruvel et Ghudeau ont retrouvé, et qui parait absolument spécial à cetle localité. Plus récemuient, M. Blas Lazaro a publié dans la Revista de geographia commercial de Madrid (1887, p. 89-90) une liste de dix espèces récoltées par M. Quiroga au Rio de Oro ; mais quelques-unes de ces plantes, mentionnées sous leur seul nom générique, n'appartiennent certainement pas à cette région et proviennent plus vraisemblablement des îles Ganaries que la mission espagnole, dont M. Quiroga faisait partie, avait égale- ment visitées. Tels sont, je crois, les seuls documents que nous possédions actuellement sur la végétation de la Mauritanie. La collection réunie par la mission Gruvel-Ghudeau comprend 91 espèces, quelquefois représentées par plusieurs échantillons; une seule, appartenant à la famille des Asclépiadacées, n'a pu être déterminée en raison de son état défectueux; en réunissant à ces récoltes les 19 espèces précédemment publiées par M. Daveau, et qui toutes ont été revues ou de nouveau recueil- lies par la dernière mission, on arrive à un total de 119 espè- ces, chiffre à la vérité modeste, mais cependant suffisant pour en déduire les affinités de cette flore 1res pauvre, en raison du climat saharien auquel elle est soumise. Environ un sixième des espèces dont l'existence a été cons- tatée en Mauritanie lui sont communes avec le Bassin méditer- ranéen, quelques-unes se retrouvent dans l'Europe centrale, ou même remontent jusque dans l'Europe septentrionale; 22 espè- ces, soit un peu moins d'un cinquième, habitent plus spéciale- ment le nord du Gontinent Africain; 10 espèces sont disséminées dans la région Saharienne dont elles ne paraissent pas s'éloigner, je citerai plus spécialement : Lotus Jolyi Batt., Boiicerosia tom- biicluensis Gheval., Andropogon nigi^itaiius Benth. ; 39 espèces, soit près du tiers de la flore Mauritanienne, habitent les parties — r/ - chaudes ou !a zone intertropicale de l'Afrique et de l'Asie (Séné- gal, Mozambique, Soudan, Abyssinie, Indes, etc.) parmi les- quelles : Grangea procuinbens D. G., Centaiirea Perrotteti D. C, LoranUius Pentagonia D. C, Ipomaea asarifotia R. et S. sont plus spécialement Sénégalaises, la dernière cependant se i-elrou- vant en Nubie; h la suite de ces espèces, il convient de tnen- tionner le Sesuvùitn portuiacaslrwn L., plante cosmopolite, répandue dans la zone tropicale des deux hémisphères. Enfin la végétation de la Mauritanie a des affinités, d'un côté avec celle des Canaries, de Madère et des Iles du Cap-Vert, de l'autre' avec une partie de l'Afrique orientale; les premières sont repré- sentées : par Lotus glmicus Ait., Stalice pectinata Ait., Clienolea canariends Moq., Traganinn Moqitini Webb, Polycarpœa nivea Webb, Tamarix canariensis Willd., Zygophyllum Fontanesii Webb, Helioiropiimi erosiim Lehm., ces quatre dernières plantes se retrouvant, il est vrai, soit au Sénégal, soit dans le Maroc occidental; à la suite de ces espèces on peut, en outre, signaler le Lyciiim intricatiim Boiss., du sud de l'Espagne et du littoral Oranais, et le Linaria heterophylla Spreng. qui est répandu au Maroc, dans i'Oranais et aux Canaries; quant aux affinités orien- tales, elles sont représentées par : Polygala irregidaris Boiss,, Pavonia Kolschyi flochst., Fugosia digitata Pers., Corclionis Antichorus Rœnsch., Convolvulus microphylliis ^i^h.. Avis lida Sieberiana Trin., Sporobolus spicatus Knth, En résumé, c'est avec les régions qui confinent ou qui appar- tiennent au tropique que la Flore de la Mauritanie a le plus d'espèces communes; viennent ensuite par ordre décroissant l'Afrique septentrionale, le Nord du Bassin Méditerranéen et l'Europe, le Sahara et, en dernier lieu, les Canaries, Madère et les lies du Cap-Vert d'un côté, et de l'autre la partie orientale du Continent Africain avec lesquelles la Mauritanie a sensible- ment le même nombre d'espèces communes; ajoutons, pour compléter les observations précédentes, que les espèces spécia- les à la flore que nous étudions sont au nombre de trois : Leuro- cline mauritanica Ed. Bonn., Statice tuberculala Boiss., An- drachne Gniveli Dav., la première appartient à un genre jus- Tome LXIII. 2 . — 18 — qu'alors localisé dans le pays des Somalis, les deux autres sont voisines d'espèces assez largement répandues dans l'Afrique septentrionale; toutes trois, du reste, habitent de préférence les dunes ou les sables et les terrains salés. Si maintenant, nous plaçant à un autre point de vue, nous cherchons comment les 119 espèces de la flore mauritanienne sont distribuées dans les diverses familles naturelles, nous trou- vons qu'elles se répartissent entre 39 familles ; les Graminées occupent la première place avec 19 espèces; viennent ensuite 'les Légumineuses et les Salsolacées avec chacune 12 espèces; puis les Composées, 8 espèces; les Malvacées, 7 espèces; les Zygophyllées et les Asclépiadacées, 5 espèces, toutes les autres familles ne possédant que de 1 à 4 espèces. La plupart des Graminées de cette flore sont des plantes des sables ou des dunes; parmi les Légumineuses figurent trois Acacias, arbres des sables désertiques; l'abondance relative des Salsolacées trahit la présence des lagunes et des terrains salés ; les Malva- cées appartiennent toutes à des genres et à des espèces habi- tant le Sénégal, la Nubie ou l'Abyssinie. Dans l'énumération suivante, j'ai fait précéder le nom des espèces mentionnées dans le travail de M. Daveau, d'un ou de deux astérisques, suivant que ces espèces ont été recueillies au cours de la dernière mission ou qu'il en a été simplement cons- taté de nouveau l'existence, sans en rapporter d'échantillon ; j'ai également cité, mais sous toutes réserves, les récoltes de M. Quiroga, en y ajoutant des remarques, lorsque cela m'a paru nécessaire. ÉNUMÉRATION DES ESPÈCES Méiii§>permacées. 1. Gocculus Leseba D. C, Si/st., I, p. 529. Hab. : Boguent. Aire géogr. : Sahara, Egypte, Cordofan, Sennar, région de Tombouctou, Sénégal, Iles du Cap-Vert. - 19 — Criicîfères. 2. Morettia canescens Boiss., Diagn., sér. 1 , fasc. VIII, p. 17. Hab. : NouakchoU, près du poste. Aire géogi*. : Sahara algérien et marocain, Arabie Pétrée. 3. Anastatica îiierocliuntica L., Sp., 641. (El Kemclie des Maures). Hab. : Nouakchott, près du poste. Aire géogr. : Sahara marocain et algérien, pays des Touaregs, Egypte, Palestine, Arabie. Capparidacées. 4. Cadaba farinosa Forsk., Descr., 68 (Atil des Maures). Hab. : Agamoun. Aire géogr. : Tombouctou, Bornou, Gordofan, Sennar, Ara- bie, Abyssinie, Sénégal, Inde sept, et occid. Méséclacées. 5. Caylusea canescens St-Hil., Deuxième mém. Réséd., 29. Hab. : Nouakchott et près de Marsa. Aire géogr. : Afrique sept., Egypte, Nubie, Arabie, Inde sept. et occid. Polygalacées. 6. Polygala erioptera D. G., Prodr., I, p. 326. Hab. : Nouakchott près du poste, Agamoun. Aire géogr. : Egypte, Nubie, Arabie, Abyssinie, Sénégal, lies du Cap- Vert, Inde sept. 7. P. irregularis Boiss., Diagn., sér. 1, fasc. I, p. 8. Hab. : Biach, Aire géogr. : Gordofan, Arabie. Fraiikeniacées. * 8. Frankenia thymifolia Desf., FL Atl., I, p. 316 (pp.); F. hirsula var. Daveau in Act. Soc. Linn. Bordeaux, LX, p. 9. — 20 - llab. : prèb d'Abouïzir dans TAftoutt; Port-Etienne, entre Biiaoïiak et Lenisid ; Cap Blanc (Daveau); indiqué au Rio de Oro par M. Blas Lazaro sous le nom de Fr. capitata Webb. Aire géogr. : Algérie, Tunisie. Caryopliyllacéeis, * 9. Polyearpgea iiivea Webb ap. Hook, Niger FI., 104; Daveau, loc. cit., 12; P. microphylla Gav. ; Achyranthes nivea Ait. Hab. : Presqu'île du Cap Blanc, Port-Etienne; Marsa (Daveau). Aire géogr. : Plage de Mogador (Maroc), Canaries, Iles du Cap- Vert. TaiMariseiiiées. * 10. Tamarix passerinoides Del., FI. /Eg. Illustr.,xi. 352; Daveau, loc. cit., 10 (Tarfa des Maures). Hab. : forme le fond de la végétation dans l'Aftoutt, Téfour- tès et Mouîachcheb auprès de la Sebkha, près d'Agamoun ; Baie d'Archimède, Nouakchott, Marsa (Daveau). Aire géogr. : Egypte ? Asie-Mineure, Perse, Afghanistan. 11. T. Gallica L., S);., 270. Hab. : entre Ijder et Nouakchott. Aire géogr, : Espagne, France mérid., Italie, Afrique sept., Canaries. 12. T. Canariensis Wi!ld.,ic/. Acad. 5ero/., 1812-13, p. 77; T. senegalensiis D. C; T. gallica L. var. auct. mult, Hab. : Biach. Aire géogr. : Afrique sept.? Canaries, Iles du Cap-Vert, Sénégal. Malvacées). 13. Abutilon muticum Boiss., FI. or., I, p. 836; Sida mu tic a Del. " Hab. : N'Dasar sur la dune. Aire géogr. : Egypte, Nubie, Palestine, Arabie, Perse aus- trale, Afghanistan, Sénégal. — 21 — 14. A. fruticosum Giiill. et Perr., Fl. Seneg., 1, p. 70. Hab. : Nouakchott. Aire géogr. : Nubie, presqu'île du Sinaï, Arabie, Abyssiiiie, Belouchistan, Sénégal. 15. Pavonia zeylanica Willd., S p., III, p. 883. Hab. : Agamoiin. Aire géogr. : Gordofan, Sénégal, Afrique trop., Inde. 16. P. îiirsuta Guill. et Perr., Fl. Seneg., I, p. 51; (Saoua- brasou des Maures). Hab. : Tin-Amaten; cette plante est employée par les indi- gènes contre les coliques et les douleurs abdominales. Aire géogr. : Gordofan, Kouka, Région du Nil Blanc, Séné- gal. .17. P. Kotschyi Hochst. ap. Webb., Frag. FL Mthiop., 43. Hab. : Agamoun, Téfourtès. Aire géogr. : Sennar, Gordofan, Abyssinie. 18.. Hibiscus micranthus Gav., Diss., 3, p. 156, tab. 66, fig. 1. Hab. : Nouakchott à 2 kil. N. du poste. Aire géogr. : Presqu'île du Sinaï, Nubie, Arabie, Inde, Afri- que tropicale. 19. Fugosia digitata Pers., Enchirid., II, p. 240. Hab. : Agamoun. Aire géogr, : Abyssinie. Ster culîacées . 20. MelîianiaDenhamiiR. Br. ap. Denh. etGlapp., Voy.app., 233; M. bracteosa Boiss.; Brotera bracteosa Guill. et Perr. Hab. : Agamoun. Aire géogr. : Gordofan, Darfour, Sénégal, Mozambique. Tîliacées. 21. Corchorus Anticîiorus Rœnschel, Nomencl. bot., éd. 3, p. 458; (Lalou des Maures). Hab. : Nouakchott; cette plante est employée pour la confec- tion du kouskous. 22 — Aire géogr. : Egypte, Cordofun, Arabie, Abyssinie, Afghanis- tan. 22. Grewia populifolia Valil, Symb., I, p. 33. Hab. : Agamoun. Aire géogr. : Arabie Pétrée, Abyssinie, Sénégal, Perse aus- trale, Belouchistan, Inde sept, et occident. Zygophyllées. 23. Tribulus alatus Del., FI. .Eg. Iliustr., n. 438. Hab. : Nouakchott, près du poste. Aire géogr. : Egypte, Gordofan, Arabie, Inde. * 24. Zygophyllum simplex L., Mant., 68; Daveau, /oc, cit., 9. Hab. : Agamoun; Nouakchott, Marsa (Daveau). Aire géogr. : Egypte, Arabie, Nubie, Cap de Bonne-Espé- rance, Iles du Cap-Vert. * 25. Z. Fontanesii Webb, Phyt. Canar., I, p. 17; Daveau, loc. cit., 9; (Aguéï des Maures). Hab. : Agamoun, Biach, Lemsid; Nouakchott, Marsa, Baie de l'Archimède (Daveau); bon pâturage pour les chameaux. Aire géogr. : Maroc occident., Canaries, Iles du Cap-Vert. 26. Fagonia arabica L., Sp., 386. Hab. : entre Marsa et Touéïl, dans l'Aftoutt. Aire géogr. : Afrique sept., Arabie, Sénégal, Inde. * 27. Nitraria tridentata Desf., FI. Atl., 1, p. 372 ; Daveau, loc. cit., 9 (Agaerzin des Maures). Hab. : Agamoun, C. C. dans la sebkha entre Biach et Tin- Amaten, presqu'île du Cap-Blanc; rivière de l'Etoile, Baie de Cansado (Daveau). Aire géogr. : Afrique sept., Arabie, Palestine, Sénégal. 28. Balsamodendron africanum Arn. in Arn., Nat. Hist., III, p. 87 (Adrass des Maures). — 23 — Hab. : Agamouii ; cet arbuste produit une gomme à laquelle Guibourt a donné le nom de hdellium d'Afrique. Aire géogr. : ïombouctou, Cordofan, Abyssinie, Sénégal. Rlianiiiacées. 29. Zizyphus Spina-Christi Willd., Sp., I, p. 1105. Hab. : Agamoun. Aire géogr. : Egypte, Soudan, Arabie, Palestine, Abyssinie, Perse austr., Afghanistan, Inde, Sahara; très souvent cultivé pour ses fruits comestibles. Légumineuses. 30. Onônis serrata Forsk., Fi. ALg. arab., 130, p. prostrata Boiss., Voy. Esp., 11, p. 153. Hab. : Port-Etienne. Aire géogr. : Bassin méditerranéen, Syrie, Arabie, Perse australe, Canaries. 31. Indigofera tinctoria L., Sp., 751, Hab. : Moulakcheb. Aire géogr. : universellement cultivé dans toute la zone tro- picale; parait spontané au Sénégal. 32. I. pauciflora Del. iu Descr. de VEgijpte, Hist. nat., H, p. 251, tab. 37, fig. 2 (Touf El Henna des Maures). Hab. : Tivourvourt A. G., forme des buissons de l'"50, surtout dans les bas-fonds; Agamoun, Biach. Aire géogr. : Egypte, Nubie, Inde, Sénégal, Tombouctou. 33. Lotus Jolyi Battand. in Bull. Soc. bot. fr., XLVH, p. 251. Hab. : Port-Etienne. Gousse brune, légèrement toruleuse; graines lisses, d'un jaune verdâtre, avec quelques marbrures brunes. Aire géogr. : Sahara algérien. 31. L. glaucus Aït., Horl. Keio., III, p. 93. Hab. : entre ïouéïl et Bilaouak, Nouakchott. La racine a une odeur de réglisse. ' — 24 — Aire géogv. : Canaries, Madère. 35. Rhyncîiosia minima D. C, Prodr., Il, p. 385. llab. : Nouakchotl, à 2 kil. du poste. Aire géogv. : Darfour, Sénégal. * 36. Gassia obovata Gollad., Monogr., 92; Daveau, loc. cil., 9 (Afelladjit des Maures). liab. : Biach, Nouakchott; Marsa (Daveau). Aire géogr. : Egypte, Arabie, Darfour, Abyssinie, Belouchis- tan, Sénégal. 37. G. occidentalis L., Sp., 377 (Sirsar des Maures, Tche- tcheko en Bambara). Hab. : Tin-Amaten. Aire géogr. : Nubie, Sénégal, répandu dans toute la zone tropicale. 38. Bauhinia rufescens Lam., Dict., J, p. 391, îllustr., tàb. 329, fig. 2 (Andar des Maures). Hab. : Boguent, entre Biach et Tin Amaten, accompagne le Gommier. Aire géogr. : Darfour, Sénégal, Cap de Bonne-Espérance, ile Maurice. 39. Acacia albida Del., lac. cit., p. 286, tab. 52, fig. 3. Hab. : Boguent, Biach. Aire géogr. : ïombouctou, Soudan Egyptien, Afrique tropicale. 40. A. Sénégal Willd., Sp., IV, p. 1077; A. Verek, Guill. et Perr. Hab. : Nouakchott, h 2 kil.' du poste. Aire géogr. : Cordofan, Sénégal, Afrique tropicale. -41. A. tortilis Hayne, Arzneig., X, tab. 31 (Talahdes Maures). Hab. : disséminé dans toute la région ; indiqué au Rio de Oro par M. Blas Lazaro d'après les récoltes de M. Quiroga. Aire géogr. : Sahara algérien et tunisien, pays des Touareg, Egypte, Nubie, Arabie, Cordofan, Fezzan, Sénégal. Rosacéeis. 42 Neurada procumbens L., 5'/?.^ 441 (Tadrissa des Maures). Hab. : Téfourtès, sur la dune. - 25 — Aire géogr. : Sahara, Egypte désertique, Nubie, Arabie Pélrée, Palestine, Perse australe, Inde occidentale. Cucurbîtacées. 43. Citrullus Colocynthis Sclirad. in Linnœa, XII, p. 414. Hab, : Nouakchott. Aire géogr. : Région méditerranéenne, Afrique sept., Nubie, Arabie, Abyssinie, Sénégal, Canaries, Inde orientale. 44. Coccinia Moghadd Aschers. ap. Schweinf. PL, Nnb., n, 85 et 86; C. Schimperi, Naud. Hab. : Boguent. Aire géogr. : Arabie, Abyssinie, Zanzibar, Afrique centrale, Sénégal. Ficoïdées. **45. Mesembryanthemum crystallinum L., Sp., 480; Da- veau, loc. cit., 10. Hab. : A. R. Baie de Gansado (Daveau). Aire géogr. : Péninsule Ibérique, Corse, Sardaigne, Italie mérid., Grèce, Afrique sept, et australe. *46. Sesuvium portulacastrum L., Sp., éd. 2, p. 684; Daveau, loc. cit., 10. Hab. : Plage de Port-Etienne, Marsa dans un bas-fond inondé près du fortin. Aire géogr. : Portugal (introduit), Sénégal, Guinée, Mozam- bique, zone tropicale des deux hémisphères. 47. Mollugo Gerviana Ser. ap. D. G., Prodr., I, p. 392. Hab. : Nouakchott. Aire géogr. : Espagne, Grèce, Russie mérid., Arabie, Nubie, Abyssinie, Inde, Cap de Bonne-Espérance. Saxîfragacées. 48. Vahlia oldenlandioides Roxb., FI. IncL, II, p. 89; V. silenoides, D. C. Hab. : Biach. — 26 — Aire géogr. ; Sénégal, Cordofan, Niger, Zanzibar, Madagas- car, Indes, Ceylan, Cap de Bonne Espérance. Rubiacées. 49. Mitracarpum scabrum Zuccar. ex Schult. Mant. ap. Rœm. et Schult., Syst. Veg., III, p. 210; M. senegalense D. C. Hab. : Tin-Amaten sur la dune, Biach. Aire géogr. : Nubie, Cordofan, Sennar, Abyssinie, région du Niger, Congo, Dahomey, Iles du Cap-Vert. Composées. 50. Pulicaria undulata D. C, Prodr., V, p. 479. Hab. : Nouakchott près du poste. Aire géogr. : Afrique sept., Nubie, Arabie, Palestine, Séné- gal. 51. Brocchia cinerea Vis.,P/. Egypt., 35. Hab. : Port-Etienne. Aire géogr. : Afrique sept., Arabie, Nubie. 52. NoUetia chrysocomoides Cass. in Dict. se. nat., XXXVII, p. 479. Hab. : Cap Timiris (Mirik). Aire géogr. : Algérie, Maroc, Espagne. 53. Grangea procumbens D. C, Prodr., V, p. 373. Hab. : Biach. Aire géogr. : Sénégal. 54. Centaurea Perrotteti D. C, Prodr., YI, p. 598. Hab. : Biach. Aire géogr. : Sénégal. 55. ZoUikoferia spinosa Boiss., FI. Or., III, p. 826 (Damran et Moul Beïna des Maures). Hab. : abondant à Lemaounek; Rio de Oro, d'après Blas Lazaro. Aire géogr. : Espagne niérid., Maroc, Algérie, Egypte, Ara- bie Pétrée, — 27 — 56. Z. chondrilloides D. G,, Prodr., VII, p. 183. Hab. : Agamoun, entre ïoueïl et Bilaouak dans l'Aftoutt, entre Ijder et Nouakchott, Boguent, Biach dans les dunes. Aire géogr, : Espagne, Sicile, Afrique sept., Arabie Pétrée. 57. Z. nudicaulis Boiss., FL Or., III, p. 824. Hab. : Nouakchott, près du poste. Aire géogr. : Espagne mérid., Afrique sept., Arabie Pétrée, Canaries. Salvadoracées. * 58. Salvadora persica L., Sp., 122; Daveau, loc. cit., 11. Hab. : Biach; Marsa près du puits (Daveau). Aire géogr. : Tombouctou, pays des Touareg, Egypte orien- tale, Gordofan, Arabie, Abyssinie, Inde. Asclépîadacées. 59. Dsemia cordata H. Br. in Metn. Wern. Soc, I, p. 50. Hab. : Nouakchott près du poste. Aire géogr. : Sahara, Egypte, Nubie, Arabie, Abyssinie, Perse australe, Belouchistan. 60. Leptadenia lancifolia Dcsne. in Ann. se. ?iat.,sév. 2, IX, p. 269. Hab. : sur la dune à N'darsar. Aire géogr. : Tombouctou, Darfour, Sennar, Abyssinie, Séné- gal. * 61. L. pyrotechnica Dcsne, loc. cit., 270; Daveau, loc. cit., 12 (Titarek des Maures). Hab. : Biach; Nouakchott, Marsa (Daveau). Aire géogr. : Gordofan, Nubie, Désert arabique, Perse aus- trale, Sénégal. ** 62. Calotropis procera Ait., Hort.'Kew., éd. 2, H, p. 57; Daveau, loc. cit., 11 (Tourdja des Maures). Hab. : Nouakchott et Marsa, sur la Dune (Daveau). Aire géogr. : Sahara, Egypte, Nubie, Arabie Pétrée, Abyssi- nie, Perse, Afghanistan, Inde sept., Sénégal. — 28 — 63. Boucerosia tombuctuensis A. Ghev. in Actes Congrès, inteni. bol., 1900, p. 271, tah. XI (Tidouar des Maures). Hab. : Tivourvoiirt, Téfourtès ; cette plante, qui exhale une odeur repoussante de putréfaction, serait, d'après les indigènes, un violent poison. Aire géogr. : Région de Touibouctou. Une autre Asclépiadée stérile et indéterminable, à laquelle les Maures donnent le nom d'Abila, a été recueillie par la mis- sion aux environs de Nouakchott. Convolvulacées. 64. Convolvulus microphyllus Sieb. exsicc; Yisisim, Illusi>\ Egypt., 12. Hab. : Moulakcheb, près de Marsa. Aire géogr. : Egypte désertique, Nubie, Gordofan, Arabie, Somalis. 65. Ipomsea asarifolia R. et S., Syst., IV, p. 251. Hab. : Riach. Aire géogr. : Nubie, Sénégal. 66. Cressa cretica L., Sp., 223. Hab. : Nouakchott. Aire géogr. : Rassin méditerranéen, Nubie, Arabie, Abyssi- nie, Perse, région de la Caspienne, Réiouchistan, Inde, Aus- tralie. I3orîigina.cées. * 67, Heliotropium erosum Lehm,in Neiie Sch. Nalurf. Ges., Halle III, 2, p. 15; Daveau, loc. cit., 12, Hab. : Port-Etienne, Marsa (Daveau). Aire géogr. : Sénégal, Canaries, Iles du Cap-Vert. 68. H. undulatum Vahl, Symb., I, p. 13. Hab. Agamoun, plage du Cap RIanc, Nouakchott, entre Rilaouak et Lemsid, entre Marsa et ïouéïl ; indiqué aussi au Rio de Oro par M. Rlas Lazaro. Aire géogr. : Afrique sept., Cordofan, Palestine. EXPLICATION DE LA PLANCHE II Leurocline mauritanica Ed. Bonn. 1. Rameau grand, nat. 2. Fleur vue de profil. 3. Corolle ouverte. 4. Pleur dont la corolle a été enlevée et les lobes du calice étalés pour montrer les nucules et le style. 5. Nucule vu par sa face dorsale. 6. Le même vu de côté et légèrement incliné pour montrer l'aréole basilaire. Nota. — Les fig. 2 à 4 sont grossies environ trois fois, les fig. 5 et 6 environ huit fois. Actes de la Société Liniiéenne de Bordeaux. Tome LXIII, 'PI. II. <.K«>Tnet del. Leurocline mauritaniga Ed. Bonn, — 29 - 69. Leurocline mauritanica Ed. Bonn, in Bull. Muséum, 1908, p. 403; Pi. II. Fruticulus humilis, divaricato-ramosns , ramis tortuosis, rig'idis, foliosis. Folia alterna, erecta, sessilia, leviter amplexi- caulia, obovata, obtusa, crassa, subcamosa, viridi-glaucescen- tia, margine revoluta, 4 9 mill. longa, 3-4 mill. lata, pilis rigi- dis basi albo-verrucalis obsita ; superiora-floralia gradafim in bracteas abeuntia Scepissime caeralescentia. Flores axillares, solitarii, sessiles, rachi adpressi. Calyx o-partitus, lobis aliquid inaequalibus, extus tuberculato piiosis, intus dense birsutis. Corolla malvaceo-colore, tubub)sa, bilabiata; tubus 7 mil], longus, subarcuatus, extus glaber vel obscure pruinosus, ad faucem ampliatus et piloso-hirsutus ; limbi labium superius erecto-patens, bilobum, inferius 3-lobum patens vel reflexum. Antherae inclusse, oblongo-lineares, versatiles, filamenlis, brevis- simis sub fauce, infra médium tubi, insertis. Stylus iîliformis, glaber, sligmate-parvo, bilobo. Nuculœ albescentes, nitidœ, ovoideo triangulares, acuminalœ, tuberculato-rugosae vel verru- cosœ ; areola ovata, plana lata, basilari, annulo cincta, gynobasi affîxae. Hab. : In arenosis Africae occidentalis circa Port-Etienne a cl. Gruvel-Chudeau fl. et fruct., 21 martis lecta. K L..lithospermoide Spencer Le M. Moore (in Jouni. of Bot., XXXIX, p. 257, tab. 424) primo conspectu dilîert : facie magis ramosa et compacta, ramis tuberculato-pilosis, nec glabro- levibus, foliorum forma, corollse forma et colore, nucuHs acu- minatis, ac nonnullis dissimilibus notis. iSulaiiacées. 70. Lycium intricatum Boiss., Elench., 143 (El Ghardeg des Maures). Hab, : Nouakchott dans l'Aftoutt, El Mamghar, Abouïzir près de la dune littorale, Port-Etienne; indiqué avec doute au Bio de Oro par M. Blas Lazaro. Cet arbuste est brouté par les chameaux. Aire géogr. : Espagne, Algérie (province d'Oran). — 30 - Scrophularîacées. 71. Linaria sagittata Hook. fil. in Bot. Mag., tab. 6060, var. heterophylla ; L. helerophylla Spreng- (non Desf.). Hab. : ïéfourtès, Nouakcliolt, entre Marsa et Touéïl. C'est peut-être cette Linaire que M. Blas Lazaro indique, sans nom spécifique, parmi les plantes de Rio de Oro. Aire géogr. : Sud Oranais, Maroc, Canaries, Adrar du Sfonas. Orobaiicliacées. 72. Phelypœa lutea Desf., FI. AlL, il, p. 60, tab. 146 (Dha- noun des Maures). Hab. : Téfourtès, entre Boguent et Tin-Djemaran. Aire géogr. : Espagne mérid., Afrique sept., Arabie Pétrée, Palestine. Labiées. 73. Salvia segyptiaca L., Sp., 23. Hab. : Téfourtès, Nouakchott. Aire géogr. : Afrique sept., Egypte désertique, Nubie, Ara- bie, Perse, Inde sept, et occident., Canaries, Iles du Cap-Vert. Verbenaeées. 74. Avicennia africana P. B., FI. Owar., 1, p. 80, tab. 47. Hab. : El Mamghar, au bord d'un ilôt. Aire géogr. : Sénégal, Sierra-Leone, delta du Niger, Came- roun, Congo, Angola. 75. Verbena supina L., Sp., 21. Hab. : Agamoun. Aire géogr. : Bassin méditerranéen, Nubie, Canaries. Ploiiibaginacées. * 76. Statice tuberculata Boiss. ap. D. C, Prodr., XH, p. 662 ; Daveau, loc. cit., 10. — 31 — liab. : Port-Etienne, Gap Blanc et baie de Gansado (Daveau). Aire géogr. : espèce localisée dans la presqu'île du Cap Blanc et aux environs. 77. S. pectinata Ait., Hort. Kew., éd. 1, I, p. 385, Hab. : Port-Etienne, presqu'île du Cap Blanc. La Mission a recueilli plusieurs échantillons dans lesquels je ne puis recon- naître avec certitude les trois variétés distinguées par Webb, les mieux caractérisés se rapportent assez bien à la var. Solandri Webb., Plujt. Canar., III, pars 2, p. 178, tab. 190; des intermédiaires semblent, du reste, relier entre elles ces trois variétés. Aire géogr. : Canaries, Iles du Cap-Vert. RTyctagînées. 78. Boerhavia verticillata Poir., EncycL, V, p. 56. Hab. : Agamoun, Nouakchott. Aire géogr. : Syrie, Afrique tropicale, Inde Orientale, Amarantacées. 79. JErva javanica Juss. in Ânn. Mus., II, p. 131 (Famia des Maures). Hab. : N'darsar sur la dune, Biach, près de Marsa. Aire géogr. : Afrique sept., Nubie, Cordofan, Arabie, Abys- sinie, Inde, Iles du Cap- Vert, Sénégal. 80. Achyranthes argentea Lam., Dict., I, p. 545. Hab. : Boguent. Aire géogr. : Espagne, Sardaigne, Sicile, Italie mérid., Afri- que sept., Nubie, Arabie, Abyssinie, Inde, Gap de Bonne-Espé- rance, Açores, Madère, Canaries. SalsolacéeiBi. 81. Atriplex Halimus L., Sp., 1052; (Legtaf des Maures). Hab. : El Mamghar. Aire géogr. : Bassin méditerranéen. — 32 — 82. Obione glauca Moq. ap. D. G., Prodr., XIJI, pars 2, p. 108. Hab. : Port-Elienne. Aire géogr, : Littoral de l'Espagne, de l'Algérie, de l'Egypte et de l'Arabie. * 83. Ghenolea canariensis Moq., Monogr., 96; Daveau, loc. cit., 13; (Damran des Maures). Hab. : Bii'-el-Guerb, Biach; dunes de la baie de Cansado (Daveau). Aire géogr. : Maroc, Canaries. 84. Echinopsilon muricatus Moq. in Ann. se. nal., sér. 2, II, p. 127. Hab. : Nouakchott. Aire géogr. : Algérie, Tunisie, Egypte, Fezzan, Arabie Pétrée. * 85. Caroxylon tetragonum Moq. ap. D. G., Prof/r.^ XIII, pars 2, p. 176; Salsola telragona Del., Daveau, loc. cit., 13; (El Rassel des Maures). Hab. : Biach, Agamoun, Moulakcheb, Lemaounek, Nouak- chott; Marsa (Daveau). Aire géogr. : Afrique sept., Arabie, Palestine. * 86. Arthrocnemum fruticosum Mor. et Delp., Emun. se?n. horl. Taur., 1854; A. glaucxnn Ung. Sternb., Daveau, loc. cit., 13 (Lardjem des Maures). Hab. : Port-Etienne, Tin-Amaten dans l'Aftoutt, entre Boguent et Tin-Djemaran ; Nouakchott et Marsa (Daveau). Aire géogr. : Bassin méditerranéen, Arabie, Palestine. **87. Salicornia lierbacea L., Sp., 3; Daveau, loc. cit., 12. Hab. : Dunes des baies de Gansado et du Repos (Daveau). Aire géogr. : Europe, Afrique sept.. Perse, Turkestan, Gap de Bonne-Espérance, Amérique sept. ** 88. Suseda maritima Dumort., FI. Belg.,'^%\ Daveau, loc. cit., 13. Hab. : Baie de Gansado et rivière de l'Etoile (Daveau). Aire géogr. : Europe, Afrique sept., Canaries, Amérique sept. . - 33 — * 89. S. vermiculata Foi'sk., FI. ALg. Arab., 70; Daveau, loc. cit., 13. Hab. : Port-Etieune, Biacli ; Cap Blanc (Daveau). Aire géogi'. ; Afrique sept., Nubie, Arabie Pélrée, Inde orient., Canaries. * 90. Traganuni nudatum Del. in Descr. Egypte hist. nal., II, p. 204, tab. 22, fig-. I ; Daveau, loc. cit., 13 (Askaf des Mau- res). Hab. : El Mamghar, Bir el Guerb; Cap Blanc et Baie de l'Ar- chimède (Daveau) ; celte Salsolacée constitue des pâturages très importants pour la région. Aire géogr. : Afrique sept., Arabie Pétrée, Palestine. *91. T. Moquini Webb ap. Moq. in D. C, Prodr., XIII, pars 2, p. 171 ; Daveau, loc. cit., 13. Hab. : Dunes du Cap Blanc; Baies du Cansado et du Repos (Daveau). Aire géogr. : Canaries. 92. Cornulaca monacantha Del., loc. cit., 206, tab. 22, fig. 3 (Had des Maures). Hab. : A 25 kil. au N. de Lemaounek (une seule toufTe). Aire géogr. : Algérie et Egypte désertiques, Nubie, Perse, Afghanistan. EupliorbiacéeiS. 93. Euphorbia balsamifera Ait., Hort. Keio , II, p. 137 (Afernane des Maures). Hab. : Agamoun, Nouakchott. Aire géogr. : Canaries, Sénégal, région de Tombouctou, spontané et cultivé. 94. E. scordifolia Jacq., Collect., V, p. 113 (nonSpreng); (Tanout des Maures). Hab. : Nouakchott près du poste, dunes h Biach. Aire géogr. : Sénégal, Iles du Cap Vert, Abyssinie, Nubie, Cordofan, Arabie. M. Blas Lazaro a indiqué [loc. cit.) au Rio de Oro, d'après les récoltes de M. Quiroga, VEuphorbia of/icinarian L. (Lagmez Tome LXIII. 3 — U — des indigènes); toutefois, je suppose qu'il s'agit non de l'Eu- phorbe officinale, qui ne parait pas exister dans la région, mais plus vraisemblablement de VE. resinifera Berg ou de VE. Beau- mierana Hook. et Coss., qui ont été signalées par Gosson (in Bull. Soc. bot. Belg., X, p. 5 et Bull. Soc. bol. Fr., XXI, p. 162) dans le sud-ouest du Maroc, et qui fournissent avec l'^". offici- narum, dont elles sont voisines, le produit connu dans le com- merce sous le nom de résine d'Euphorbe. * 95. Andrachne Gruveli Daveau, in Act. Soc. Linn. Bor- deaux, LX, 1905, p. 13, tab. II. Hab. : Agamoun dans les sables, Nouakchott, entre Ijder et Nouakchott; Marsa (Daveau). Aire géogr. : espèce spéciale à la Mauritanie occidentale. 96. Tournesolia senegalensis Ad. Juss., Tent. Euphorb., 28 (sub Crozophora). Hab. : entre Biach et Tin-Amaten. Aire géogr. : Sénégal, Soudan, Nubie. liorantliacées. 97. Loranthus Pentagonia D. G., Coll. de mém., VI, tab. 8 et Pfodr., IV, p. 303. Hab. : Boguent, parasite sur diverses espèces d'Acacia. Je crois pouvoir rapporter à cette espèce les spécimens recueillis par la Mission bien qu'ils soient très défectueux. Aire géogr. : Sénégal. Balanoplioracées. 98. Cynomorium coccineum L., Sp., 970; (Tersouz des Maures). Hab. : Moulakcheb, dans une touffe d'Aguerzin. Gf. n" 27. Aire géogr. : Espagne mérid., Sardaigne, Sicile, Malte, Lam- péduse. Grêle, Afrique sept., Arabie, Perse, Songarie, Gana- ries. — 35 — Cypéracées. 99. Cyperus conglomeratus Rolb., Descr. et le, p. 21 , lab. 15, Hab. : dans les dunes à Biach. Aire géogr. : Sénégal, Nubie, Arabie, Abyssinie, Madag'as- car, Inde. Graminées. 100. Panicum turgidum Fork., FI. A^g. Arab., 18. Hab. : Biach. Aire géogr. : Afrique sept., Chypre, Arabie, Nubie, Pales- tine, Abyssinie, Perse. * 101. Pennisetum ciliare Link, Hort. BeroL, I, p. 213; P. cenchroides Rich. ; Daveau, loc. cit., 14. Hab. : Touéïl, Marsa; Nouakchott (Daveau). Aire géogr. : Sicile, Afrique sept, Arabie, Palestine, Abys- sinie, Perse, Bélouchistan, Inde sept., Cap de Bonne-Espé- rance, Madère, Iles du Cap-Vert, Canaries. ** 102. P. dichotomum Del. In Descr. Egypte hist. nat., Il, p. 159, tab. 7, fig. 3; Daveau, loc. cit., 14 (Moukokoba des Maures). Hab. : Nouakchott, assez abondant dans toute la région (Daveau). Aire géogr. : Afrique désertique, Arabie, Perse, Afghanis- san, Inde. 103. Cenchrus echinatus L., Sp., 1050 (Initi des Maures). Hab. : Biach. Aire géogr. : Sénégal, Soudan, Afrique tropicale, Inde, Amé- rique du Sud. 104:. Latipes senegalensis Knth., Enitm,, l, 171. Hab. : Agamoun. Aire géogr. : Cordofan, Abyssinie, Arabie, Sénégal. 105. Andropogon nigritanus Benth. ap. Hook, Niger FI., 573. Hab. : Biach. D'après les observations de M. Chudeau, cette graminée atteindrait l'^SO de hauteur. — 36 — Aire géogr. : Région du Niger. 106. A foveolatus Del., loc. cit., p. 160, tab. 8, fig. 2 (Tidji- ret et Tiricliit des Maures). Hab. : dans la dune, près de Touéïl. Aire géogr. : Egypte, Arabie, Nubie, Abyssinie, Inde sept., Canaries, Iles du Cap Vert, Nouvelle-Hollande. 107. A proximus Hochst. ap. Scliiuip., FI. Abyss., n. 411 et 1801; Rich., FI. Abijss., II, p. 464. Hab. : Riach. Aire géogr. : Souakim, Cordofan, Nubie, Abyssinie. 108. Aristida cserulescens Desf., FI. AlL, I, p. 109, tab. 21 (Tagbadant des Maures). Hab. : sur la dune à Riach et à Agamoun. Aire géogr. : Espagne mérid., Sicile, Afrique sept., Nubie, Abyssinie, Inde orient.. Cap de Ronne-Espérance, Madère, Canaries, Nouvelle-Hollande. * 109. A plumosa L., Sp., ed, 2, p. 1666, Daveau, /oc. cit., 15. Hab. : Nouakchott, Rir el Guerb; entre Nouakchott et Marsa (Daveau). Aire géogr. : Afrique sept., Arabie, Mésopotamie, Perse, région de la Caspienne. 110. A. Sieberiana Trin. ap. Spreng., Neue E?itdechmffen, H, p. 71. Hab. : dans la dune, près de Touéïl. Aire géogr' : Nubie, Palestine. 111. A pungens Desf., FI. Atl., I, p. 109, tab. 35 (Sbat des Maures). Hab. : Lemsid. Aire géogr. : Afrique sept., Nubie, Turkestan, Altaï. ** 112. Sporobolus pungens Knth,, Gmm._,I,p. 68, et ii'm^m.^ I, [). 210, Daveau, loc. cit., 15 (Abraou des Maures). Hab. : assez abondant sur les bords de la rivière de l'Etoile (Daveau). Aire géogr. : Région méditerranéenne de l'Europe, Afrique sept., Syrie, Iles du Cap-Vert. — 37 — 113. S. spicatus Knth., loc. cit., \, p. 67 et I, p. 210 (Izidi des Maures). Ilab. : entre Abouïzir et IMarsa dans l'Aftoutt, entre Bilaouak et Lemsid. Aire géogr. : Désert Lybique, Egypte, Nubie, x\.rabie, Abys- sinie. 114:. Eanthonia Forskahlii Trin., Sp. Gra?n., l, tab. 49 (Mrokba des Maures). Hab. : dans hi dune, à Touéïl. Aire géogr. : Afrique sept., Arabie, Perse. 115. Eactylocteiîium segyptiacum Willd., Enum., 1029. Hab. : Nouakchott. Aire géogr. : Italie mérid., Sicile, Grèce, Algérie, Tripoli- taine, Egypte, Nubie, Syrie, Arabie, Abyssinie, Inde, Gap de Bonne-Espérance, Amérique mérid, 116. Eragrostis tremula Hochst., Herb, Nub., n° 6, Steud., Syn. Gram., 269. * Hab. : Nouakchott. Aire géogr. : Nubie, Abyssinie, Gabon. **117. Spartina stricta Roth, Calalect. bot., III, p. 9; Da- veau, loc. cit., 15. Hab. : Rivière de l'Etoile. Aire géogr. : Europe occident., Espagne, littoral de l'Adria- tique, Maroc. ** 118. Kœleria phlepides Vill., Dauph., H, p. 95, tab. 2, fig. 7; forma glumis tuberculatis Daveau, loc. cit., 15. Hab. : Marsa. Aire géogr. : Europe centr. et mérid., Afrique sept., Cana- ries. 119. ^luropus repens Pari., FI. Ital., I, p. 462. Hab. : entre Abouïzir et Marsa; entre Boguent et Tin Djmaran. Aire géogr. : Sicile, Lam[)éduse, Afrique sept., Crète, Nubie, Arabie. 38 — B. RÉGIONS BOTANIQUES M. R. CHUDEAU Dans le chapitre précédent, le D'" E. Bonnet a donné la liste des plantes phanérogames connues avec certitude sur le littoral de Mauritanie. Il a montré que cette flore, assez riche en espè- ces désertiques, était caractérisée par la présence de nombreu- ses plantes du Sénégal et du Soudan qui, le long de l'Océan, remontent assez haut vers le Nord ; il a insisté aussi sur la pré- sence de quelques espèces des îles Atlantiques, qui témoignent peut être de connexions récentes entre le continent et les lies, ainsi que sur la présence de trois espèces spéciales à la Mauri- tanie (1). Aux renseignements précis, déduits par le D"" Bonnet, d'étu- des faites au laboratoire, on peut HJouler quelques ti-aits, résul- tant de notes prises en cours de route et relatifs surtout à l'as- pect de la végétation du pays. On sait que l'on peut, en général, distinguer, dans l'Afrique du Nord, plusieurs zones botaniques, grossièrement parallèles à l'équateur, zone que l'on peut suivre de l'Océan Atlantique à l'Océan Indien et parfois jusqu'à l'Inde. Trois d'entre elles seu- lement intéressent la Mauritanie (2). La zone soudanaise, avec des pluies régulières suffisantes et de riches cultures de mil et d'arachide, est encore bien recon- nuissable à Black sur les bords du Sénégal. Dans la zone sakélienne, il y a encore une saison pluvieuse, mais elle est insuftisante pour permettre des cultures non irri- (1) Hélix Durai Plid. fournit, parmi les mollusques, un exemple analogue; on ne le connaît qu'au Gap Blanc, le Krekche et le Rio de Oro. (2) Chevalier, La zone et les provinces botaniques de TA. 0. F., C. R. Ac. Se, 30 avril 1900. La végélalion de la région de Tombouctou, Congrès international de botanique, Paris, 1900. il. Ghudeau, Sahara Soudanais, Paris, 1900, chap. IV. — 39 - guées, La hauteur de pluie, inférieure à 500 millimètres clans sa partie méridionale, diminue progressivement lorsque l'on s'ap- proche du désert. La limite nord de cette zone, habituellement plus méridionale, est, sur le littoral, au voisinage du Cap Timi- ris (19"00' Lat. N.). La zo7ie saharienne lui fait suite; il n'y a plus que des pluies accidentelles, parfois considérables, mais toujours espacées : des périodes de sept à huit ans sans averses ne sont pas rares au désert et l'on parle même de séries de dix-huit ou vingt années de sécheresse. Toutefois, sur le littoral, la proximité de l'Atlanlique assure des rosées assez fréquentes et le Sahara n'y présente que des caractères atténués. La zone soudanaise comprend, en Mauritanie, tout le Gorgol que traversent des marigots d'hivernage, tributaires du Sénégal ; les cultures y sont étendues; plus à l'Ouest, entre Kaédi et Biach, vers 16°30' Lat. N., les cultures ne s'éloignent pas des bords du fleuve; cependant dans le Brakna, grâce probable- ment au voisinage des hauteurs du Tagant, on trouve du mil autour de quelques villages, comme Guimi, Gaoïia, Aguiert (ce dernier vers 17°4:0' Lat. N.) (1). Tout contre l'Océan, la zone soudanaise présente quelques caractères spéciaux : l'un des plus nets est fourni par les Cocotiers qui, importés par les Portugais il y a quelques siècles, se développent fort bien à Saint-Louis. Zone sahélienne. — La zone sahélienne est habituellement le domaine de la brousse h mimosées qui parfois fait place à la savane. Les arbres ou arbustes les plus caractéristiques de cette zone sont V Acacia Verek, le Balsamodendron africanum, VEu- phorhia balsamifera; autour des mares, V Acacia arabica, le Bauhinia rufescens des Ziziphus prennent la première place. Le Salvadora persica, le Calotropis procera, le Balanites œgyptica, le Leptadenia pyrotechnica y sont fréquents, mais pénètrent largement au Sahara, jusqu'au voisinage du Tidikelt (27Mat. N.). (1) L'action française en Mauritanie, Bull. Comité de l'Afr. fr., déc. 1908, p. 360-364. — 40 — Au voisinage de l'Allaulique, ces caractères se modifient : V Acacia Verek et le Balsamoclendron africamun deviennent fort rares; ils ne forment de peuplements continus qu'à quelques kilomètres du littoral; nous avons coupé l'extrême pointe occi- dentale de la « forêt » de Gommiers du Trarza, dans la région de Boguent. Un autre caractère négatif est fourni par l'absence du Cenchnis echinatus [Inili des Maures, Kramkram des Euro- péens), une gra minée, qui forme souvent dans la zoae salié- lienne de véritables prairies dont la traversée est difficile et pénible à l'époque de la maturité des grains ; nous n'en avons trouvé que quelques pieds sur les dunes, notamment à Biach. En revanche, un genre, rare d'ordinaire dans la zone sahé- lienne, le genre Tamarix, prend, sur le littoral, un développe- ment inaccoutumé. FA-ïlve Moulakcheb et Ijcler, il forme un véri- table taillis, parfois fort épais, dans la région de Tivoiirvourt notamment. Cette forêt, longue de 70 k 80 kilomètres, est très étroite; elle est limitée à l'Aftoult, encoie n'en occupe-t-elle pas toutes les parties; certaines sebklia, à sol trop salé, sont complè- tement nues; leurs bords sont occupés par des Salicornia [iard- jem). Li figure 1 permettra de se rendre compte de cette dis- position. Les documents recueillis sont encore insuffisants pour permettre de placer sur ce schéma les herbes et les plantes annuelles. 700 i. 800 Fig. 1. — Coupe schématique de l'AfloulL vers n°30' lut. N. Légende. — 1. Butte de sable (Zungenbugel) (5 à 6"), avec Tcunarix. — 2. Dunes littorales (5 à 10"), Calotropis pro.cera. — 3. Nebka (i™), avec Nitraria Iridenlala, Acacia lorlilis, Lycium iiiïricalum. — 4. Plaine argileuse, avec Tamarix paftseri- noides (dépasse souvent 2"). — 5. Bords de Sebkba, salicornes [Suœda, etc.). — 6. Sebkba dénudée en contrebas de 1 à 2 mètres. — 7. Nebka (!""), avec Euphovbia balsamij'era, Leptadenia pyrolechnica, Acacia lorlilis, Nilraria Iridenlala, Culo- Iropis procera. — 8. Zira (10'"), oii Eitpkorbia balsainifera domine de beaucoup. — 41 — D'Ijder à Aleibataf, les Tamarix ne jouent plus qu'un rôle subordonné; on ne les trouve guère que dans le Sbar où ils provoquent la formation de hautes buttes de sable (1), apparen- tées à la Nebka. Dans l'Aftout, ils sont très rares : la végétation dominante est constituée vers Marsa par des plantes grasses (Ara- zal, Caroxylon letragonum; Aguerzin, Nilraria tridentala, etc.), avec de rares Talah (Acacia tortilis) qui, parfois, sous l'in- fluence du vent du large, forment des buissons elliptiques hauts de 1 à 2 mètres, dont le grand axe N. S. atteint 5 à 6 mètres. Ces buissons sont très serrés et presque impénétra- bles. Pareil fait est fréquent partout au bord de la mer. Vers Bilaouak, les Talah et les plantes grasses deviennent rares; une végétation de nebka domine ; les buttes de sable sont couron- nées de mrokba (2) et, tous les 500 mètres, on croise un arbuste, un Calotropis procera en général. Un peu au sud d'Aleibalaf et se continuant jusqu'à l'Agneitir, des sebkha, récemment isolées de la mer qui, par les gros temps d'Ouest, doit encore les envahir parfois si l'on en juge par l'état de fraîcheur des cocjuilles que l'on y trouve, sont entourées d'une forêt de Tamarix, à peine moins haute et moins dense que celle de Tivourvourt, mais moins étendue. Plus au Nord, dans la zone saharienne, les Tamarix ne pous- sent plus que par pieds isolés; il y en a quelques douzaines autour des puits d'Alzas : l'un des plus beaux du pays, presque desséché d'ailleurs et par suite indéterminable, se trouve dans la grande citerne de l'île d'Arguin. II a peut-être trois mètres de haut et, avec un Acacia torlilis de f^SO, forme toute la végétation arborescente de l'île; la végétation herbacée n'est d'ailleurs pas beaucoup plus brillante. (1) Massard, l^a biologie de la végé'ation sur le liltoral belge, Bull. Soc. bot. de Belgique, XXXIIl, 1893. (2) Mrokba (Bou Rokba, Oum Rokba, lé père ou la mère aux genoux) désigne tontes les grandes graminées poussant par toulTes, à tiges fasciculées et coudées aux nœuds; elles forment en général de bons pâturages. La graine de l'une d'entre elles (Penni- setum dichotomum), VAfezou des Touaregs, VAs. des Maures, est recueillie comme céréale par les nomades. — 42 VEaphorbia balsamifera, VAfernane des Maures, est une plante répandue dans une bonne partie de la zone sahélienne, du moins depuis l'Atlantique jusque vers Cliirmaled, à 200 kilo- mètres à Touest du lac Tchad; sur le littoral de Mauritanie, elle prend une importance considérable; elle semble être la plante la mieux adaptée aux dunes du pays; elle ne manque que sur la dune littorale, trop salée ou trop mobile. Mais si elle forme les peuplements définitifs, elle n'est pas la plus prompte à s'installer. Sur les Nebka les plus petites, on trouve surtout des graminées; quand le tas de sable s'accroît, elles sont rem- placées par des plantes grasses, par exemple des Zy^ophyllum Fonlanesi, comme à El Mamghar (fig. 2). m Je ;;^^^i , W-J- -lit ^- m? *fcî Fig. 2. — Aspect de la vér/éfation près des puits d'El Mamghar. Légende. — En poinlillé, le sol de la plaine couvert de Senilia senilis. — Au pre- mier plan : nebka, avec m'rokha, aguei, etc. — Dans le fond, dunes avec Afernane, guetaf, etc. Les Nebka hautes de un mètre portent divers arbrisseaux (7, fig. 1); lorsqu'elles atteignent ou dépassent 2 ou 3 mètres, VEiiphorbia balsamifera les couvre presque complètement et laisse fort peu de place aux autres essences (1). Cette prise tar- (1) V. A. Gruvel et A. Ghudeau, A travers la Mauritanie occidentale, Laroze, édi- teur, Paris, 1909. — 43 — dive de possession du sol par une plante qui y devient mal- tresse, peut probablement s'expliquer, au moins partiellement, par la structure des graines, dont le transport ou la germination est moins aisé que chez les premières occupantes. Les Baobabs (1) sont des arbres de la zone soudanaise dont ils ne semblent occuper, à l'état spontané, qu'une partie fort restreinte. Presque partout ils ont été plantés soit pour l'usage alimentaire, leurs feuilles constituent un des principaux légumes des noirs, soit, peut-être, comme arbres fétiches. On ne les trouve guère qu'auprès des villages ou entourés de ruines. Ces remar- ques de Chevalier donnent un certain intérêt à l'existence d'une douzaine de Baobabs que nous avons pu noter le long de l'iti- néraire; tous, mal venus et rabougris, sont visiblement hors de leur habitat normal. Le dernier se trouve vers le 18° Lat. N. entre Ijder et Nouakchott. Zone saharienne. — A partir du cap Timiris, on entre dans le domaine saharien; les caractères habituels du désert y sont atténués. Au voisinage du littoral, il n'y a rien de comparable à ces immenses étendues sans eau et sans pâturage qui, dans le centre du continent, constituent les tanezrouft. On sait (2) que le Sahara est, en général, séparé de la zone sahélienne par une large bande de terrain absolument stérile, les tanezrouft et les tiniri, bande qui, dans les points où elle est la plus étroite et où les pistes caravaniennes la traversent, mesure encore 200 kilo- mètres d'épaisseur du Nord au Sud. Sur la côte de Mauritanie, on ne marche jamais plus de deux ou trois heures sans rencontrer un pâturage; la distance entre deux puits atteint rarement 60 kilomètres. La brise de mer se fait sentir partout et les plantes sahariennes, peu exigeantes, savent se contenter de l'eau que leur apportent des rosées assez fréquentes, d'où la richesse relative de la végétation littorale. (1) A. Chevalier, Les Baobabs de l'Afrique conlinenlaie. Bull Soc. Bot. de France, IV, 6, 1906, 480-496. (2) Ghudeau, Sahara Soudanais, Colin, édit., Paris, p. 20-29. _ 44 — Malgré cette atténuation des caractères spéciaux au désert, le changement dans l'aspect des pâturages est trop net à partir de El Mamghrar pour que l'on puisse liésiter beaucoup sur la limite des zones sahéliennes et sahariennes; les euphorbes deviennent moins fréquentes et des plantes inconnues, ou tout au moins très rares plus au sud, prennent la première place. Le Guetaf [Atriplex Halimus), le Damran [Clienolea canariensis), VAskaf [Tragoîiian nudalum), le Had [Cornulaca nwîiaca?itha) îorment le fond des pâturages; si les espèces ne sont pas toujours identi- ques à celles du Sahara continental, du moins les mêmes noms indigènes se retrouvent, témoignant que des formes végétales de même apparence, de même type d'adaptation biologique ont été remarquées par les nomades au nord du cap Timiris. Les renseignements recueillis sur place, qui font de El Mam- ghar le dernier point où se faisait sentir une saison d'hivernage régulière, sont nettement confirmés par la géographie botanique. Au nord de Tintan, l'influence d'un massif de relief notable, l'Adrar Sotof, qui atteint probablement une altitude de 500 ou 600 mètres, est manifeste; les oued sont bien marqués et cou- lent de temps en temps : il y a accord sur ce point entre l'aspect de leur lit et les indications des guides. La nappe aquifère ainsi alimentée a permis de creuser quelques bons puits (Tintan, El Aïoudj, Archania), en même temps qu'elle se prête à la végé- tation aiborescente ; les talah {Acacia tortilis) sont assez nom- breux et atteignent une belle taille, 4 à 5 mètres; leurs troncs dépassent souvent 20 centimètres de diamètre. En amont, d'après les renseignements qu'ont bien voulu nous communi- quer les lieutenants Berlhomé et Chadebec, la végétation arbo- rescente devient encore plus belle; avec leur imagination orien- tale, les Maures affirment que l'on peut faire des étapes entières h. l'ombre des forêts. Cette région de l'Adrar Sotof et celles qui, au point de vue hydrographique, en dépendent, sont très riches en pâturage et l'élevage y acquiert un certain développement. Même, à côté des chameaux, des chèvres et des moutons (dont quelques-uns à laine), on voit des bœufs, d'ordinaire rares au Sahara. Un — 4o — relief médiocre, mais voisin de la mer, a suffi pour créer dans ce coin de la Mauritanie un peu de richesse. Malgré cela, la végétation est bien saharienne; les plantes sont, pour Ja plupart, celles du désert et leur mode de végéta- tion est celui du Sahara; il n'y a nulle part de tapis végétal continu; toutes les plantes poussent par touffes juchées habi- tuellement sur des monticules de sable; ni le sol ni même les alluvions ne conservent à la surface assez d'humidité pour lutter contre les actions éoliennes; le sable devenu mobile s'accumule en nebka, parfois en dunes véritables qui, autour de la baie du Lévrier surtout, affectent souvent la forme de barkhanes typi- ques (1). . De El Mamghar au fond de la baie du Lévrier, la végétation est donc essentiellement la même : c'est celle du désert. Elle est toutefois un peu plus dense que dans l'intérieur du Sahara, à cause probablement de la fréquence des rosées. Dès que le pays devient un peu accidenté, la végétation devient plus belle, sans changer de caractère; pareil fait s'observe dans tout le désert; il est déjà visible à In-Zizi et encore mieux dans l'Ahag- gar(2). La presqu'île du Cap Blanc présente quelques caractères par- ticuliers; elle est étroite et partout l'influence océanique s'y fait sentir. Elle se traduit surtout par l'existence de quelques plantes spéciales, des Statice surtout. Actuellement les arbres font défaut dans la presqu'île, mais on ne peut pas, je pense, attribuer leur absence au voisinage de l'Atlantique et au vent souvent assez fort : on trouve, en effet, sur le sol quelques troncs (3) de talah [Acacia tortilis) indiquant (1) Dans la région du Krekche, apparaît un arbre nouveau, VIgni, qui pousse en général par bouquet de cinq ou six; il atteint une hauteur de 3 ou 4 mètres. Ses rameaux, légèrement arqués, portent des aiguillons recourbés, analogues à ceux des ronces; leur écorce reste verte longtemps; elle ne perd sa chlorophylle que sur les rameaux de 2 centimètres de diamètre. Je n'ai vu à cet arbre ni feuilles, ni fleurs, ni fruits et n'ai pu, par suite, le faire déterminer. (2) Ghudeau, Sahara Soudanais. (3) Nous en avons vu trois ou quatre le long de notre itinéraire, et le résident con- naissait l'existence de quelques autres. — 46 — des arbres hauts de trois à quatre mètres; le Cap Blanc a été souvent fréquenté par des pêcheurs maures et l'action humaine n'est peut-être pas étrangère h ce déboisement. Un trait certainement remarquable de la presqu'île du Gap Blanc, et qui se retrouve, atténué il est vrai, sur la grève d'El Aïoudj, est l'abondance des Lichens ; il y en a beaucoup sur le sol ; j'en ai même vu quelques-uns sur les troncs du talah (Xanthoria parietina ?) Au Sahara, dans l'intérieur du pays, je n'ai vu nulle part de lichens corticoles ; sur le sol ce n'est que très exceptionnelle- ment que l'on peut soupçonner la présence d'espèces de petite taille (Heppice ?) A El Aïoudj comme au Gap Blanc, les lichens saxicoles sont communs et atteignent une taille notable. On a peu de renseignements sur la végétation de l'intérieur de la Mauritanie ; j'ai déjà indiqué ce que l'on sait sur le Tagant et les régions voisines. Plus au Nord, l'Adrar Tmar parait bien appartenir au vrai Sahara; c'est un pays d'oasis, et les dattes d'Atar ont une cer- taine réputation. LIOI^EHSTS L'Abbé HUE Genre I. — Roccella D. C. 1. Roccella tinctoria D. G., de Lam. el de Cand., Flore fr., t. II, 1805, p. 334, et Darbish., Monogr. BoccelL, 1898, p. 32, lab. XII, fig. 42-48. Sur les rochers, pointe Jiielios, près de Tanger, M. Buchet, 1903; stérile. 2. R. phycopsis Ach., Lichenogr. iiniv. (1810), p. 440, et Dar- bish., loc. cit., p. 34, tab. XIII-XIV, %. 49-61. Djebel Moussoc, Andjera et près de la grande caverne. Les échantillons sont très nombreux et tous stériles; ceux de la dernière localité portent parfois quelques lanières du Physcia parietinavav. auréola Nyl. Genre II. — Rainalina Ach. 3. Ramalina tîngitanaSalzmann in herb. Lenormand, Nyl., Recogn. monogr. Ramai., p. 62, in Bull. Soc. Linn. Normand., 2' sér., t. IV, 1870, p. 160, et apud Hue, Addend. nov. Liche- nogr. enrop., p. 34, in Rev. Botan., t. IV, 1885-1886, atque Lich. exot., n. 460, in Noiiv. Arcli. Mus., 3' sér., t. II, 1890, Stizenb., Lichenœa a fric, p. 38, in Jahresb. S. Gai lise h. naturwiss. Gesellsch., 1888-1889, Flag-., Catalog. Lich. Alger., p. 4, ac Jatta, Syllog . Lich. italic, p. 68. — 48 — Thalle d'un jaune pâle, çà el. là un peu bruni, assez brillant et composé de lanières aplaties, rarement canaliculées, dressées ou décombanles, unies à la base en un point plus ou moins large et formant de petits buissons arrondis et d'un diamètre de 25-45 millimètres; lanières hautes de 15-30 millimètres, très étroites à la base, puis dilatées et mesurant vers le milieu 1,5- 20 millimètres en largeur, et enfin épaisses de 0,5-0,6 et même de 1,5 millimètres; à la base, deux ou trois parlent de la môme souche et s'élèvent le plus souvent simples, rarement une ou deux fois ramifiées; au sommet, tantôt tronquées et un peu pul- vérulentes, tantôt brièvement et irrégulièrement dentelées et alors lisses; sur la face supérieure souvent unies, quelquefois nervées par des nervures longitudinales, ramifiées et très peu saillantes, et même çà et là scrobiculées par des nervures plus épaisses et ramifiées en réseau; sur la face inférieure, noircies à la base, puis d'un roux foncé, ensuite concolores aux supé- rieures et également nervées ou scrobiculées. Cortex formé de deux zones d'hyphes superposées; dans la supérieure large de 30-60 a, ils sont indistincts, verticaux et en grande partie décom- posés, présentant un réseau à mailles assez petites et inégales avec une cavité large d'un [j., et recouverts par une couche hya- line, presque amorphe, épaisse de 6-10 p.; dans l'inférieure large de 50-200 ij., ils sont épais de 4-6 1»-, avec la même lumière, parallèles à la surface, étroitement unis et articulés par de longs articles; cette dernière zone manque parfois à la face supérieure. Gonidies vertes, protococcoïdes, larges de 8-10 [j. et formant sous la seconde zone du coi'tex et quelquefois sous la première une couche épaisse de 40-60 [j. ; entre elles, hyphes peu serrés et çà et là entre ces deux couches, un fascicule d'hyphes verticaux assez épais et formant l'axe du Lichen. Apothécies latérales, rarement terminales, d'abord cupuliformes, larges de 0,2- 0,3 millimètres, avec une marge entière et un excipule lisse, puis aplanies, larges de 5-15 millimètres avec une marge mince, très peu élevée, granuleuse, flexueuse ou fendue, un excipule lisse ou scrobiculé, comprimé à la b.ise et un disque d'un roux pâle el recouvert d'une épaisse couche de pruine bleuâtre. Cor- - 49 — lex de l'excipule épais de 40 ;x et semblable à celui du thalle; médulie recouverte, comme celle du thalle, d'une matière rous- sàtre ou noirâtre; périthèce nu, large de 80-160 y. existant seu- lement sous les paraphyses, formé d'hyphes horizontaux rami- fiés et anastomosés, comme dans la médulie; deux couches de gonidies, l'une sous le périthèce et l'autre sous le cortex. Para- physes hyalines, granuleuses et noirâtres au sommet, hautes de 50-60 p., larges de 2-3 [a, avec des cloisons assez épaisses et une lumière large d'un p., brièvement ramifiées vers le sommet et bleuissant par l'iode. Thèques de 38 p-, larges de 14 [j- et un peu épaissies au sommet; spores au nombre de 8 dans chaque thè- que, hyalines, uniseptées, distiques, droites ou parfois très légèrement courbées, longues de 13-14 ix et larges 4,5-5 (j.; Nylander, loc. cil., les indique longues de 11-15 |j. et larges de 5 6 [j.. Spermogonies souvent nombreuses, naissant au bord du sommet des vieilles lanières, plus rarement sur leur surface, immergées dans le thalle et indiquées exiérieurement par un osliole roussâtre; spermaties droites, cylindriques, k extrémités Ironquées, longues de 3-4 p. et larges d'un [j.; sterigmates longs de 20-25 [x, épais de 2 ij. et ramifiés. Sur les rochers, pointe Juelios, près de Tanger. Cette rare espèce a été récoltée sur les rochers maritimes, en Corse, parGulhnik; en Algérie, par Durieu de Maisonneuve et Bové; au Maroc, près de Tanger, par Salzmann, oii M. Buchet l'a retrouvée. Elle est très polymorphe, et certains échantillons, à première vue, paraissent appartenir à une espèce toute diffé- rente. Mais d'abord l'anatomie du thalle montre qu'il n'y a qu'une espèce, puis en examinant avec attention les échantillons, assez nombreux, rapportés par M. Buchet, on rencontre des tran- sitions qui conduisent des lanières les plus étroites aux plus larges. Dans quelques-uns de ces spécimens, celles ci ne dépas- sent pas 1,5-2 millimètres en largeur, dans d'autres elles attei- gnent 2-4, 4-6, et vont même jusqu'à 10 millimètres; tandis que dans trois d'entre eux, elles mesurent 16-20, avec quelques-unes qui n'ont que 1,5-2 millimètres et qui, en même temps, sont lisses. Ces très larges lanières sont en dessous d'un jaune roux et Tome LXIII. 4 — 50 - profondément scrobiculées sur les deux faces; ce sont elles qui atteignent l'épaisseur de 1 ,5 millimètre. Chez elles, le vrai cortex mesure de 100 à 120 [j. et la couche d'hyphes horizontaux va de 40 à 300 [^.. Un seul de ces exemplaires est fertile, et comme il ne porte qu'une seule apothécie, je n'ai pu en examiner les spores, mais extérieurement celle ci est semblable à celles que j'ai étu- diées; les spermaties sont exactement les mêmes. Par consé- quent, les différences qui existent entre ces divers spécimens proviennent uniquement de leur âge. II PARTIE GÉOLOGIQUE R. CHUDEAU Docteur ès-sciences. STRUCTURE GEOLOGIQUE DE LA MAURITANIE Massifs anciens. — La Mauritanie française semble consti- tuée par un golfe quaternaire (peut-être en partie pliocène] que limitent au Nord et à l'Est quelques massifs anciens : le Tiris, l'Adrar Tmar et le Tagant. Les deux premiers font partie de la haute pénéplaine ancienne du Sahara central qui, sauf une courte interruption due à la vallée de la Saoura, s'étend fort loin vers l'Est, au delà de l'Ahaggar, jusqu'au moins vers l'Aïr et le Tibesti (1). Le Tagant se relie par les hauteurs de Bambouk aux ter- rains anciens qui forment le sous-sol du Foula-Djallon et le sol de la Guinée. Ce massif, séparé du premier par la haute plaine du bassin de Tombouctou et du territoire de Zinder où ont pénétré les mers du Crétacé supérieur et du Tertiaire, est, lui aussi, très étendu vers l'Est; il n'est interrompu par des dépôts crétacés que dans la région de Gongola (Nigeria anglaise). (1) Ghudeau, Sahara soudanais, fig. 68, p. 225; 0. Lenz, Carie géologique du Sahara occidental. Petermann, Milteilung-en. — n"^. — On ne sait pas ce qui se passe entre l'Adrar-Tmar et le Tagant; celte région est inconnue même au point de vue géo- graphique. Pour le reste, on est un peu moins mal documenté, bien qu'il y ait encore des lacunes énormes. Les renseignements géologiques précis que Ton possède sur les terrains anciens du Rio de Oro sont dus à Quiroga (1). Quand on va vers la sebkha d'ifijil, à une quinzaine de kilomètres à l'Est dé Villa Cisneros, on rencontre d'abord des micachistes et des amphibolites avec filons de gi-anulite qui forment une pénéplaine d'altitude voisine de 180 mètres. On traverse ensuite pendant 65 kilomètres une pénéplaine qui s'élève progressive- ment de 200 à 300 mètres et où domine un granité gris ou rouge, pauvre en mica, coupé de quelques filons de quartz, de porphyres et de microgranite. Une bande de quarizites, de schistes et de calcaires que Qui- roga rapporte au Gambrien ou au Silurien, large de 4 à 5 kilo- mètres, sépare cette pénéplaine du Tiris proprement dit. Les strates y sont presque verticales et les al'fleurements N.-S. Le Tiris constitue la « meseta central » du Sahara occidental. Il forme une immense pénéplaine (300 à 350 mètres) de granité et de gneiss granitoïde, recouverte par place de dômes hauts d'une cinquantaine de mètres. A 350 kilomètres de la côté, cette pénéplaine présente une dépression brusque (altitude 150 mètres) dont le fond est occupé par la sebkha d'Idjil. Cette saline célèbr-e (2) est de forme elliptique; le grand axe est orienté N.-E. S.-W., et mesure une trentaine de kilomètres; le [)etit, huit seulement (3). Quiroga suppose cette sebkha quaternaire. L'Adrar Sotof, dont Vincent a vu l'extrémité méridionale, sem- ble être une haule région granitique mesurant 70 kilomètres du Nord au Sud et 60 de l'Est à l'Ouest. Quelques sommets sont à 120 mètres au dessus de la pénéplaine ; il est, d'après cela, assez (1) Quiroga, Sociélé de géographie commerciale. Madrid. (2) Voir : A travers la Mauritanie occidentale, Les salines. (3) Vincent donne 30 idlomèlres de long et 12 de large. — 53 — vraisemblable que quelques points de ce massif atteignent 500 mètres d'altitude. En tout cas, l'Adrar Sotof est un centre hydrographique important; il y a des pâturages excellents et des arbres véritables. Les lieutenants Berlhomé et Chadebec, qui ont pu y pousser une pointe, se sont assurés de l'exactitude des renseignements indigènes. Quelques uns des oued qui descendent de ce massif coulent, paralt-il, parfois encore assez loin de leurs sources. Nous avons coupé, entre Bir El Guerb et Bir El Aïoudj, quelques vallées paraissant encore assez vivantes. Entre l'Adrar Sotof et la région d'Atar, les renseignements font défaut. La mission Paul Blanchet a recueilli de bonnes observations sur l'Adrar Mauritanien. Les renseignements sont restés inédits, mais A. Dereims a bien voulu mettre à ma disposition ses carnets et me fournir en outre de nombreuses indications ver- bales. L'itinéraire de Blanchet a quitté le littoral Atlantique vers Bilaouak et s'est dirigé au N.-E. vers Atar. Pendant les 160 premiers kilomètres, on reste dans les formations récentes; un peu avant Touizikt, se montrent pour la première fois sur le sol, des débris de quarzites et de roches cristallophylliennes; à Touizikt, les terrains anciens sont en place; ils sont formés de micaschistes, de quartzites avec quelques cipolins; de nombreux filons de diabase les recoupent. Ces terrains anciens affleurent en général du Nord au Sud (direction subméridienne de Flamand); leur plongement est d'abord très marqué et les assises sont [)resque verticales; lorsque l'on se rapproche de l'Adrar, le plongement vers l'Est diminue jusqu'à ne plus être que de (juclques degrés lorsque l'on arrive à la muraille de l'Adrar. Adtai Tntat « ■Si S-V \ ^ ^ s ^.r. s^¥==^=p^^^='nïïÏÏÏÏTO^^^ ~ " Soo A m Fig. 3. — Coupe de Nouakchott a Ghinguetti, d'après A. Dereims. s. Schistes ciistallitis (Précambrien, Silurien ^ ?). — d. Dévonien. — q. Quaternaire récent. — 54 — Tout cela forme une pénéplaine à relief peu accentué qui est bien la suite du Tiris; les massifs archéens y font cependant défaut. A 200 kilomètres au N.-W. de Touizikt, on arrive à une muraille haute de plus d'une centaine de mètres et qui, du Nord au Sud, se prolonge pendant plusieurs journées de marche. Peut être, vers le Sud, en trouve-t-on la suite dans le Tagant. Cette muraille de l'Adrar est la falaise terminale du plateau qui porte Atar et Chingueti; elle est constituée surtout par des grès horizontaux, de couleur claire en général, parfois rosée et recouverte d'une patine noire, le vernis du désert. Vers le sommet, quelques bancs sont de véritables grauwackes très fossilifères; par suite des accidents qui ont marqué la fin de la mission, Dereims n'a pu rapporter aucun échantillon en Europe, mais, d'après ses souvenirs, les Spirifer qu'il a vus sont certai- nement dévoniens et très probablement éo-dévoniens. L'Adrar serait le dernier témoin vers l'Ouest des Tassili du pays touareg. Lorsque l'on a réussi à franchir la falaise, qui n'est accessible qu'en quelques points, on arrive sur le plateau dont la surface plonge légèrement vers l'Est (une quinzaine de degrés tout au plus); dans la partie la plus basse se trouve l'oasis d'Atar, d'où on aperçoit vers l'Orient une seconde falaise, limite d'un second plateau qui porte Chingueti. Pour le Tagant,qui n'a été vu par aucun géologue, les rensei- gnements précis font défaut, mais, par les échantillons rap- portés (1), on sait avec certitude qu'il y a des schistes cristallins et des quartzites avec des minerais de fer assez abondants. On y signale aussi des grès horizontaux; la plupart, autant que l'on peut juger de loin, paraissent récents et semblent se rattacher aux grès de Koulikouro et du Fouta-Djallon qui seraient peut- être éocènes; Chautard (2) a trouvé, du moins sur la côte du Sénégal, des grès bien semblables reposant sur des couches à Oursins crétacés. (1) Chautard et Lemoine, La Géographie, 1907. '2) Thèse. Quelques autres de ces grès sont peut-être anciens et se rattacheraient aux grès de l'Adrar Tmar ou des plateaux de Bandiagara et de Hombori; c'est une question à étudier. On retrouve dans la toponymie de cette région quelques ter- mes déjà vus dans le Tassili; l'un des plus nets, celui à'Âdafar, est déjà porté sur les cartes de Slieba ; le capitaine Gérard (1) le reproduit sur sa carte, tout en le déplaçant un peu vers le Sud. Adafar est un mot tamachek qui désigne 1' « oreiller », le tabouret qui est une des pièces essentielles de la literie du nomade; en topographie, il s'applique à des plateaux beaucoup plus larges que hauts; un des beaux exemples, dans le Tassili du Nord, est la table d'Adafar, près de l'Adrar Ahnet. Ces massifs anciens (Tiris, Adrar, Tagant) ne sont pas très éloignés du littoral et leur proximité explique les caractères des roches plus récentes que l'on trouve au bord de l'Atlantique : la plupart sont nettement détritiques; les grès dominent. Par place cependant (Lefrey, Alzas), il y a des bancs calcaires qui, au microscope, montrent de nombreux grains de quartz et par- fois quelques autres minéraux. Dans la plupart des dunes, le sable n'est pas pur; parfois même, le quartz ne forme pas la moitié de la masse; à Lemsid, pur exemple, du sable de dune, étudié au laboratoire de M. La- croix, contenait quartz, grenat, épidote, ilménite (fer titane) en proportions notables. Il y avait des traces d'autres minéraux. Pareille bariolure des sables n'est rare ni sur la plage ni dans les dunes entre Saint-Louis et le Cap Blanc. Quelques faits semblent indiquer que, par place au moins, les terrains anciens sont tout proches du littoral ; dans l'Azou- fal, au voisinage de Lemaounek (19°30' lat. N.) notamment, des débris de micaschistes et de quartzites se rencontrent fréquem- ment en morceaux gros comme le poing et à peine roulés. Dans la région de Boutilimit, il y aurait à voir quel terrain se trouve sous les dunes qui sont élevées; partout, au Sahara, les (1) Bull. corn. Afr. fr. (finj, 1908. — SG — dunes élevées ne sont que des collines ensablées; le nom de la région, Aoiihen, se retrouve plusieurs fois au désert et s'appli- que à des pénéplaines cristallines à surface particulièrement tourmentée. Régions récentes. — L'intérieur du golfe délimité par les massifs anciens du Rio de Oro, de FAdrar, du Tagant et du Bam- bouk, est occupé par des terrains beaucoup plus récents. Au Sénégal, les recherches de Chautard (I) et du capitaine Friry (2) montrent que, à part quelques affleurements restreints du Crétacé dans la région du Cap Vert et quelques accidents volcaniques (Gorée, Dakar, Les Mamelles), la majeure partie du sol est constituée par l'Eocène, bien caractérisé par des Oursins et des Nummulites. Au Rio de Oro, dans le Guerguer, Quiroga (/. c.) et, plus récemment, l'abbé Font y Sagué ont rencontré des assises tertiaires en couches horizontales. Les détails straligraphiques donnés jusqu'à présent sont peu nom- breux ; l'étude des fossiles montre que, sous le Quaternaire, se rencontrent différents termes du Pliocène et peut-être du Mio- cène (3). ■ ". Les espèces les plus intéressantes pour la Mauritanie sont le Heliopora Fonti Lam, du Pliocène ou du Quaternaire ancien, qui paraît à peine distinct de Rotula Rumphi, qui vit encore actuel- lement sur le même littoral. L. Gentil et P. Lemoine ont trouvé sur les côtes du Maroc, dans un horizon franchement pliocène, probablement même pliocène ancien, un Rolula, qui est cer- tainement la forme ancestrale de R. Rtunphi; dans l'espèce fossile marocaine, le te^t est seulement échancré k son bord postérieur; dans la forme vivante, il y a, chez l'adulte, de véri- tables digitations; mais chez les jeunes exemplaires de 1 centi- mètre à 1 cent. 5 de diamètre, on observe seulement des échan- crures comme dans le Rotula marocain. (1) Chautard, Thèse, et plusieursï notes plus récentes dans le Bull. Soc. G. de Fr. (2) Friry, Bull, du Muséum, oct. 1908. . (3) Deperet, Pectinidés miocènes d'Europe, Méin. Soc. Géol. Fr. Pal. — Lambert, Echinides fossiles de la province de Barcelone, Mém. Soc. Géol. Fr. Pal. — Joleaud, Poissons du Hio de Oro, Bull. Soc. Géol. Fr., 1907. - 57 - Quiroga et Font y Sagué mentionnent aussi, dans le quater- naire du Guerguer, de nombreux Hélix; ils ne semblent pas avoir trouvé d'exemplaires déterminables, mais ce fait est à rapprocher de l'existence de calcaire à Hélix dans le Krekche et les environs de Bir El Aïoudj. Dans la Mauritanie française, les assises cjui, le long de notre itinéraire, semblent les plus anciennes sont les grès qui consti- tuent le Krekche; autour de Tintan, ces grès, très découpés par l'érosion, forment une série de gours hauts de quelques mètres; ce sont, à la base des plateaux, des grès bariolés, au sommet, des grès blancs; je n'ai trouvé de fossiles ni dans les uns ni dans les autres; à la surface des grès bariolés, on observe souvent des concentrations ferrugineuses, analogues à certaines latérites du Soudan; il n'y a rien de semblable sur les grès blancs. Auprès du puits d'EI Aïoudj, on trouve des grès analogues, mais plus fossilifères. Ces grès forment des plateaux étendus, entaillés par des vallées profondes de 7 c^ 8 mètres qui témoi- gnent de l'ancienne importance hydrographique de l'Adrar Sotof. Fig. 4. — Coupe près d'El Aïoudj. 1. Grès, épaisseur inconnue. Le puits (19'") y est entièrement creusé. 2. Grès calcaires tendres à Rotula Rumphi Klein, moules de bivalves et de gastéropodes. 3. Grès 2 à 3"'. 4. Grès à grands bivalves. Vers le sud, on trouve surtout des Senilia senitis; vers le nord, de grandes huîtres peu déterminables. 5. Calcaire à fossiles marins. Ces grès contiennent d'assez nombreux fossiles parmi lesquels, seul, un oursin, Rotida Rumphi, est déterniinable. Les couches qui le contiennent sont extrêmement tendres et montrent de beaux exemples d'érosion éolienne; quelques blocs isolés sont percés à jour. Ces couches fossilifères sont probablement supérieures aux couches de Tintan; elles plongent vers l'Ouest et lorsque de Bir El Aïoudj on se dirige vers la presqu'île de Cap Blanc, on les voit disparaître sous les dépôts actuels qui occupent le fond de la baie de l'Archimède.^ En un grand nombre de points, au nord de Tinlan, ces grès sont couveris d'un placage degrés calcarifères, épais parfois de 1 mètre ot pétris de moules à'llelix;\i\\ Bidiminus s'y rencontre parfois, mais il est rare; il semble que l'on trouve le même dépôt dans le Guerguer, malheureusement le médiocre état de conservation des moules ne permet pas une détermination précise; il est possible, mais non certain, que ces Hélix et Bidi- minus appartiennent aux mêmes espèces que ceux du Cap Blanc (cf. plus loin, p. 60). Le cap Sainte-Anne est formé par un plateau gréseux, riche en Hélix et qui appartient au même ensemble; l'Ile d'Arguin, au moins dans sa partie nord, a la même constitution. Au Sud du Krekche, qui est, en somme, caractérisé par des plateaux de grès très rapprochés les uns des autres commence, k Bir El Guerb, une seconde région de plateaux, mais bien différente, le Tasiast. Les plateaux y sont éloignés les uns des autres et leur constitution n'est plus la même; ils sont formés, en majeure partie, par des grès roses ou verts, avec traces de mollusques, mais couronnés par une assise calcaire épaisse de 4: à 5 mètres, très constante. Ces calcaires contiennent des silex qui ont servi de matière première à la confection des outils néolithiques qui abondent dans le pays. Ils sont intéressants encore à d'autres points de vue: sous l'influence de la sécheresse du climat, ils ont été pro- fondément modifiés et transformés par place en véritables meu- lières. Passacq et Walther ont signalé des exemples analogues dans plusieurs déserts et j'en ai trouvé de fort beaux dans la région de Teguidda, à l'ouest d'Agadez. Ce ne sont pas d'ailleurs des calcaires purs; à côté de quel- ques éléments détritiques, ils contiennent, comme on pouvait s'y attendre dans un dépôt de mer peu profonde, formé à proxi- — 59 — mité des côtes, de nombreux nodules phosphatés (Cayeux). Tels qu'ils sont, ils ne sont certainement pas exploitables, mais leur teneur en acide phosphorique est assez élevée pour que l'on puisse trouver des gisements riches dans les parties décalcifiées. S'il existe vraiment, comme on le dit sans preuves, un chenal navigable entre le banc d'Arguin et la côte, il pourrait y avoir intérêt à étudier de près, à, ce point de vue, les plateaux de Lefrey, d'Alzas et les plateaux voisins. Ce niveau de calcaire silicifié est très probablement au-dessus des couches du Krekche ; cependant le pays est très plat, le plus souvent ensablé; les érosions sont peu profondes et je n'ai pu voir nulle part le contact entre les grès du Tasiast et ceux du Krekche. Les calcaires silicifîés se retrouvent en d'autres points de la Mauritanie; du moins Dereinis a-t-il rapporté des environs de Touizikt quelques galets qui paraissent identiques à la roche de Lefrey. Des plateaux gréseux d'un troisième type couvrent la pres- qu'île du Cap Blanc. Ce sont des grès tendres, de coloration claire, à peine jaunâtre et à stratiticalion entrecroisée. Ils ont tout à fait le caractère de dépôts d'estuaire et témoignent de l'existence d'un grand fleuve. Ces plateaux ont habituellement une dizaine de mètres de hauteur; leur point le plus élevé (25 mètres), à l'extrémité méridionale du Cap Blanc, a été choisi pour y construire un phare. Ces grès ne sont fossilifères que par place; en certains points, 011 le courant du fleuve était ralenti, se sont déposés des sédi- ments très fins, argileux, où ont pu se conserver un assez grand nombre de mollusques; ce sont, le plus souvent, des moules d Hélix indéterminables; dans quelques rares gisements cepen- dant, le tout a été conservé; Germain a bien voulu étudier cet Hélix (1). D'après les échantillons rapportés par Gruvel d'un précédent voyage, Bœtlger avait cru pouvoir l'assimiler à une forme primitive de VHelix desertorum Forsk, de l'Est du (1) Germain, Bull, dç Muséum, n» 6, 1908. — 6Ô - Sahara. Les échantillons plus nombreux que j'ai pu recueillir ne permettent pas de maintenir cette détermination; \es Hélix du Cap Blanc (//. Gruveli Germain) se rattachent k des formes canariennes de même qu'un Ihiliminiis et ceci pose une question très intéressante. On savait déj^i que quelques plantes canarien- nes se retrouvent au Rio de Oro et au Cap Blanc; la liste que vient de publier E. Bonnet (1) confirme nettement ce fait. Ces plantes et V Hélix Gruveli semblent indiquer que, jusqu'à une époque récente, les Canaries ont été reliées à la terre africaine; il serait important de pouvoir suivre, dans le Rio de Oro, les traces du fleuve du Cap Blanc dont l'embouchure seule est connue (2). Les relations de cette série d'estuaires avec les assises du Krekche sont inconnues; le « grès fondamental » qui forme le fond des dépressions entre les plateaux et que Gruvel avait songé à rattacher aux grès anciens du Sahara, ne peut être séparé des couches à Hélix : la presqu'île du Cap Blanc est très homo- gène. Lorsque l'on va de Bir El Aïoudj vers l'Ouest, on suit les cou- ches à Rotula jusqu'au nord de la baie du Lévrier ; un peu avant S-W. ■ Î -Ac:/U^ ^o^Yj,^ Océan 2 JaudcJévuer. Soachtt '■'^ " k,^ < iSOÂm ^ Fig. 5. — Coupe schématique du Gap Blanc a l'Adrar Sotof. «. Terrains cristallins. — a. Grès du Krekche à Rotula Rumplii. — b. Grès du Cap Blanc à Hélix Gruveli. d'arriver à la baie de l'Archimède, on les voit disparaître sous les dépôts très récents d'une sebkha qui est encore envahie par (1) Ed. Bonnet, Mission en Maïu-itanie, partie botanique. (2) Les falaises du Cap Corvero et les parties du littoral voisines m'ont semblé, vues du large, différer de celles du Gap Blanc. La roche y est foncée et rappelle celle de Bir El Aïoudj. — 61 — Ja mer pendant les grandes marées. Celle sebkha a sept à huit kilomètres de largeur; elle est limitée à l'Ouest par les pre- miers plateaux du Gap Blanc. Les couches à Rotula depuis Bir El Aïoudj ont un léger plon- gement vers l'Ouest et il est assez vraisemblable qu'elles pas- sent sous la baie du Lévrier; elles forment le Gap Sainte-Anne (1) et bien probablement la Pointe des Coquilles, ainsi que les quelques récifs qui longent la cote orientale de la baie. Ces couches du Krekche contiennent une nappe aquifère, ali- mentée par TAdrar Sotof et où sont creusés les puits de Tinlan, El Aïoudj, etc. Il est donc vraisemblable que des sondages faits dans la région du Cap Sainte Anne donneraient de l'eau douce ou tout au moins à peine saumâtre. Mais dans l'hypollièse où les grès aquifères passeraient sous la baie du Lévrier et sous les grès du Cap Blanc, il est extrêmement douteux que l'eau s'y soit con- servée douce. Rien n'indique jusqu'à présent l'existence d'une nappe argileuse imperméable assez continue pour s'opposer au mélange de l'eau douce et de l'eau de mer superposées dans l'ordre inverse des densités. Fig. 6. — Coupe demi-schématique a Port-Etienne. Les grès à Hélix : a. Niveaux fossilii'ères. a,|. Epaisseur variant de 0"' 50 à 1°" 50. a,,. — — àl™. OCg. Lambeaux de quelques centimètres d'épaisseur. — Ce dernier mamelon n'est pas recouvert par la couche à Senilia senilis. Un sondage au Gap Blanc a peu de chance de réussir. Toutefois, avant de prendre une décision ferme, il importe- rait de chercher plus au Nord les relations exactes des grès du (1) A Saillie-Anne, on ne Irouve que des Hélix fossiles, identiques à ceux du Krekche. — 62 — Krekclie et de ceux du Cap Blanc ; les circonstances ne m'ont pas permis de faire celte étude. Au sud du Tasiast, on arrive à une nouvelle région, l'Ag-nei- lir. Elle est caractérisée par des plateaux peu élevés mais dont la constitution est des plus remarquables. L'un d'eux, qui forme la pointe du Gap Timiris, présente la coupe suivante. — [Pig- 7) Fig. 7. — Cap Timiris. 1. Sebkha de plage. 2. Couche a Senilia senilis (O^SO). — a. Touffes â'Avicennia, Salicornes, etc. Le plateau est constitué par du sable de plage non cimenté et protégé contre l'érosion par une couche épaisse de un demi- mètre de coquilles marines. Le Senilia senilis y domine de beaucoup ; on trouve cependant quelques rares échantillons d'autres espèces. Sur la surface de ce plateau, parfaitement horizontale, se trou- vent quelques tombes musulmanes et des débris de poteries ; les flancs sont fortement ravinés surtout du côté de l'Océan; il est probable que, par gros temps d'Ouest, quelques lames arri- vent jusqu'au plateau. Mais le cap Timiris est à l'extrême limite des pluies tropicales et presque tous les ans il y tombe quelque averse. 11 faut que ces averses aient bien peu d'intensité pour que des constructions aussi friables puissent se maintenir. Ce plateau du cap Timiris est un des plus petits ; un peu à l'Est on suit pendant plusieurs kilomètres une muraille dont la structure est analogue : le plateau d'Agatroun, haut d'une dizaine de mètres n'a, au sommet, qu'une largeur très faible (5 à 15 mètres). De son sommet, on peut voir de nombreux pla- teaux tout semblables, posés sur la plaine. La même architecture du sol se rencontre dans tout l'Agnei- tir; un fort bel exemple en est montré par El Mahara (Les — 63 .- coquilles), trois plateaux parallèles orientés W.-E. formés de sable de plage, protégés par des couches de Senilia. La stratification y est très nettement entrecroisée et au milieu de bancs à graviers fins apparaissent quelques lits de gros gra- viers. Ces derniers dominent à la surface, dans les points où font défaut les couches de Senilia. Le vent a parfait le triage : il a enlevé tout le sable fin qui forme les buttes, la nebka sur laquelle poussent les touffes d'Euphorbe ou de Mrokba ; dans toutes ces buttes le sable est très exactement calibré et contraste fortement avec les éléments de diamètre varié qui couvrent les parties horizontales du sol. Le mécanisme est le même que pour la formation du reg du vrai Sahara dont E. Gautier (1) a expliqué la genèse. Le dernier plateau de même type vers le Sud est celui de Ghedala. Le plateau de Ghedala est très petit, mais très typique comme forme. Dans l'intérieur, autant que l'on en peut juger par les rap- ports d'itinéraire, il semble que, vers Aleg, on retrouve de ces plateaux à Senilia; quelques-uns existent peut-être aussi vers Touizikt. Au Sud de Ghedala, le long du littoral tout au moins, on ne trouve plus jusqu'au Sénégal que la plaine presque au niveau de la mer; les seuls accidents du relief sont des dunes. Il est donc très difficile de préciser les relations stratigraphi- ques des niveaux que l'on aperçoit au hasard des puits. La coupe suivante que j'ai relevée à Nouakchott, dans une tranchée faite exprès, ù 500 mètres du poste, au pied de la dune, un peu au sud de la piste qui mène au potager, est probable- ment assez lypique. Tranchée à NouakchoLt. — 1. Sable inférieur (0,65). — 2. Niveau fossilifère (0,10). — 3. Sable (0,25). — 4. Niveau à petits bivalves (0,05). — 5. Sable (0,25). — 6. Petits bivalves (0,10). — 7. Sable (0,15). — 8. Niveau à Cardium (0,05). — 9. Niveau à Seni- lia (0,30). — 10. Sable argileux formant le sol de l'Aftout. Les couches sont indiquées de la partie inférieure à la partie supérieure. (1) E.-F. Gautier, Sahara algérien, chap. I. — 64 — . Les assises 9 et 8 conliennent fort peu de sable; dans les autres niveaux fossilifères (6, 4 et 2), il y a plus de sable que de coquilles. Voici, d'après la détermination de M. Dautzenberg, la liste des espèces : 9. Senilia senilis L. ; Bulla Adansoni Philip. ; Marginella amygdalla. Kie et glabella L. ; Bitlium reticulatwn Da Costa; Melania tubercidala MûII. ; Cardixtm edide L. ; Tapes aureiis Gm. ; Dosinia isocardia Druck. ; etc. 8. Bulla Adansoni, Bitlinm relicidalum, Smaragdia viridis, Senilia senilis, Dosinia isocardia Druck ; Tapes aurens, Mactra glabrala L., Corbnla gibba Oliv., etc. 6. Cardium edule L, ; Bulla Adansoîii Ph. ; Senilia senilis, Dosinia isocardia, Tapes aureus, etc. 4. Bittium reiiculatuni, Senilia senilis, Caj^dium edule, Dosi- nia isocardia. Tapes aiweus, Tellina strigosa Gm., etc. Ces divers niveaux, comme il fallait s'y attendre dans des formations de plage, ne sont pas constants; on ne les retrouve pas exactement dans les puits du potager de Nouakchott, situés à quelques cents mètres à l'Est, Cependant, d'une manière générale, les couches à Senilia sont toujours à la surface, non pas qu'elles soient partout les plus jeunes, mais, comme le montre l'exemple de l'Agneilir, elles forment des bancs résistants au niveau desquels s'est arrêté le travail de l'érosion. Tous ces lits, plus riches en fossiles, se pré- sentent toujours en lentilles et n'ont même pas une valeur locale. On trouve souvent, dans ces dépôts de plage, des lits gréseux, puissants de 0'"10 à O'^lë, intercalés au milieu des sables; ils sont aussi lenticulaires et provoquent, lorsqu'ils sont attaqués par l'érosion marine, la formation de caps assez peu marqués en général. Leur existence explique Tallure un peu sinueuse de côte entre Saint-Louis et l'Agneilir. Parfois aussi, au-dessus des couches à Senilia qu'ils ravinent en général, on rencontre, au sud de Nouakchott surtout, des couches franchement d'eau douce, à peine fossiles. On y trouve : ~ 65 — . Lymnsea africana Ruppell. Physa (hidora) strigosa Von Martens. Physa (Pyrgophysa) DunJieri Germain. Planorbis Bindoiixi Bourgiiignat. Planorbis salinarum Noulet. Espèces qui sont répandues dans toute l'Afrique tropicale. Il semble que, depuis N'Diago jusqu'au voisinage de Lemsid, on observe toujours à peu près la même succession; mais il ne faut pas perdre de vue que c'est uniquement à des causes méca- niques et à leur résistance à l'érosion, que les couches à Senilia doivent d'être le plus souvent près de la surface du sol. En tous cas, au sud de Lemsid, elles sont à une altitude moirtdre que dans l'Agneitir (1) : il y a au moins l'indication d'un synclinal, où se serait progressivement localisé le golfe quaternaire de Mauritanie. Tout le long du littoral, surtout de Boguent à Marsa, dans le sud de l'Agneitir et aussi dans l'Azoufal (entre le Tasiast et l'Agneitir), il existe des salines sur lesquelles des détails ont été donnés (2). Ces sebkha à fond salé ne sont que des étangs littoraux, isolés de la côte par les cordons de dunes compara- bles, par suite, à ceux que l'on observe sur la côte des Landes. La sécheresse du climat explique la richesse en sel de quelques- uns d'entre eux. Dans plusieurs, le gypse, compagnon habituel du sel, a été réduit et transformé en soufre ; l'une des soufrières les plus célèbres de Mauritanie, celle de Timardine (3), a été étudiée par A. Dereims, qui y a relevé une coupe dont je copie le détail ; les couches sont numérotées de haut en bas. (1) Dans l'Angola, sur le littoral, les couches à Senilia couronnent des falaises hautes de plus de 100 mètres. [Ghofîat, M"« Gordubidin, Angola, 18]. Les échantillons de l'Angola, que j'ai vus à Lisbonne, sont empâtés dans des grès et sont vraisemblable- ment plus vieux que ceux de Mauritanie. (2) A. Gruvel et R. Chudeau, A travers la Maurilanie occidentale, Les salines. (3) Timardine est à une bonne journée de marche à l'E.-N.-E. de Bilaouak. Tome LXIII. 5 — 66 — Coupe dans la sebkha de Timardine. Sable blanc très fossilifère, surtout à la surface, probablement parce que le vent a enlevé le sable. Petits rognons de gypse avec un peu de soufre, surtout dans la moitié inférieure. 3cms. Banc de gypse lenticulaire. Sable riche en soufre. Argile sulfureuse jaune et noire. Sable blanc. Argile sulfureuse avec veinules de sable à la base. Sable blanc. Argile sulfureuse avec veinules de sable. Sable blanc. Argile sulfureuse avec sable à la base. Sable blanc. Argile sulfureuse. Sable blanc. Argile sulfureuse. Argile sulfureuse. Alternance de veines d'argile et de sable. Argile sablonneuse. Argile sulfureuse noire. Sable gréseux. Alternance de lits argileux et de lits sableux. Lits sableux riches en soufre. Argiles noirâtres, fossilifères ; deviennent sableuses à la base. Banc gréseux dur. Sable avec concrétion de soufre — fossiles en soufre. Banc gréseux. Alternance de bancs d'argiles noires et de sable avec rognons de soufre parfois assez gros. Argiles noires avec fossiles écrasés. Lumachelle gréseux. Sable fossilifère. Argile noire fossilifère. On trouve du gypse et du soufre sur toute la partie occiden- tale de la sebkha de Timardine. Les Maures n'exploitent, pour la fabrication de la poudre surtout, que les couches supérieures. On peut rapprocher de ces données, sur le Quaternaire marin de Mauritanie, la découverte extrêmement importante que A. Chevalier (1) a faite il y a quelques années à Tombouclou. Dans les carrières qui ont été exploitées autrefois à Kabarah (port de Tombouctou sur le Niger) pour la construction de la ville, on (1) A. Chevalier, C. R. Ac. S., 1900. 1. 20 à 22i'ms. 2. 3cm s. 3. 1,9. 4. 1,2. 5. 3,2. 6. 2,3. 7. 1,1. 8. 6,4. 9. 1,4. 10. 2,7. 11. 1,9. 12. 1,0. 13. 1,0. 14. 0,9. 15. 1,3. 16. 1,5. 17. 1,8. 18. 25,0. 19. 0,8. 20. 8,7. 21. 0,4. 22. 13,0. 23. 4,5. 24. 5,0. 25. 3,0. 26. 25,0. 27. 16,0. 28. 2 à 3,5. 29. 3,0. 30. 15 visibles, — 67 — trouve, sous le sable de dune et avant d'arriver à l'argile, un banc de sable assez résistant où abondent des mollusques marins, surtout des Marginelles, appartenant à des espèces que l'on ren- contre sur le littoral océanique. L'extrême abondance des échan- tillons, qui d'ailleurs sont subfossiles, ne permet pas de croire qu'ils aient été transportés accidentellement à Tombouctou, comme monnaie par exemple. Les quelques espèces connues (I) sont des espèces de plage, nettement marines : il y aurait donc eu à Tombouctou non pas une mer fermée, une sorte de Cas- pienne, mais un véritable golfe communiquant librement avec l'Atlantique. On ne voit guère pour le relier à l'Océan qu'un étroit canal passant entre le Tagant et l'Adrar Tmar, dans la partie la plus inconnue de la Mauritanie. De nouvelles recher- ches sont donc nécessaires pour élucider la question. Tombouctou est à 250 mètres d'altitude ; le Quaternaire marin y est donc du Quaternaire ancien et ceci est confirmé pour les changements multiples de climat dont les environs de celte ville ont conservé des traces. Depuis la mer à Marginelles, on peut observer en effet aux environs de Tombouctou des traces d'une formation lacustre (jue l'on peut suivre jusqu'à Araouan. A l'établissement de ce lac a succédé un climat très sec qui a été accompagné de la for- mation des dunes qui couvrent le bassin du moyen Niger. Depuis, le climat est devenu moins inclément et les pluies tropicales se sont fait sentir jusque dans l'Azaouad ; des forêts de gommiers se sont établies qui ont fixé les dunes. Quant à l'âge absolu des'formations côtières de Mauritanie, il est difficile de l'établir sur des données |)ositives : une remar- que, qui aurait besoin d'ailleurs de vérification, semble montrer qu'une partie des dépôts est très jeune. Dans le Krekche comme au Cap Blanc, les débris néolithiques et les fragments de pote- lie abondent ; vers le Sud, ils deviennent plus rares; ou en trouve (juelques-uns dans l'Agneitir ; ils manquent complètement au Sud de Chedala. Peut on en conclure que pendant le néolithi- (1) L. Germain, in Chevalier, L'Afrique Centrale Française. ~ 68 — que africain, qui est très récent, la mer occupait encore une partie de la Mauritanie? Une réponse ferme serait évidemment [)rémalurée. LES ACTIONS ÉOLIENNES Les dunes. — Les dunes (I) de Mauritanie présentent quel- ques faits qui méritent une courte mention. Au nord de Bir-el-Guerb, dans tout le Krekche, le Souehel- el-Abiod et le Cap Blanc, on observe presqu'exclusivement des barkhanes typiques, c'est-à-dire des dunes isolées, en croissant, reproduisant le schéma théorique qui se trouve dans tous les manuels. La plupart de ces barkhanes sont assez élevées et atteignent 10 à 15 mètres de hauteur. Par leur orientation, elles indiquent nettement la prédominance des vents du Nord. Toutes sont mobiles et rigoureusement dénudées. Les barkhanes sont rares au Sahara et leur abondance autour de la baie du Lévrier méritait d'être signalée. On s'explique mal aussi pourquoi, dans la presqu'île du Cap Blanc, la dernière se trouve k une vingtaine de kilomèlres au nord de F^ort-Etienne. Dans le reste de la Mauritanie, dans la région littorale tout au moins, les dunes forment habituellement des chaînes, des lames d'Erg, très allongées et parallèles à la ligne de rivage. Au ras de l'Océan, la chaîne côlière, le Sbœr, est formée de dunes encore bien vivantes, en perpétuelle rénovation; il y a bien quelques plantes à leur surface (cf. Partie botanique), mais les crêtes restent vives. Leur pente douce est tournée vers l'At- lantique indiquant, dans leur genèse, la prédominance des vents d'Ouest. Ces dunes du Sbar sont habituellement peu élevées; quel- ques-unes cependant, comme les Mottes d'Angel, atteignent une vingtaine de mètres. (1) La nomenclature des dunes a élé indiquée dans le premier volume et il est inutile d'y revenir. Voir: A travers la Mauritanie accidentait, [""aiiies générale et économique. Larose, éditeur, Paris, 1909. — 69 — Dans toutes, le sable quarizeiix doiDÏne de beaucoup; dans quelques-unes cependant, comme dans celle de Lemsid, au quariz viennent s'adjoindre d'autres minéraux (grenat, épidote, ilménile, etc.) provenant tous des terrains cristallins. A quelques kilomètres (cinq à quinze) du Sbar, et séparé de lui par une plaine, l'Aftout, où se trouvent souvent des sebkha (cf. coupe dans la Partie botanique), se trouve une seconde chaîne de dunes. Cette seconde chaîne est ancienne; les crêtes ont disparu et le profil s'est adouci; la végétation, oii domine de beaucoup ÏEu- pfiorbia balsamifera, recouvre complètement les dunes et les a fixées : ce sont des dunes mortes, des dunes fossiles. Comme celles du Sbar, elles ont leur versant abrupt vers l'Est; elles ont donc pris naissance par des vents d'Ouest. Dès que, en Mauritanie, on s'écarte du rivage, les alizés du N.-E. deviennent dominants et la météorologie nous enseigne que cette prédominance des venis de N.-E., reconnue dans tout le Sahara, tient à des causes astronomiques; elle est, par suite, fort ancienne. Les quelques dunes qui se forment actuellement à côté des dunes fixées ont une orientation inverse : leur pente abrupte est vers l'Ouest. La juxtaposilion de ces deux sortes de dunes, à orientation inverse, donne naissance à de curieuses formes topographiques sur lesquelles j'ai déjà donné ailleurs (1) quelques détails. Au lesle, on trouve, même dans le Sbar, des traces fort nettes de ce conflit entre les vents d'Est et d'Ouest, et celte lutte n'est peut-être pas étrangère au peu de développement des dunes du littoral : les alizés détruisent ce qu'a édifié le vent de mer et rejettent dans l'Océan une partie du sable qui en avait été pri- mitivement enlevé. Mais dans le Sbar, comme dans les dunes fixées, l'action du vent d'Ouest est nettement prédominante : on en peut conclure, je crois, que les dunes qui limitent l'Aftout à l'Est se sont for- mées sur le littoral. Le golfe quaternaire, qui autrefois s'est (t) Chudeau, Sahara Soudanais, ch. VI, p. 250, fig. 70. — 70 — cteiidii peiit-êlre jusqu'à Toiiibouctou, à coup sûr jusqu'à Aleg el Touizilkf, s'est progressivement comblé et les étapes de son recul sont marquées par une série de chaînes de dunes qui ont été des chaînes littorales : les quelques détails, un peu trop brefs, que l'on possède sur l'ensemble de la Mauritanie, per- mettent de penser que cette conclusion [)eut s'étendre à la majeure partie des erg du pays. Les vents qui ont donné naissance aux dunes de Mauritanie ne venaient, rigoureusement, ni de l'Ouest ni de l'Est; la compo- sante Nord, moins importante, n'est cependant pas négligeable: le sable a toujours eu une tendance à cheminer du Nord vers le Sud. Pobéguin, dans son étude sur les dunes du littoral du Maroc (1), où le même phénomène se produit, a bien mis en évidence les conséquences que présente pour l'alluvion des fleuves cette marche du sable vers le Sud : les fleuves qui, à quelque distance du littoral, se dirigent de l'Est vers l'Ouest, s'infléchissent brusquement vers le Sud, au voisinage de la mer. En Afrique Occidentale française, le Sénégal fournit, avec la Langue de Barbarie, un excellent exemple du même fait. En JNlauritanie, les fleuves ne coulent [)lus et les levés topogra- phiques sont encore insuffisants; il semble cependant que plu- sieurs vallées, au moment d'arriver à l'Atlantique, présentent aussi une inflexion marquée vers le Sud, inflexion que rien dans la structure du sous-sol ne justifie ; cette inflexion serait due aux dunes et à la composante nord des vents du littoral. Quelques sebkha qui ne sont probablement que des restes d'embouchure présentent une disposition analogue : elles s'allongent d'abord dansl'Aftout, parallèlement au littoral, puis, unpeuplusauNord, tournent à l'Est et vont rencontrer la chaîne des dunes fixées par les Euphorbes; il est difficile de la suivre au delà de la chaîne, mais il semble bien probable que tous les fleuves de la plaine de Mauritanie ont eu, lorsqu'ils coulaient, un cours parallèle à celui du Sénégal. (1) Bull. Comité Afr. fr., octobre 1907. - 71 - Erosion éolienae. — J'ai déjà mentionné quelques beaux exemples d'érosion éolienne. On retrouve en Mauritanie ce qui a élé vu dans tous les déserts; les roches calcaires sont polies pai" le vent; les calcaires sont vermiculés et les sculptures qui les couvrent d'arabesques atteignent au plus un ou deux milli- mètres de profondeur; le gypse est plus profondément entaillé et certaines cannelures atteignent un centimètre de profondeurv On rencontre aussi des galets à facette. Les plus jolis exemples d'érosion éolienne sont fournis par les grès à Rotiila et par les grès du Cap Blanc. Pour les premiers, aucun de nos clichés n'a donné de bons résultats. Presque toujours, à la surface, les oursins sont par- tiellement dégagés; des grottes, profondes de un mètre, se sont encaissées dans les parties les plus tendres de la roche : de pareils faits ont été récemment décrits dans les discours améri- cains (1). Les grès du Cap Blanc sont souvent curieusement sculptés par le vent : les parties tendres sont enlevées et quelques parties, probablement silieifîées, restent en saillie. Mais en somme, en Mauritanie, comme dansions les déserts, le vent ne fait qu'achever ce qu'a commencé l'érosion marine ou fluviatile; les plateaux du Krekche ont été isolés les uns des autres par des fleuves; ceux du Cap Blanc par la mer, à l'époque où se déposaient les couches h.Senilia et à Strombiis; par son action très localisée le vent a donné un aspect particulièrement pittoresque à cerlaines falaises; dans le dessin général de la topographie du pays son action est insignifiante. (1) J'en donne la bibliographie dans: Sahara soudanais, chap. IX, 4, Erosion éolienne. i 1 LliME MM. COSSMANN et PEYROT PREFACE La richesse des gisements decoquilles tertiaires de l'Aquitaine (Gironde, Landes, Basses-Pyrénées) a, depuis le commencement du siècle dernier, appelé l'attention des conchyliologues. Cepen- dant, en dehors des deux travaux fondamentaux et déjà très anciens de Basterot (1) et de Grateloup (2), aucun travail zoolo- gique d'ensemble n'a été publié sur ce Bassin ; on trouve seule- ment un certain nombre de Notes de Gh. Des Moulins, éparses dans les « Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux », ou de descriptions isolées (3) d'espèces que K. Mayer, de Zurich, avait recueillies dans ses excursions et qu'il jugeait nouvelles ; puis, plus récemment, le « Catalogue synonymique et raisonné des teslacés fossiles, recueillis dans les faluns miocènes des com- munes de LaBrèdeet de Saucats » [Actes Soc. Linn. Bord., 1877), par E.-A. Benoist. Ce dernier Travail, quoiqu'il ne soit pasqccom- (1) Paris, 1825. — Mémoire géologique sur les environs de Bordeaux, la à l'Acadé- mie royale des Sciences dans sa séance du 17 janvier, el accompagné du rapport de Brongniart et Beudant (4 et 100 p. in-4o, 7 pi. litli.). (2) Bordeau.x, 1840. — Conchyliologie fossile des terrains tertiaires du bassin de l'Adour (environs de Dax). l''' Partie, Univalves, Atlas accompagné de listes biblio- graphiques, de légendes et d'une table ; 48 pi. in-4<' numérotées par familles. (3) La plupart onl été publiées dans le Journal de Conchyliologie, Paris. — 74 — j)agné de figures et quoiqu'il ne s'applique qu'à une partie seu- lement du Bassin de Bordeaux, représente une base sérieuse pour l'étude des fossiles de la région ; l'auteur se proposait d'ailleurs de le développer sous la forme de monographies et de mémoires indépendants les uns des autres, et dont quatre seule- ment ont vu le jour : « Monographie des Tubicolés, Pholadaires et Solénacés fossi- les, recueillis dans l'Etage miocène du Sud-Ouest de la France » {Actes Soc. Linn. Bord., t. XXXI, p. 311, 1877). « Etude sur les espèces de la Sous-Famille des Muricinse, observées dans le Miocène du Sud Ouest de la France )■> [Actes Soc. Linn. Bord., 1880). « Les Néritacées fossiles des terrains tertiaires moyens du Sud-Ouest de la France {Actes Soc. Linn. Bord., 1883). « Description des Céphalopodes, Ptéropodes et Gastropodes Opisthobranches {Actseonidœ)., Coquilles fossiles des Terrains tertiaires moyens du Sud-Ouest de la France » [Actes Soc. Linn. Bord., XLIP vol. 1889. Ed. in-4% 77 p., 5 pi.). Depuis cette dernière époque, nous avons à citer : La « Monographie du Genre Ringicula » du commandant Morlet [Journal de Conchyliologie, 1878 et 1880); Plusieurs travaux importants de M. Degrange-ïouzin : « Etude sur la Faune terrestre, lacustre et fluvialile de l'Oligocène supé" rieur et du Miocène dans le Sud-Ouest de la France et princi- palement dans la Gironde »... [Actes Soc. Linn. Bord., 1892). « Etude préliminaire des Coquilles fossiles des Faluns des Environs d'Orthez et de Salies de Béarn. {Actes Soc. Linn. Bord., 1894). « Les Scalariidse fossiles des Terrains tertiaires supérieurs du Sud-Ouest » {Actes Soc. Linn. Bord., 1895) ; Et enfin des notes de Tournouër, de MM. Benoist, Cossmann, Dollfus, Peyrot, etc. Il y a déjà longtemps que l'un de nous avait formé le projet de reprendre, dans une Monographie complète, tous les travaux relatifs à l'intéressante faune — si incomplètement connue — qu'on a recueillie depuis une centaine d'années, non seulement — /o — clans des gisements qui ne sont pins guère accessibles aujour- d'hui, mais encore dans un grand nombre de nouveaux gise- ments qui ont fourni un important contingent de formes non encore connues. La généreuse hospitalité que veut bien nous offrir, h cet effet, la Société Linnéenne de Bordeaux, nous per- met à présent de réaliser ce projet, ou tout au moins d'en entre- prendre les fondations. Nous croyons fermement que notre œuvre viendra h point, d'une part à cause de l'intérêt qui s'attache à la déteimination de nombreux matériaux réunis par une pléiade d'habiles collec- tionneurs, mais encore et surtout parce que les dernières années ont vu éclore beaucoup de travaux didactiques sur la Conchy- liologie, et en outre de grandes Monographies, comme celles de Fontannes sur le Bassin du Rhône, de M. Sacco sur le Piémont, de MM. Dollfus et Daulzenberg sur les faluns de la Touraine, qui faciliteront beaucoup notre tâche et qui nous permettront de jeter plus de lumière sur bien des questions restées jusqu'ici obscures, relativement à la comparaison des faunes de ces diver- ses régions. Enfin la classification conchyliologique a fait d'im- menses progrès depuis trente ans; beaucoup de déterminations génériques sont à réviser d'après de récentes publications, de sorte que, sans entrer dans une discussion détaillée des Genres et Sections, nous serons nécessairement conduits à donner à cette partie de notre travail un peu plus d'ampleur que ne le comporterait une description purement régionale des espèces. Dans ces conditions, voici — en résumé — le plan que nous avons conçu pour cette Monographie : 1° Enumération — principalement géographique — des diffé- rents gisements de l'Aquitaine, dans lesquels ont été recueillis des fossiles néogéniques [Aquitanien, Burdigalien, Helvétien, Tortonien (1)], qui constituent la faune étudiée par nous; (1) Nous exposerons ultérieurement les raisons qui nous ont fait ranger l'Aquita- nien dans le Néogène. Nous nous bornons, pour le moment, à dire que l'étroite analo- gie des faunes de l'Aquitanien marin du S.-O. de la France et du Burdigalien s'oppose absolument à ce que l'on place entre l'Aquitanien et le Burdigalien la ligne de démarcation de l'Eogène et du Néogène. — 76 - 2° Introduction exclusivement conchyliologique, résumant les hases de la classification que nous avons adoptée pour les Mollusques (l^élécypodes, Scaphopodes, Gastropodes, Ptéropo- des, Céphalopodes) de la dite faune ; 3° Description des espèces, comportant pour cliacune d'elles, nouvelles ou déjà connues : une ou plusie'urs figures phototy- pées d'après nature (sauf les rares exceptions où il ne nous aura pas été possihie d'ohtenir la communication de types uni- ques) ; une diagnose entièrement refaite d'après le type ou le plésiotype choisi ; les rapports et différences de chaque espèce avec celles du même groupe qui l'ont précédée ou suivie, de manière h en tracer, autant que possible, l'histoire phylogénéti- que ; l'indication, sous la rubrique « Localités », des principaux gisements de chaque espèce, en mettant toujours à part et en première ligne celui d'oii provient le type ou le plésiotype figuré. En ce qui concerne la synonymie des formes déjà con- nues, elle sera bornée à la citation des ouvrages relatifs aux fossiles néogéniques et principalement de ceux qui ont été figu- rés, à l'exclusion des citations stratigraphiques ou des noms de listes (sauf celles de Benoist) qui ne peuvent être contrôlés par Une figure ou par des indications de caractères distinctifs ; 4° Conclusions avec tableaux de répartition stratigraphique, observations statistiques, tables de matières, etc. Nous ne nous dissimulons pas que l'achèvement de ce vaste programme exigera un délai dont il est impossible de chiffrer !a durée quant à présent ; cette Monographie paraîtra en fasci- cules annuels dont le nombre sera subordonné à des circonstan- ces indépendantes de notre volonté et de notre activité. Aussit réclamerons-nous, à ce sujet, l'indulgence des lecteurs et la patience de la Société Linnéenne : nul ne peut douter, en effet, qL.e nous ayons à cœur de terminer notre œuvre le plus rapide- ment que nous le pourrons, ne fût-ce que pour nous décharger nous-mêmes de l'appréhension de la laisser inachevée. Nous remercions, en terminant cet avant- propos, les aimables collègues qui ont bien voulu se dessaisir temporairement des précieux matériaux de leurs collections pour nous venir en aide : — 77 le triage el la mise en élat de ;ees coquilles; réliquetage avec rindicalion aiUhenlique des giseineiilsetdes niveaux ; les soins de l'emballage, etc , représentent déjè, à eux seuls, une somme de travail que nous considérons comme une réelle collaboration à notre Monographie. Aussi adressons-nous la sincère expression de notregratiludeàMM.Bial deBellerade; Daulzenberg; Degrange- Touzin, — qui a eu l'obligeance de mettre à notre entière dispo- sition sa magnifique collection et de nous fournir des renseigne- ments que sa connaissance profonde du Néogène du Sud-Ouest rend précieux — ; Douvillé, membre de l'Institut, inspecteur général des mines; Duvergier; Haug, professeur à la Faculté des Sciences de l'Université de Paris, pour la communication des spécimens du laboratoire de Géologie de la Sorbonne ; M. le professeur Kuustler, conservateur du Muséum d'Histoire Natu- relle de Bordeaux ; D'" Pierre Nadal ; Max Neuville ; Rozier ; de Sacy ; tous ceux qui, à un titre quelconque, nous ont aidés et nous aideront par la suite à mener à bien la lourde tâche que nous avons entreprise. M. CossMANN, A. Peyrot. Janvier 1909. ÉNUMÉRATION DES PRINCIPAUX GISEMENTS Les cartes qui accompagnent ce premier fascicule ne sont pas des caries géologiques; elles ont surtout pour but de permettre aux lecteurs étrangers à notre région de connaître la répartition géographique des gisements cités; elles indiquent aussi par des signes conventionnels l'âge qu'on leur attribue le plus généra- lement (1). Nous croyons utile d'y joindre un aperçu rapide de la nature des formations néogéniques du Sud-Ouest, comprises dans les limites de nos cartes et d'où proviennent surtout les matériaux paléontologiques mis à notre disposition. Aquitanien. — I. Entre-deux-Mers. — Aquilanien inférieur [= calcaire blanc de l'Âgenais]. — 11 ne comprend dans cette région que des dépôts d'eau douce. Il débute par des argiles grisâtres ou verdàtres (Mourens, Montpezat, Castelviel, Lou- [)iac, etc.), surmontées de molasses exploitées parfois comme sable à bâtir (Gornac, Saint-Antoine du Queyret). Argiles et molasses sont dépourvues de fossiles (2). Au-dessus vient un calcaire blanc ou grisâtre, d'épaisseur croissante à mesure que l'on se dirige vers l'Est (Barbenègre, (1) Nous donnerons à \x fin de noire travail toules les références bibliographiques uliies. Nous nous contenions de rappeler que les « Acles » el les « Procès-Verbaux » de la Sociélé Linnéenne de Bordeaux conliennenl une quantité de travaux importants ou de notices sur la géologie du bassin Aquitanien, dus à Delbos, Haulin, Grate- loup, des Moulins, Balguerie, Linder, Tournouër, Benoist et plus récemment à MM. Degrange-Touzin, Fallot, Labrie, Peyrot, Reyt, etc. Citons en outre les travaux de Basterot, Mayer, Dollfus, etc. Dans la copie des originaux de ces cartes, il s'est glissé quelques erreurs de détail que nous signalerons çà et là. (2) Ces molasses présentent l'aspect des molasses oligocéniques du Fronsadais, mais elles en sont straligraphiquement bien distinctes. — 79 — Sainte-Marie, Moulin de Poncet, La Veyrie, Gasevert...). Il est peu fossilifère dans ces localités, mais il le devient dans les coteaux de la rive droite de la Garonne (VioUe, Loupiac, Colou- met, Monprimblanc, Gabarnac). On y trouve surtout Planorbis cornu, var. solidus et var. Mantelli. Cette formation est très déve- loppée dans l'Agenais où a été pris le type de l'Aquitanien infé- rieur (calcaire blanc de l'Agenais). A Sainte-Croix du Mont, l'Aquitanien inférieur comprend, en outre, des couches saumâlres ou marines. Aqiiitanien moyen [= grès de Bazas = molasse moyenne de l'Agenais]. — II est formé à la base par des argiles à huîtres (0. aginensis, 0. producta), visibles à Beauregard, Casevert, Les Queyrons, Dugot, Moulin de Cazeau, Moulin de Porquey, Le Mayne, Gailiarleau, Gravetier, Sainte Foy la Longue; et à la partie supérieure, par des molasses jaunâtres de dureté fort variable, susceptibles par endroits de fournir des pierres à bâtir. Les fossiles : Ceritliium plicalum, C. corrugaliim, etc., y sont d'ordinaire peu abondants et à l'état d'empreintes (Barbe- nègre, Les Queyrons, Moulin de Cazeau, Castelviel, Cavaron, Gonin, Mourens, Moulin de Gravetier, Moulin de Gaillarteau, Sainte-Foy la Longue). A Sainte Croix du IVIont, les molasses contiennent des bancs fort épais d'Oslreaiindata Lk. Aquitanien supérieur [= calcaire gris de l'Agenais]. — N'est représenté qu'à Sainte-Croix du Mont par un calcaire compact avec lits de Polamides girondicus, Dreissensia girondica, Bilhi- nia, Planorbis, etc. II. Baz/Vdàis (l). — L'Aqiiilanien inférieur perd ici ce caractère de formalions exclusives d'eau douce qu'il avait plus au Nord ; il forme un ensemble très complexe de couches lacustres, sau- mâtres et même marines, accusant des oscillations fréquentes des lignes de rivage. On y trouve des calcaires lacustres, blancs, jaunes, gris, noirâtres, de dureté et de constitution minéralogi- (1) Voir surtout : Degrange-Touzin, Notes géologiques sur le Bazadais. P.-V. Soc. Linn. Bord., 1888. — 80 - que fort variables (Birac, Trazels, Gajac, Bacqiierisse, Laroque, Marivaux, Laclos, Berthez, Auros, Berlin, Château de Lapeyrère, Cazats, Roquetaillade, Léogeats, Villandraut, etc.); il est assez peu fossilifère (moules de Planorbes, Lymnées), et généralement peu épais ; à ces calcaires s'ajoutent des marnes jaunes, bleuâ- tres, grises, les unes lacustres, les autres saumâtres avec Pota- mides, Cyrènes, etc. (Saiiit-Côme, Noaillan, etc.). V Aquitanien moyen est essentiellement marin ; il est surtout constitué par un calcaire tantôt gréseux, dur, tantôt friable, affleurant dans les vallons et à la partie supérieure des coteaux où il forme souvent corniche (Belin, Cliâteau de Lapeyrère, Auros, Berthez, Lados, Bijoux, au Farre, Gajac, Saint-Côme, Saint- Vivien, La Flotte, Bazas, Moulin de Niac, Château du Mirai!, Brouqueyran, Moulin Picard, Bernos, Cazeneuve, Pré- chac, Uzeste, Balizac, etc.). Il est exploité en certains points comme pierre à bâtir. Par endroits, il est à l'état de marnes ou de lits sableux qui ont fourni une faune très riche (Marivaux, la Saubotte, Moulin de Gamachot, Moulin de Fortis, etc.). Des argiles à huîtres (0. aginensis, 0. producta, etc.), se trouvent tantôt à sa base, tantôt à son sommet. h'Aquitanien supérieur présente — lui aussi — quelques cou- ches marines ou saumâtres (Saint- Vivien, La Flotte, Mazerol). Mais il est surtout lacustre, constitué par des marnes ou des calcaires gris, noirâtres, parfois à odeur fétide (Saint- Vivien, la Flotte, Auros, Cazats, Bacquerisse, Laroque, Uzeste, Tuilerie d'Illon). Il est assez fossilifère [PL solidus, P. declivis, Hijdro- hia, etc.), et il passe à la meulière dans sa partie supérieure (La Flotte, Aubiac, Sendetz, Bacquerisse, Cazats, etc.), IIL Bordelais. — Un certain nombre de ruisseaux, affluents de gauche de la Garonne, coulant à peu près du Sud-Ouest au. Nord-Esl, entament le sol peu accidenté du Bordelais. Leurs berges fournissent par endroits d'excellentes coupes, mais beau- coup des gisements de cette région — que nous signalerons tant à propos de TAquitanien que des autres étages — sont cachés par les cultures et souvent par une épaisseur plus ou moins con- — 81 - sidérable de Sable des Landes; ils ne peuvent, par conséqueiil:, être étudiés qu'à la suite de fouilles. h' Aquilanien inférieur débute par des marnes blanches et un calcaire g^ris à Lijmnea et Planorbis, visibles dans le lit du ruis- seau de Saint Jean d'Etanipes, au Moulin de Bernachon ; au- dessus viennent des argiles gris bleuâtre, saumâtres, à Cyrena, Potamides, Neritina, etc. On retrouve ces argiles : à Moras; dans la tranchée du chemin de fer près de La Brède; dans la vallée du Gua-Mort en amont de Saint-Morillon; à Gassies et aussi k Lasalle, dans la vallée du ruisseau de Breyra, près du village de ce nom ; dans la vallée du ruisseau de Bourran, près du château duThil; et dans celle du ruisseau de l'Eau blanche, au Moulin du Sable, etc. \J Aquilanien moyen est représenté, du Moulin de Bernachon au Moulin de l'Eglise : par une roche sableuse jaune, à faune saumâtre, que Ton retrouve plus ou moins nette le long des ruis- seaux de Moras, de l'Eau blanche, de la Devèze, de la Jalle de Blanquefort; par le falun grisâtre du Plantât; par le falun du château de Grenade; par les couches inférieures du falun du Thil. Les gisements des environs de Saint-Morillon (Darriet, Pinot, Chiret, etc.) annoncent l'Aquitanien supérieur. \j Aquitanien supérieur est très net aux environs de Sauçais où il est constitué à la base par le calcaire lacustre, dit de Sau- çais, épais de plusieurs mètres en certains points; la surface de ce calcaire est perforée par de nombreux Lithodomes. Il est sur- monté par des couches argileuses saumâtres à Potajnides et Cyrena qui passent latéralement à Larriey, à un falun franche- ment marin, extrêmement riche en fossiles. Au-dessus vient enfin un calcaire marneux, lacustre, k Hélix, Lymnea, Dreissen- sia, etc. Celte succession se voit aussi en amont de Moras. Plus près de Bordeaux, au Thil, à Mérignac (Piganeau, Baour, Lafar- gue) (1), sur les bords de la Devèze; au Pontic, vallon de la Vailère ; à Lorient, vallon du Peugue, existent des faluns sableux, (l) Ces gisements ont été inexactement repérés sur la carte : Piganeau et Baour sont en aval du bourg de Mérignac, et Lafargue en amont. Tome LXllI. 6 — 84 — jaunes, depuis longtemps classiques, que l'on a qualifiés de faluns mixtes parce qu'ils renfennent un bon nombre d'espèces burdigaliennes. De semblables faluns existent au Haillan et à Pessac. Nous ne voulons pas ouvrir ici les discussions intéressantes que soulève l'existence de ces faunes mixtes, pas plus que celles relatives à la coupure entre V Aquilanien et le Bnrdigalien que l'on a placée parfois au-dessus du calcaire lacustre infé- rieur de Saucats, mettant ainsi dans le Burdigalien le falun de Larriey que nous maintenons dans l'Aquitanien (l). Ces questions trouveront mieux leur place à la fin de notre travail et comme conclusions précisément tirées de la compa- raison des fossiles. IV. Landes. Lot-et-Garonne. — V Aquilanien inférieur est représenté par les argiles blanches de la fontaine de ïierrouge (près de Roquefort); par les argiles à Slrophostoma anoslomœ- fonnis qui, h la tuileiie de Bis (Gaas), reposent directement sur les couches tongriennes à Ampullina crassatiîia ; et aussi peut- être par les argiles qui, aux environs de Pouillon et de Saint- Geours-d'Auribat, reposent sur le Nummuliti(]ue. Dans la région des Landes qui confine aux départements du Gers et du Lot-et-Garonne et aussi dans la portion de ce dernier département qui figure sur nos cartes et qui seule nous occu- pera, l'Aquitanien inférieur est formé par le calcaire blanc de l'Agenais, à Hélix Ramondi. Vj Aquilanien moyen de ces mêmes régions présente dans son ensemble les mêmes caractères que dans le Bazadais ; il est formé par des molasses marines ordinairement jaunâtres, par- fois grisâtres ou bleuâtres ; elles sont en certains endroits dures et gréseuses, ailleurs sableuses ou argileuses ; on y rencontre aussi des bancs à 0. aginensis. [i] V. 1888, Benoist, Esquisse géologique des terrains leriiaires du S.-O. de la France (Joiirn. d'Iiisl. nul. de Bord.) et Procès-Verbaux Soc. Lin. de Bord, (même année); — {è^'i^YMoi, Esquisse géologique du département de la Gironde et Procès-- Verbaux Soc. Linn. de Bord., 1888; — ■ 1897, Raulin, Statistique géologique et agro- nomique du département des Landes (3'^ partie). — 83 — Ces molasses sont visil)Ies clans le vallon de la Gélize aux environs de Sos; dans le vallon de l'Estampon à Garrouzin; près de Roquefort (La Glotte, Tierrouge, Canenx, pont de Bar- ges), etc. En divers points (Tierrouge, carrières de Nabias, Pont de Barges, Saint-Just, Sos, etc.), les molasses marines sont sur- montées de couches saumâlres à Potamides. Plus au Sud, aux environs de \)àx,V Aquitanien moyen serait représenté, d'après Benoist, par un calcaire molassique à 0. aginensis sur lequel reposent les faluns burdigaliens de cette localité. ]J Aquitanien supérieur débule par un calcaire lacustre gris, à Lymnea, Plmiorbis solidus, Hélix girondica, etc., visible dans le vallon de la Gélize près de Sos et aux environs de Saint-Avit (château Réault) et de Lucbardez. Ce calcaire est, par endroits, surmonté de couches saumâtres, ù Cyrènes et Potamides (Roquebrune, Moulin de Carreau), puis de couches marines renfermant la faune deLarriey. Ce sont des sables de diverses teintes, jaunâtres, bleuâtres, agglutinés par l)lace, en plaquettes gréseuses ou en bancs épais et durs (Saint- Avit, à la fontaine de Basta ; h Roquebrune, Moulin de Carreau, Pouy de la Motte, etc.). Des couches argileuses leur sont subordonnées en quelques points. La faune de ces gisements est très riche. A Bournic et en diverses autres localités en amont, sur la Gélize, la roche est à Téiat de calcaire, les traces de test ont dis- paru et les fossiles ne sont plus représentés que par des moules. On y reconnaît bien toutefois la faune de Larriey. Ce calcaire est surmonté d'un banc à 0. aginensis. L'étage se termine par un calcaire lacustre à PL declivis, visi- ble au Moulin de Carreau. C'est, en somme, la même allure qu'à Saucats. Burdigalien. — 1. Bordelais. Le Burdigalien correspond à une phase de régression marine. Dans le département de la Gironde, il n'est représenté ni dans l'Entre-deux-Mers, ni dans le Baza- - 8-4 - dais (1). II est entièrement marin et constitué par des molasses sableuses k grain fin, tendres, durcissant à l'air, et surtout par des sables calcaires ou argileux, très fossilifères. l.a division en Biirdigalien inférieur, moyen et supérieur, n'est pas toujours facile à établir à cause surtout des analogies que présentent les faunes des diverses assises. On rapporte au Biirdigalien inférieur les sables rougeâtres du Moulin de l'Eglise ; les sables grisâtres du célèbre gisement du Reloua ; les couches inférieures des environs de Léognan (Château Olivier, Propriété Thibaudeau, Moulin Vaucher, Goquillat), les unes sableuses, les autres molassiques. Ces molasses, qui ont fourni de nombreux restes de cétacés, de rep- tiles et de poissons (molasse ossifère), sont également visibles à Canéjan, à Caupian. Le Burdigalien inféineur a été encore signalé au Château du Thil, aux environs de Pessac, à Mérignac (Baour) et au liaillan. Le Burdigalien moyen a pour type le fa Uni argileux jaune de Léognan, caractérisé pai' une faune de mer assez profonde : Ptéropodes, grands Pecien, grandes Cancellaria, grands Pleu- ra toma. 11 présente à peu près la même extension que le sous-étage précédent. Outre les gisements classiques des environs de Léo- gnan (Le Goquillat, propriété Carrère, Castaing, Bougés); ceux de La Cassagne (falun jaune) et de Lagus (falun bleu) dans le vallon de Saucats, nous mentionnerons encore ceux des environs du Peloua; de Moras, de Monleil, de Pas de Barreau et de Saint-Médard-en-Jalles (La Fontaine), et enfiti de Fourcq, au nord de Cestas. Le Burdigalien supérieur n une extension un peu moindre. Il est bien développé près de Saucats (Gieux, la Goquillière, Pont- Pourquey) ; à Pont-Pourquey notamment, dans un sable cal- caire blanc, on trouve une riche faune îittoi-ale iwec Maclra, Donax, Solen, Tellina, Natica, Oliva, etc., mêlée à quelques ' (1) M. Pallol (1889, Feuille des Jeunes Naturalisles) rapporte avec doule au Burdi- galien la partie supérieure des molasses de Balizac. — 85 — formes saumâtres ou terrestres accusant le voisinage de l'embou- chure d'un cours d'eau. Les faluns de Gestas, les couches supérieures du falunde Bou- gés, et peut-être aussi la marnière du Haut-Livrac, appartien- nent au même horizon. II. Landes. — Le Burdigalienesl représenté — dans la région de Sos et de Gabarret — par des argiles, des molasses d'eau douce gypsileres et un calcaire lacustre (Sos, Baudignan, La Peyrie, Rimbès), et aux environs de Dax, par les marnes sableuses dont les travaux de Grateloup ont depuis si longtemps fait connaître la faune. On les a exploités pour l'amendement des terres à St- Paul-lès-Dax (Moulin de Gabannes, Gastelcrabe, Mainot), et dans les communes voisines (Vieille, Abesse, Mées,Gourbera, Quillac). Plus au sud, on retrouve le même horizon sous forme de sables gris-noirâtre ou bleuâtres, avec cailloux de calcaire, à Mimbaste (bois d'Arreyert), à Ozourt (Moulin de Goustillon), à Poyarlin (coteau d'Hauriard). Les sables rouges ferrugineux de Mandillot, près de Dax, cpii contiennent beaucoup de formes d'eau douce, représentent pro- bablement le Burdigalien supérieur et peuvent être synchroni- sés avec les couches de Pont-Pourquey et du bourg de Gestas. Helvétiea. — I. Bordelais. — Nous classerons provisoirement dans VHelvétien les couches supérieures de nos terrains tertiai- res. Le long de la Jalle de Blanquefort, aux environs de Marti- gnas on exploitait autrefois une molasse gris rougeâtre riche en Echinides, en grands Pecleii (P. Besseri) et contenant h l'élat de moules bon nombi'e de formes, en particulier G/ycy??2em' cf. Menardi, Cardita Joiianneti, ce dernier assez rare. On retrouve cette molasse peu épaisse dans le lit du ruisseau de Saint-Jean d'Etampes, à la Sime, où elle est surmontée d'ar- giles sableuses, grisâtres avec cailloux roulés et grains de ser- pentine; Cardita Jonanneti y est très abondante. Il en est de môme à la métairie de Gazenave où l'argile est rougeâtre. Dans la vallée de la Leyre, VHelvétien acquiert une puissance plus grande. — 8G — Sa partie inférieure est constituée par des sables fins, jaunâ- tres avec grains serpentineux, à Glycymeris cf. Menardi ^i Pecten sallomacensis [clràXe-àu. de Puységur, Moulin Débat, Moulin du Poivre, Béliet), surmontés de couches à Pecten solarium et Cardita Jouanneti, etc. (Moulin Débat, Moulin du Poivre, Béliet) passant latéralement à des molasses. Plus haut viennent des sables argileux gris ou bleus, à Pecten lalissimus (château de Puységur, Ruisseau de Largileyre) et des molasses ou des sables ferrugineux, à Clavalida gotliica et à Cardita Jouanneti (Largileyre, Moulin de Dubert, Mios). Ce dernier niveau, très fossilifère, est très intéressant et nous aurons à en reparler. II. Bazadais. — Dans le Bazadais, d'épaisses couches de mo- lasses tendres, à Pecten, affleurent sur le rive gauche du ruis- seau au Nord de Saint-Symphorien, elles sont l'équivalent des molasses de Martignas. Plus au Sud, sur un autre affluent de gauche du Ciron, au lieu dit Marahans, près de Captieux, on a signalé des faluns. Leur faune est mal connue encore; ce que l'on en sait permet de croire qu'ils sont helvétiens. D'après Tournouër, ils seraient synchroniques de ceux de Soset deGabar- ret et pourraient se paralléliser avec Y Helvélien inférieur de la Touraine. III. Landes. — Nous plaçons à la base de VHelvétien la for- mation marine de l'Armagnac qui, dans les limites que nous nous sommes tracées, est visible dans la région orientale du département, près du Lot-et-Garonne et du Gers, aux environs de Sos et de Gabarret : c'est une molasse ferrugineuse à Ostrea crassissima, 0. Boblayi, Pecten solariujn (type Baudignan, Sos, Gabarret, Rimbès). A ces molasses, tantôt à leur sommet (Baudignan), tantôt à leur base (La Peyrie, à Rimbès, bords de la Gélize sur la route de Gabarret), sont subordonnés des faluns sableux (Baudignan, Sos) ou des marnes argileuses (Gabarret, Moulin Neuf, M. de Rouaillan, les Moulettes, Parleboscq, Sarran, etc.). Les faunes de tous ces dépôts sont aussi identiques que le permettait la différence lithologique des fonds sur lesquels elles ont vécu. Jl < .Vlncent-de-Ty rosse S^Jean-c/e-MAr^Qa//i: LÉGENDE ! 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Il y a, d'ailleurs, ainsi que l'a fait remarquer Tournouër et que l'a aussi signalé l'un de nous (1), la plus étroite analogie de faune entre les dépôts du bassin ligérien et ceux dont nous nous occupons ici. Les molasses à 0. crassissima se retrouvent plus au Sud près de Saint Sever; à Bastennes et à Gaujacq, elles sont bitumineu- ses; elles sont très développées h Mont-de-Marsan. Plus au Sud, entre l'iVdour et le Gave de Pau, sont des mo- lasses grisâtres à Echinodermes et à Pecten Besseri (faune de Marlignas) : Camarde, Narrosse, Poyartin, Sort,Garrey, Ozourt, Mimbaste, Saugnac, Saint-Geours d'Auribat, etc. Elles présen- tent des bancs sableux assez fossilifères. Baulin a signalé depuis assez longtemps, dans le canton de Peyrehorade, région voisine du confluent du Gave de Pau, des marnes plus ou moins sableuses, grisâtres ou bleuâtres; on les (jualifie souvent de faluns bleus : Peyrehorade (La Peyrère), Orthevieille (Tauzia), Saint-Etienne d'Ortlie, Belus, etc. La posilion de ces faluns dans l'échelle stratigraphique est encore discutée. M. Douvillé (2), se basant sur les Foraminifères qu'ils contiennent, les considère comme burdigaliens. L'ensem- ble de leur faune nialacologique nous engage à les laisser pro- visoirement dans l'Helvétien. Nous laissons aussi dans VHelvétien supérieur les riches gise- (1) 1900, Ivolas et Peyrot, Conlr. élude paléotit. fal. Touraine (Actes Soc. Lin. Bord., vol. LV). (2) 1906, Bulletin de la Soc. géol. de France, 4" série, t. VI, p. 333. — 8S — ments des environs d'Orlhez : Sallespisse, Salies de Béarn, Sonars (Le Paren), dont la faune a été étudiée par Balguerie et surlout par notre savant collègue linnéen, M. Degrange-Touzin [loc. cit.). Peut-être faudra-t-il les léunir, ainsi que les couches supérieures de Salles (Largilcyre), au Rédonien (1), qui marque dans le bassin ligérien une phase de régression marine par rapport à V Helvétien, régression qui paraît également s'être produite à la même époque dans le bassin aquitanien (2). Doit-on enfin placer dans le Tortonien — ou considérer seule- ment comme un faciès vaseux et profond de l'Helvétien — les dépôts de Saubrigues et de Saint- Jean-de-Marsacq? C'est encore un point sur lequel nous ne voulons pas dès maintenant émettre une opinion ferme. Nous nous bornerons à mettre provisoire- ment l'indication « Tortonien » pour les espèces que nous aurons à cataloguer de ces deux gisements. Le rapide exposé qui précède a soulevé quelques problèmes intéressants : réunion de l'Aquitanien au Néogène; place de la coupure entre l'Aquitanien et le Burdigalien ; véritable position dans l'échelle slraligraphique de gisements incomplètement étudiés jusqu'ici; présence ou absence, dans le Sud-Ouest, du Rédonien (Tortonien pars), etc. Mais, ainsi que nous l'avons déjà annoncé, nous donnerons, à la fin de ce travail, une étude stratigraphique détaillée qui, jointe à l.a révision paléontolo- gique par laquelle nous débutons, nous permettra — nous l'espérons, du moins — de donner une solution à toutes ces questions. (1) 1000, G.-F. Dollfus, Bull. Serv. carte géot., n, 93, p. 8. (2) 1906, A. Peyrot, Proc.-Verb. Soc. Lin. Bord. - 89 ■»S:i^E€VP€III.4 Goldfdss, 18-20. Ainsi que nous l'avons indiqué dans notre pi^éface, nous commençons l'étude des Mollusques conchifères par les Pélécypodes (1), et nous la ter- minerons par les Céphalopodes, en procédant par conséquent du simple au composé. Dès le début, nous nous heurtons à une première difficulté : celle de la classification à adopter pour l'exposé successif des Genres représentés dans les couches néogéniques de l'Aquitaine ; il nous répugnerait évidem- ment de publier nos descriptions dans un ordre quelconque ; or, ainsi que l'a avoué Fischer dans son Manuel de Conchyliologie, il n'y a pas de classi- fication absolument rationnelle de cette Classe de Mollusques. Celle qu'il a adoptée pour remplacer le système de Lamaixk [Monomyaria, Dimyaria, Heteromyaria) ou celui de d'Orbigny [Integropalliala, Sinupalliata) est fon- dée sur la structure des organes respiratoires, selon que l'animal possède deux ou quatre branchies; mais cette méthode l'a conduit à rapprocher des animaux que l'on a toujours considérés comme très éloignés à cause de leurs mœurs, et à écarter au contraire des formes manifestement voisi- nes ; en outre, comme elle repose sur l'étude anatomique des Pélécypodes, elle ne peut être d'aucun secours pour les paléontologistes qui n'ont que le test des valves à leur disposition, de sorte que l'ambiguïté la plus complète règne — même dans le Manuel de Fischer — au sujet de la place à assi- gner aux Genres et aux Familles éteintes. La môme objection peut être faite à la méthode de Pelseneer, ou à celle deCooke, qui ne tiennent compte que du degré de plissement des branchies. D'autre part, la classification de Neumayr, exclusivement fondée sur la constitution de la charnière, c'est-à-dire sur un caractère qui se prête déjà mieux à l'observation des coquilles fossiles, soulève de sérieuses objections pour certains Genres qui, par leur charnière, appartiendraient à trois Ordres différents, selon l'âge de la coquille. Félix Bernard a fait ressortir ces inconséquences, et il a essayé d'y obvier dans une certaine mesure : ses admirables recherches — en partie communes avec celles de Munier- Chalmas — sur la morphologie des Pélécypodes, le mettaient à même d'apprécier, mieux que ses prédécesseurs, le rôle et l'influence du déve- loppement de la charnière sur les diverses parties des valves. Malheureu- sement, ce savant est mort avant d'avoir pu compléter, par des conclusions générales relatives à une classification d'ensemble, ses quatre premières (1) Nous préférons ce terme à celui de LamellibranchiaLa ou de Biualvia, parce qu'il s'harmonise mieux avec Gaslropoda, Scaphopoda, Pleropoda, Cephalopoda, etc., admis pour les autres Classes du même Embranchement. — 90 ~ Notes (1) sur la matière, et rectifier en conséquence le tableau qu'il avait précédemment fourni dans un Traité complet de Paléontologie (2). La tare commune à tous ces systèmes —il faut bien se le répéter — c'est qu'ils sont basés sur un critérium unique ; or, qu'il s'agisse du test ou de l'anatomie des Mollusques, on ne peut — et l'on ne pourra jamais — écha- fauder de classification satisfaisante, si l'on ne se guide que d'après un seul organe ou un seul caractère; pour ne pas aboutir aune impasse, il faut nécessairement faire entrer en ligne de compte autant d'éléments que la méthode en compoi^te, et en outre, il faut se résigner — quelque extrava- gant que cela puisse paraître au premier abord — à faire varier ces crité- riums presque dans chaque Ordre, dans chaque Sous-Ordre, dans chaque Cénacle, même dans chaque Famille : ce n'est qu'en acquérant cette sou- plesse et en se gardant de toute rigueur mathématique, qu'un système peut se mouler sur l'extraordinaire variation des êtres, en Histoire naturelle. A ce point de vue, la nouvelle classification des Pélécypodes, préconisée dans la traduction anglaise (3) du Manuel de Paléontologie de Zittel, et inspirée en grande partie par les travaux personnels de M. Dali, est empreinte d'un réel progrès, quoiqu'elle donne encore lieu à de nombreu- ses critiques; mais du moins, comme il s'agissait surtout de l'adapter à un manuel paléontologique, il a bien fallu tenir compte d'éléments qu'on puisse étudier chez les fossiles, et faire passer au second plan les critériums ana- tomiques. Comme on le verra plus loin, cette tentative d'un compromis entre les deux méthodes laisse encore beaucoup à désirer, et nous ne pourrons nous y rallier complètement. Pour bien faire ressortir les motifs de nos réserves, voici tout d'abord l'économie générale de cet arrangement qui reproduit à peu près textuellement celui que M. Dali avait proposé, dès 1869, et qu'il a légèrement modifié en 1895 (4) : I. Prioiiodesmacea. — Lobes du manteau généralement séparés; siphons imparfaitement développés; test à structure nacrée et prismatique, rarement porcellanée; ligament amphidétique, rarement opisthodétique; charnière symétrique, taxodonte ou schizodonte; valves souvent fixées, jamais enterrées. Origine paléozoïque. A cet Ordre est annexée une subdivision qui a embarrassé tous les Conchyliologistes, celle des Palœoconc/ia édentés dont les caractères n'ont pu être étudiés bien nettement, puisque ce sont des Pélécypodes siluriens, dévoniens ou carbonifériens, sauf Solenomya qui est encore représenté (1) Paris, 1895-97, B. S. G. P. (quatre Notes sur le développement et la morpholo- gie de la coquille chez les Lamellibranches. (2) Paris, 1895, Eléments de Paléontologie, vol. in-8 de 1168 p., avec 606 (ig. (3) London, 1900. — Text-book of Palaeontology, by K. Zittel, translaled and edited by Gh. R. Eastman. Pelecypoda, p. .346-429, fig. 588-767. (4) Philadelphie, 1895. — Tert. Moll. of Florida, Part. III, p. 485. - 91 — clans les mers actuelles, ce qui lui attribue la plus grande longévité connue. Les autres subdivisions, auxquelles on peut attaclier la valeur de Sous- Ordres, sont : Sohizodonta, Isodonta, Dijsodonta et Taxodonta, en partie reprises dans l'œuvre de Neumayr. II. AnomaloaHeismacea. — Lobes du manteau plus ou moins com- plètement unis, avec deux ouvertures pour les siphons bien développés, une pour le pied ; deux muscles adducteurs presque égaux; test à structure nacrée et cellulo-cristalline, rarement prismatique; ligament générale- ment opisthodétique, avec un cartilage distinct [resilium sec. Dali) ; des cuillerons {chondrophorea sec. Dali); valves souvent inégales; charnière faible, obsolète ou absente ; l'animal, hermaphrodite et marin, s'enterre habituellement. Origine mésozoïque. Pas de Sous-Ordre proposé; mais Félix Bernard a fait remarquer, avec juste raison, que cet Ordre correspond en partie aux Desmodontes de Neu- mayr, qui ne peuvent se séparer morphologiquement des Hétérodontes appartenant à l'Ordre suivant d'après M. Dali; et cependant il y a une ligne de démarcation bien ti'anchée entre les Clavagelles et les Mactres qu'on ne peut vraiment associer dans le même Ordre. III. Teleodcsmacea, — Lobes du manteau plus ou moins réunis; siphons bien développés; adducteurs égaux; test à structure porcellanée ou obscurément prismatique, jamais nacrée; aréa dorsale avec lunule et corselet; ligament opisthodétique, avec ou sans cartilage séparé, sans lithodesme ; charnière parfaite, comportant des dents cardinales et laté- rales; valves rarement égales, quelquefois fixées, rarement enterrées; sexes séparés. Origine mésozoïque. Cinq Sous-Ordres basés sur la disposition de la charnière : Vantodonta, Diogenodonta, Cyclodonta, Tcleodonta, Asthenodonta. Cette classification ne répond pas partout aux données phylogénétiques ; elle réunit des êtres souvent très hétéroclites, de sorte que — pour les grou- per ensemble — les diagnoses des trois Ordres ont été élargies d'une manière tellement élastique qu'en les comparant on y cherche vainement des carac- tères distinctifs et bien nets : ainsi, il est vraiment choquant de voir que l'auteur laisse dans un même Ordre Teleodesmacea (tsXsoç, parfait; o£(T[j.a, ligament) des Hétérodontes parfaits et sa Superfamille Adesmacea qui com- prend les Pholades sans ligament apparent, ou bien les Myacea qui n'ont pas de plancher cardinal, mais qui ont un cuilleron bien évident ! Tout cela n'est pas encore satisfaisant : il faut nécessairement délimiter autrement les trois Ordres fondamentaux : E^tilamcllibranclsiata, Taxoelouta et Anisomyarîa. Empruntant à M. Dali une partie de son système, celle qui consiste à tenir compte, dans une plus large mesure qu'on ne l'avait fait avant lui, — 92 delà nature du ligament (Seujja), nous sommes conduits à mettre en pre- mière ligne, dans tout le grand groupe que Félix Bernard a désigné sous le nom Etiiamellibrancliiata, et qui représente un Ordre bien carac- térisé par ses branchies, à défaut delà charnière. quand elle est absente ou rudimentaire, le Sous-Ordre Anomalodesiuata, un peu amendé, com- prenant les coquilles à ligament plus ou moins développé, mais à char- nière atrophiée, ce qui provient de ce que l'animal estcavicole ou enterré. Nous créons le second Sous-Ordre Adapedonta pour les coquilles où la charnière commence à apparaître parceque la vie de l'animal est un peu plus active, mais dont le plateau cardinal (1) n'est pas encore formé (a, privatif; BaTreSov, plancher). Ensuite vient le Sous-Ordre Desmodonta Neum., restreint aux formes qui ont le ligament entremêlé avec les dents, et dont le plancher cardinal est aussi bien développé que chez les Hétéro- dontes. Les Tellinacés forment la transition entre ce Sous-Ordre et le sui- vant auquel on les rattache plus généralement, quoique le plancher cardi- nal soit peu développé; aussi nous les rangeons, ainsi que les Nymphacés (Psammobies, Donaces), dans un Sous-Ordre intermédiaire : Hemidape- donta. Le grand Sous-Ordre Heterodonta comprend la majeure partie des Eulamellibranchiata, ceux où la charnière acquiert sa forme parfaite, et où le ligament est tantôt externe, tantôt interne. Nous conservons les Schizodonta pour les Trigonies, et les Palseoconclia pour les Solénomyes, formes primitives qui s'écartent autant des Anomalodesmata que des Hete- rodonta : ce sont deux petits groupes complètement à part. Le deuxième Ordre Taxodonta est celui qui n'a, pour ainsi dire, jamais donné lieu à la moindre controverse, à cause du caractère tout spé- cial que présente la charnière, à dents multiples, dont la morphologie a été très savamment détaillée par Félix Bei^nard : le développement des valves ne se fait plus du tout de la même manière que chez les Eulamelli- branchiata. On peut, à la rigueur, le diviser, conïme le font les concholo- gistes actuels, en deux Sous-Ordres : Foiiobranchiata et Filibranchiata. Enfin le troisième Ordre comprend les Anisioinyaria : il se définit aisément et est caractérisé entr'autres par lanature toute spéciale du test; on peut aussi le diviser en Subfilibrancliiata et Pseudolamellibrauchiata. Chacun de ces Sous-Ordres, dans les trois Ordres principaux, est lui- même subdivisé en « Cénacles « à désinence acea (2), composés de plusieurs Familles ayant des affinités entre elles. (1) C'est M. H. Douvillé qui a spécialement appelé notre attention sur l'importance de ce plateau cardinal qui supporte les dents quand il existe, et qui se lie intimement à la biologie du Mollusque. Les conseils de ce Maître éclairé nous ont d'ailleurs gui- dés en mainte occasion. (2) Revue critique de paléozoologie, ']s.a\\Qx: 1905, p. 60. — 93 — Pour bien faire saisir les bases de cet arrangement (qui a l'avantage de bouleverser aussi peu que possible les habitudes acquises) il est indispen- sable de préciser quelques détinitions, et surtout d'insister sur les notations que nous adoptons pour désigner les pièces de la charnière qui est l'élé- ment critique des valves de Pélécypodes. Nous admettons, pour la figuration des valves, les positions usuelles : valves rabattues sur un plan horizontal, vues intérieures montrant la char- nière, les crochets en haut, le bord palléal en bas, la valve gauche à gauche, la valve droite à droite, c'est-à-dire les extrémités antérieures ou buccales en contact, et les extrémités postérieures à l'opposé. Dans cette position les mesures sont prises, pour le diamètre antéro-postérieur ou bucco-anal, suivant une ligne hoi'izontale entre l'extrémité anale et l'extrémité buccale, et pour le diamètre umbono-palléal ou dorso-ventral, suivant une ligne verticale entre la tangente au gonflement du crochet ou de la partie la plus dilatée du bord supérieur et la tangente au point le plus bas du contour palléal; l'épaisseur des valves ou le diamètre transversal est mesurée, quand l'individu est bivalve, sur une perpendiculaire au plan de commissure des valves, entre les plans tangents à leur bombement maximum. Pour la désignation des valves de Monomyaires, dont l'impression mus- culaire (celle du muscle postérieur) est à peu près centrale, on peut hésiter entre la valve gauche et la valve droite; mais on ne doit pas perdre de vue que la valve inférieure — qui est généralement la plus bombée — est la valve gauche ou tixée ; chez les Pectinidés équivalves, l'échancrure du byssus — qui est toujours à l'arrière — permet de distinguer la valve gau- che de la valve droite. Exception est faite pour les Chamacea, chez lesquels la valve libre, qui est tantôt la droite, tantôt la gauche, est caractérisée par une fossette en avant de la première dent; l'orientation de la coquille est alors déterminée par la position du ligament situé en arrière du crochet : on considère comme normales les formes où la valve a est la valve droite, et comme inverses celles où la valve a est la valve gauche; les deux types se présentent précisément dans le Genre Chama, le seul de ce Cénacle dont nous aurons à nous occuper. En dehors de ces cas exceptionnels précités, la règle générale qui sert de base pour reconnaître et orienter convenable- ment les valves, c'est que le ligament— c'est-à-dire la nymphe qui le supporte quand il est externe, ou la fossette qui le reçoit quand il est interne — est invariablement en arrière du crochet; il en est de même du sinus palléal, quand il y en a un. Pour définir les charnières des différents Genres, on se bornait autrefois à désigner les dents, par les noms cardinales et latérales, et par leur posi- tion antérieure, médiane et postérieure. Outre que ce système est incom- mode et long à la lecture, il est très confus pour l'explication des rapports et des différences que présentent les espèces entre elles, il ne se prête — 94 — d'ailleurs qu'aux charnières normales des individus adultes, et il n'est d'aucun secours pour les Taxodontes ni pour les Anisomyaires. Pour le remplacer, Steinmann a proposé une formule que M. Dali a adoptée et légèrement amendée, traduisant synoptiqueraent sous la forme d'une fraction l'aspect des charnières des deux valves, en numérateur la valve gauche, en dénominateur la valeur droite : les dents sont représen- tées par des unités, les intervalles par des zéros, les dents latérales par /, les fossettes opposées à ces dents par m; le ligament est marqué c, et les masses amorphes — qui ne peuvent être classées comme dents — s'écri- vent X. La formule se lit de gauche à droite, c'est-à-dire du côté postérieur au côté antérieur pour le numérateur comme pour le dénominateur, de sorte que les chiffres correspondent verticalement à des zéros, c'est-à-dire les dents aux fossettes situées vis-à-vis pour les loger, la barre de la frac- tion représentant la commissure des valves. wi c 1 1 l Ainsi, par exemple la charnière de Crassatella AntUlarum est : -^ — ôTïïm' 01 (10) cO 1(25) celle de Nucula radiata : ]^jn^r^j^f) o'xo et celle de Trtgonm margaritacea : y~x' Quoique compliquée en apparence, cette formule reproduit très fidèle- ment les charnières; mais, comme l'emploi d'unités pour représenter des dents cardinales, de lettres pour les dents latérales et le ligament, ne per- met pas de désigner leur emplacement relatif quand elles ne sont plus encadrées dans leur formule, celle-ci ne peut être d'aucune utilité quand on veut comparer isolément les dents homologues des différentes espèces d'un même Genre, et faire ressortir leur grosseur ou leur inclinaison cor- rélatives qui sont de bons critériums distinctifs des espèces, de sorte que l'on retombe, pour les comparaisons, sur les inconvénients de l'ancienne méthode. La notation de Munier-Chalmas et de Félix Bernard est fondée sur le développement des dents dans les principaux types de Pélécypodes et sur l'observation de l'influence de la morphologie du ligament. Ces deux auteurs ont remarqué qu'à l'état embryonnaire, tous les Pélécypodes ont leur liga- ment interne; la croissance des valves modifie la position du ligament qui devient externe chez les uns, qui reste interne chez les autres, ou qui se dédouble chez une troisième catégorie de formes pourvues, à l'âge adulte, d'un ligament externe et d'un cartilage interne; ils ont en outre observé que l'apparition des dçnts est en concordance avec le changement de place du ligament, et la numérotation qu'ils ont adoptée est extrêmement simple quand on possède la clef de ce développement progressif de la charnière, attendu qu'elle s'applique aux types les mieux spécialisés des Hétérotondes, de sorte que pour désigner les éléments de charnière des types moins — 9o — avancés, il suffit de supprimer les numéros correspondant aux dents qui ont avorté. Dans ces conditions, chaque dent ayant son numéro, on peut la comparer — pour chaque espèce — àson homologue d'une autre espèce. Dans ce système, les dents de la valve droite sont désignées par des numéros impairs, celles de la valve gauche par des numéros pairs. Les dents cardiniiles sont désignées par des chiffres arabes, et leur numérotage part du centre ou plutôt du milieu de la charnière sous le crochet, de sorte que la dent I est la dent cardinale médiane de la valve droite. Chaque fossette est représentée par [ : ]. Les lamelles latérales sont représentées par L A (antérieures), L P (postérieures), ou A et P, suivi de chiffres romains impairs pour la valve droite ([, III), pairs pour la valve gauche (II, IV). Lorsque — et c'est le cas le plus général — deux lames cardinales ont pour origine une même dent dont elles constituent les branches plus ou moins repliées, on leur donne le même numéro, et on applique en indice à chacune de ces branches les lettres a et b : ainsi, 2 a est la branche antérieure, 2 6 la branche postérieure d'une même dent 2. En réalité, les deux branches de 2 <( coiffent » la dent 1, et les deux branches de 3 circonscrivent celles de 2. Ce point est peut-être — de tout le système — le plus difficile à saisir pour toute personne qui n'y est pas habituée, parce qu'il ramène au même numéro des productions dentiformes que tout le monde était jusqu'ici habitué à considérer comme des dents dis- tinctes; mais c'est le résultat des observations morphologiques de Munier- Chalmas et de Félix Bernard qui l'ont mis en lumière par l'étude des stades successifs du développement de la coquille. C'est ce qui explique pourquoi la notation dont il s'agit ne s'est pas généralisée jusqu'ici, per- sonne (1) n'ayant eu encore la patience d'en faire l'application didactique à tous les Genres de Pélécypodes, et d'autre part les deux auteurs précités étant morts avant d'avoir pu généraliser leur méthode. Comparée à la formule de Steinmann, celle-ci est peut-être d'apparence encore plus compliquée; ainsi le cas le plus complet, celui de Corbicula, s'écrit : V.Dr. LAI: III V. G. LA : II : 3„:I: 3, : 2^ : 2^ : LP I : m LP : II : Dans certains cas, la formule se complique de signes additionnels que les deux auteurs se sont vus obligés d'introduire pour être complètement exacts; ainsi Montacula hidentata : V. Dr. LAI: III V. G. LA:\l: 3,. : 3,, LP I: III L P : II : (1) Nous signalerons cependant le travail de M. Nœlling- sur celle question, publié dans les Meinoirs of Geol. Surv. ofindia. — 96 ou bien Mactra solicla : V. Dr. LA I : III V. G. L^ : II : ou encore Bicorbula gallica : V. Dr. LA : (III) V. G. L^ (II) : 3« : 01 : 3, : : 2„ : 2/, : 4/, 3a : 1 {h) ■■ 2«: il 4. LPl : III LP -AI : LP(l) LP (II) Cela devient presque de l'Algèbre, et l'on conçoit les difficultés pratiques auxquelles on se heurterait, si l'on voulait introduire de telles formules dans la langue — et surtout dans l'écriture— courante! D'ailleurs — il faut bien se l'avouer — l'emploi de formules, en tête de chaque diagnose, ferait un véritable double emploi avec une figure claire, représentant exactement les charnières de chaque valve. Cependant, comme ce n'est pas une raison suffisante pour abandonner un système de notation que nous jugeons extrêmement commode pour abréger les diagnoses et éviter toute confusion dans les comparaisons de charnières, nous adopterons doréna- vant un système mixte, consistant à désigner les dents et lamelles par leurs numéros, et à intercaler, sans mettre de formule complète, dans les dia- gnoses génériques des croquis schématiques de la charnière, avec les nota- tions qui feront saisir au lecteur, du premier coup d'œil, l'emplacement relatif des dents et lamelles dont elle se compose. Il y a lieu de remarquer du reste que nous n'aurons pas à en faire usage dès les premières pages de notre Monographie, puisque d'après l'arrangement auquel nous abou- tissons, conformément à ce qui a été expliqué ci-dessus, nous commençons précisément par toute une série de Genres édentés; ce n'est guère qu'à partir du deuxième Sous-Ordre que nous commencerons à en sentir la nécessité et à y avoir recours. Ces préliminaires étant exposés, voici, en résumé, le tableau systémati- que et complet des Familles de Pélécypodes classées dans l'ordre que nous comptons suivre au cours de ce travail, élimination faite de celles qui — comme les formes paléozoïques, par exemple — n'y seront représentées par aucun de leurs Genres, et sous la réserve des modifications de détail ou des additions que nous aurions à y introduire éventuellement du fait de l'étude des matériaux qui nous seront ultérieurement communiqués : — 97 - «r Ordre : EULAMELLIBRANCHIATA 1^^ Sous-Ordre : ANOMALODESMATA 1" Cénacle : ENSIPHONACEA C LAVAGE LU DJî: 2e Cénacle : POROMYACEA PO ROM Y A CIDJE CUSPIDARIID.^ VERTICORDIID.E 3" Cénacle : ADELOSIPHONACEA PANDORID.E 4« Cénacle : EUSIPHONACEA THRA CUDjE AN ATI NID JE PHOLA DOMYA CID.^ oe Cénacle : ADESMACEA PHOLA DID/E TEREDID^ 2« Sous-Ordre : ADAPEDONTA l«r Cénacle : EDENTULACEA gastroch.e:nid/e 2« Cénacle : MYACEA MYACWyE CORBULIDjE PLEURODESMA TIDAE 3" Cénacle : PANOP^ACEA GLYCYMERID.E SAAICA VIDyE BASTEROTIDJE 4« Cénacle : SOLENACEA SOLE NID JE Tome LXIII. 98 3« Sous-Ordre : DESMODONTA le'- Cénacle : MACTRACEA MACTRlDj^ MESODESMA TIDyE CARDILIID.E A' Sous-Oidie : HEMIDAPEDONTA P'' Cénacle : TELLINACEA SCROBICULARIWjE TELLINIDJE 2« Cénacle : EUNYMPHACEA PSAMMOBlIDyE DONACID.E B^' Sous-Ordre : HETERODONTA l^'' Cénacle : VENERACEA VENERID/E PETRICOLIDJE 2« Cénacle : CYRENACEA CYRENlDyE 8?HjERIIDjE 3*^ Cénacle : CYPRICARDIACEA CYPRICARDIÎDJE CYPRINID.E 4« Cénacle : ISOCARDIACEA ISOCA RDIID.E CALLOCARDIWjE 5*= Cénacle : CARDIACEA CARDinJyE A DA CNIDJ^ 6e Cénacle : CHAMACEA CHAMID.E — 99 — 7« Cénacle : LEPTONACEA LEPTONIDJE ERYCINIDJE GALEOMMWJE 8« Cénacle : LUGINACEA LUCINID/E CORBHD.E DIPLODONTID/E CRYPTODONTIDjE 9« Cénacle : CARDÏTACEA CARDITIDyE 10" Cénacle : ASTARTACEA ASTARriDyE CRASSA TELLW^ KELLYELLlDyE 11« Cénacle : N AI AD ACE A UNIONIDyE ^' Sous-Oidie : SCHIZODONTA i^' Cénacle : TRIGONIACEA TRIGONIIDyE T Sous-Oidie : PALMOCONCHA 1" Cénacle : SOLENOMYACEA SOLENOMYID.E 2' Ordre : TAXODONTA 1- Sous-Ordre : FOLIOBRANCHIATA l«r Cénacle : NUCULACEA NUCULlDyE S'' Cénacle : LEDACEA LEDIDjE — 100 — 2« Sous-Ordre : FI LI BRAN CRI AT A l^'- Cénacle : ARCACEA PARALLELODONTÏD.^ 2-^ Cénacle : PECTUNCULACEA PECrUNCULlDjE LIMOP&WjE 3^ Ordre : ANISOMYARIA \^ Sous-Ordre : SUBFILIBRANCHIAT A 1«' Cénacle : MYTILACEA MYTILIDjE DREISSENSIIDjE PRASINIIDAi 2« Cénacle : ANOMIACEA ANOMIIDjE 2' Sous-Ordre : PSEUDOLAMELLIBRANCHlAr A l«r Cénacle : AVICULACEA A VICULID/E PINNIDyE PERNlDyE VULSELLID^E S'^ Cénacle : PECTINACEA PECTINIDjE LIMID.E SPONDYUDM S'' Cénacle : OSTRACEA OSTREIDM — 101 — DESCRIPTION DES ESPÈCES EULAMELLIBRANCHIATA F. Bernard. ANOMALOÛESMATA Dali em. Cénacle : ENSIPHONACEA Dali. Tube calcaire auquel adhèrent soit l'une des valves, soit les deux, prolongé en avant par une frange de petite tubulures. ¥'àm. CLAVAGELLID.^ à'Ovh. Des deux Genres Clavagella et Brechites qui constituent cette Famille, le premier seul est représenté dans nos terrains. On a, il est vrai, cité le second dans l'Aquitaine, mais l'existence du spécimen signalé a été con- testée, de sorte que Benoist s'est abstenu de cataloguer Aspergillimi leognà- nense dans sa Monographie des Tubicoles : nous suivrons cet exemple. CLAVAGELLA Lamk., 1807. Les espèces néogéniques du Sud-Ouest appartiennent au groupe Clava- (/ella s. str., caractérisé par son disque, spinuleux à l'emplacement de la valve libre, tandis que la Section Stirpulina Stol., connue dans l'Eocène et le Pliocène, ne possède de tubulures que sur l'extrémité antérieure du tube. Les Sections Bryopa Gray, et Dacosta Gray, se distinguent par leur tube simple à l'extrémité inférieure. G. -T. : C. echinata Larak., de l'Eocène (1). 1. Clavagella BrochonI Benoist em. PI. 1, fig. 13-14. 1877. Monogr. ïubic, p. 313, pi. XIX, fig. 4. 1878. Proc.-verb. Soc. Linn. Bord., p. lxxxui. Nous reproduisons textuellement la seconde des diagnoses de l'auteur : a La description et la planche de la Monographie des (1) Par abréviation, G. -T. signifie génotype, c'est à-dire espèce type du Genre, Sous-Genre ou Section. — 102 — Tubicoles (vol. XXXI des Actes de la Société Linnéenne) onl été faites sur un exemplaire très jeune, très petit et en très mauvais état; la connaissance d'exemplaires adultes et en meilleur état m'oblige à donner une nouvelle diagnose, profondément modi- fiée, de cette rarissime espèce. « CL Brochoni est une espèce perforante (l) dont le tube est très rudimentaire et à valves très inégales. L'animal ayant, comme toutes les espèces de cette Section, la faculté de sécréter une plaque calcaire, armée de tubes spiniformes, lorsque le rocher oîi il perforait son trou était fissuré ou perforé antérieu- rement par d'autres animaux. » Sa valve gauche adhérente s'appliquait exactement au rocher et donnait naissance, à l'extrémité anale de la coquille, à un tube fort court et aplati. Cette valve triangulaire a une grande analogie de forme avec celle du genre Lepas. » L'empreinte musculaire postérieure est grande, arrondie, de forme carrée; l'antérieure est allongée, arrondie à l'extrémité ventrale et terminée en pointe au bord dorsal. » La valve libre, d'un tiers plus petite que l'autre, reproduit exactement les aspérités de la cavité perforée par l'animal; le muscle postérieur a laissé une empreinte de forme à peu près semblable à celle de la valve gauche, mais très profonde ; l'em- preinte antérieure et le sinus sont presque identiques de forme. L'animal devait posséder un pied fortement charnu et arrondi, comme la forme de la cavité l'indique ». DiM. du plus grand exemplaire (coll. Wattebled) : Longueur totale : SO mili. ; longueur de la valve gauche : 32 mill. ; hauteur de la valve gau- che, 20 mill. ; épaisseur entre les deux valves, 20 mill. ; longueur du tube, 12 mill. Localités. — Mérignac, dans les Polypiers et le calcaire sur lequel repose les faluns; moulage du néotype (PI. I, lig. 13-14), coll. Benoist au Musée d'histoire naturelle de Bordeaux. — /tquitanien. (1) C'est probablement le premier exemple d'ime espèce perforante du G. Clava- gelle, qui soit, à la partie antérieure, privée de son enveloppe caractéristique et l'orme ainsi le passage entre les espèces de la Section des Couronnées et le G. Gastrocbène [Benoist]. — II y aurait des réserves à faire à ce sujet — [Cossm. et Peyr.]. — 103 - Cénacle : POROMYACEA Dali. Valves libres, sans tube calcaire externe; lobes du manteau réunis; cartilage renforcé par un lilhoclesmc. Fa m . POROMYA CIDM Dali . Valves intérieurement nacrées; charnière rudimentaire; ligne palléale non sinueuse; ligament externe, marginal. Si l'on élimine Baslerotia qui doit être classé ci-après dans une Famille à part, on ne trouve que le Genre Poromya dans le Néogène : car Liopistha est crétacique ; Dermatomya et Cetomya sont des formes récentes et abyssales; Neœroporomya n'est connu que dans l'Eocène. POROMYA Forbes, 1844. Surface extérieure, granuleuse; charnière comportant : à droite, une forte dent cardinale, échancrée en avant, suivie d'une fosse pour le cartilage; à gauche, une petite dent trian- gulaire en avant de la fosse du cartilage, et une dent latérale postérieure allongée. G. -T. : P. granulala Nyst. Nous n'avons pas trouvé de véritables Poromya, dans le Sud-Ouest : tous les spécimens étiquetés sous ce nom sont des Basterotia, ainsi qu'il est advenu dans le Bassin de Paris, où Desbayes avait indûment classé les for- mes de ce dernier Genre dans le premier. Nous avons pensé qu'il serait utile de signaler cette fréquente source d'erreurs à nos lecteurs et c'est pourquoi nous avons mentionné les diagnoses ci-dessus, bien qu'elles ne se rapportent à aucune espèce de l'Aquitaine. Fam.CUSPIDARIID.^ Fïschev. Valves non nacrées, rostrées ; un petit cuiileron sur chaque valve, [)Our loger le cartilage; ligne palléale légèrement sinueuse. Sur les quatre Genres actuellement attribués à cette Famille [Cuspidaria, Myonera, Spheniopsis et Co7'biirella), le premier seul est à signaler dans le Miocène de l'Aquitaine : Spheniopsis — 104 - est exclusivement connu dans l'Oligocène, et Corhiirella — dou- teux d'ailleurs comme classement — est une forme jurassique. CUSPIDARIÀ, Nardo, 1840. (= Neœra Gray, 1834, non Robineau-Desvoidy, 1830). P'orme roslrée, inéquivalve, la valve droite plus petite et moins convexe que la gauche; ligament externe, linéaire; car- tilage interne, logé dans un petit cuilleron sous le crochet; dent latérale postérieure ordinairement bien développée sur la valve droite, obsolète sur la valve gauche; parfois une dent cardinale en avant du cuilleron; impressions des adducteurs grandes; sinus palléal très faible. Ce Genre a été subdivisé en plusieurs Sections, selon Taspect de la surface et la composition de la charnière. Cuspidaria 5. str. —Surface à peu près lisse; bord posté- rieur du cuilleron confluent avec le bord cardinal ; dents laté- rales postérieures seulement. G. -T. : Tellina cuspidala Olivi. Lyonsia A. Ad., 1864. — Surface à peu près lisse; une dent cardinale; cuilleron très oblique; valve droite munie de dents latérales, valve gauche sans dents latérales. G. -T. : Neœra adimca Gould. Cardiomya A. Ad., 1864. — Surface ornée de côtes rayon- nantes; cuilleron vertical ; dent latérale postérieure sur la valve droite seulement. G. -T. : Neœra cardiuni Hinds, Les autres Sections [Plectodon, Rhinoclama, Tropidomya, Halomjmpha, Luzonia, Vulcanomya, Pseudonesera, Bourdenia), pour la plupart récentes et abyssales, ne paraissent pas repré- sentées dans nos terrains néogéniques. 2. Cuspidaria Benoisti Cossm. PI. I, %. 1-2. J895. S. qq. f. nouv. Bord., p. 3, pi. IV, fig. 3-4. An Neœra miocœnica Benoist, 1875, Actes Soc. Lin., vol. XXX, p. cxxx {non Parona) ? « Taille petite; valve gauche bombée, ovale en avant, i-ostréc en arrière; crochet situé aux trois septièmes de la longueur, du - 105 — côté antérieur; bord supérieur rectiligne en arrière du crocliet; bord palléal ovale, sinueux en deçà du rostre qui est limité par une dépression peu profoncle de la surface dorsale; celle-ci est lisse et ne porte que des stries d'accroissement fibreuses. Surface intérieure brillante; bord cardinal très mince, muni d'un petit cuilleron et d'une fossette minuscule; impressions musculaires profondément gravées dans le lest ». DiM. : Longueur : 6 mill. 1/2; hauteur : 4 mill. Rapp. et diff. — Cette espèce se distingue de C. cuspidata Br. par sa forme moins bombée, par son rostre plus droit, moins recourbé, par son crochet moins cordiforme, par son bord supérieur rectiligne; elle ressem- ble aussi à une coquille du Pliocène Astien de Cannes que l'un de nous a décrite [loc. cit., pi. IV, fig. 6-7) sous le nom C. Depontaillieri, mais qui n'est pas lisse, et dont le rostre est beaucoup plus pointu et plus étroit, avec un contour palléal beaucoup plus sinueux. Parmi les espèces décrites dans la Monographie de M. Sacco, celle dont la forme se rapproche le plus de C. Benoisti est C. Forbesi Mayer [Nedera], qui s'en distingue cependant par de tines stries concentriques, irréguliè- rement onduleuses; c'est d'ailleurs une espèce pliocénique. Dans le Miocène, C. miocœnica Par. (et var. Rovasendse Sacco) a un rostre effilé et une forme tout à fait arrondie, ce qui lui donne l'aspect d'une spatule. L'espèce oligocénique C. inflexa v. Kœn., de Latdorf, a une forme plus ovale, un rostre isolé par des sinuosités plus marquées sur le contour supérieur et sur le contour palléal; en outre, son crochet est placé aux trois septièmes de la longueur, du côté postérieur. Enfin, dans l'Eocène, C. Raincourtl Cossm. est beaucoup plus élevée, avec un rostre plus court, et son crochet est situé beaucoup plus en arrière; C. dlspar. Desh. et C. boursauUcnsls ont aussi les crochets situés moins en avant que chez C. Benoisti, elles sont moins trigones et leur contour palléal est moins sinueux. Les autres espèces tertiaires — que l'on connaît jusqu'à présent — appartiennent à d'autres Sections du même Genre, tandis que C. Benoisti est, comme les espèces auxquelles nous l'avons comparée, un Cuspidaria s. str., autant qu'on peut en juger sur une valve gauche non munie de lamelle latérale. Benoist a décrit, sans la figurer, une s^alve droite à laquelle il a attribué le nom Neœra miocœnica qui ne peut être conservé, parce que M. Parona a décrit et figuré sous le même noui, en 1892, une coquille de Sardaigne qui a évidemment la priorité. Nous ne sommes d'ailleurs pas bien certains que l'espèce de Benoist soit identique à C. Benoisti, quoiqu'elle provienne du — 106 — même gisement : sa description, quoique très claire, est insuffisante sans une figure, et, en outre, il n'existe dans sa collection que l'espèce suivante, avec une étiquette portant un autre nom; notre citation en synonymie est donc des plus douteuses. Localités. — Saucats (Lagus), type figuré (PI. T, fig. 1-2), coll. Coss- mann; une autre valve gauche, coll. Degrange-Touzin. — Burdigalien. 3. Cuspidaria girondica Ben. in coll. PI. I, fig. 3-5. 1907. C. BenoistiPeyr. Exe. àLéog. P. V. Soc. Linn., p. xlvi [non Cossm.]. Coquille petite, piriforme, médiocrement bombée en avant, assez largement rostrée en arrière, légèrement déprimée à la naissance du rostre. Surface luisante, lisse, marquée de fines stries d'accroissement qui sont plus visibles sur le rostre. Valve droite un peu plus petite et un peu moins bombée que la gauche; crochet pelit, mais assez saillant, situé à peu près au milieu de la longueur; bord supéro-anlérieur légèrement arrondi, bord supéro-postérieur presque droit; bord palléal arrondi en avant, un peu sinueux à sa jonction avec le rostre. Charnière mince, munie d'un petit cuilleron au-dessous du crochet et d'une lamelle postérieure mince et allongée. Valve gauche dépourvue de dents; impression du muscle antérieur peu visible; impression postérieure profonde, trigone. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 8 mill. sur la valve droite, 9 mill. sur la valve gauche; diamètre umbono-palléal : 4,5 mill. sur la valve droite, 5 mill. sur la gauche. Rapp. et diff. — On la distingue de C. Benoisti par sa forme moins haute, par son rostre plus long et plus étroit, quoique moins allongé cependant que celui de C cuspidata. La connaissance des deux valves nous permet d'être ici complètement affirmatifs au sujet du classement de l'espèce dans le groupe Cuspidaria s. str., car il n'y a pas de dent cardi- nale sur la valve droite, seulement une lamelle postérieure, tandis que la charnière de la valve gauche se réduit au cuilleron; nous nous référons donc exactement aux indications ci-dessus reproduites pour la charnière de ce groupe typique. Localités. — Léognan (Coquillat), très rare, type figuré (PI. I, fig. 3-5), valve droite, coll. Benoist au Mus. d'hist. nat. de Bord., valve gauche, coll. Peyrot; coll. Nadal, — Burcllg;al|eii. — 107 - 4, Cuspidarta [Liomya] Dumasi nov. sp. PI. 1, fig. 6-8. Test relalivement épais. Taille moyenne; forme spatuloïde, très gonflée, inéquilalérale ; côté antérieur ovale, atténué, un peu plus court que le côté postérieur qui est étroitement rostre ; contour palléal largement arqué au milieu, sinueux en arrière, le long du rostre; bord supéro-antérieur déclive et presque rectiligne, tandis que le contour supéro-postérieur est un peu excavé; crochets gonflés, légèrement opisthogyres, un peu sail- lants. Surface dorsale très bombée, séparée du l'ostre par une large dépression à laquelle correspond la sinuosité du contour palléal et qui est bordée en arrière par une arête rayonnante, presque imperceptible; stries d'accroissement peu visibles et peu régulières sur la région dorsale qui est néanmoins bril- lante, plus serrées et plus fibreuses au fond de la dépression et surtout sur le rostre qui est terne. Bord cardinal très excavé sous le crochet où l'on distingue seulement, sur la valve droite, trois minuscules crénelures dentiformes [le cuilleroii manque accidentellement] avec une très forte dent latérale postérieure, épaisse et saillante, allongée; sur la valve gauche, outre une petite fossette sous le crochet, le bord cardinal fait une saillie qui sert d'appui, en arrière, à la dent latérale de la valve oppo- sée, mais il n'y a pas de rainure [)our la recevoir. Impressions musculaires et palléale indistinctes. DiM. : Diamètre bucco-anal : 10 mill.; diamètre umbono- palléal : 7 mill. Rapp. et diff. — Abstraction faite de la charnière qui nous paraît placer cette espèce dans un autre groupe que C. Bcnoiati, il y a entre elles des différences suffisamment tranchées pour que Ton puisse les distinguer : d'abord, le rostre de C. Dumasi est plus allongé, limité par des sinuosités sensiblement plus excavées en dessus et en dessous; la surface dorsale des valves est beaucoup plus convexe, la dépression anale est moins large et plus profonde, l'arête rayonnante du rostre est moins saillante; mais c'est surtout la charnière qui paraît présmiter des différences capitales, à tel point que nous avons même classé C. Dumasi dans une Section distincte, quoique le cuilleron manque, parce qu'on est certain de l'existence de la dent latérale postérieure de la valve droite, Comme nous ne possédons que — 108 — des valves gauches de C. Benoisti, il n'est pas possible de conclure que ce dernier n'a pas de dent latérale sur la valve opposée ; mais nous constatons du moins que le bord cardinal ne fait pas, en arrière du crochet, la même saillie que chez C. Dumasi et n'a pas de dents cardinales. Quanta C. giron- dica, c'est une coquille beaucoup moins élevée, à crochet plus médian. Il existe, dans l'Eocène du Bois Gouët, une espèce nommée Cuspidaria gouctensis et qui a quelque analogie avec celle-ci par sa convexité et par son rostre bien découpé; toutefois l'espèce nantaise a les crochets placés plus en arrière. On peut la comparer aussi à C. injlexa, de l'Oligocène, mais celui-ci est plus ovale, moins trigone. Du côté des terrains néogéniques, et en particulier dans le Piémont, il n'y a aucune forme semblable, toutes les affinités de C Dumasi sont plutôt avec les formes ancestrales; notre espèce a cependant de l'analogie avec Neœra obcsa Loven, qui a été draguée dans l'Atlantique, mais elle a le côté antérieur plus court et la surface moins grossièrement burinée. Localités. — Saubrigues, deux valves opposées (PI. I, lig. 6-8), coll. Dumas; Saint-Jean de Marsacq, une valve gauche, coll. Degrange-Touzin. — Tortoiileii. 5. Cuspidaria [Cardiomya) cf. costellata [Desh.]. 1847,. Corbula costellata Desh. in Sism. Syn. méth. 2'= éd., p. 22. 1852. — d'Orb. Prod. Pal. III, p. 182. 1873. Neœra costellata Cocc. En. moll. pi., p. 263. 1879. Corbula — Sacco. Cat. pal. terz. Piem., n» 1706. 1893. Cuspidaria — Pantanelli. I.amell. pi., p. 277. 1898. — — Namias. Coll. Moll. pi., p. 198. 1901. Cardiomya — Sacco. Moll. terr. terz. Piem. P. xxix, p. 127, pi. XXVI, fig. 62-63. Dans l'état de conservation où se trouve ^-->v^ o l'unique fragment de Cardiomya qui nous ^^^^^"'^'^''^ Jjiy!^ ''■■■ a été communiqué, nous devons nous V#^^"^^Ê2iS^ ,••' \ u.',j^\ borner à le rapprocher de l'espèce plio- "" "' cénique, depuis longtemps connue, mais ^'''- ^- " Cuspidaria costellata [Desh.] tout récemment figurée dans la Monographie de M. Sacco. Ce fragment de valve droite ne comporte que les abords du crochet et le rostre, avec la naissance de trois ou quatre costules rayonnantes sur la surface dorsale ; à l'intérieur, on voit également un'petit cuillei^on saillant et très voisin du crochet. Nous ne serions pas surpris que ce fût une espèce distincte, mais le spécimen est trop incomplet pour que l'on puisse préciser des caractères différentiels. Cette détermination est donc tout à fait provisoire; — 109 — mais il était néanmoins intéressant de signaler la présence du Sous- Genre Cardiomya dans le Miocène, ne fût-ce que pour combler la lacune du cadre phylogénétique dressé par M. Sacco et dans lequel on constate un hiatus entre C. Kochi Phil., de l'Oligocène, et C. costcllata du Pliocène. Localité. — Saubrigues, un fragment dans la coll. Dumas. — Torto- ulen. Fa m. VERTICORBIIDM Fischer. Coquille cordiforme, inéquilatérale, nacrée à l'intérieur; char- nière asymétrique; lig-ament logé dans une rainure subinlerne, avec un lilhodesme ; pas de sinus, VERTICORDIA Gray, 1840. Valves globuleuses, égales, ornées de côtes rayonnantes ; cro- chets prosogyres et enroulés; valve droite portant une forte dent cardinale, conique; valve gauche sans dent, à bord lunulaire saillant. G.-ï. : V. cardiiformis Wood. Nous ne reproduisons pas ici la figure ni la description de Pecchiolia clathrata Benoist (1875, Bull. Soc. Linn. Bord., p. lxxi, pi. I, fig. 8) d'abord parce que l'original n'en a pas été retrouvé dans la coll. Benoist, au Mus. d'hist. nat. de Bord., ensuite parce que, sur l'exemplaire du tirage à part envoyé par Benoist lui-même à l'un de nous, cet auteur avait raturé toute la diagnose précitée, et avait écrit de sa main, au-dessus du titre rayé, « mauvaise espèce ». Nous avons tout lieu de présumer qu'il s'agissait \k d'un spécimen d'Hipponyx ou de Capulus, auquel la figure en question res- semble singulièrement; le dessin de Benoist indique — il est vrai — une sorte de fossette sur ce qui pourrait tenir lieu de charnière à la prétendue valve qu'il a figurée; mais l'enroulement de la protoconque est tout à fait celui d'un Capulus, beaucoup trop spiral pour Pecchiolia. En conséquence, l'espèce est à supprimer jusqu'à plus ample informé. Cénacle : ADELOSIPHONAGEA Dali. Siphons courts; lithodesme divisant par moitié la masse du cartilage. Fam. PANDORID^ Gray. Coquille inéquivalve, intérieurement nacrée, à ligament interne. — 110 - PANDORA Brug., 1792. Charnière formée : à droite, d'une crête saillante et d'un sillon oblique ; à gauche, d'une crête falciforme, submarginale, et d'un sillon ligamentaire, à bords saillants. Des diverses Sections pro- posées dans ce Genre, nous n'avons à nous occuper ici que de Pandora s. str., groupe typique, h valves inégales, et à lilho- desme dégénéré, avec une seule lame dentiforme à droite. G. -T. : Tellina inœquivalvis L. 6. Pandora granum Benoist. PI. I, hg. 9-12. 1873. P. inœqidvalvis Ben. Cat. Saucats, p. 23 [non Liane). 1895. P. granum Ben. mss. in Cossm. S. qq. f. Bord., p. 2, pi. IV, fig. 1-2. « Valve gauche étroite, allongée, profonde, très inéquilaté- rale; côté antérieur ovale; côté postérieur rostre; bord supé- rieur presque droit en arrière du crochet; bord palléal incurvé en arc de cercle, sinueux en deçà du rostre, qui est limité par une carène rayonnante et accompagnée d'une profonde dépres- sion; surface extérieure lisse et terne; surface intérieure bril- lante et nacrée. Crochet situé aux quatre cinquièmes de la lon- gueur, du côté antérieur; charnière plate, édentée et très épaisse en avant, entaillée sous le crochet par une fossette triangulaire et profonde; impressions musculaires très inégalement écartées, peu visibles, l'antérieure assez profonde, la postérieure tout à fait superficielle ». Valve droite plus petite que la valve gauche, complètement plane; bord supérieur peu oblique, relevé extérieurement en une crête très finement dentelée; à peu près parallèlement à celle saillie, on dislingue une ligne de petites granulations (5-6) arrondies, peu saillantes, distantes, allant du sommet au bord postérieur; stries d'accroissement très fines, à peine visi- bles à part 2 ou 3 plus saillantes; surface intérieure brillante et nacrée; charnière formée par une grosse dent cardinale, suivie de la fossette ligamentaire qui est oblique, allongée et étroite; bord supérieur réfléchi en dedans, mais dépourvu des crénelu- — 111 — lures que l'on remarque sur la saillie externe. Impressions mus- culaires peu profondes. DiM. Valve gauche, diamètre antéro-postérieur : 10 mill. et demi; diamètre umbono-palléal : 5 mill. Rapp. et diflF. — Il n'est pas possible de confondre le fossile du Burdigalien avec l'espèce vivante : P. insequivalvis est plus scaphoïde, son rostre paraît plus relevé à son extrémité parce que le contour postéro- supérieur est moins rectiligne que chez P. graniim qui est en outre plus étroite et moins gonflée que l'espèce actuelle ; mais la différence capitale réside dans la forme de la charnière qui comporte, cliez P. granum, en avant de l'échancrure, un talon large et aplati dont on n'aperçoit aucune trace chez l'espèce de Linné. La séparation faite par Benoist, après la publication de son Catalogue, est donc amplement justiliée. Le fragment de l'Helvétien de Mirebeau, figuré dans la Monographie de MM, Dollfus et Dautzenberg, nous paraît aussi différent de P. insequivalvis : ces auteurs le rapportent à la variété margaritacea Lamk., de l'Atlantique, qui n'a pas en avant de l'échancrure ligamentaire le talon aplati et carac- téristique de P. granum. Nous remarquons en passant que ces auteurs avancent à tort que notre espèce burdigalienne est établie sur un exem- plaire « en médiocre état » : il y a là une double inexactitude, P. granum est abondant à Saucats, et la valve gauche du type est absolument intacte. Quant à l'espèce miocénique de James River (Virginie), P. arenosa Conr. , elle nous paraît beaucoup plus élevée et plus aplatie que P. granmn; son talon cardinal est plus allongé, moins saillant; l'échancrure pour l'inser- tion du ligament est moins profonde, plus superficielle. Aucune des trois espèces de Fandora de l'Eocène parisien n'a la moindre ressemblance avec celle du Bordelais ; elles sont plus élevées, encore plus inéquilatérales, et la plus gonflée (P. dilatata Dh.) a le bord cardinal horizontal et non déclive en arrière du crochet. Localités. — Saucats (M'" de l'Eglise) peu rare; cotypes (PI. I, fig. H, J2) valve gauche, coll. Gossmann ; valve droite (tig. 9, 10) coll. Degrange- ïouzin ; Saint-Médard-en-Jalle (la Fontaine), coll. Degrange-Touzin ; Saint- Médard-en-Jalle (Gajac), coll. Duvergier ; Saucats (Peloua), coll. Peyrot ; Saucats (Lagus, Gieux, Pont-Pourquey), coll. Bial de Bellerade et Pissarro; Léognan, Cestas, coll. Bial de Bellerade; Le Haillan, Saint-Paul-les-Dax (Min de Cabanne ), — Biirdigalleii. Noaillan, coll. Bial de Bellerade; Mérignac, Viliandraut (Gamachot), coll. Degrange-Touzin. — Aqnitanicn. . ii2 7. Pandora Degrangei nov. sp. PI. 1, %. 15-18. J894. P. insequivalvis ? Degr.-Touz. Etude prélim. coq. foss. Orthez. Actes Soc. Linn. Bord., t. XLVII, p. 419 {non Linné). Coquille petite; valve gauche (seule connue) mince, allongée, assez étroite, profonde, très inéquilatérale : crochets à peine marqués; côté antérieur arrondi; côté postérieur rostre par suite de l'existence de deux côtes rayonnantes, saillantes, partant du crochet et aboutissant en haut du bord postérieur, à un millimètre environ l'une de l'autre; corselet très étroit, légèrement concave, compris entre le rostre et le bord cardinal; surface externe lisse, marquée seulement de très fines stries d'accroissement. Surface interne nacrée; charnière plate, édenlée, assez large en avant, plus étroite en arrière, interrompue sous le crochet; fossette ligamentaire oblique, allongée, étroite, limitée par des bords légèrement saillants; impressions musculaires peu profondes. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 10 mill.; diamètre umbono- palléal : 5 mill. Rapp. et diff; — Elle diffère de P. insequivalvis par sa taille beaucoup plus petite; par son rostre plus étroit, plus marqué, plus redressé ; par son côté postérieur presque rectiligne, tandis qu'il est arqué dans l'espèce vivante. Assez voisine de P. graniim dont elle a la taille, on peut toutefois l'en distinguer, parce qu'elle est un peu plus aplatie, un peu plus allongée, parce que son bord cardinal postérieur est plus étroit, son rostre plus saillant et moins large. La figuration de P. imequivalvis var. margaritacea [in DoUf. et Dautz.), paraît se rapprocher davantage de P. Degrangei que de P. granum. Localités. — Environs d'Orthez : Sallespisse, type (PI. I,fig. 17-18) assez rare, coll. Degrange-ïouzin ; plésiotype (fig. 16), coll. Bial de Bellerade. Paren, très rare, coll. Degrange-Touzin; Housse, assez rare, coll. Degrange- Touzin ; autre plésiotype (PI. I, fig. 15), coll. de l'Ecole des Mines. — Hel- ^(Mien supérieur. Benoist cite P. insequivalvis h la Sime, nous ne l'avons pas retrouvée dans sa collection ; nous ne savons donc s'il s'agit bien de la présente espèce ou de P. granum confondue d'abord avec l'espèce vivante par Benoist. — U3 — Cénacle : EUSIPHONACEA Dali em. Siphons allongés; lithodesme, quand il existe, situé à l'extré- mité aiilérieure du cartilage. Fam. THRACIID.EBaW. Valves non nacrées, inégales, minces, à test généralement granuleux, à charnière édenlée; ligament et cartilage externes, opislhodétiques; sinus [)alléal; manteau faiblement ouvert. Des quatre Genres de cette Famille, deux : Thracia et Cochlo- desma sont représentés dans le Néogène de l'Aquitaine. THRACIA Leach in Blainv., 1824. Ce Genre avait été primitivement divisé par Blainville en deux groupes, dont le premier, qui a pour génotype T. corbuloidea Blainv., a été ensuite choisi par lui comme typique (1827. Man. Malac, II, p. 660). L'autre groupe a pour génotype Mya pubescens Lin., et c'est à cette Section que peut s'ap- pliquer le nom Cyathodonta Conrad (génotype : C. undulata Conr., de l'Oli- gocène); on la distingue de Thracia non seulement par sa surface fortement plissée, mais encore par son bord cardinal non fissuré, continu, par ses crochets non perforés par leur frottement réciproque; les supports du car- tilage sont courts, arrondis, proéminents, avec un lithodesme mince, demi-circulaire, verticalement suspendu à la partie antérieure du carti- lage. Les espèces que nous avons à cataloguer appartiennent au groupe typi- que et aussi à cette Section Cyathodonta. 8. Thracia attenuata nov. sp. PI. I, fig. 29. 1873. Thracia papyracea Benoist. Catal. Saucats, p. 23 {ex parte). Taille moyenne; forme convexe en avant, aplatie et retroussée en arrière, ovale dans son ensemble, inéquilatérale, assez lar- gement arrondie du côté antérieur qui est le plus large, atté- nuée et subrostrée du côté postérieur qui est le plus court, bâillant et un peu tronqué; bord palléal largement arqué, sans sinuosité; conlour antéro-supérieur régulièrement convexe, con- tour postéro-supérieur faiblement excavé et déclive vers la Tome LXIII. 8 - 1J4 — Ironcatiire anale. Crochets petits, pointus, à peine saillants, fis- surés, situés aux sept onzièmes de la longueur, du côté posté- l'ieur; lunule déprimée, peu distincte; corselet étroit, lancéolé, excavé, limité par un rebord émoussé. Surface dorsale médio- crement bombée, très aplatie en arrière où la région anale et légèrement excavée est limiléc par un angle rayonnant et obso- lète; test non plissé par les accroissements qui sont peu visi- bles, finement granuleux surtout sur la région anale. Bord car- dinal un peu épaissi, le cuiileron manque sur le spécimen décrit. Impression du muscle postérieur ronde, bien gravée et située tout h fait contre la troncature anale; surface interne obscurément rayonnée; impression palléale écartée du bord; sinus grand, ovale, gibbeux sur son contour supérieur. DiM. Diamètre antéro-poslérieur : 22 mill.; diamètre umbono- palléal : 15 mill. Rapp. et diff. — Cette espèce nous paraît bien distincte de l'espèce vivante, T. papyracea Poli : elle est beaucoup plus haute et moins allongée, son extrémité postérieure est moins nettement tronquée et plus atténuée, parce que le contour supéiieur est plus déclive et moins excavé en arrière du crochet; en outre, le bord palléal de T. attcnuata est plus convexe, non sinueux du côté anal comme l'est souvent celui de l'espèce vivante. La position du crochet est un peu variable chez cette dernière, de sorte qu'il n'y a à tirer de ce chef aucun critérium différentiel. En résumé, il nous paraît évident que cette forme burdigalienne est une mutation ancestrale et bien distincte de l'espèce actuelle. Dans le Pliocène d'Italie, M. Sacco a signalé et figuré une variété maçjno- vata qui paraît aussi haute que notre espèce, mais qui s'en distingue — autant que l'on peut en juger d'après la figure seulement vue du côté du dos — par ses crochets plus médians, par son contour supéro-antérieur moins convexe, et par son extrémité postérieure probablement moins atténuée. Les espèces éocéniques (T. EdwarcUi, T. grignonensis Desh.) sont beau- coup plus étroitement allongées que T. altenuata; la première est plus obliquement tronquée, et la seconde moins atténuée en arrière. T. Canavarii Rovereto, du Ligurien de Mioglia, se distingue par sa grande taille, sa large troncature anale, son bord palléal peu arqué, ses crochets presque médians; elle n'est d'ailleurs connue qu'à l'état de moule interne. Quant à l'espèce de Grund, figurée par llœrnes sous le nom papyracea, d'après un fragment que possède l'un de nous, c'est une coquille ridée, - llo — plus oblongue, plus tronquée, à bords presque parallèles, pour laquelle on pourrait adopter le nom grundensis Gossm. vi coll. Un minuscule échantillon de Saint-Paul-lès-Dax, communiqué par M. De- grange-Touzin, nous paraît être un jeune TA. atteniiata, cette valve gauche n'a pas de cuilleron, mais la paroi antérieure semble munie d'un clavicule interne. Localités. — Environs de Bordeaux (probablement Saucats), type figuré (PI. I, Og. 29), coll. Desh. à l'Ecole des Mines. (Niveau exact non indiqué). Léognan (Thibaudeau), coll. Degrange-Touzin, trois ex. — Buriligalien. 9. Thracia Degrartgei nov. sp. PI. I, fig. 23-25. Test mince. Taille assez petite; forme très peu convexe, oblongue-tranverse, inéquilatérale, peu bâillante à ses extrémi- tés; côté antérieur plus allongé que l'autre, assez régulièrement semi-elliptique; côté postérieur court, atténué, obliquement tronqué; bord palléal presque recliligne, raccordé par un arc de cercle avec le contour buccal, et par un angle arrondi avec la troncature anale ; crochet petit, fissuré, k peine saillant, opis- Ihogyre, situé un peu en deçà des deux tiers de la longueur, du côté postérieur ; bord supérieur convexe en avant du crochet, déclive, mais non excavé en arrière. Surface dorsale à peine bombée; région anale déprimée, avec un pli rayonnant et légè- rement excavé, limitée du côté du dos par un angle décurrent et très adouci; plis d'accroissement très fins, assez réguliers vers les crochets, plus obsolètes vers les bords, remplacés sur la région anale par de fines granulations. Bord cardinal de la valve gauche mince, entaillé sous le crochet; fossette oblique et étroite, rayonnant en arrière sur la paroi interne de la cavité umbonale; sur la valve droite, on distingue en arrière une [)etite protubérance dentiforme sur le bord cardinal. Surface interne vaguement rayonnée au milieu; impression du muscle postérieur oblongue, en forme de massue, limitée en dedans par un angle ou gradin rayonnant qui correspond à la dépression anale et externe; sinus largement ovale, court, non gibbeux; impression palléale très voisine du bord, non parallèle en avant. - M6 — DiM. Diamètre antéro-postérieur ; 14 mill. ; diamètre umbono- palléal : 8 mill. Rapp. et difif. — Nous sommes obligés de distinguer encore cette espèce de T. 2)apyracea et de T. attenuala et de la considérer comme une mutation aquitanienne bien différente, qui mérite de recevoir un nom spécifique nouveau, parce qu'elle s'écarte plus de la forme burdigalienne que de la forme actuelle : elle est beaucoup plus étroite que T. attenuata, sensible- ment plus aplatie ; ses crochets sont presque situés au même point de la longueur des valves, mais le bord palléal est bien moins arqué, presque rectiligne, quoique non sinueux en arrière ; d'autre part, elle a presque la même forme que T. papyracea, mais elle est moins convexe ; moins étroi- tement atténuée du côté anal ; elle est munie d'une dépression anale et d'un gi'adin interne qu'on n'aperçoit pas sur la coquille vivante qui a géné- ralement le contour palléal sinueux en arrière ; enfin le sinus paraît moins profond. Si l'on compare T. Degrangei aux espèces éocéniques du Bassin de Paris, on remarque qu'elle est moins étroite que T. grignonensis, avec un bord palléal beaucoup moins arqué et un sinus plus profond; elle a les mêmes proportions que T. Edwardsl, quoique son bord palléal soit moins arqué, mais sa troncature anale est moins oblique, et en outre, son sinus est beaucoup plus profond. Dans le jeune âge, on pourrait la rapprocher de T. microscopica Cossm., mais ses crochets sont moins saillants et son côté postérieur est moins atténué, son côté antérieur plus largement elliptique, de sorte qu'elle a une forme moins trigone que l'espèce du Lutécien ; ces différences sont encore plus accentuées par rapport à T. halitus Cossm. Localités. — Saucats (Larriey), deux valves gauches (PI. I, fig. 24-25), coll. Degrange-ïouzin ; Villandraut (Gamachot), une valve droite (tig. 23), coll. Degrange-Touzin. — Aqnitaiiicn. 10. Thracia Desmoulinsi Ben. in coll. PI I, fig. 30-33. Test peu épais. Taille microscopique ; forme aplatie, ojjloiig-ue, subtrig'one, presque close, inéquilatérale ; côté antérieur allongé, ovale; côté postérieur court, tronqué et rectiligne à l'extrémité ; bord palléal peu arqué, laccordé en courbe avec le contour buccal, faisant un angle presque orthogonal avec le contour de la troncature anale; crochets petits, peu gonflés, un peu sail- lants, opisthogyres, fissurés, situés aux deux tiers de la longueur de chaque valve, du côté postérieur; bord supérieur déclive et — H7 — presque rectiligiie de part et d'autre du crochet. Surface dorsale peu bombée, séparée de la région anale et aplatie par un angle décurrent et obsolète, qui aboutit à l'extrémité inférieure de la troncature; fines rides d'accroissement, assez régulières, persis- tant sur la région anale qui ne paraît pas granuleuse. Charnière édentée, entaillée sous le crochet, avec des saillies un peu [)lus épaisses de part et d'autre de l'enlaille; le cuilleron manque. Impression du muscle antérieur étroile, allongée; impression du muscle postérieur petite et arrondie; sinus grand, large et demi elliptique; ligne palléale assez écartée du bord. DiM. Diamètre antéro-posléi'ieur : 5 niill.; diamètre umbono- palléal : 3 mill. Rapp. et diff. — Nous avons conservé — sous le nom que lui avait attribué Benoist dans sa collection — cette minuscule Thracia qui ne nous paraît représenter le jeune âge (stade népionique) d'aucune des espèces précédentes : elle a les crochets beaucoup plus en arrière et le contour anal plus tronqué que T. attenuata, et elle est beaucoup plus aplatie. Sa forme oblongue, son contour anal tronqué, ses rides assez régulières la rapprocheraient plutôt de T. Degrangel, de l'Aquitanien; mais elle est encore plus inéquilatérale, par la position de ses crochets, qui sont en outre plus saillants, de sorte qu'elle a une forme plus trigone, rappelant beaucoup celle de T. microscopica, du Lutécien des environs de Paris, dont elle se distingue par la position de ses crochets. La petitesse de cette coquille est probablement cause qu'elle a échappé à l'attention des paléontologistes, à l'exception de Benoist qui l'avait distin- guée avec juste raison. Localité. — Saucats (I.agus) ; trois valves, dont l'une s'est brisée entre nos mains; cotypes figurés (PI. I, lîg. 30-33), coll. Benoist, au Musée d'hist. nat. de Bordeaux. — Burdisalien. 1 1 . Thracia {Cyathqdonta) Dollfusi nov. sp. PI. I, fig. 19-22 ; et PI. VI, fig. 20. 1873. Thracia papyracea Benoist. Cat. Saucats, p. 23 {ex parte). Taille moyenne; valves assez plates, asymétriques, la valve droite étant un peu plus allongée et plus gonflée que la gau- che; forme subpentagonale; côté antérieur ovale, très atténué; - 118 — côlé postérieur largement tronqué, quoique le contour soit un peu curviligne; bord palléal en arc de cercle à grand rayon; crochets petits, pointus, médiocrement gonflés, situés à peu près au milieu de la longueur; bord supérieur convexe en avant du crochet, déclive en arrière où il est presque rectiligne. Sur- face dorsale peu bombée, séparée du côlé anal [)ar une arête rayonnante et émoussée, au delà de latjuelle la région posté- rieure est tronquée et un peu excavée; toute la région dorsale est finement granuleuse et ornée de plis d'accroissement subla- melleux, plus serrés vers les crochets, formant de faibles aspé- rités sur l'arête postérieure et remplacés sur la région anale par des stries irrégulières et beaucoup plus fines qui laissent mieux apercevoir les granulations du test. Charnière de la valve gauche composée seulement d'un cuilleron en avant de la fossette ligamentaire; il est séparé du corselet par une pro- fonde rainure. Sinus large et court. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 42 mill. ; diamètre umbono- palléal : 29 mill. Rapp. et diff. — Cette intéressante espèce est désignée dans la coll. Desliayes, à l'Ecole des Mines, sous le nom T. plicata Desh., qui s'applique à une espèce vivant au Sénégal (1848. Traité ConchyL, t. I, p. 242). Bien qu'il y ait de l'analogie entre celte coquille et celle du Burdi- galien, nous croyons nécessaire d'attribuer à cette dernière une nouvelle dénomination, et nous la dédions à M. DoUfus qui nous a aidés dans nos recherches pour retrouver l'origine de l'étiquette de la coll. Deshayes. T. DoUfusi ne peut se confondre avec T. papyracea Poli, que Benoist cite à Saucats (Giraudeau) et qui est une espèce non plissée, seulement granu- leuse, beaucoup plus arrondie en avant. Benoist a d'ailleurs indiqué que la forme de Léognan et de Gradignan lui paraissait différente, mais une ambiguïté de sa phrase laisserait croire que c'est cette dernière qui est lisse, tandis qu'elle est, au contraire, caractérisée par ses plis concen- triques. Si on la compare à T. pubescens Vu\t., qui est un vi^ai Cyathodonta, et que MM. DoUfus et Dautzenberg ont récemment figurée àl'état de moules recueil- lis dans les faluns du Bassin de la Loire (pi. II, fig, 12-16), on constate que la coquille burdigalienne est moins transverse et plus pentagonale que les spécimens lielvétiens; mais cesdifférences sont encore plus tranchées si l'on prend les échantillons avec test qu'a figurés M. Sacco (pi. XXVII, flg. — 119 — 7-9) et qui pi'oviennent de l'Astien ; l'ornementation de ces derniers est plus fine, on n'y remarque pas les plis épais qui couvrent la surface de T. Dollfusi et dont la trace se voit aussi sur les moules de la ïouraine, de sorte qu'il nous paraît bien probable que ces derniers constituent une mutation helvétienne, intermédiaire entre T. Dollfusi et l'espèce vivante qui n'apparaît que dans le Pliocène; toutefois, cette question ne pourra être résolue que quand on disposera d'individus helvétiens munis de leur test. Du côté ancestral, c'est surtout de T. Bellardli Pict. {— Anatina rurjosa V>&\\.) qu'il faut rapprocher notre nouvelle espèce; elle y ressemble en effet par ses plis et par sa forme subpentagonale; mais elle est beaucoup plus haute, moins transverse que ne le sont nos spécimens du Piémont (coll. Cossmann), et que ne l'indiquent les figures publiées par Bellardi (Numm. Nice, pi. XVI, flg. 13 ) et par M. Sacco (pi. XXVII, fig. 13-J4); sa troncature anale est plus oblique, et ses plis ne persistent pas sur la région anale comme ils le font sur la valve gauche de Carcare {in Sacco) ; il est vrai que la région anale est lisse chez le spécimen original de la Palarea, mais il faut tenir compte de ce qu'il est à l'état de moule interne. Nous ne comparons pas T. Dollfusi k T. Speyeri von Kœn., de l'Oligocène supérieur de l'Allemagne du Nord, parce que ce dernier est plus oblong, plus rostre et surtout non ridé. T. stenochora Rovereto, de la Ligurie, est caractérisé par sa forme encore plus étroite, à bord palléal presque recti- ligne. T. scabra v. Kœnen, du Tongrien de Latdorf, n'a pas de pli rayon- nant à l'arrière, et sa surface dorsale est plus irrégulièrement sillonnée. Dans l'Eocène, il n'y a guère que T. Ludovicse qui y ressemble; mais sa forme est plus quadrangulaire, plus élevée, et ses plis sont plus écartés, enfin sa troncature est plus orthogonale. Localités. — Léognan (molasse) : rare, avec test décortiqué (PL I, flg. 21, et PI. VI, fig. 20), coll. Bial de Bellerade. Villandraut (Gamachot), coll. Degrange-ïouzin, un exemplaire. — Aquitanien. Saucats (Moulin de l'Eglise), une valve droite, coll. Benoist, au Musée d'hist. nat. de Bordeaux; types de la coll. Desh. (PI. I,fig. 19-20-22), coll. de l'Ecole des Mines; une valve, coll. de la Sorbonne. — Burdigalien. En Portugal, Forno de Tijolo, à l'état de moule, coll. Cossmann. — llio- cène inférieur. 12. Thracla {Cyathodonta) cf. pubescens [Pulteney]. 1799. My a pubescens Pult. Cat. Dorsetsh. l''e éd., p. 27. 1837. Thracia pubescens Desh. Expéd. Morée, p. 87, pi. XVIII, fig. 1-2. 1850. — d'Orb. Prod. Pal., III, p. 179, n. 277, 27e et. 1850, ^ Wood. Crag Moll., II, p. 259, pi. XXVI, fig. I. - 120 — 1881. Thracia piibescens Nyst, Plioc. Scald., p. 24i, pi. XXVll, fig. 3. 1001. — Dollf. Dautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 6. 190-1. — Sacco. I moll. terz. Piem., part. XXIX, p. 134, pi. XXVIl, fig. 7-9. 1902. — Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 89, pi. II, fig. 14-15. Les spécimens que nous rapportons à l'espèce actuelle sont privés de leur test qui n'a laissé sur le moule en grès que des traces insuffisantes pour caractériser et surtout pour figurer l'espèce. Cependant nous pensons que c'est bien T. pubescens qui a vécu dans l'Helvétien de l'Aquitaine, attendu que, par son contour, cet échantillon se rapproche complètement de la figure 8 publiée par M. Sacco, pour les spécimens de l'Astien ; il nous semble d'ailleurs que les plis de la surface ne sont pas aussi marqués que sur les moules de l'Helvétien de la ïouraiiie qui, d'après les figures de la Monographie de MM. Dollfus et Dautzenberg, paraissent en outre un peu moins allongés et plus nettement tronqués sur leur contour anal. En tous cas, la forme de la coquille qui a laissé ce moule n'était pas tout à fait la même que celle de T. Dollfusi qui est certainement moins allongé, non sinueux en arrière, et surtout plus fortement plissé sur la région dorsale. Localité. ^- Nai'rosse, moule (80 mill. sur 40 mill., coll. Benoist au Musée d'hist. nat. de Bordeaux; un autre spécimen (43 mil), sur 25 mil!.), coll. de la Sorbonne. — UclTétien. COCHLODESxMA Coulhouy, 1839. « Coquille inéquivalve, extérieurement non granuleuse, un peu nacrée h l'intérieur, légèrement hàillanle en avant et en arrière, subéquilatérale; cuilleron interne, saillant, adhérent à une callosité du bord cardinal postérieur, et soutenu par une clavicule obtuse, dirigée obliquement vers l'impression de l'adducteur postérieur des valves; pas de lilhodesme; sinus palléal oblong » [Fischer]. G.-T : C. Leanum Gonr., Amérique du Nord (Côte atlantique). Fischer classe comme S. -G. de Cochhdesma, le G. Bontœa Leach (m Brown, 1844), dont le génotype [Ligida prâstemiis Mlgu) diffère seulement de Cochlodesma parce que le cuilleron n'est pas adhérent à une callosité du bord cardinal et qu'il se dresse verticalement à l'intérieur de la cavité umbonale, sans que ses bords soient « confluents », c'est-à-dire sans qu'ils se - 121 — rejoignent complètement. C'est à ce groupe européen, plutôt qu'à la forme typique et américaine, que se rapporte l'espèce ci-après décrite. 13. Cochlodesma [Boniasa) Benoisti nov. sp. PI. I, fig. 26-28. Test mince. Taille petite; forme ovale oblongue, convexe, faiblement iné(|uilatérale ; côté antérieur ovale-arrondi; côté [)oslérieur plus court, anguleux et tronqué à l'extrémité; bord palléal fortement arqué au milieu, légèrement sinueux en arrière ; crochets petits, peu gonflés, opisthogyres, situés un peu en arrière de la ligne médiane; bord supérieur convexe en avant, recliligne et déclive en arrière du crochet. Suiface exté- rieure un peu bombée, non granuleuse, portant seulement de fines stries d'accroissement qui deviennent plus marquées vers le bord palléal; une carène obtuse limite la région anale qui est un peu excavée. Charnière édentée, portant sur la valve droite, la seule (jui nous soit connue, et immédiatement sous le crochet, un petit cuilleron ovale, saillant, adhérent par son sommet au bord, et soutenu en arrière par une clavicule mince (}ui s'écarte en divergeant vers la troncature anale. Impressions palléales et musculaires invisibles sur les spécimens étudiés. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 13 mill. ; diamètre umbono- palléal : 9 mill. Rapp. et diflf. — Le G. Cochlodesma ii'a pas encore, à notre connais- sance, été signalé dans les terrains tertiaires d'Europe; mais les deux val- ves que nous avons trouvées dans la coll. Benoist, ainsi que celles qui nous ont été communiquées ultérieurement, ressemblent singulièrement à la figure représentant, dans le Manuel de Fischer, Bontœa prœtenuis Montg. ; toutefois notre fossile a l'extrémité anale plus atténuée parce que le bord supéro-postérieur est plus déclive, et en outre son bord palléal est plus arqué; enfin son crochet paraît être moins saillant. Dans ces conditions, il nous paraît bien avéré que l'espèce du Bordelais est nouvelle, et nous la dédions à l'infatigable géologue qui a si consciencieusement exploré, pen- dant plus de vingt ans, les gisements de la région. Des deux valves de sa collection, la plus petite semble plus aplatie et le bord cardinal est rectili- _ 122 gne en avant comme en arrière; il est possible que ces différences tiennent à l'âge inégal des deux échantillons, de sorte que nous n'oserions les sépa- rer, d'autant plus que les autres valves — qui nous ont été ensuite com- muniquées — se rapprochent plutôt de la plus grande des deux premières. Par son cuilleron dressé verticalement à l'intérieur de la cavité umbo- nale, et par sa clavicule interne, celte espèce ne peutévidemment être con- fondue avec aucune de celles que nous avons ci-dessus classées dans le G. Thracia. Localité. — Salles (le Minoy), rare; type figuré (PL I, fig. 26-28), coll. Benoist au Mus. d'hist. nat. de Bord.; coll. Duvergier, deux autres valves. — Ilelvëtien. Fam. ANATINIDyE d'Orb. Coquille naci'ée, subéquivalve, tronquée, bâillante, à crochets fissurés; cuilleron interne du cartilage soutenu par deux clavi- cules divergentes; sinus large. A l'exemple de M. Dali, nous séparons complètement cette Famille deâ Thraciidas, [)arce que les siphons sont réunis au lieu d'être séparés. ANÂTINA Lamk., 1809. Coquille mince, oblongue, assez ventrue en avant, tronquée en arrière; crochets opislhogyres, recoupés par une fissure qui laisse trace sur le moule interne; impressions des adducteurs superficielles, sinus peu profotid. G. -T. : Solen analirms Linn. Si l'on restreint le Genre Anatina aux formes telles que A. subrostrala Lamk., et si l'on en élimine les espèces comprimées qu'Agassiz a dénommées Cercomija, dans les terrains mésozoï- ques, on trouve qu'il n'a pas encore été signalé à l'état fossile en Europe; c'est à ce litre de nouveauté très intéressante que nous jugeons utile de figurer — quoique à l'état de moule interne — l'espèce ci-après désignée. 14. Anatina burdigalensis Ben. in coll. PI. I, lig. 34. Moule gréseux, oblong transverse, inéquilatéral ; côté anté- rieur largement arrondi, très bâillant; côté postérieur plus étroit, rostre et tronqué, aussi bâillant que l'autre; bord palléal presque — 123 — rectiligne, se raccordant par un arc de cercle avec le conlour buccal, un peu sinueux vers l'extrémité anale; crochets gonflés, opisthog-yres, situés h peu près au milieu de la largeur. Surface dorsale convexe au milieu, déprimée en avant, marquée en arrière d'une large dépression rayonnante qui correspond h la sinuosité du contour palléal;au delà de cette dépression, la région anale se gonfle de nouveau par suitedu bâillement pres- que tubulairc de la partie rostrée ; (races de plis d'accroisse- ment assez profonds ; la fissure umbonale es-t oblique vers le côté anal et se prolonge jusqu'à une distance de plus d'un cen- timètre des crochets; deux fossettes symétriques, de part et d'autre de la commissure supérieure, marquent les traces des cuillerons et lithodesmes. Dm. Diamètre antéro-postérieur ; 80 mill.; diamètre umbono- palléal, 35 mill.; épaisseur des deux valves réunies, mesurée sur le moule, 25 mill. Rapp. et difif. — Comparée à A.subrostrata, cette espèce s'en distingue par ses crochets plus médians, par sa dépression rayonnante et par sa longue Assure umbonale. Il ne paraît pas admissible de la comparer aux formes des G. Thracia et Cochlodesma. Nous avons repris pour la désigner le nom manuscrit que Benoist lui attribuait, attendu qu'il ne paraît pas que ce nom ait été préemployé. Liocalité. — Salles, unique (pi. I, fig. 34), coll. Benoist au Mus. d'hist. nat. de Bord, [f.e gisement exact n'est pas indiqué sur l'étiquette]. — Uel- vétien. Fam. PHOLADOMYACID.E [em. in Dali). Coquille équivalve, inéc[uilatérale, renflée, très mince, ornée de côtes rayonnantes à l'extérieur et nacrée à l'intérieur; char- nière sans dents; sinus palléal. PHOLADOMY Sow., 1823. Coquille ventrue et cordiforme, bâillante en arrière ; ligament externe, lixé sur une nymphe courte et forte; impressions mus- culaires su[)erficielles; sinus profond. — G. -T. : P, candida Sow. Viv. — 12i - Les divisions qu'Agassiz a faites un peu arbitrairement dans ce grand Genre ne nous intéressent pas directement, attendu que les formes fossiles que nous avons à cataloguer se ratta- chent exclusivement au groupe typique. 15. Pholadomya alplna Mathéron. PI. I, fig. 35 37. 1842. P. alpina Math. Cat. met., p. 136, pi. XI, flg. 8. 1873. P. alpina Benoist. Cat. Saucats, p. 24, n° 30. Test mince et nacré. Taille assez grande; forme oblongue, ti'ansverse, assez gonflée en avant, un peu plus déprimée en arrière, très inéquilatérale ; valves closes en avant et sur pres- que toute la cominissure palléale, bâillantes en arrière; extré- mité antérieure courte, ovale, siibanguleuse ; côté postérieur très allongé, non tronqué, ù contour curviligne à l'extrémité; bord palléal convexe se raccordant en courbe régulière avec le contour antérieur, et par im quart de cercle plus bref avec le contour anal; crochets gonflés, opposés, saillants, situés au quart de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur déclive et presque rectiligne eti avant, excavé en arrière du crochet et se relevant ensuite presque parallèlement au bord palléal. Sur- face dorsale lisse et brillante sur la région buccale, ornée de rides d'accroissement sur la région médiane et principalement aux abords des crochets; environ vingt côtes rayonnantes, iné- quidistantes, assez minces, pustuleuses à l'intersection des rides, les premières verticales à l'aplomb des crochets, les autres gra- duellement divei'gentes vers la région anale sur laquelle elles s'atténuent et disparaissent totalement. Charnière édentée, com- portant seulement sous le crochet une protubérance obsolète, formée par une dénivellation du bord cardinal qui s'élargit un peu en cet endroit; nymphe haute, épaisse, assez longue et séparée du corselet par une profonde rainure. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 80 mill. ; diamètre umbono- palléal : 45 mill.; épaisseur des deux valves réunies : 32 mill. Rapp. et difF. — L'espèce des Basses-Alpes est représentée par deux - 125 — spécimens, l'un à l'état de fragment encore pourvu de son test, l'autre k l'état de moule calcaire complet qui s'adapte presqu'exactement sur la figure publiée par Mathéron ; aucun des deux ne ressemble à la figure que Hœr- nes a donnée sous le nom alpina.C est pourquoi nous avons éliminé cette citation de notre synonymie; il en est de même de P. arcuata Ag., de la Molasse de Saint-Gall. Il est bien clair pour nous que la forme aquitanienne est absolument distincte de celle de l'Hekétien pour laciuelle il conviendra soit de reprendre le nom arcuata, soit de chercher un nom nouveau. Par contre, la forme aquitanienne ressemble beaucoup à la var. quœsita Mich", du Tongrien de la Ligurie que M. Sacco [loc. cit., pi. XXVIII, flg. 1-2) a figu- rée comme dépendant de P. Puschi Goldf ; cependant, nous ne réunissons pas cette variété à P. alpina, car elle nous semble avoir le côté antérieur un peu plus court que notre spécimen à l'état de moule. P. alpina est bien distinct de P. Puschi Goldf., de l'Oligocène de IKinde et de Dusseldorf (m Goldf.), par son côté antérieur moins court et par sa forme plus allongée, moins haute, enfin par le moindre nombre de ses côtes rayonnantes. C'est un fossile « méridional » qui ne parait pas avoi-r vécu dans l'Oligocène des régions plus septentrionales. Localités. — Villandraut (Gamachot, moulin d'Uzeste), un fragment patiemment dégagé par M. Rozier (PI. I, (ig. 35-36); débris de charnière, coll. Gossmann ; Préchac (Ticou), un moule (PI. I, fig. 37), coll. Benoist au Mus. d'hist. nat. de Bord. — Aqiiitaiiien. Le type provient de Tanaron (Basses-Alpes) dans une molasse qui doit être bien inférieure à l'IIelvétien. 16. Pholadomya Puschi Goldf, var. virgula Midi" PI. II, fig. 38. 1861. Pholadomya virgula Mich". Et. Mioc. infr. pi. IV, fig. 18-19. 1901. Pholadomya Puschi, var. virgula Sacco. I. Moll. terz. Piem., part. XXIX, p. 142, pi. XXVIII, fig. 6, 7, 8. Test très mince, d'aspect farineux et légèrement nacré par altération. Taille assez grande; forme piroïde, très inéquilalé- rale, très gonflée en avant, amincie en arrière, paraissant com- plètementclose; crochels placés ù peu près au dixième antérieur, très gonflés, pointus, légèrement prosogyres ; bord antérieur presque droit à partir des crochels, bord vertical et bord posté- rieur formant presque un demi-cercle dans leur ensemble; bord cardinal postérieur excavé, présentant en arrière des crochels — 1^6 — une dépression assez profonde, ovale-allongée. Surface anté- l'ieure ornée de rides d'accroissement assez larges, régulières s'élendant sur tout le test, croisées sur la région médiane, par une vingtaine de côtes divergentes, pustuleuses à l'intersection des rides. Charnière invisible. Dm. Diamètre antéro-postérieur : 52 mil!. ; diamètre umbono- palléal : 55 mill.; épaisseur d'une valve : 20 mill. Rapp. et diif. — L'unique spécimen qui nous a été communiqué diffère assez dans sa forme et ses dimensions de l'exemplaire typique de P. virgula Mich*' figuré par M. Sacco (pi. XXVIII, fig. 6). Mais il nous paraît identique au spécimen de Garcare (Tongrien) représenté par la fig. 8; le côté postérieur de notre spécimen est peut-être un peu plus arrondi. Mal- gré cette presque absolue similitude, nous aurions hésité à assimiler notre espèce, qui vient d'un gisement helvétien des Landes, avec la forme ton- grienne d'Italie, si M. Sacco n'indiquait qu'elle remonte jusqu'à l'Helvétien des Colli Monregalesi et Tortonesi, oii elle n'est pas rare. Localités. — Saint-Geours en Maremnes (Landes), plésiotype (PI. I, fig. 38), coll. Degrange-Touzin. — Helvctien (Molasse grise). 17. Pholadomya Puschi Goldf. var. aturensis nov. var. PI. I, %. 29. Test très mince dont il ne reste, sur le moule argileux, que quelques traces d'aspect farineux. Taille grande; forme en vir- gule extrêmement inéquilatérale, close en avant et le long du bord palléal, légèrement bâillante en arrière, très gonflée en avant, allongée et amincie en arrière; crochets pointus, très saillants, conligus, à peine prosogyres, tout à fait terminaux: bord antérieur très déclive, formant avec le bord palléal une courbe circulaire et très régulière; bord postérieur arrondi; bord cardinal à peu près parallèle au bord palléal, présentant en arrière des crochets une dépression profonde et lancéolée. Sui'face extérieure ornée de rides d'accroissement assez larges s'étendant sur toute la surface du test, recoupées par 15 à 18 côtes divergentes rayonnant du crochet, mais ne couvrant que le milieu de la coquille; à leur interseclion, on observe, sur — 127 - les parties de test conservées, des pustules arrondies. Charnière invisible. DiM. Diamètre anléro postérieur : 60 mill. ; diamètre umbono- palléal : 60 mill. ; épaisseur (échantillon valve) : 35 mill. Rapp. et diff. — Cette variété ressemble, par son ornementation, à P. Puschi var. virfjula ; mais on l'en distingue par sa forme plus transverse et par la position tout à fait terminale de ses crochets; elle se rapproche assez de la coquille que Ilœrnes a confondue avec P. alpina et qui représente peut- être le véritable P. arcuata l^amk., mais le bord cardinal de la coquille du Bassin de Vienne est beaucoup plus déclive en avant que celui de notre variété, de sorte que les crochets ne semblent pas aussi terminaux ; en outre, la figure de Hœrnes indique un bâillement considérable des valves du côté postérieur, tandis que ce bâillement devait être très peu visible chez P. aturensis. Toutes ces variétés de l'espèce oligocénique de Goldfuss sont — il faut bien l'avouer — très voisines les unes des autres ; la difliculté de les séparer est d'autant plus grande que ces fossiles ont été, le plus souvent, déformés par la fossilisation : lorsqu'on n'a pas qu'un seul spécimen de chaque prove- nance, ceux du même gisement présentent une variabilité qui déconcerte toutes les tentatives de classement. On en est donc réduit à rapporter pres- que toutes ces formes à la coquille ancestrale décrite par Goldfuss, et à y distinguer des variétés ou mutations auxquelles il ne faut attacher qu'une importance très mitigée, si elles ne présentent pas une certaine constance au même niveau. Localités. — Saubusse (Landes), type figuré (PI. I, fig. 39), coll. Benoist au Mus. d'hist. nat. de Bord. — Helvctien (Molasse grise). Cénacle : ADESMA.CEA. Branchies avec des lamelles réfléchies, allongées, s'étendant le long- du siphon branchial ; adducteur postérieur générale- ment placé entre la masse viscérale; adducteur antérieur hors de la cavité des valves; charnière édentée avec un rebord réflé- chi; ligament obsolète ; apophyse niyophore dressée à l'intérieur de la cavité umbonale. Fam. PHOLADIDM Fischer. Coquille éc[uivalve, généralement bâillante; processus umbo- nal réfléchi sur les crochets; surface externe plus ou moins épi- — 128 ~ neuse en avant; région dorsale protégée par une ou plusieurs pièces accessoires; charnière sans dénis et sans ligament bien défini ; impression de l'adducteur antérieur insérée en partie sur le processus réfléchi ; sinus palleal profond; intérieur des valves muni d'une ajjophyse styliforme qui sort de la cavité umbonale. Fischer a dénommé les plaques calcaires : proloplaxe, méso- plaxe, métaplaxe, suivant qu'elles sont placées en avant, à la partie moyenne ou en arrière des crochets ; mais chez les espè- ces fossiles, il est rare qu'on les trouve en place. Au contraire, on y trouve fréquemment le callum, ou pellicule calcaire et blanchâtre qui comble l'échancrure des deux valves et qui les soude l'une à l'autre. Les seuls Genres de cette Famille, représentés dans le Néogène de l'Aquitaine, sont : Pholas, Aspidopliolas, Marlesia, Jouanne- tia; on n'y trouve ni Pholadidea, ni Xylophaga, ni Turnus (cré- tacique), ni Teredina (éocénique). PHOLAS (bister, 1687), Linné, 1758. Forme allongée; extrémité antérieure plus ou moins bâillante sans callum; pas d'appendice cyalhiforme à l'extrémité G. -T. : P. daclylus Linné, Viv. Fischer a distingué deux Sous-Genres : Phragmopholas, Holo- "pholas, suivant que le processus umbonal est — ou n'est pas -^ chambré par des loges perpendiculaires à la ligne cardinale et destinées à laisser passer les appendices du manteau; en réalité, ces dénominations font double emploi ny^cPliolas et avec Bar- nea (Leach in Risso, 1826) qui s'appliquent aux mêmes géno- types. D'ailleurs, ainsi qu'on le verra ci après, nous ne croyons pas que la présence de ces alvéoles ou leur absence constitue un critérium sous-générique : le seul motif qu'on ait de séparer Pholas daclylus de Barnea candida, c'est le bâillement antérieur des valves qui est bien visible chez la première, dont le contour palléal est, par suite, légèrement sinueux, tandis qu'il n'y a aucun bâillement ni aucune sinuosité du contour chez la seconde de ces deux espèces. — 129 — Les autres Sections proposées [Gilocentum Tryon, Monothyra Ti-yon, Anchornasa Leacli, Scobina Bayle, Cyrtopleura Tryon), fondées pour la plupart sur la disposition des [)laques dorsales, ne nous intéressent pas directement dans cette Monographie. Il n'y a d'exception que pour Zirfœa Leach [in Gray, 1840) qui se distingue par son sillon urnbono-ventral, et celle Seclion est précisément représentée dans l'Aquitanien. 18. Pholas dactylus Linné, var. muricata Da Costa mut. miocœnica nov. mut. PI. I, fig. 40-41. 1894. Pholas dactylus? Degr.-Touz. Elude prél. coq. foss. Orlliez [Actes Soc. Lin. Bord., t. XLVII, p. 418). 1902. Pholas dactylus L., var. muricata, DoIIf. et Dautz. Conch. mioc. Loire, p. 59, pi. I, fig. 10-11. Deux fragments, malheureusement aussi incomplets que ceux de la Tou- raine, nous paraissent se rapporter aux figurations sus-indiquées ; malgré l'autorité de nos deux confrères qui les ont identifiés avec l'espèce actuelle, il nous pai^aît qu'ils constituent une mutation helvétienne de l'espèce vivante, caractérisée par l'absence presque totale de sinuosité à la partie antérieure du bord palléal, de sorte que la forme fossile n'a pas un bec antérieur aussi aigu que celui des exemplaires vivants, et qui est fort bien reproduit sur la figure 9 de la planche susdite, que ces auteurs ont eu l'utile précaution de nous donner. Si nous avions eu à notre disposition des exemplaires fossiles complets, au lieu de ces fragments, nous aurions peut-être tiré — de la comparaison des proportions des valves — des motifs suffisants pour ériger cette mutation en espèce ; d'autant plus que, comme on le verra ci-après, la forme ancestrale (P. Desmoullnsi) a précisément une échancrure et un bec qui rappellent bien davantage ceux de l'espèce actuelle, et que par conséquent le caractère de l'échancrure ne suit pas — sLratigraphiqueraent — une évolution régulière. Nous ne pouvons nous appuyer davantage sur la varialion de l'ornementation pour justifier notre mutation, attendu que si les lamelles crépues de la région antérieure sont plus serrées sur la figure 10 précitée (comme aussi sur l'un de nos spéci- mens du Bordelais), elles sont un peu plus espacées sur le spécimen (figure 11) provenant également de la Touraine. Nous nous bornons donc à signaler cette mutation pour son échancrure, mais nous croyons utile de faire figurer nos fragments dont l'un est une valve droite (non signalée en Touraine) ; aucun d'eux n"a malheureusement conservé d'apophyse myo- ToME LXIII. 9 - J30 — phore, mais ils montrent bien les alvéoles des appendices du manteau de l'animal. Localité. — Souars (Le Paren) (PI. I, fig. 40-41), coll. Degrange-ïouzin. — Helvétien. 19. Pholas Desmoulinsi Benoist PI. I, fig. 42 51, et PI. IV, fig. 35. 1877. Pholas Desmoulinsi Ben. Monogr. Tubicoles, p. 320, pi. XX, fig. 11. Test peu épais. Taille moyenne; forme étroite, oblongue, assez convexe, très inéquilatérale; extrémité antérieure courte, acuminée; côté postérieur ovale, très allongé; contour palléal à peine convexe sur les trois quarts de son étendue, subitement excavé et bâillant sur la région buccale; bord supéro- postérieur presque rectiligne et déclive; contour supéro-antéi'ieur excavé, incomplètement recouvert par le retroussement de la callosité umbonale; crochets involutes, opposés, situés au quart de la longueui', du côté antérieur, sous cette callosité. Suiface dor- sale régulièrement convexe conmie un étui, depuis Textrémité anale jusqu'à une faible dépression rayonnante qui pi-end nais- sance sur le crochet et aboutit au contour palléal là où com- mence la sinuosité bâillante; l'ornementation n'existe que sur la moitié antérieure de la surface, et elle consiste en lamelles d'accroissement crispées ou denticulées [jar des costules rayon- nantes et divergentes qui décroissent surtout au delà de la dépression; ce treillis cesse complètement sur la moitié anale qui ne porte que des accroissements peu réguliers, non lamelleux. Bord cardinal recouvert par une sécrétion calleuse qui poite quelques rayons divergenis et peu saillants, formant la trace des loges internes par où passent les appendices du manteau. Apophyse interne droite, en forme de languette un peu exca- vée, perpendiculaire au bord cardinal, à raj)lomb du crochet. Impressions musculaires situées assez haut à l'intérieur des valves; sinus arrondi, s'étendant presque jusqu'à l'aplomb du crochet. Pièces accessoires (proto[)laxe, mésoplaxe, mélaplaxe) inconnues. — J31 — DiM. Diamètre antéro-poslérieur : 52 mill. ; diamètre umbono- palléal : 23 mill.; épaisseur des deux valves unies: 20 mill.; longueur maxima : 63 mill. (coll. de la Sorbonne). Rapp. et diiF. — Cette espèce — qui, par ses loges à l'intérieur de la callosité uuibonale, appartient au groupe typique de P. dactylus — se dis- tingue de la variété muricata da Costa, et plus particulièrement de la muta- tion lielvétienne, par son écliancrure antérieure beaucoup plus profonde et plus subite, et surtout par la cessation de son ornementation à partir d'un rayon qui est situé à peu près au milieu de la surface; toutefois ce dernier caractère, qui sépare nettement P. Desmoulinsi des spécimens actuels, ne peut être constaté sur les fragments helvétiens qui ont été figurés dans la Monographie de MM. Dollfus et Dautzenberg, ni sur les nôtres, attendu que ces fragments ne se composent précisément que du tiers antérieur delà valve gauche, c'est-à-dire de la région qui est muriquée chez toutes les espèces du même groupe. [/autre espèce helvétienne (P. Dujardini Mayer) s'écarte encore plus de celle de l'Aquitanien, par sa forme beaucoup plus étroite, non sinueuse ni rostrée en avant, par ses lamelles qui persistent beaucoup plus en arrière, jusqu'à une étroite zone lisse. Quant à l'espèce cuisienne, bien connue sous le nom Ph. Levesqiiei, elle est classée dans le S. -G. Barnea parce que sa callosité ne paraît pas perforée par des loges rayonnantes; et d'ailleurs ses côtes sont plus écartées sur le rostre antérieur qui a une forme tout à fait différente; enfin l'ornementa- tion cesse au tiers de la surface dorsale, et l'apophyse forme un cuilleron aplati. Localités. — Léognan (le Thil), néotypes (PI. I, fig. 42-45), coll. de Sacy ; la Saubotte, Saucats (f^arriey), coll. Benoist au Mus. d'hist. nat. de Bord., coll. Degrange-ïouzin; Gamacliot, Saint-Avit {fide Benoist); Chiret Pou- quet, Moi^as, Villaudraut (Min Je Fortis), coll. Degrange-Touzin. — Aqui- tanlen. Cestas, fragment montrant les loges (fig. 46), coll. Neuville; Saucats (Lagus), spécimens bivalves, et valves montrant 4'apophyse (PI. I, fig. 47- 51 ; et PI. IV, fig. 35), coll. de l'Ecole des Mines, coll. de la Sorbonne (labor. de Géol.) ; Léognan (Le Thil supérieur), coll. Degrange-Touzin. — Burdi- galien. - 132 - 20. Pholas [Barnea] Kœneni Ben. in coll. PI. II, fig. 1-5. 1886. Pholas Kœneni Ben. Observ. géol. Mont-de-Marsan (P.-V. Soc. Lin. Bord., t. Xr^, p. XLix). Test mince. Taille assez grande; forme étroite, ovoïdo-ohlon- gue, très inéquilalérale; côté antérieur court, largement arrondi, peu bâillant, non échancré; côté postérieur beaucoup plus long et plus atténué; contour palléal médiocrement arqué au milieu, se raccordant régulièrement sans sinuosité aux deux extrémités; contour supérieur convexe de part et d'autre des crochets qui sont involvés, situés un peu plus en avant que le tiers de la lon- gueur, recouverts par le retroussement de la callosité umbonale qui est détachée et assez mince, épaissie seulement vers le cro- chet par une crête plus bLinchâtre. Surface dorsale régulière- remenl bombée au milieu, déprimée vers les extrémités, ornée sur les trois quarts de son étendue (région antéro-médiane) de lamelles écartées et denliculées par des costules rayonnantes qui vont en s'atténuant vei's la région anaJe et à peu près lisse, sauf quelques accroissements irréguliers; la cavité — comprise entre le bombement dorsal et le bord supérieur retroussé — est ornée en creux par des sillons d'accroissement qui succèdent aux lamel- les denticulées de la région dorsale. Bord cardinal encroûté et bombé vis-à-vis des crochets, excavé de part et d'autre de cette saillie, muni d'une apophyse interne, très cachée dans la cavité umbonale où elle forme une lige mince, droite et assez courte. Impression du muscle postérieur ovale, située très haut presque au tiers de la longueur de la valve; sinus grand, arrondi, s'avan- çant à peu près jusqu'au milieu de la valve; ligne palléale obs- curément frangée, peu écartée du bord. DiM. Diamètre antéro-posléi'ieur : 33 mill.; diamètre umbono- palléal : 14 mill.; épaisseur des deux valves : 13 mill. Rapp. et difif. — Celte espèce est du même groupe que P. Diijardini Mayer, de l'Helvétien de la Touraine, c'est-à-dire qu'elle ne possède pas le bâillement ni l'échancrure antérieure qui caractérise P. dactijlas et P. Des- mouHnsi. Cependant P. Kœneni est beaucoup moins étroit et moins allongé — 133 — que l'espèce de la Touraine, son ornementation radiale persiste beaucoup plus loin sur la surface dorsale, mais d'autre part ses lamelles disparaissent beaucoup plus tôt du côté postérieur. Dans les descriptions qui ont été données de P. Dujardini, personne n'a mentionné l'épaississement, denti- culé comme une crête, qui recouvre la callosité umbonale de P. Kœneni; par conti^e, l'individu que MM. Dollfus et Dautzenberg ont fait reproduire en photoLypie {toc. cit., pi. I, tig. 5-6), montre des alvéoles subquadrangu- laires au contact de cete callosité umbonale et de la surface dorsale, dans le voisinage des crochets, exactement comme chez Pholas dactylus et P. Desmoulinsi : suivant la définition du Manuel de Fischer, ces auteurs en ont conclu que P. Dujardini est un Pholas s. s. Or nous croyons qu'on a attaché une importance excessive à ces alvéoles qui sont sans issue quand la callo- sité est au complet et qu'il n'y a aucune cassure qui en laisse voir la coupe : nous avons constaté ce fait chez P. Desmoulinsi dont quelques spécimens montrent ces alvéoles, tandis que d'autres ne les laissent pas apercevoir. Nous serions beaucoup plus disposés à faire état de la présence ou de l'ab- sence de la sinuosité antérieure du contour, qui coïncide avec un bâillement dont l'importance est, à notre avis, beaucoup plus grande dans la biologie de l'animal qui habitait ces coquilles polymorphes. Dans ces conditions, nous classons P. Kœneni dans les Barnea bien typiques. Localité. — Saint-Avit, trois valves et deux individus bivalves (PI. II, fig. 1-5), coll. de l'Ecole des Mines; une valve droite, coll. Benoist, Mus. hist. nat. Bord. — itqiiitanien. 21. Pholas [Zirfœà) Rozieri nov. sp. PI. II, fig. 12-16, et PI. IV, fig-. Set 17. Test assez épais. Taille petite; forme cylindracée, très con- vexe, bâillante et roslrée aux extrémités, surtout en avant, très iiiéquilatérale ; côté antérieur court, terminé par un bec arrondi; côté postérieur très allongé, presque symétriquement atténué à son extrémité; bord palléal convexe au milieu, très largement mais peu profondément échancré en avant par une sinuosité qui occupe plus du tiers de sa longueur, légèrement dénivelé aussi du côté postérieiir en deçà du bec anal ; crochets involvés, situés aux deux septièmes de la longueur, du côté antérieur, recou- verts par une callosité épaisse et divisée en alvéoles; bord supérieur excavé de part et d'autre de cette callosité umbonale. Surface externe convexe au milieu, déprimée et excavée des - 131 — deux côlés contre la callosité; ornementation composée de rides d'accroissement couvertes de petites aspérités rangées en séries rayonnantes sur toute la région antérieure; un sillon médian et oblique sépare la région anale sur laquelle les rides sont unies sans ornementation radiale. Bord cardinal édenté ; on distingue seulement sur la valve gauche une apophyse myophore, étroite et incurvée, formant une sorte de spatule aplatie qui sort obli- quement de la cavité umbonale. Impressions peu distinctes; la rainure dorsale forme seulement une arête saillante à l'intérieur des valves; en outre, il y a deux ou trois rides sur le bord supé- rieur du rostre anal, et une faible protubérance sur le rostre buccal. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 14 mill.; diamètre perpen- diculaire au précédent : 65 mill. Rapp. et diff. — Cette espèce ressemble beaucoup à celle que MM. DoUfus et Dautzenberg ont nommée Barnea palmida Duj., dans leur Monographie de la ïouraine ; mais elle est encore moins haute, plus étroi- tement roslrée en avant et munie d'un bec anal qui manque chez l'espèce helvétienne; en outre, chez cette dernière, l'ornementation rayonnante persiste sur la région anale, au delà du sillon médian qui est d'ailleurs peu profond chez P. pabnula : il paraît donc bien certain que P. Rozieri est spécifiquement distinct de l'autre espèce; mais il est non moins évident qu'elles appartiennent toutes deux à la même Section du G. Pholas, c'est-à- dire à la Section Zirfœa Leach (m Gray, 1840), caractérisée par ce sillon médian qui rappelle un peu Martesia; les alvéoles du callum umbonal et la sinuosité du contour antéro-palléal ne permettent pas de classer ces deux espèces dans la Section Barnea, comme l'ont fait les deux auteurs précités. D'autre part, si l'on rapproche notre spécimen de Pholadidea papyracea Turton, à cause de son rostre postérieur qui pourrait faire penser que c'est un reste du siphonoplaxe terminant les valves de Phola- didea, on remarque que ces dernières n'ont pas de rostre antérieur comme notre Zirfsea, parce que leur sinuosité est à peine indiquée, le bâillement étant d'ailleurs clos par une calotte calcaire qui ne devait pas exister chez P. Rozieri où l'on n'en voit aucune trace. Quant à l'espèce du Crag, figurée par Sowerby {Min. Conch., t. II, pi. CXCVIII, tlg. 3 et 4), elle paraît avoir les crochets situés beaucoup moins en avant que chez P. palmida et que chez notre coquille; ce doit être une espèce distincte des deux, à laquelle conviendrait par conséquent le nom P. (Zirfasa) brevis Wood. Localité. — Saucats (sans indication de gisement) ; deux valves, dont une — 135 — intacte est le type (PI. II, fig. 12-13), coll. du laboratoire de Géologie, à la Sorbonne ; quatre valves (fig. 14-16, et PI. IV, flg. 8 et 17), coll. de l'Ecole des Mines. — Burdigalien. MARTESIA. Leach, in Blainv., 1824. Gof|uille cunéiforme, bâillante en avant, avec un callum bien développé; surface externe divisée par un seul sillon umbono- ventral; protoplaxe large et ovale, niétaplaxe allongé; bypo- plaxe étroit, formé de deux pièces symétri(|ues, plus ou moins soudées sur la ligne médiane ; mésoplaxe non constant; apo- physe en forme de cuilleroii arrondi. G-ï. : P. clavata Lamk. [sec. Herrmannsen) Viv. On distingue aisément ce Genre de Pholas et de Barnea par la présence d'un callum qui obture le bâillement antérieur des deux valves réunies; ce callum, mince et fragile, ne se détache pas toujours exactement suivant la suture sinueuse du contour antérieur de la valve. D'autre part, Martesia s'écarte de Pholadidea par l'absence de siphonoplaxe; même, quand ce tube adventif manque chez Pholadidea, on reconnaît les valves de ce der- nier Genre, qui ont aussi la surface divisée par un sillon, comme chez Mar- tesia, à ce que le contour antérieur n'est guère plus sinueux que chez Pho- las, tandis que Martesia évolue davantage vers les Teredidœ, à ce point de vue. On a rapporté à ce Genre certaines formes mésozoïques et môme carbo- nifériennes; mais son apparition n'a été constatée d'une manière bien cer- taine qu'à partir de l'Eocène. 22. Martesia Brocchii [Benoist] PI. II, fig. 6-11. 1838. Pholas pusilla Grat. [noii Poli nec Br.) Cat. Gir., p. 69. 1873. Pholas Brandeii Ben. Cat. Saucats, pro parte, p. 16. 1877. Pholas Brocchi (sic) Ben. Mon. Tubic, p. 322, pi. XXI, flg. 1-4. Test mince et fragile. Taille moyenne; forme subrhomboï- dale, convexe, inéquilatérale, bâillante à ses deux extrémités ; extrémité antérieure acuminée; côté postérieur allongé, ovale; bord palléal subanguleux au milieu, très échancré en avant, un peu arqué en arrière; crochets peu gonflés, involutes, faible- ment prosogyres, situés au tiers de la longueur, ducôté buccal; — ne — contour supérieur excavé eu avant — convexe en arrière — du crochet. Surface dorsale convexe, divisée en deux par un faible sillon rayonnant qui part du crochet et aboulit à Tangle médian du contour palléal ; région antérieure couverte de stries subla- melleuses parallèles ci l'échancrure, crénelées par de petits plis divergents qui n'atteignent j)as le sillon médian; région posté- l'ieure ornée de plis concentriques d'abord sublamelleux dans le voisinage du sillon et qui s'atténuent complètement vers le bord anal. Bord cardinal édenté, épaissi par une callosité umbonale qui se retrousse sur la région des crochets; cuilleron interne légèrement courbé et arrondi; impression du muscle antérieur peu distincte et logée sur le rostre buccal; sinus lar- gement arrondi, limité par l'arête qui correspond au sillon externe. « Ecusson assez petit, en forme de violon, composé de deux lames superposées et cloisonnées, ne couvrant que la partie antérieure des crochets; partie postérieure suppléée par une pièce accessoire, calcaire, étroite, allongée, pointue à chaque extrémité, légèrement courbée, s'adaptant entre les deux cro- chets et les bords cardinaux postérieurs » [Benoist]. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 21 mill.; diamètre umbono- palléal : 11 mill. 1/2; épaisseur d'une valve : 6 mill. Rapp. et diff. ^ Il n'y a aucune ressemblance entre cette espèce et celle du Messinien de Vaucluse que Fontannes a décrite sous le nom P. Heberti; d'après le spécimen que l'un de nous possède de Bollène, cette dernière a la surface dorsale divisée par une très large rainure guillochée de plis, et la région antérieui'e est extrêmement crépue ; en outre, le con- tour palléal forme un véritable bec saillant au point où aboutit cette rai- nure : ces caractères ne sont pas très fidèlement reproduits sur les figures 1-2 de la pi. I, dans l'ouvrage de Fontannes, et cet auteur a rapporté l'es- pèce au Genre Pholadidea, ce qui ne nous paraît pas exact. L'un de nous possède, de Gourbesville, un spécimen inédit d'une Marte- sia qui est beaucoup plus allongée que M. Brocchii et que M. Heberti, avec des rides plus prononcées en arrière, et des plis lamelleux traversés par des rangées obliques de crénelures perlées, plus écartées que chez M. Heberti. Il ne faut pas confondre l'espèce burdigalienne avec Pholadidea Brocchii — 137 - Pantanelli (1884), qui a été réunie à tort à Aspidopholas pusilla Bvocchi, sous- le nom Martesia Brocchii, par M. Sacco; MM. Dollfus et Dautzenberg ont récemment rectifié cette erreur et insisté sur le classement de l'espèce italienne dans le Genre Pholadidea, de sorte qu'il n'y a pas double emploi de nomenclature. Parmi les espèces éocéniques du Bassin de Paris, celle qui ressemble le plus à M. Brocchii est M. conoidea Besb.; mais son bec antérieur est moins saillant et sa région antérieure est beaucoup plus étroite; M. aperta Desh., a l'écbancrure plus profonde et le côté postérieur moins atténué que l'es- pèce burdigalienne. Bien que Martesia Brocchii appartienne à un autre Genre que Aspidopholas Branderi, on bésite quelquefois ci rapporter à l'une ou à l'autre les valves du même gisement, surtout quand les prolongements calcaires faussent leurs dimensions; on reconnaîti-a toujours Martesia à ce caractère que la surface de la région postérieure n'est pas subdivisée en deux; en outre, la suture séparant la région antérieure et ornée de la calotte calcaire est bien plus échancrée, ce qui donne lieu à un bec caractéristique, quand la valve est libre. Localités.^ Mérignac, valves libres (PI. II, fig. 6-9), coll. Cossmann; Cestas (fig. ]0-U),coll. de Sacy; Saint-Médard-en-Jalle. — Burdigalien. 23. Martesia Belleradei nov. sp. PI. II, fig. 17-18. Test un peu épais. Taille petite; forme courte, élevée, con- vexe, inéquilatérale; côté antérieur court, peu bâillant et peu sinueux; côté postérieur médiocrement allongé, régulièrement ovale, se raccoidant par un arc de cercle avec le boi'd palléal: crochet involute, situé au tiers de la longueur du côté antérieur, recouvert par une épaisse callosité umbonale qui se retrousse en s'atténuant jus(]u'à une cerlaine dislance du crochet. Surface dorsale l^ombée, partagée en deux régions par une rainure obli([ue et bien visible; la région antérieure est ornée de lides d'accroissemeiit légèrement sinueuses, ti'ès serrées en avant où elles sont croisées [)ar quelques stries rayonnantes qui y décou- pent de fines denliculalions, [>lus écartées vers le milieu où elles cessent coaire la rainure dorsiile; la région postérieure ne poite (jue des plis concentri(pies beaucoup plus obsolètes, cjui ne correspondent pas exactement aux rides aniérieures. Callosité umbonale repliée sur le crochet qu'elle masque complètement, — 138 — arrêtée en avant par une saillie du bord cardinal, se prolon- geant en arrière par une arête jusqu'à l'impression du muscle postérieur qui est énorme, ovale et bien limitée; une côte interne, épaisse et aplatie, correspond à la rainure dorsale, de la cavité umbonale vers le bord palléal. DiM. Diamètre : 3,5 mill. Rapp. et diff. — Nous ne connaissons qu'un seul individu, peu intact, de cette petite coquille; mais il nous a semblé tellement différent de M. Brocchii que nous n'hésitons pas à le considérer comme représentant une espèce bien distincte, caractérisée par sa forme beaucoup plus courte en arrière, moins échancrée en avant, par sa rainure plus profonde et par son arête interne plus saillante ; en outre, sur la surface dorsale, on observe que les stries rayonnantes s'avancent beaucoup moins loin vers le milieu de la valve et que les rides antérieures ne font pas avec les plis postérieurs l'angle ouvert qui existe chez M. Brocchii, parce qu'elles paraissent être dans le prolongement les unes des autres, quoiqu'elles ne se correspondent pas exactement comme nombre. Nous avions pensé d'abord que ce petit spécimen pourrait se rapporter au G. Navea Gray, qui est aussi caractérisé par une forme courte et peu sinueuse; mais le génotype est une coquille américaine (JV. subglobosa) de Californie, qui est, paraît-il, couverte d'un épiderme dorsal et coriace en arrière des crochets; Fischer ajoute, dans son Manuel, que les coquilles de Navea n'ont « pas les caractèi^es des adul- tes ; leur callum n'est pas développé, et elles ressemblent à de jeunes Jouan- netia ou Martesia » ; c'est pourquoi nous avons conservé dans ce dernier Genre M. Belleraclei. Nous ne connaissons aucune forme aussi peu allongée dans les terrains néogéniques; les individus les moins allongés d'Aspid. Fayollesi, dans les faluns de Touraine, sont encore beaucoup plus transverses, et d'ailleurs leur ornementation est très différente. Dans le Bassin de Paris, M. conoiclea Uesh. est aussi une espèce courte, mais beaucoup plus oblique, et ses plis font un angle ouvert avec ses rides, sur la rainure dorsale. Localité. — Noaillan (la Saubotte), unique (PI. II, Og. 17-18), coll. Bial de Bellerade. — iàquifanlen. ASPIDOPHOLAS Fischer, 1887 (= Scutigera Cossm. 1886, non Latr. 1803). Fischer n'a considéré Aspidopliolas que comme S. -G. de Mar- tesia, à cause de la soudure du méta[)laxe, du protoplaxe et de l'hypoplaxe en un seul écusson qui embrasse toute la commis- — 139 - sure des valves; mais, oiilre que l'apophyse est différente, la surface externe est divisée en trois régions au lieu de deux. Nous en concluons que c'est un Genre distinct. G. -T. : Pholas sculata Desli., de lEocène supérieur. 24. Aspidopholas Branderi [Basterot]. Pi. II, fig. 19 24. 1825. Pholas Branderi Bast. Mém. Bord., p. 97, pi. VII, fig. 1. J873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 16. 1877. — Benoist. Monogr. Tubic, p. 321, pi. XX, fig. 15-18. 1901. Aspidopholas dimidiata Dujard. in Sacco. I Moll. terz. Piem. part. XXIX, p. 56, pi. VIII, fig. 55. Test assez mince, surtout vers les bords, épaissi vers les cro- chets. Taille moyenne; forme convexe, ovoïde, médiocrement allongée, inéquilatérale. Côté antérieur acuminé quand le bâille- ment antérieur n'est pas obturé par la soudure de prolonge- ments calcaires qui clôturent presque entièrement les deux valves réunies. Côté postérieur ovale, très atténué; bord palléal convexe au milieu, échancré en avant par la sinuosité du bâille- ment des valves libres; crochets involutes et gonflés situés au tiers antérieur de la longueur, en parlie recouverts par une épaisse callosité qui se détache souvent. Surface doi'sale bombée, divisée en deux parties [)ar une rainure médiane assez large, qui part des crochets et qui aboutit au milieu du contour pal- léal; la région antérieure est entièrement couverte de fins plis d'accroissement, serrés et sublamelleux vers les bords, treillissés en avant par des stries rayonnantes et peu écartées qui devien- nent peu à [)eu obsolètes et qui disparaissent avant la raiimre médiane; région postérieure subdivisée elle-même en deux zones par une arête rayonnante formée par la brisure des rides d'accroissement irrégulières qui ornent toute la région anale ; prolongements calcaires lisses et [)lus minces que le reste des valves. Charnière édentée, ne comportant qu'une apophyse interne, semblable à une tige recourbée, mais rarement conser- vée dans la cavité tlu crochet; bord cardinal excavé de part et d'autre de la saillie qu'il fait sous l'enroulement du crochet, — 140 — épaissi et retroussé par la callosité cardinale ; il forme en arrière une large surface plane, à rextrémité de laquelle s'allonge l'im- pression du muscle postérieur; l'impression du muscle antérieur est peu distincte, logée dans l'extrémité acuminée; sinus palléal largement ouvert et très court, Ecusson très grand, l'ecourbé comme une spatule, s'emboi- tant sur la commissure cardinale des valves, portant à l'intérieur une lame crépidulaire avec une i)etite saillie médiane qui se prolonge en arrière par une arête peu saillante. Il est rare de le trouver en place. DiM. Diamètre antéro postérieur : 19 mill.; diamètre umbono- palléal : 12 mill.; épaisseur des deux valves réunies : 11 mill. Rapp. et diff. — Cette espèce, commune dans le Bordelais et aussi à Dax, a la plus grande analogie avec la variété helvétienne Fayollesi Defr., de P. ritgosa Br. ( = P. cUmidiata Duj.); elle est cependant plus courte, plus atténuée et moins plissée en arrière, plus écliancrée surtout et mieux treil- lissée en avant; sa rainure médiane paraît aussi plus large. Les différences sont à peu près les mômes avec les spécimens pliocéniques de P. riigosa, figurés dans la Monogr. de M. Sacco; cet auteur a aussi figuré sous le nom dimidiata (qui est synonyme postérieur de Fayollesl) un spécimen bivalve du Bordelais qui est identique à A. Branderi; ce spécimen est d'ailleurs en fort mauvais état, comparativement à celui de Mérignac que nous avons fait reproduire ici. En ce qui concerne l'échantillon de la collection Gossmann provenant du Miocène inférieur de Kiel, mentionné comme très voisin de l'espèce de la Touraine par MM. Dollfus et Dautzenberg, il est en tous cas très différent de notre coquille du Bordelais, non seulement par son contour presque rectiligne sur l'écliancrure buccale, mais encore par ses stries beaucoup plus fines et moins crénelées sur la région antérieure ; enfin, la rainure dorsale est moins large que chez A. Branderi. Dans l'Oligocène des environs d'Etampes, il existe à Pierrefitte une espèce décrite sous le nom P. Peroni Cossm. et Lamb., qui est aussi un Aspido- pholas à écusson, moins dilaté en avant; la forme des valves est plus courte et plus élevée que chez A. Branderi, la hauteur étant les deux tiers de la largeur; en outre, il existe un sillon flexueux sur la région antérieure, tandis qu'on n'en observe pas sur l'espèce burdigalienne. A. scutata Desh., de l'Eocène supérieur, a un rostre antérieur plus acu- miné, une rainure dorsale plus fine, et ses crochets sont situés plus en avant. — 141 — Localités. — Mérignac, individu bivalve et écusson (PI. II, fig. 23-24), coll. Cossmaan; Saucats (Larriey), fragments, coll. Bial de Bellerade. — Aqiiifanien. Le Peloua, les deux valves séparées (iîg. 19-22), coll. de Sacy; Pessac, Canéjan, Saint-Paul-les-Dax (Mandillot), coll. Degrange-ïouzin. — Biir- «ligallen. JOUANNETIA Des Moulins, 1828. Coquille globuleuse, 1res bâillante, mais close par un callum qui déborde de la valve gauche sur la valve droite, tandis que celle-ci possède un appendice rostriforine qui manque sur la valve gauclie; face externe divisée par un sillon umbono- central; apophyse styloïde, courte: nuiscles adducteurs portés par des lames septiformes; sinus palléal pi'ofond. G-T. : /. semi- caudata Des Moul. Mioc. Le S. -G. Triomphalia Sow. 1849 {Pholaclopsis Conr. 1849) a été séparé de Jouannetia pour P/iolas globosa Q. et G., qui se distingue des formes typiques par les dentelures de l'appendice rostriforme à l'extrémité de la valve droite, ainsi que par l'absence de lames myopliores à l'intérieur des valves. Nous n'avons pas à signaler ce S. -G. dans l'Aquitaine. 25. Jouannetia semicaudata Des Moul. PI. il, fig. 25-29. 1828. Jouannetia semicaudata Des Moul. Bull. Soc. Linn. Bord., t. II, p. 254, fig. 1-13. 1835. Pholas Jouanncti Lamk. Hist. an. s. vert., éd. Desh., t. VI, p. 47. 1847. — Mich''. Foss. terr. mioc. Italie sept., p. 131. 1838. Jouannetia semicaudata Pot. et Michaud. Cat. Moll. Douai, p. 270, pi. LXIX, fig. 3-4. 1852. Pholas semicauda (sic) d'Orb. Prod. III, p. 97, n. 1808. 1854. Jouannetia semicaudata Bronn. Leth. geogn. VI, p. 425, pi. XXXVII, fig. 2. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 16. 1877. — Ben. Mon. ïub., p. 319, pi. XX, fig. 6-10. 1901. ■ — Sacco. I Moll. terz. Piem. P. XXIX, p. 54, pi. XIII, fig. 42-45. Test mince, surtout sur les prolongements calcaires. Taille assez grande; forme essentiellement ditférenle, selon (]ue les __ 142 — valves sont libres ou munies de leurs écussons obturateurs du bâillement; dans ce dernier cas, la coquille est sphérique et complètement close; valves libres égales, peu inéquilalérales, hautes et étroites, bâillantes des deux côtés, aiguës au milieu du contour palléal ; crochets presque médians, involutes, oppo- sés, épaissis par une callosité épaisse qui se retrousse à l'inté- rieur; appendice caudiforme soudé au contour postérieur de la valve droite seulement, dans le plan de la commissure des val- ves. Surface dorsale convexe, inégalement divisée par un pro- fond sillon rayonnant; région antérieure régulièrement ornée de lamelles d'accroissement, très serrées et finement denticu- lées, croisées par des plis rayonnants surtout du côté buccal, mais ces plis disparaissent avant d'atteindre le sillon; région postérieure [)lus étroite que l'autre, portant des lamelles plus raboteuses encore, non treillissées; une arête rayonnante, située au tiers environ, marque le changement d'inflexion de ces lamelles. Bord cardinal édenté; lame interne septiforme, soudée à la callosité umbonale et s'étendant, du côté postérieur, jus- qu'au tiers de la hauteur de la valve; en outre, un épaississe- ment rayonnant et obstusément crénelé, part de l'attache interne de la callosité umbonale et aboutit comme un bourrelet au bec palléal, en marquant la trace du sillon externe. « Pièce accessoire soudée sur les crochets et les recouvrant; bâillement clos par un callum lisse, fragile, partagé en deux parties inégales, soudées chacune au bord antérieur d'une des valves ». Dm. Diamètre umbono-palléal : 20 milL; diamètre antéro- postérieur : 16 mill. ; épaisseur des deux valves réunies : 11 mill. Rapp. et diff. — 11 paraît probable que les spécimens helvétieiis du Pié- mont, figurés par M. Sacco, appartiennent bien à l'espèce du Bordelais; mais, dans l'IIelvétien de la Touraine, le genre Joiiannetia est représenté par uue autre Section {Triomphalia Bonneti Dollf. Dautz.), caractérisée par ses appendices multiples du côté postérieur. Jouannetia Papiolana \ézia.n, du Miocène de la Catalogne, ne nous est connu qu'à l'état de moule ; nous ne pouvons donc le comparer utilement. Dans le Messinien de Vaucluse et dans le Plaisancien de la Ligurie, on — 143 - trouve la var. urensis Fonlannes, qui se dislingue, d'après cet auteur, par sa taille plus forte, par son bâillement plus grand, par son écusson plus épais, s'avançant beaucoup plus en arrière sur le sommet de la coquille, par sa côte interne plus saillante, par son appendice caudiforme bordé de cbaque côté d'une fine strie et plus déprimé au centre. Eu égard à la rareté des spécimens et à la polymorphie des PholacUclœ, Fontannes n'a pas osé sépa- rer cette variété comme espèce distincte; nous croyons en tous casque c'est une mutation bien définie, propre au terrain Pliocène. On la retrouve dans l'Astien du Piémont (coll. Cossmann). L'espèce oligocénique des environs d'Etampes (J. unguicuius Gossm. et Lamb.) se distingue par sa forme encore plus étroite, unguiculée, et par ses lamelles beaucoup plus fines, non raboteuses du côté anal. G. Tlielussoniœ de Raine, appartient vraisemblablement à la Sect. Triom- j)halia à cause de sa crête denticulée du côté postérieur, et d'ailleurs sa surface externe diffère beaucoup de celle de Joiiannetia s. str. Il en est de même de J. Dutemplei Desh.,dont les appendices postérieurs ne sont toute- fois pas connus. Enfin J. gouetensis Gossm., de la I.oire-Inférieure, est peu convexe, ornée de lamelles écartées, avec une large dépression sur la sur- face dorsale; d'ailleurs on ne connaît pas ses appendices caudiformes. Localités. — Mérignac, plésiotypes (PI. Il, fig. 25-29), coll. Gossmann; Mérignac (Baour inférieur), coll. Nadal, Peyrot, commun; Saucats (Lariey), Moras. — Aquitanieii^ Mérignac (Baour supérieur). Le Péloua, coll. de Sacy; Canéjan, coll. Degrange-Touzin. — Btirtlfg^alien. Fam. rEREDIDM Scacclii em. Coquille très petite à l'extrémité d'un tube advetitif, sans piè- ces accessoires; p;îs de charnière; longue apopliyse courbée, sortant de la cavité des crochets; palettes siphonales, enchâs- sées' dans les parties molles. On orthographie généralement Teredinidœ, ce qui s'appliquerait à Tere- clina, alors que ce dernier est précisément d'une autre Famille : nous avons rectifié la dénomination en conséquence. TEREDO (Selliiis, 1732) Linné, 1758. Les diverses Sections proposées sont exclusivement fondées sur les diffé- rences des palettes; comme on ne trouve généralement que les tubes à l'état fossile, ou quelques rares valves, sans les palettes en place, nous sommes hors d'état d'appliquer ces Sections à nos fossiles; nous rapportons donc ceux-ci à Teredo s. str. dont le génotype est T. navalis. Lin. 144 26. Teredo saucatsensis Benoist. PI. Il, fig. 30-31. 1873. T. saucatsensis. Ben. Cat. Saucats, p. 16. 1877. — Ben. Mon. Tubic, p. 318, pi. XX, fig. 4. Test mince et fragile, sauf vers le crochet. Taille petite; forme convexe, bâillante, inéquilalérale, très découpée, plus haute que large; côté antérieur brièvement rostre, entaillé par une échancrure presque orthogonale; côté postérieur plus déve- loppé, prolongé par un appendice ovale; contour palléal for- mant une languette unguiculée et recourbée qui se termine par une pointe obtuse et épaissie; crochet involute, recouvert par la callosité cardinale, situé aux deux cinquièmes de la largeur de la valve. Surface dorsale bombée, divisée au milieu par une très large rainure guillochée en travers par des accroissements écartés; la région antérieure est ornée de 60 à 65 fines lamelles très serrées qui se replient parallèlement à l'échancrure ; la région postérieure porte la continuation des lignes d'accroisse- ment de la rainure, et elle est séparée — par une profonde dépression — de l'oreillette anale à peu près lisse. Bord cardinal épaissi par une callosité qui recouvre presque toute la région du crochet; apo[)hyse styloïde presque nulle; lame myophore limi- tant l'oreillette anale, soudée à son extrémité palléale : bourrelet rayonnant au milieu de la surface interne, correspondant à la rainure externe. « Tube assez épais, solide, lisse >>. ' DiM. Diamètre anléro-postéiieur : 4 mill.; diamètre umbono- palléal : 5 mill.; épaisseur d'une valve : 3 mill. 1/2. Rapp. et diff. — M. Sacco (1901, Moll. terz. Piem., part. XXIX, p. 57, pi. XIV, lig. J-27) a cité et figuré T. Norvegica Spengl., espèce actuelle, depuis l'Aquitanien du Piémont jusqu'à i'Astien ; l'état piteux des rares valves qu'il a fait photographier explique cette prudence; mais, quand on dispose d'échantillons intacts, il est loisible d'admettre des mutations ou même des espèces distinctes aux différents niveaux stratigraphiques. En particulier, en ce qui concerne T. saucatsensis, du Burdigalien, nous l'avons comparé à T. Norvegica des mers d'Europe, et nous avo s pu nous convaincre qu'il - 145 — présente les différences suivantes : forme beaucoup moins haute et plus large; rainure dorsale plus large, mieux limitée en arrière; ornementation de la région antérieure plus forte; appendice caudal plus étroit, plus sail- lant, non tronqué; lame myophore plus courte et plus détachée. Autant que l'on peut en juger par les figures très défectueuses de la planche de M. Sacco, les valves aquitaniennes et helvétiennes de Colli ïorinesi res- semblent beaucoup plus à la coquille de Saucats qu'à l'espèce vivante. Nous ne pouvons rien dire des fragments de tube signalés dans l'Helvé- tieii de la Touraine par MM. Dollfus et Dautzenberg; il faut attendre que l'on en connaisse les valves pour les comparer avec celles de T. saucatsensis. Dans l'Eocène des environs de Paris, on connaît des valves de : T. cincta Dli. qui a l'échancrure plus ouverte, le bord palléal plus arrondi, l'appen- dice anal plus obsolète, que chez l'espèce burdigalienne; de T. modica Dh. qui a une forme bien plus large, avec un appendice postérieur plus déve- loppé, une grande lame myophore; de T. personata Lamk. qui a un rostre antérieur rectangulaire, pas d'appendice caudal, le contour palléal se rac- cordant sans sinuosité avec le contour anal. M. von Kœnen a décrit et figuré, dans l'Oligocène inférieur de l'Allema- gne du Nord, T. excisa dont la forme et l'ornementation diffèrent complè- tement; le rostre antérieur paraît d'ailleurs beaucoup plus large. Il n'est pas inutile d'indiquer ici par quels caractères on différencie les valves de Teredo de celles de Xxjlophaga : c'est principalement par la lar- geur moindre de l'aréa postérieure et par l'existence d'une sinuosité échan- crée de ce côté, qui manque chez Xylophaga. Localités. — Saucats (Lagus), valves assez communes; plésiotype (PI. II, flg. 30-31), coll. Bial de Bellerade. Léognan, tubes; Cestas; Pont-Pour- quey, coll. Benoist. au Mus. hist. nat. Bord. — Burclîgalicn. 27. Teredo Daleaui Benoist. PI. Il, %. 32-34; et pi. 111, fig. 35. 1873. T. saucatsensis Ben. Cat. Saucats, p. 17 [pro parte). 1877. T. Daleaui Ben. Mon. Tubic, p. 317, pi. XX, fîg. 1-3. « Coquille enflée, fortement convexe et bâillante; ouverture antérieure triangulaire, postérieure ovale; oreillette offrant quel- ques légères stries d'accroissement parallèles au bord, et faisant avec la partie médiane un angle de 90°. Celle-ci parait avoir été trilobée, à en juger par l'empreinte du sillon médian qui se reproduit h la surface interne de la valve. La partie externe ou postérieure est arrondie et presque lisse. Crochets fortement Tome LXIII. 10 — 146 — recourbés, et on remarque du côté antérieur une carène aiguë, partant du sommet et aboutissant à l'extrémité aiguë de l'oreil- lette. » Palette calcaire en forme de spatule coupée carrément à la partie supérieure et à la moitié de la palette. Face interne plane, un peu concave au centre, face externe légèrement convexe. Tube calcaire épais, solide, presque lisse ». DiM. Valves : 15 mill. dans les deux diamètres. Palette : longueur, 6 mill. ; largeur, 5 mill. ; longueur du pédoncule, 3 mill. Tube : longueur d'un exemplaire entier, 30 cent.; diamètre du tube, 18 mill. Rapp. et diff. — D'après Benoist, cette espèce se distingue de T. saucat- sensis avec lequel elle était d'abord confondue, non seulement par son tube plus puissant, mais par sa valve dont « l'angle est plus ouvert dans la partie médiane » ; ce critérium est assez ambigu, car s'il s'agit de l'angle de l'échan- crure antérieure, il est aussi de 90° d'après la figure; toutefois le prolonge- ment caudal est moins développé et l'angle qu'il fait avec le contour palléal est un peu plus ouvert. Mais il ne s'agit que d'une empreinte, de sorte que l'on ne peut en tirer des conclusions bien précises. Sur l'écbantillon de Sort (Landes) que nous faisons figurer, il y a des empreintes de valves sur lesquelles on distingue des traces d'ornementation très fine. Localité. — Martignas [fide Benoist); Saucats (la Sime), fragments de tubes (PI. II,fig. 32-33 et PI. III, fig. 35), coll. Bial de Bellerade; Sort(flg. 34), coll. Benoist au Mus. d'hist. nat. de Bord. — Uelvëfien. ADAPEDONTA {\)nov. sub-ordo. Coquille principalement caractérisée par l'absence de « plan- cher cardinal » sous les crochets : les dents commencent à apparaître; mais, lorsqu'il y en a, elles sont directement implan- tées sur le bord cardinal ou bien elles sortent de la cavité umbo- nale, sans reposer sur une plateforme comme il en existe une chez les Desmodontes et les Hétérodonles; conséquemriient, aucune des Familles de ce nouveau Sous-Ordre ne possède la (1) Elym. : a, privatif; SaTieSov, plancher cardinal. — 147 — ' dent 1 de la valve droite, qui n'apparaît d'ailleurs que chez les Hétérodontes les plus spécialisés. Le ligauient est tantôt ex terne, tantôt in terne; les valves sont éga- les ou inégales; l'habitat est tantôt cavicole, tantôt — mais plus rarement — actif. La surface n'est jamais nacrée comme elle l'est presque toujours chez les Anomalodesmata] mais il n'y a aucun critérium à tirer de la réunion des lobes du manteau, ni du déve- loppement des siphons, qui sont h peu près semblables chez les deux Sous-Ordres. Les Cénacles de ce Sous- Ordre se distinguent entre eux par la disposition du liga aient quicomporte tantôt un car- tilage, avec une fossette ou bien un cuilieron « chondrophore », tantôt simplement une « nymphe » externe, plus ou moins sail- lante, à laquelle s'attache exclusivement le ligament. Le sinus est souvent très profond ; parfois, au contraire, il se réduit à un siuiple crochet de la ligne palléale; c'est l'un des meilleurs cri- tériums sous-génériques, si l'on réserve les variations de la charnière pour caractériser les Genres dans chaque Famille. Quant à la forme de la coquille, elle est essentiellement variable selon l'habitat de l'animal, ovale et semblable à une râpe étroite quand il se creuse une loge dans les rochers ou les Zoophytes, allongée comme un couteau quand il s'enterre dans le sable, inéquivalve quand il se couche sur la valve droite dans la vase, enfin symétrique et ovale-transverse quand il reprend la vie active. La plupart des Cénacles que nous classons dans ce nouveau Sous-Ordre ont une origine mésozoïque ; les premiers représentants se rattachent aux Paléoconques par l'absence complète de dents à la charnière; puis on cons- tate l'apparition, sur chaque valve, d'un renflement dentiforme qui s'appuie réciproquement l'un contre l'autre ; enfln, chez les types les plus spécialisés du Cénacle Solenacea, les dents commencent à se dédoubler et elles emboî- tent alors leurs branches, avec cette exception particulière qu'entre les branches de 2, sur la valve gauche, il n'y a jamais de dent 1 sur la valve droite, et qu'en outre ces dents prennent naissance directement sur le bord cardinal, sans être supportées par un plancher ou plateau plus ou moins large, comme il y en a un déjà chez les Desmodonta; de même, en ce qui concerne la fossette chondrophore qui, lorsqu'elle existe, se creuse dans la paroi de la cavité umbonale. — 148 — Cénacle : EDENTULACEA nov. Cœnac. Coquille perforante et très bâillante, dont les valves ne sont guère en contact que sur une petite longueur du bord cardinal et du bord palléal ; charnière dépourvue de dents, ligament posé sur une nymphe mince et peu saillante; impression pal- léale sinueuse. Il peut sembler étrange, au premier abord, de fonder un Cénacle dont les membres se réduisent, jusqu'à présent, aune seule Famille; néanmoins, cette création nous a paru nécessaire, parce que la Famille dont il s'agit ne peut être rationnellement placée dans aucun des autres Cénacles adop- tés dans notre classification. En effet, les Gastrochœnidœ, quoique leur habitat et leur aspect les rapprochent des Pholadidse, s'en éloignent beau- coup par les caractères de l'animal, par l'absence d'une apophyse umbo- nale et par l'existence d'une nymphe qui ne permet réellement pas de les placer parmi les Adesmacea. Fischer les a classés à la suite des Panopées, à cause de certaines analo- gies dans les siphons et les branchies de l'animal; mais cette solution ne nous paraît pas satisfaisante, parce que le bord cardinal des Gastrochènes est édenté, que le pied de l'animal n'est pas bissyfère, comme dans Saxi- cava qui est également perforant, et enfin parce que la nymphe est beau- coup moins saillante que celle des Glycymeridœ édentés. Nous avons encore plus de répugnance à rapprocher Gastrochaena des Myacea, comme l'a fait M. Dali, parce qu'il n'y a pas d'apparence de liga- ment interne, parce que les valves sont toujours égales et parce que leur bâillement est bien plus considérable. La conclusion à tirer de ces comparaisons est qu'il faut faire un groupe à part pour ces coquilles qui n'ont pas d'affinités bien précises avec les autres Cénacles, et que ce groupe doit être placé en tête du Sous-Ordre Adapedonta. Fam. GASTROCHJENIDM Gray. Coquille perforante ou contenue dans un tube adventif, équi- valve, largement bâillante en avant; figanient marginal externe; crochets antérieurs; bord cardinal édenté; sinus palléal pro- fond. Des deux Genres Gastrochœna et Fistulana que comprend celte Famille, seul le premier est représenté dans les terrains que nous étudions. — 149 — . GASTROCHiENA Spengler, 4783. Tube advenlif non constant, claviforme, boursouflé, dépourvu de rides annulaires à l'extérieur et de diaphragme à l'intérieur. G. -T. : G. diibia Pennant. Viv. En éliminant les Fistulanes des formes confondues par Spen- gler sous le nom GasLrochsena, il reste en première ligue G. dubia, de sorte que Rocellaria Blainv. tombe en synonymie. La Section Spengleria Tryon (1861) se distingue de Gastrochgena s. str., non seulement [jar le sillon oblique qui divise extérieure- ment la surface des valves, mais encore par sa nymphe plus saillante et par le moindre bâillement des valves du côté anté- rieur. Le Génotype de cette Section est C. rostrata Spengler. Les valves de Gaslrochœna sont tortueuses, de sorte qu'il est peu facile de les poser à plat pour les observer toujours sous le même angle; il en résulte que les figures publiées par différents auteurs, pour la même espèce, présentent un aspect très variable; il y a lieu de tenir compte de cette cause d'erreur dans la comparaison des échantillons avec les figures et dans la mensuration de ces valves. 28. Gastrochaena intermedia Homes, iiiut. curta Mayer. PI. Il, %. 35 37. 1838. G. cuneiformis Grat. Cat. zool. Gir. [fide Benoist). 1873. G. intermedia Benoist. Cat. Saucats, p. 15. 1877. — Benoist. Monogr. ïubic, p. 315, pi. XIX, fig. 12-14'. 1889. G. curta Mayer. Journ. Conch., vol. 37, p. 239, pi. XI, fig. 3. Test mince et fragile. Taille moyenne ou assez grande; forme ovale, oblongue, peu contournée, très inéquilatérale ; extrémité antérieure très courte, terminée en pointe; côté postérieur ovale et atténué; contour buccal échancré largement et légèrement sinueux en deçà de l'extrémité aiguë; contour palléal développé en arc de cercle à grand rayon; bord supérieur presque recti- ligne sous le crochet, assez convexe en arrière ; crochets gon- flés, silués au septième de la longueur, du côté antérieur. Sur- face dorsale convexe, limitée par une très faible dépression — 150 — rayonnante; ornementation composée de lamelles d'accroisse- ment très fines et très régulières qui se serrent davantage en ^vant, an delà de cette dé[)ressi«>n rayonnante. Bord cardinal édenté, épaissi et retroussé du côté antérieur, aminci en arrière du crochet. Impression du muscle antérieur subtrigone, logée dans la saillie de l'extrémité jjuccale; impression postérieure peu distincte; sinus palléal triangulaire, aigu, limité en avant par une fine rainure qui correspond à la dépression dorsale. DiM. Diamètre antéro-poslérieur : 20 mill. ; diamètre umbono- palléal, ou plutôt largeur maxima : 9 mill. ; épaisseur des deux valves réunies : 8 mill. Le plésiotype figuré mesure seulement 14 mill. sur 6 mill. 1/2. Rapp. et diff. — F.e groupe de Gastrochènes larges, lamelleux, peu con- tournés, auquel appartient la coquille que nous venons de décrire, a peu varié depuis l'Eocène {G. Provignyi Desh.) jusqu'à l'époque actuelle {G. gi- gantea Desh.) ; on serait tenté, au premier abord, de les réunir tous en une seule espèce; aussi, ce n'est qu'en étudiant très minutieusement leurs caractères, et principalement leurs dimensions, qu'on arrive à circons- crire les mutations successives qui jalonnent l'existence de cette forme à travers les niveaux stratigraphiques. De cette étude attentive, faite non pas sur les figures généralement inexactes et déformées par l'impossiblMté de poser à plat cette coquille gauche, mais d'après les échantillons eux-mêmes que nous possédons de presque toutes les provenances, il résulte pour nous cette conclusion que les valves se sont graduellement élargies à mesure qu'elles ont vécu dans des terrains plus récents. Ainsi, G. Provignyi est cer- tainement plus étroit que G. curta; et cette mutation burdigalienne se dis- tingue assez facilement de la mutation obesa Fontannes, du Messinien de Vaucluse, parce que pour une même longueur de 20 millimètres, ce der- nier a 2 millimètres de plus en largeur; c'est également le cas de la coquille helvétienne de la Touraine que MM. Dollfus et Dautzenberg ont dénommée G. lata, et qui nous paraît bien voisine du véritable G. obesa, si elle ne lui est pas identique (i). M. Sacco cite en synonymie G. curta Mayer qui répond bien exactement aux spécimens du Bordelais que Mayer avait en vue, mais il en sépare la var. abbreviata Bon. qui paraît cai^actériser l'Astien et qui (i) II est bon de noter que la figure publiée par Pontannes est manifesLemeut inexacte. Elle représente un individu plus étroit même que G. curta, et très voisin de G. inter- media, tel que Hœrnes l'a figuré; c'est ce qui a motivé la création proposée par Mayer, et très probablement aussi celle de G. lata. — 131 — est encore plus courte; toutefois, les spécimens de l'Astien de Théziers (Gard) que l'un de nous possède semblent identiques aux échantillons du Messinien de Saint-Ariès (coll. Cossmann) qui représentent autlientique- ment le type de G. obesa Font. Quoi qu'il en soit, il y a un point bien établi, c'est que la coquille du Burdigalien est plus étroite et un peu plus déprimée sur le dos que celle de l'Helvétien et du Messinien ; aussi lui avons-nous donné le nom sous lequel l'a désignée Mayer; nous ne pouvions reprendre le nom cuneif orrais que lui avait attribué Grateloup, d'après Benoist, puisque ce nom était préemployé par Spengler pour une espèce vivante. Dans cet examen comparatif, nous n'avons pas mentionné G. Dufrenoyi Benoist, du Tongrien ou Priabonien de Cenon, près Bordeaux, parce que c'est un moule qui, quoique du même groupe, ne nous fournit pas de cri- tériums différentiels d'une précision suffisante; il nous sert seulement à représenter le groupe en question dans l'Oligocène. Localités. — Dax (Cabannes), néotype (PI. II, flg. 35-36), valve droite, coll. Neuville, valve gauche (flg. 37), coll. de l'Ecole des Mines; Cestas, coll. Bial de Bellerade. — eurdigalien. Martillac, Mérignac, Moras, Ganéjan {fide Benoist) ; Marivaux, près Bazas, coll. Degrange-Jouzin. — ^quilanien. 29. Gastrochœna dubia (Pennani). PL 11, fig. 41-42. 1777. Mya dubia Penn. Zool. Brit., IV, p. 82, pi. XLIV, flg. 19. 1831. Gastrochœna cuneiformis Lamk. in Bronn. Ital. tert. gebild., p. 86. 1852. Gastrochœna dubia d'Orb. Prob., III, p. 179, n° 279, 27« éd. 1859. — Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 5, pi. I, flg. 4. 1881. — Font. Moll. plioc. Rhône, p. 4. 1894. — Degr.-Touz. Etude prélim. coq. foss. Orthez {Actes. Soc. lin. Bord., vol. XLVIII), p. 417. 1901. — Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 51, pi. XIII, flg. 27-35. Taille moyenne; forme oblongue, assez étroite, convexe et gauchie, très inéquilatérale, fortement bâillante en avant; côté antérieur très court, atténué, subanguleux à sa jonction avec la sinuosité du contour palléal ; extrémité postérieure longue, ovale, peu élargie; crochets antérieurs petits, presque sans saillie sur le bord supérieur qui est un peu déclive en avant et presque rectiligne en arrière. Surface dorsale à peine déprimée, — 152 - couverte de plis d'accroissement assez rugueux, surtout vers le bord palléal. Bord cardinal édenté, épaissi et retroussé en avant du crochet. DiM. Diamètre bucco-anal : 14 mill ; diamètre perpendicu- laire au précédent : 6 mill. Rapp. et diiF. — II ne nous paraît pas possible de séparer les échan- tillons recueillis dans l'Helvétien du Béarn de ceux de la Méditerranée, notamment du Roussillon, figurés par MM. Bucquoy, Dautzenberg et DoU- fus; ils ont la même forme éti^oite et peu sinueuse sur le dos, avec un angle assez marqué à la jonction du contour palléal et de l'extrémité anté- rieure, sans qu'il y ait cependant l'apparence d'aucun bec aigu. C'est éga- lement la forme des spécimens de l'Helvétien et du Tortonien du Piémont figurés par M. Sacco. Comme on le verra ci-après, cette espèce — encore actuellement vivante — n'a réellement apparu qu'à dater du Miocène moyen (Helvétien) : les citations qui ont été faites de G. dubla dans l'Oli- gocène sont vraisemblablement basées sur des déterminations peu sûres, d'autant plus qu'il est très facile de confondre cette espèce avec la sui- vante qui ne s'en distingue que par des caractères très fugitifs, quoique parfaitement constants. Les proportions des valves dépendent beaucoup de l'angle sous lequel on les observe quand on en prend les mesures; les val- ves isolées étant très gauchies ne reposent pas naturellement sur une sur- face plane dans la position qui convient pour les soumettre à l'objectif photographique, et il en résuite souvent une déformation«artitîcielle des figures, surtout de celles qui ont été lithographiées par des artistes non conchyliologues. Localités. — Salies-de-Béarn, un individu bivalve (PI. II, fig. 41-42), coll. Degrange-ïouzin; Salles (Moulin Débat), coll. Peyrot. — Uelvctien. 30. Gastrochaena Hœrnesi Benoist. Pi. II, fig. 38 40. 1873. G. dubia Benoist {non Pennant). Cat. Saucats, p. 15. 1877. G. Hœrnesi Benoist. Monogr. Tubic, p. 314, pi. XIX, fig. 9-11. Test mince. Taille moyenne ou assez grande; forme ovale, oblongue, convexe et contournée, très inéquilatérale; côté anté- rieur excessivement court, atténué, mais non pointu; côté posté- rieur plus élargi, régulièrement elliptique; contour palléal faiblement sinueux et fortement bâillant en avant; contour supérieur incurvé en arc de cercle à grand rayon; crochets — 153 — médiocrement gonflés, à peine saillants, opposés, situés presque à l'extrémité antérieure. Surface dorsale divisée inégalement par une dépression rayonnante et sinueuse qui est très peu marquée vers les crochets et qui s'accentue davantage vers le bord palléal ; la région antérieure ne porte que des stries d'accroissements irrégulières et subfibreuses; sur la région postérieure, plus étroite et limitée par la dépression, les accrois- sements deviennent plus serrés, plicifoi'mes et sublamelleux. Bord cardinal édenté, mince, légèrement curviligne. Impres- sions musculaires peu distinctes; sinus grand, |)eu visible. DiM. Diamètre bucco anal : 12 milL; diamètre umbono- palléal : 6 mill. 1/2; épaisseur des deux valves : 6 ou 7 inill. Rapp. et diff. — C'est avec juste raison que Benoist a séparé cette espèce de G. duhla auquel il l'avait d'abord rapportée; nous l'avions com- parée à des spécimens de l'Astien de Cannes et à ceux de l'Helvétien du Béarn qui représentent bien la forme typique à l'état fossile, et nous avons constaté que ces derniers sont sensiblement plus étroits et plus allongés; en outre, leur contour palléal est sdbanguleux à sa jonction avec le contour antérieur, tandis que le raccordement des deux contours est plus arrondi chez G. llœrnesi; d'autre part, G. dubia a le bord cardinal plus retroussé à l'extrémité antérieure, plus rectiligne sous le crochet et en arrière de celui-ci. Ces caractères différentiels, observés sur un certain nombre de spécimens, me paraissent constants. Il y a lieu d'observer toutefois que les figures originales, lithographiées d'après les dessins de l'auteur, sont manifestement inexactes; elles représentent des valves beaucoup trop élargies en arrière, dont la largeur atteindrait les deux tiers de la longueur, tandis que c'est la moitié seulement d'après le texte; cette exagération était peut-être intentionnelle de la part du dessinateur, pour différencier d'une manière plus frappante les figures de G. Hœrnesi de celles de G. dubia qui sont au contraire un peu plus étroites que nature. Dans l'Eocène, c'est surtout G. bipartita Wat., du Cuisien des environs de Paris, qui ressemble à G. Hœrnesi; mais l'espèce burdigalienne a le bord palléal plus sinueux, les crochets situés encore plus en avant, et la dépres- sion dorsale moins profondément marquée. Quant à G. Raidini Desh., du Stampien des environs de Paris, c'est une forme beaucoup plus élargie en arrière que G. Hœrnesi, et dont la dépres- sion dorsale aboutit moins en arrière sur le bord palléal ; le bord cardinal de la coquille stampienne nous paraît aussi plus rectiligne. Au contraire, G. simplex v. Kœn., du Tongrien de l'Allemagne du Nord, a la plus grande — 154 — analogie avec G. Hœriiesi; cependant, il nous semble d'après la figure que l'extrémité antérieure est plus atténuée cliez l'espèce burdigalienne. En tous cas, s'il y avait réellement identité, ce serait celle de l'Oligocène infé- rieur qui tomberait en synonymie avec la dénomination adoptée pour la forme aquitanienne, antérieure de dix-sept ans à la publication de l'ouvrage de M. von Kœnen. Localités. — Saucats (Lariey), néotype (PL II, fig. 38-39), coll. Bial de Bellerade; Mérignac (Tarpingeau), coll. Neuville; Pessac, Noaillan, Le Thil, coll. Bial de Bellerade. — Aqultanien. Le Peloua, spécimen bivalve (PL II, fig. 40), coll. Neuville; Saucats (Eglise), coll. Benoist au Mus. d'Hist. nat. de Bord. — Burdigalien. 31. Gastrochaena (Spengleria) Neuville! nov. sp. PI. II, fig. 43-M. Test mince. Taille assez grande; forme étroite, peu convexe, inéquilalérale ; côté antérieur, court, ovale; côté postérieur quatre ou cinq fois plus allongé, subtronqué par un contour un peu curviligne qui se relie par des angles arrondis avec les bords supérieur et palléal; ce dernier est arqué et peu bâillant dans toute la région antérieure, subitement sinueux en arrière; le contour supérieur est un peu curviligne dans la région du crochet, presque recliligne et un peu déclive du côté postérieur; crochets petits, peu saillants et peu gonflés, opposés, situés au quart antérieur de la longueur des valves. Surface externe peu bombée, divisée par une rainure oblique, peu piofonde, mais large et nettement limitée en arrière, qui part du crochet et rayonne un peu en courbe vers l'angle inférieur de la tronca- ture anale, en dépassant le contour palléal qui s'y raccorde par une sinuosité bien marquée; région antérieure couverte de fines stries d'accroissement, sublamelleuses et serrées, cessant sur la dépression rayonnante qui est lisse et même brillante; sur la région postérieure, ces stries se redressent parallèlement au contour de la troncature, avec moins de régularité, jusqu'à la limite du corselet qui est étroit, lancéolé et lisse. Bord cardinal édenté, épaissi et retroussé en avant du crochet, aminci seule- ment sous la pointe de ce dernier, assez élargi en arrière où la — lo5 — nymphe étroite et miiice fait une légère saillie sur le contour supérieur. Iinpressious musculaires peu distiîictes; sinus palléal grand, profond, occupant [)resque toute la région anale, jusqu'à l'arête qui cori-espond, à l'intérieur des valves, à la rainure externe. UiM. Diamètre bucco anal : 17 mill.; diamètre umbono-pal- léal : 8 mill. Rapp. et difF. — Une espèce de Spengleria a été décrite dans le Ter- tiaire (Helvétien?) des Açores par Mayer, sous le nom Gastrochsena Cuvieri. Autant qu'on peut en juger d'après la lithographie (PI. I, flg. 7 a-b), celte coq\iille est plus large, moins allongée et ses crochets sont situés beaucoup plus en avant; le dessin indique que les stries persistent jusque sur la rai- nure dorsale; mais il est possible que ce soit une erreur du dessinateur, car l'interruption de ces stries est un caractère qu'on observe aussi chez l'es- pèce vivante (S. rostrata Spengler, in Tryon, pi. CIV, fig. 47). On distingue d'ailleurs notre espèce burdigalienne de l'espèce actuelle par sa troncature moins large, par son bec sinueux plus saillant sur le contour palléal, par son corselet plus étroit, par ses plis beaucoup moins marqués sur la région anale, par sa nymphe moins courte et moins saillante. M. Sacco a décrit, dans l'Helvétien du Piémont, un fragment peu déter- minable sous le nom S. miotaurinensis; autant qu'on peut en juger d'après une figure très imparfaite, il semble que la coquille est plus bâillante que celle du Burdigalien, mais on ne peut guère distinguer les autres caractè res différentiels. Quant à l'espèce auversienne des environs de Paris, elle est beaucoup plus contournée, plus bâillante, plus étroite; sa région anale est limitée par des saillies plus fortes et grossièrement plissée; son corselet est plus large et plus plat; la rainure interne est très profonde et ne forme pas de bec palléal vers l'angle de la troncature anale. Localité. — Le Peloua, les deux valves, la gauche cà demi-cassée ; type figuré (PI. II, flg. 43-44), coll. Neuville. — Burdlg^alien. Cénacle : MYACEA. Menke. Coquille parfois inéquivalve ; charnière dégénérée ou aslhé- nodonte, comportant rarement plus d'une dent cardinale; liga- ment en partie externe, en partie subinterne, avec un cuilleron plus ou moins redressé sur l'une des valves, et une fossette chondrophore sur l'auire valve; ligne palléale plus ou moins sinueuse. — 156 — Fa m. MYACIDM Woodward em. Coquille presque toujours équivalve; test cellulo- cristallin ; ligament interne, opisthodétique; chondrophore saillant sur la valve gauche, minuscule et subumbonal sur la valve droite; charnière sans dents; ligne palléale plus ou moins sinueuse; impressions musculaires très inégales. Fischer a réuni les Goi'bules aux Myidœ (dénomination amendée en Myacidœ par Dali) ; néanmoins il y a des différences suffisantes pour justifier la séparation de deux Familles distinctes, principalement dans la charnière qui ne comporte jamais de véritables dents chez les Myacidœ où l'on remar- que seulement un chondrophore ou cuilleron saillant sur la valve gauche. Pour ce motif, il y a lieu de classer Tugonia et Sphenia dans la même Famille que Mya. Ce sont d'ailleurs les deux seuls Genres qui représentent cette Famille dans notre Miocène. MYA Linné, 1758. /■ Coquille épaisse, oblongue, bâillante aux deux extrémités, surtout en arrière, sub-inéquivalve, la valve gauche un peu plus petite que la droite ; crochets plus ou moins contigus, non proéminents; charnière formée h gauche d'un chondrophore large et saillant, à droite d'un chondrophore plus petit, triangu- laire et sous-umbonal ; impression musculaire antérieure très allongée; impression musculaire postérieure ovale; sinus palléal large, profond, arrondi. Benoist (Gat. Saucats, p. 20) cite Mya arenaria L. à Saucats (La Sime) où elle serait très rare. Nous n'avons retrouvé cette espèce ni dans la collec- tion I^enoist, ni dans les matériaux que nous avons eus à notre disposition. TUGONIA Gray, 1842. Coquille mince, équivalve, globuleuse, ovale en avant, tron- quée en arrière et largement bâillante; crochets gonflés, opis- thogyres; surface ornée de costules rayonnantes; bord cardinal muni, sur chaque valve, d'un cuilleron saillant et concave, portant le cartilage; en arrière du cuilleron, il existe, sur la pli u FiG. 2. — Charnière de Tugonia ornaia Bast. — 157 — valve gauche, un appendice dentiforme, comparable à un repli du cuilleron ou à un second ^, ^ cuilleron séparé du premier par une arête; il est oblique- ment dirigé en arrière et reçu dans une fossette correspon- dante de la valve droite; impression de l'adducteur antérieur très allongée, celle de l'adducteur postérieur ronde et très petite; ligne palléale rapprochée du bord et large. G. -T. : Mya an al ma Gm. Quoique ce Genre soit voisin de Mya, on l'en distingue non seulement par son ornementation, mais encore parce que ses valves ne sont pas inégales et par son faux sinus. La première apparition de Tugonia est à la base du Miocène. 32. Tugonia ornata Bast. PI. Il, fig. 53 56. 1825. Mya ornata Bast. Mém. géol. env. Bord., p. 95, pi. IV, flg. 22. 1838. — Grat. Cat. zool. Gir., p. 68. 1859. Tugonia anatina Hœrn. ïerticerb. Wien, II, p. 32, pi. III, fig. 6. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 20, n° 17 {non Gmelin). 1878. Tugonia ornata. Benoist. Tort. Gir. P. V. Soc. Un. Bord., vol. XXXII, p. LXXXVII. 1894. — Degr.-Touz. Etude prélim. coq. foss. Orthez [Actes Soc. lin. Bord., vol. XLVIII, p. 417). Test mince et fragile. Taille en général petite, exceptionnelle- ment au-dessus de la moyenne; forme globuleuse, très inéqui- latérale, largement arrondie en avant et sur le contour palléal, plus rétrécie, bâillante et nettement tronquée du côté postérieur où le contour est obliquement rectiligne et un peu retroussé à l'extérieur; la forme générale ressemble à celle d'un Cuspidaina dont on aurait sectionné le rostre anal; crochets petits, gonflés, opisthogyres, situés au quart de la longueur des valves, du côté postérieur. Surface dorsale très bombée au milieu, déclive et un peu excavée sur la région buccale, marquée par une légère dépression rayonnant en courbe un peu en deçà de la troncature ~ 458 - anale; ornementation composée ; V de rides concentriques, peu régulières, parallèles aux contours et, en particulier, redressées comme la troncature, s'étendant sur toute la surface externe; 2° de vingt-cinq à (rente costules rayonnantes, assez serrées, inéquidistantes, minces et peu saillantes, qui cessent subitement vers le tiers de la suiface, du côté antérieur, et, d'autre part, en deçà de la dépression conliguë à la troncature anale; leur régularité est simplement dérangée [)ar les rides^ sans aucune trace de granulations à leur intersection. Bord cardinal court, presque rectiligne, convergeant au delà de la troncature avec la tangente au bord palléal; il porte, sur la valve gauche, un cuilleron saillant et arrondi, situé un peu en arrière de la pointe du ci'ochet, et dont les bords sont repliés de part et d'autre; mais l'arête (ou i-epli) postérieure se prolonge par une soi-te de second cuilleron contigu au pi'emier (peut être une lamelle postéi'ieure P il), et reçue, sur l'autre valve, dans une fossette anale limitée par un contrefort qui la sépare de l'impression de l'adducteur très petite, bien gravée et arrondie; impression palléale formant une zone brillante et parallèle au bord, bien limitée sur tout le long de la troncature anale où elle forme une courbe légèrement excavée qui représente le sinus palléal; les côtes et rides externes se traduisent k l'intérieur, à cause de la minceur du test, et même le contour palléal parait légèrement lacinié par les costules, sur le tiers de son développement linéaire. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 16 mill. ; diamètre perpen- diculaire au précédent, et mesuré k la largeur maximum en avant des crochets : 12,5 mill. Rapp. et diff. — Ce fossile a une ressemblance intime avec l'espèce vivant actuellement au Sénégal, le « Tugon » d'Aclanson, qui est le géno- type de Tugonia; cependant, contrairement à l'opinion de Hœrnes et de Benoist, qui ont désigné le fossile miocénique sous la même dénomination que la coquille l'écente, nous estimons que Basterot a eu raison de lui attri- buer un nom différent (ornata) qu'il y a lieu de conserver pour la coquille du Bordelais tout au moins, attendu que nous ne répondons pas de l'iden- tification de celle du Bassin de Vienne, que nous ne connaissons que d'après les figures. En effet, T. ornata se distingue de T. anatina par sa — 159 - forme beaucoup moins arrondie, moins globuleuse, plus rostrée; nous avons comparé des individus de même âge, et leurs proportions ne sont certainement pas les mômes. Il y a aussi quelques petites différences dans la charnière, mais il est plus aisé de les constater que de les décrire. Il existe dans la collection Deshayes, à l'Ecole des Mines, deux valves de Tugonia rapportées par cet auteur de l'expédition de Morée, et recueillies dans un gisement pliocénique : ces valves ont complètement la forme de Tugonia anatina, et il n'est pas possible de les confondx-e avec T. ornata ; toutefois elles sont épaissies et comme cariées par la fossilisation qui en a complètement dénaturé la charnière, de sorte qu'on ne peut affirmer abso- lument que c'est la même espèce que celle du Sénégal. M. Sacco (I. Moll. terz. del Piem., p. xxix) ne signale aucun représentant de ce Genre dans les couches néogéniques d'Italie, pas plus que MM. Dollfus et Dautzenberg, dans l'Helvétien de la Touraine. Localités. — Saint-Avit, quatre valves d'une taille exceptionnelle (PI. II, fig. S3-56), coll. de l'Ecole des Mines. — Aquitanien. Dax (Gabannes Saint-Paul), coll. Bial de Bellerade; Sauça ts (M. de Lagus et de l'Eglise), coll. Cossmann, coll. Degrange-Touzin ; Léognan (Goquillat) ; Sangsuegr, coll. de Sacy; Léognan (prop. Garrère), coll. Rozier, Nadal. — Burdigalien. Salles (Largileyre), coll. Dumas; Saucats (Gazenave), coll. Benoistau Mus. d'Hist. nat. de Bord.; Orthez (le Paren), (Housse), coll. Degrange-Touzin. — Helvëtien. SPHENIA Turton, 1822. Coquille mince en général, irrégulière, inéquivalve, inéquila- térale, rostrée ou tronquée et bâillante en arrière; coté anté- rieur court; valve droite un peu plus grande que la gauche, avec une petite dent cardinale en avant de la cavité ligamentaire; sur la Fig. 3. — charnière de 5;)/ien?a anahna valve gauche, un cuilleron sail- lant, trigone, allongé et oblique en arrière ; impression des muscles adducteurs des valves grandes; ligne palléale écartée du bord; sinus palléal très faible. G. -T. : S. Binghami Turton. Quoique les charnières soient presque identiques dans les deux Genres, Sphenia se distingue facilement de Mya, non seulement par son test plus mince et par ses valves généralement déformées par leur logement dans les excavations des rochers, mais encore et surtout par son sinus beaucoup moins profond. L'animal secrète un byssus qui fait défaut chez Mya. 160 — Chez Sphenia, de même que chez Mya d'ailleurs, la dissymétrie des val- ves par rapport au plan de commissure est en connexion avec la dissymé- trie des cuillerons qiii, comme l'a indiqué M. Douvillé (/. c, p. 105), indi- que pour ce Genre une origine pleuroconque, c'est-à-dire que l'animal, avant de se fixer, se couchait vraisemblablement sur la valve droite, qui est la plus grande, de sorte que le cuilleron ligamentaire de la valve gauche est resté saillant et presque perpendiculaire au plan vertical de commissure des valves. Le croquis ci-contre re- présente une coupe transversale et schématique de cette charnière. Ce Genre semble avoir fait son apparition dès la base des terrains tertiai- res, car on en a signalé dans le Paléocène des environs de Paris et dans le Montien de la Belgique. Le nombre des espèces a d'ailleurs été un peu exagéré, par suite de l'irrégularité des valves : il est probable qu'il faudrait les réduire, du moins aux mêmes niveaux stratigraphiques, et surtout dans les mêmes gisements; on s'en apercevra de suite par la difficulté qu'on éprouve à assimiler complètement et identiquement de nouveaux individus avec ceux qui ont été antérieurement décrits. FiG. 4. — Coupe schématique de la charnière de Sphenia (d'après M. Douvillé). 33. Sphenia anatina [Bast. PI. Il, fig. 49 52. 1823. Saxicava anatina Bast. Mém. géol. env. Bord., p. 92. 1839. — Grat. Cat. zooL Gir., p. 68. 1859. — Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 26, pi. III, fig. 2. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 19. 1886. Sphenia anatina Benoist. Foss. Saint-Avit, p. 49. 1886. — Uollf. Dautz. Etude prélim., p. 5. 1901. — DoUf. Dautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 5. 1902. — Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 70, pi. II, fig. 1-9, Test mince. Taille au-dessous de la moyenne; forme irrégu- lière, généralement étroite et allongée, assez convexe, inéqui- latérale, arrondie et un peu plus courte en avant, rétrécie et subrostrée à l'extrémité anale qui est généralement tronquée et rectiiigne; bord palléal un peu arqué, se raccordant par une courbe régulière avec le côté antérieur, et par un angle émoussé avec la troncature anale; crochets peu gonflés, peu saillants, opposés, situés aux deux cinquièmes de la longueur, du côté — 161 — antérieur; bord cardinal arqué et plus élevé que le crochet eu avant de celui-ci, déclive et recliligne en arrière. Surface dor- sale ornée de stries rugueuses et peu régulières, qui s'atténuent en arrière et qui disparaissent même totalement sur la dépres- sion anale correspondant à la troncature. Charnière comportant sur la valve droite, une pelile dent tubei'culiforme exactement sous le crochet, et un peu en arrière, dans la cavité umbonale, une petite fossette bien limitée par une arête, qu'on n'aperçoit qu'en renversant la valve sur son crochet; sur la valve gauche, un vaste cuilleron trigone, aplati et retroussé, qui diverge vers le côté anal où il adhère au bord cardinal, tandis qu'il est net- tement découpé du côté antérieur. Impressions des muscles adducteurs inégales, inéquidislantes, la postérieure plus pro- fondément gravée que l'autre; ligne palléale écartée du bord, échancrée en arrière par un sinus coui't et large qui s'avance à la moitié de chaque valve. DiM. Diamètre anléro-postérieur: 12,5mill. ; diamètre umbono- palléal, mesuré un peu eu avant du crochet : 7,5 mill. Rapp. et diff. — Les spécimens du Bordelais sont très irréguliers, mais ceux qui ont la forme à peu près normale répondent bien aux figures publiées par MM. Dollfus et Dautzenberg pour les individus normaux de la Touraine. Ils sont moins allongés et moins inéquilatéraux que S. Passijana Desh., de l'Eocène des environs de Paris; à ce point de vue, S. anatiiia res- semble davantage à S. nitens Bayan, du Lutécien de Chambors; mais son bord cardinal est plus gonflé en avant du crochet et sa dent cardinale est mieux formée. Dans l'Oligocène, S. amygclaUna G. et L. a le côté postérieur plus dilaté et plus arrondi; S. stampinelisis Stan. Meun. est allongé, mais non tronqué en arrière. Cette espèce paraît avoir vécu pendant toute la période miocénique; MM. Dollfus et Dautzenberg ont observé que S. Tournoueri Font est une espèce beaucoup plus arrondie; quant aux formes du Pliocène d'Italie, elles se rapprochent davantage de l'espèce actuelle, S. Blnghami'ÏViYion, qui est une coquille plus quadrangulaire, plus inéquilatérale, dont le bord antérieur est surtout plus déclive au lieu d'être gonllé, ce qui lui donne un aspect tout à fait différent de celui de S. anatina. Il est surprenant que, dans son Catalogue, Benoist ait laissé cette espèce dans le G. Saxlcava, alors qu'il classait S. Paulina Mayer dans le G. Sphenia, Tome LXIII. 11 - 162 — Localités. — Mérignac, commune; plésiotypes (PL II, fig. 49-32), coll. Cossmann ; coll. Neuville; Saint-Morillon (Le Plantât); La Brède (Berna- chon), Le Thil, coll. Neuville et Bial; Saint-Avit, Lariey, coll. Degrange- Touzin Raton-Durand à Saint-Morillon, La Saubotte, Marivaux pr. Bazas, Pessac, Lucbardez, coll. Degrange-Touzin. — Aquitanien. Mérignac (Baour), valves gibbeuses et très irrégulières; coll. Nadal. — Burdigallen. 34. Sphenia Paulina Mayer. Pi. II, fig. 45-48; et PI. VI, %. 36-37. 1861. S. Paulina Mayer. Journ. Conch., t. IX, p. 365, pi. XV, fig. 13. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 20, n. 18. Test mince. Taille assez petite; forme transverse, ovale, sou- vent irrégulière, un peu inéquilatérale; côté antérieur un peu plus court, arrondi, déclive, non dilaté en avant; côté postérieur déprimé, subtronqué, terminé par deux angles obtus; crochets petits, pointus, presque opposés, situés aux deux cinquièmes de la longueur de la valve, du côté antérieur ; bord palléal arqué chez les individus normaux. Surface dorsale médiocre- ment bombée, déprimée sur la région anale qui est bordée par un angle rayonnant et obsolète ; fines stries concentriques d'accroissenient, avec quelques arrêts un peu plus rugueux. Charnière comportant : sur la valve droite, une très petite dent sous le crochet, avec une fossette cachée au fond de la cavité umbonale; sur la valve gauche, un large cuilleron saillant et retroussé en éventail, traversé en arrière par un sillon oblique. Impression du muscle postérieur grande, iarrondie, peu éloignée du crochet; impression palléale peu distincte; sinus assez large et profond, s'avançant jusqu'à la moitié de la longueur des valves. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 20 mill. ; diamètre umbono- palléal : 13 mill. {fide Mayer); ces dimensions assez variables se réduisent à 9 et 5 mill. sur notre plésiotype le moins irrégulier. Rapp. et diff. — Il est peut-être téméraire de conserver cette espèce distincte de S. anatina dans un Genre où les valves sont aussi irrégulières; — 163 — cependant, outre qu'elle appartient à un niveau plus élevé dans le Borde- lais, on peut, à la rigueur, la reconnaître parce que son côté antérieur n'est jamais dilaté en avant des crochets ; le bord est plutôt déclive, quoique arrondi. La figure publiée par Mayer indique une forme ovale, mais nos plésiotypes sont beaucoup moins réguliers et subtronqués, surtout ceux qui sont gibbeux, parce que leur développement normal a été entravé par la forme des cavités ou anfractuosités qu'habitait la coquille. C'est surtout à S. nitens, du Calcaire grossier (Lutécien) des environs de Paris, que ressemble S. Pauiina, quoiqu'elle soit cependant moins inéqui- latéi'ale que la coquille lutécienne. D'autre part, aucune des variétés de S. Binghami, figurées par M. Sacco dans sa Monogi-aphie du Piémont, n'est comparable à S. Pauiina, à cause de cette troncature anale. Localités. — Le Peloua, rare (PI. II, fig 45-48), coll. Neuville; Mérignac fPiganeau), valves identiques à la figure de Mayer (PI. VI, tig. 36-37) ; Dax, trois valves, coll. Deshayes à l'Ecole des Mines; Saucats (Gieux), fide Mayer, Saucats (Giraudeau, La Cassagae, Lagus), fide Benoist. — Burdigalien. Baudignan, Parleboscq (La Guiraude) coll. Degrange-ïouzin. — Hel- Tétien. 35. Sphenia panopaeoides Mayer. PI. II, fig. 57 60. 1872. S. panopseoides Mayer. Journ. Conch., t. XX, p. 230. Test assez mince. Taille moyenne; forme étroite et oblongue, 1res inéquilatérale, assez convexe; côté antérieur court, déclive, ovale, atténué à sa jonction avec le bord palléal qui est presque rectiligne; côté postérieur très allongé, peu déprimé, ovale plulôt que tronqué à son extrémité; crochets petits, très peu saillants, assez gonflés, opisthogyres, situés au quart de la longueur des valves, du côté antérieur; bord supéro-postérieur rectiligne et déclive en arrière du crochet. Surface dorsale bombée, médio- crement déprimée sur la région anale qui n'est pas limitée par un angle rayonnant, mais qui est moins ridée ou striée que la région dorsale et antérieure. Charnière comportant : sur la valve droite, une forte dent sous le crochet, plus une fossette bien excavée et peu visible au fond de la cavité umbonale ; sur la valve gauche, un cuilleron triangulaire et obliquement allongé, bilobé et situé en arrière d'une fossette superficielle quoique — 164 — assez large. Impressions musculaires inégales et inéquidistantes, la postérieure formant une assez grande ellipse; sinus palléal largement arrondi, dépassant beaucoup l'impression musculaire postérieure et s'avançant un peu plus loin que la moitié de la longueur de la valve. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 28 mill. ; diamètre umbono- palléal : 13 mil!, [fide Mayer) ; notre plus grande valve mesure 16,5 sur 7,5, c'est-à-dire qu'elle a les mêmes proportions que le type. Bapp. et difF. — Il n'est pas possible d'admettre que cette espèce soi tune variété déformée de S. anatina, attendu que son côté antérieur est beau- coup plus court, moins dilaté, et que les individus normaux sont beaucoup plus étroits, non rostres à l'arrière. Quant à l'autre Sphenia du même gise- ment burdigalien, S. Paulina, elle est subéquilatérale et ovale,de sorte qu'on l'en distingue à première vue. Les spécimens du Bordelais répondent exac- tement à la description fournie par Mayer pour le type provenant du Lan- ghien de Rosenheim (Bavière), c'est-à-dire du même niveau que nos échantillons du Peloua; nous n'avons donc pas hésité à rapporter ceux-ci à la même espèce, plutôt que d'en proposer une nouvelle dans un Genre où il y en a déjà beaucoup pour des formes peu régulières. MM.DoUfusetDautzenberg ont publié, sous le nom S. fes^an»n Bonelli, une coquille de l'Helvétien de la Touraine, qui est aussi très étroite et allongée transversalement, mais dont les crochets sont situés presque au milieu de la longueur des valves, de sorte qu'il paraît bien évident que ce n'est pas la même espèce. Par sa forme étroite et allongée, S. panopasoides a la plus grande analogie avec S. Passyana Desh., du Bartonien des environs de Paris; mais elle a le côté antérieur encore plus court que cette dernière espèce, et il semble que son sinus est plus large, moins profond. Localité. — Le Peloua, peu commune; plésiotypes (PI. II, fig. 57-60), coll. Neuville. — Burcifgalien. 36. Sphenia myacina Desh. in coll. PL 11, fig. 66-68. Test fragile. Taille assez grande; foruie assez convexe, iné- quivalve, sub-trapézoïdale, inéquilatérale ; côté antérieur large- ment arrondi, plus court que le côté postérieur qui est très obliquement tronqué, avec un contour à peu près rectiligne; bord palléal faiblement arqué, raccordé par des courbes régu- — 163 — lières avec des contours latéraux; bord supérieur convexe en avant, déclive et un peu rectiligne en arrière du crochet qui est peu gonflé et peu saillant, prosogyre, situé aux deux cinquièmes de la longueur, du côté antérieur. Surface dorsale assez bombée, séparée par un angle rayonnant et obtus de la région anale qui est à peine excavée, avec une arête vive limitant un corselet assez large; ornementation composée de stries d'accroissement fibreuses et serrées, qui deviennent sublamelleuses sur la dépression anale et qui sont remplacées, à l'avant, par des gra- nulations fines et peu régulières. Charnière comportant : sur la valve droite, une fossette ligamentaire, oblongue et bien limitée par un rebord saillant à l'intérieur de la cavité umbonale; sur la valve gauche, un énorme cuilleron en secteur, séparé par une rainure oblique et une arête saillante de la région du corselet. Impressions musculaires allongées et inéquidistantes; sinus palléal peu visible. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 22 mill.; diamètre umbono- palléal : 14 mill. Rapp. et diff. — Aucune des Sphenia que nous venons de décrire ne présente cet aspect subtrapézoïdal, ni l'angle anal et décurrent qui carac- térise S. myacina; cette apparence anormale nous avait même fait liésiter à la classer dans le G. Sphenia, tant que nous avons eu seulement sous les yeux deux valves isolées provenant du Bordelais; mais cette espèce était connue de Deshayes et cinq écliantillons provenant de Dax figurent dans sa collection, à l'Ecole des Mines; nous reprenons d'ailleurs le nom qu'il lui avait attribué et qui ne paraît pas avoir été publié jusqu'à présent pour aucune Sphénie. Parmi les Sphenia anguleux du Bassin de Paris, on peut citer : S. radiatula Cossm. qui a une ornementation rayonnante sur la surface dorsale et une forme plus transverse; S. donaciformis Desh. qui est plus trigone et plus élevé ; S. nitens Bayan, qui est plus allongé, moins gibbeux, plus inéquila- téral. Localités. — Dax, cotypes (PL II, fig. 66-68), coll. Deshayes à l'Ecole des Mines; Léognan, coll. Rozier. — Burdlgalien. Mérignac, coll. Rozier; Léognan (le Tbil), coll. Bial de Bellerade. — Aquitanien. - 166 — Fam. CORBULID/E Fleming- em. (1). Coquille plus on moins inéquivalve, à test épais et générale- ment sillonné; ligament subexlerue, séparé du cartilage qui est interne, alivinculaire, amphidétique ; chondrophore développé en arc sur la valve gauche et plus ou moins saillant; charnière solide, comportant une grande dent antérieure et conique sur la valve droite, et une dent postérieure sublatérale II, confon- due sur la valve gauche avec le chondrophore; bâillement peu marqué en arrière; ligne palléale bien marquée, faiblement sinueuse. Nous n'avons pas faitétat, dans cette diagnose, des dents rudimentairesque Félix Bernard a signalées et pour l'observation desquelles il faut une forte dose de bonne volonté. Ainsi qu'il a été indiqué ci-dessus, et conformé- ment à la classification de M. Dali, il y a lieu de séparer des Myacidse la Fam. Corbulidœ qui s'en distingue, non seulement par sa cbarnière pour- vue de véritables dents, mais encore par son ligament subexterne et séparé du cartilage, et par son sinus palléal presque nul. D'après Fischer, il n'y aurait qu'un seul G. Corhula subdivisé en plu- sieurs Sous-Genres; or M. Douvillé (l. c, p. 104) a démontré que, si Cor- hula s. str. est orthoconque, Bicorbula de l'Eocène est, au contraire, franche- ment pleuroconque ; d'autre part, chez Cor6i' Comme l'indi- i, r, nt, ■■ ^ ^; • ,-i- o FiG. 7. — Charnière de Lrlycymeris gentihs feow. que le schéma ci-contre (reproduit d'après la fig- 3 de G. gentilis Sow.), cette charnière comporte : sur la valve gauche, une dent 2, immédiatement contiguë au ligament; sur la valve droite, une dent 3, séparée du ligament par la fossette destinée à recevoir la dent 2. M. Douvillé a observé la même dis- position chez G. regularis d'Orb., du Turonien de Bourré, qui a d'ailleurs un sinus palléal presque nul. 53. Glycymeris Mayeri nom. mut. PI. IV, fig. 36. 1870. Panopœa rediviva Mayer. Cat. Mus. Zurich, 4e cahier, pp. 19, 34 [ex parte, non P. zeelandica). Test assez mince. Taille moyenne; forme oblongue, trans- verse, inéquilatérale, convexe, bâillante aux deux extrémités, les deux valves n'étant en contact que vers les crochets et sur la partie médiane du bord palléal; côté antérieur assez court lar- gement arrondi; côté postérieur plus allongé, plus étroit, (1) B. S. G. F. (4), t. VU, p. 96, année 1907. — 195 — arrondi; crochels saillants, contigus, placés un peu en avant de la ligne médiane; bord supérieur presque rectiligne ; bord pal- léal rectiligne au milieu, se raccordant par des courbes régu- lières avec les contours latéraux, la courbe anale ayant un plus grand rayon que la courbe bîiccale. Surface ornée de plis d'ac- croissements irréguliers et assez saillants, formant des gradins de place en place. La charnière n'a pu être étudiée sur les exemplaires communiqués. DiM. Diamètre anléro-postérieur : 80 mill. ; diamètre umhono- palléal : 42 mill. Rapp. et diff. — Nous sommes obligés de donner un nom nouveau à cette coquille, pour rectifier la double erreur commise par Mayer qui con- fondait l'espèce aquitanienne avec l'espèce actuelle de la Nouvelle Zélande, et qui — sans motif raisonnable — avait changé le nom de cette dernière en rediviva, dénomination qui doit disparaître comme synonyme de zeelandica. Voisine de G. proxima Mich. (in Sacco, loc. cit., part, xxix, pi. XII, fig. 9), du Tongrien de la Ligurie, notre espèce paraît avoir le côté antérieur plus arrondi. On la distingue aisément de G. Menardi — qui lui succède dans le Burdigalien et l'Helvétien — par sa taille plus petite, par son côté antérieur plus long, moins subitement atténué, par son côté postérieur proportion- nellement moins rétréci. Elle diffère enfin de G. angusta Nyst, du Grag de Belgique, en ce qu'elle est moins allongée, moins inéquilatérale, moins rétrécie du côté postérieur. Mayer a prétendu que G. rediviva est assez commun aux environs de Bazas, toutefois nous n'en connaissons que deux exemplaires valves et en assez mauvais état. Localité. — Balizac, type figuré (PI. IV, fig. 36), coll. Benoist au Mus. d'Hist. nat. de Bord.; un autre spécimen bivalve, coll. Degrange-Touzin — Aqultanien. M. Glycymeris l^enardî [Desli.]. PI. 111, fig. 40-41. 182S. Panopsea Faujasi Bast. Mém. géol. env. Bord., p. 95 {iion Ménard). 1828. Panopsea Menardi Desh. Dict, Hist. nat., XIII, p. 22. 1831. Panopœa Faujasi Dub. de M. Conch. Volh., p. 51, pi. IV, fig. 1-4. 1837. Panopsea Menardi Duj. Mém. Tour., p. 255. 1838. — Grat. Catal. Gir., p. 68. 1839. Panopsea Basteroti Valenc. Arch. Mus., I, p. 27, pi. VI, llg. 2. — 196 — 1845. Panopsea Menardi Desli. ïr. élém. Conclr., II, p. 139, pi. VU, flg. 2-3. 1852. Panopsea Basteroti d'Orb. Prod., III, p. 98, no 1827. 1859. Panopsea Menardi Hœrn. ïert. Beck. Wien, II, p. 29, pi. II, fig. 1-3. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 19, n° 14. 1878. — Benoist. Tert. Gir., p. 3. 1901. — Dollf. Dautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 6. 1901. Glycymeris Menardi Sacco. I MoU. terz. Piem., XXIX, p. 43, pi. XII, flg. 4. 1902. — Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 74, pi. II, flg. 19-20. 1908. — G. Dollf. Coq. foss. Bordelais. Actes Soc. Lin. Bord., LXII, p. 356, pi. XV [excl. syn.). Test épais. Taille grande; forme traiisverse, inéquiialérale, assez convexe, bâillante aux deux extrémités; côté antérieur court, ovale, atténué vers le bord supérieur, oblique vers le bord palléal, plus large dans son ensemble que le côté posté- rieur qui est plus allongée! plus régulièrement arrondi; crochets gonflés, opposés, situés presque au tiers de la longueur, vers l'extrémité buccale; bord cardinal presque rectiligne; bord palléal peu incurvé, non parallèle à l'autre. Corselet très étroit, lancéolé, limité par une rainure peu profonde. Surface dorsale assez bombée au milieu, déprimée vers la région buccale, mar- quée par des rides irrégulières d'accroissement. Charnière com- posée, sur chaque valve, d'une dent unique, lamelleuse, pointue, très saillante et dressée verticalement; la fossette cardinale est en avant de la dent sur la valve gauche et en arrière sur la valve droite; nymphe épaisse et relativement courte, séparée du corselet par un large et profond sillon. Impressions musculaires inégales et inéquidistantes, l'antérieure plus allongée et plus voisine du crochet, la postérieure elliptique et un peu transverse; sinus palléal étroit, allongé, arrondi à son extrémité qui esta l'aplomb du crochet; impression palléale dédoublée et frangée, assez écartée du bord. DiM. Diamètre antéro postérieur : 1 15 mill. ; diamètreumbono- palléal : 55 mill. Rapp. et difif. — Le vrai Glycymeris Menai'di est beaucoup plus étroit et — 197 - plus allongé transversalement que G. Faiijasi du Miocène (1); il n'est pas tronqué comme les var. obliqua Bell, et truncata Conti, que M, Sacco a signalées en Italie, et qui ressemblent d'ailleurs beaucoup à nos échan- tillons du Scaldisien d'Anvers nommés G. ipsivicensis Valenc. par M. É. Vin- cent. L'espèce du Miocène supérieur d'Edegliem est encore différente : elle a une forme plus oblongue que G. ipsuncensis, mais plus équilatérale que G. Menardi, surtout avec un sinus palléal beaucoup plus largement ouvert, s'avançant davantage au delà de la verticale du crochet. Les grandes espèces que l'un de nous possède du Miocène des Etats-Unis ont un faciès absolu- ment différent, elles sont tortueuses en arrière et leur sinus est extrême- ment court. Localités. — Saucats ? les deux valves (Pi. III, fig. 40-41), coll. de l'Ecole des Mines; Léognan, coll. Bial, coll. Nadal, coll. Rozier; Cestas, coll. Degr.- Touzin. — raurdigalien. Saucats (La Sime), coll. Benoist au Mus. Hist. nat. Bord. ; Salies-de-Béarn, coll. Degrange-Touzin. — Helvéiicn. 55. GlycSmens cf. RudoSphi [Eichw.]. P!. III, fig. 18-19. 1830. Panopœa Rudolphii Eicliw. Naturh. Skizze Lith., p. 204. 1830. — Val. et Chenu. Illustr. Conch., p. 6, pi. X, fig. 1. 1839. — Eichw. Leth. ross., III, p. 131, pi. VI, fig. 12. 1870. — Mayer. Cat. Mus. Zurich, p. 25, 41. Test relativement mince. Taille grande; forme oblongue, iné- quilatérale, bâillante en avant et encore plus en arrière; côté antérieur arrondi, plus dilaté que le côté postérieur qui est obliquement tronqué; bord palléal formant une courbe régu- lière, à grand rayon; bord cardinal presque droit; crochets renflés, contigus situés h un peu plus du tiers antérieur. Corselet étroit, peu long, limité par une rainure assez marquée. Surface extérieure gonflée au milieu, s'abaissant régulièrement vers le bord antérieur et vers la partie postérieure du bord cardinal ; elle est couverte de plis d'accroissement irréguliers, très mar- (1) Il existe dans la coll. Benoist (Mus. Hist. nat. Bord.) une magnifique valve de P. Faujasi qui n'est malheureusement accompagnée d'aucune étiquette indiquant sa provenance. Bien que la coll. Benoist ne renferme que des fossiles de l'Aquitaine, nous ne croyons pas devoir, quant à présent, admettre l'existence, d'après ce spéeimen incertain, de la coquille pliocénique dans nos gisements. - 198 - qiiés surtout sur la troncature du côté anal. Charnière en mau- vais état sur la valve droite, coinplètenient brisée sur la valve gauclie;dent 3 contiguë à une fossette et h une nymphe épaisse et courte. Impressions musculaires bien marquées; Tantérieure très allongée et étroite, rapprochée du côté buccal, la posté- rieure irrégulièrement ellipsoïdale et un peu distante du côté anal, toutes deux placées très haut ; impression palléale écartée du bord; sinus palléal assez profond, symétrique par rapport à un axe horizontal, arrondi à son extrémité, qui n'atteint pas l'aplomb du crochet. DiM. Diamètre antéro-poslérieur : 110 mill.; diamètre umbono-palléal : 66 mill.; épaisseur des deux valves réunies : 43 mill. Rapp. et diff. — Dans les considérations qui accompagnent la diagnose de G. Menai'di [loc. cit., p. 30), Hœrnes avoue qu'il n'a réuni Q. Rudolphi à l'espèce viennoise que parce qu'il ne le connaissait qu'à l'état de moule. D'autre part, dans son Catalogue du Musée de Zurich, Mayer a attribué le nom G. Rudolphi aux exemplaires qu'il avait recueillis à Salles, et c'est également cette dénomination que nous trouvons sur l'étiquette de la col- lection Benoist, pour les deux valves qu'il possédait de la même localité. Or, en comparant les dimensions de ces valves à celles de G. Menardi, on constate que leur hauteur dépasse de beaucoup la moitié de leur longueur, tandis qu'elle est loin de l'atteindre chez G. ilfenaj'dt. D'autre part - et cette différence nous parait encore plus importante — le sinus palléal n'atteint que les deux tiers de la distance entre l'aplomb du crochet et le contour anal, tandis qu'il s'avance jusqu'à l'aplomb du crochet chez P. Menardi. Dans ces conditions, il paraît évident que le fossile de Salles n'appartient pas à la même espèce que celui de Saucats et de Léognan ; ce n'est pas sur la foi de Mayer seulement que nous le rapportons à G. Rudol- phi, mais d'après la figure publiée par Eichwald, à laquelle notre plésio- type ressemble complètement, avec un sinus identique. Localité. — Salles (gisement non indiqué par l'étiquette, mais le sable, contenu dans la cavité umbonale est bien celui de Largileyre); deux valves opposées (PI. III, flg. 18-19), coll. Benoist, au Musée d'Hist. nat. de Bor- deaux; même gisement, coll. Neuville et de Sacy. — fielvctien. — 199 — CYRTODARIA (1) Daudin, 1799. (:= Glycymeris Lamk. 1801, non 1799) « Coquille équivalve, épaisse, calleuse, oblongue, transverse, très inéquilatérale (côté antérieur plus long que le postérieur), bâillanle aux deux extrémités, revêtue d'uu épiderme épais, débordant; crochets peu saillants, souvent érodés ; plateau cardinal épais, calleux, sans dents; ligament extérieur, fort, porté sur des nymphes saillantes; impressions profondes; ligne palléale éloignée du bord de la coquille, et montrant en arrière une légère sinuosité ». G. -T. : Glycymeris siliqua Laml^;. Ce Genre se distingue de Glycijmeris moins encore par sa forme et par la brièveté de son côté antérieur que par sa charnière édentée et que par l'absence presque complète de sinus palléal. Fischer, dont nous avons reproduit textuellement la diagnose ci-dessus, signale l'épaisseur du plateau cardinal : ce n'est pas, à proprement parler, un plateau supportant des dents, mais seulement un épaississement du bord cardinal, dans le prolon- gement de la nymphe; aussi classons-nous Cyrtoclaria dans le Sous-Ordre Adapedonta, dans la même Famille que Ghjcymeris dont la charnière est ici simplement atrophiée. 56. Cyrtodaria Neuvillei nov. sp. PI. IV, %. 33-34. Test épais. Taille assez grande; forme peu convexe, étroite, inéquilatérale; côté antérieur très allongé, ovale à l'extrémité; côté postérieur assez court, à contour polygonal quoique les angles soie'nt arrondis; bord palléal tout à fait rectiligne au milieu, se raccordant en courbe à ses extrémités avec les con- tours latéraux; crochets non saillants, opposés, situés aux trois cinquièmes de la longueur, du côté postérieur; bord supérieur moins élevé en avant qu'en arrière, peu déclive de part et d'autre, presque parallèle au bord palléal, surtout en arrière. Surface dorsale très peu bombée, marquée de stries irrégu- (1) Etym. : jcupTOç, court. ; Satpw, je décortique ; {fide Hen-mannsen). — 200 - lières d'accroissement. Bord cardinal épais, iiioiitrant seule- ineiif, sur la valve gauche seule comme, une dénivellaliou de sou contour inférieur sur le crochet à remplacement tle la dent 2 atrophiée; aucune saillie n'en indifjue l'existence; nymphe assez longue, très épaisse, débordant à l'intérieur sur le hord cardinal, extérieurement limitée par une large rainure. Impression du muscle antérieur étroite et squalène; impression du muscle postérieur moitié plus petite et plus courte; sinus palléal l'éduit à un crochet de même dimension que l'impression musculaire; ligne palléale peu parallèle au bord, frangée en dessus et au niilieu en dessous. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 75 niill. ; diamètre umbono- palléal : 30 mill. Rapp. et diff. — Cette intéressante coquille fait descendre — dans la série straligraphique — le G. Cyrtodaria beaucoup plus bas qu'on ne le pensait jusqu'à présent; elle se distingue de l'espèce du Crag d'Anvers par son lest encore plus épais, par son côté postérieur moins court et plus polygonal, par son crochet encore moins proéminent sur le contour supé- rieur. Elle est d'ailleurs beaucoup plus allongée que le génotype des mers septentrionales. Localité. — Léognan (le Coquillat), unique (PI. IV, fig. 33-34), coll. Neu- ville. — Burdigalien. DEGRANGIA Cossm. 1909, nov. Gen. Coquille assez grande, à test peu épais, bâillante aux deux extrémités, ovale, transverse, subéquilatéi-ale, non rostrée en arrière; crochets petits, opposés ; liffament exter- FiG. 8. — Charnière de Degrangia Fischeri Mayer. ne, pose sur une nymphe relati- vement courte et très saillante à son extrémité anguleuse; charnière très petite pour la taille des valves, comportant : sur la valve droite, une dent 3 à deux courtes branches 3» 3/,; sur la valve gauche, une seule dent 2 lamelleuse, issue de la cavité umbonale, plus un — 201 — rudiment de dent 4^, presque confondue avec l'origine de la nymphe; injpressions musculaires hien gra\ces, rantéritui'e étroite et oblongue; sinus palléal grand et profond, séparé de la ligne palléale par une languette confluente sur pi'esf[ue toute sa longueur. G. -T. : Panopœa Fischerina JNJayer. — Miocène. Ce Genre est liés ambigu par le mélange hétéroclite de ses principaux caractères : ainsi qu'on l'a vu ci-dessus, il a, surtout sur la valve droite, une cliarnière tout à fait comparable à celle de Solcnocurtus, et qui s'écarte de celle des Panopées, parce que 3 possède deux branches et qu'il va déjà une apparition rudimentaire de 4 ; en outie, la saillie de la nymphe n'a aucune analogie avec la position du ligament chez Glycymeris ; à ce point de vue, Degrangia se rapprocherait plutôt des Psammobies, mais sa charnière, dépourvue de plateau cardinal, s'oppose à ce qu'on pousse plus loin la comparaison. D'autre part, malgré l'analogie de la charnière, je ne crois pas qu'il soit possible de classer Degrangia dans le Cénacle Solenacea, à cause de la disposition de sa nymphe, de la forme de ses impressions mus-, culaires et de son sinus; même Azor, qui a les crochets presque médians comme Degrangia, a une tout autre forme, un test plus épais, une nymphe bien moins saillante, un sinus très différent, etc. En définitive, c'est de la Fam. Glycymeridse que notre nouveau Genre s'écarte le moins par l'en- semble de ses caractères, et l'auleur propose en conséquence de l'y classer. Jusqu'à présent, Degrangia ne paraît être représetUé que par l'espèce génotype; nous ne connaissons dans le Tertiaire supérieur aucune forme autre que celle du Bordelais qu'on puisse y rapporter. Mais, dans l'Eocène des environs de Paris, G. duhia Desh. a quelque analogie avec ce Genre : il semble que la charnière de la valve droite comporte un dédoublement des branches de la dent 3, autant qu'on peut s'en rendre compte d'après les spécimens bien défectueux que j'ai eus sous les yeux; d'autre part, la surface externe de ces spécimens présente bien le même aspect irrégu- lièrement plissé de ceux du Bordelais. Si cette assimilation se confirme, il en résulterait que l'origine de Degrangia serait déjà relativement ancienne. 57. Degrangia Fischeri (iMayer ew.). Pi. III, fîg. 36 39; et PI. IV, fig. 19. 1861. Panopœa FischerinaMajer. Journ. Conch., IX, p. 366, pi. XV, fig. 11. 1870. Panopœa Fischeri Mayer. Cat. Mus. Zurich, pp. 24, 39. 1873. Panopœa Fischerina Benoist. Cat. Saucats, p. 20, n" 15. Test mince et fragile. Taille moyenne, forme ovale-transverse, médiocrement convexe, subéquilatérale, légèrement bâillante à — 202 -^ ses deux extrémités; côté antérieur régulièrement ovale, un peu plus court que le côté [)ostérieur qui est obliquement tronqué, quoique non rectilignc à son extrémité; bord palléal régulière- ment arqué, se raccordant en courbe avec les contours laté- raux; crochets petits, pointus, j)eu saillants, opposés, situés à peu près aux trois septièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur un peu convexe en avant, plus déclive en arrière du crochet, abstraction faite de la saillie de la nymphe. Surface dorsale non brillante, peu bombée, ornée de |)lis irréguliers d'accroissement, déprimée sur la région anale où les plis deviennent un peu rugueux vers les bords des valves. Charnière conforme à la formule indiquée dans la diagnose générique : les branches 3^ et 3i sont très petites et aplaties, 3^ adhérente au bord aniéro-supérieur, 3^ plus oblique et simplement séparée de la nymphe par un sillon rainure ; entre elles est un intervalle trigone destiné à loger 2 qui foi-me une lamelle mince, dii-ecte- ment issue de la cavité umbonale et légèrement oblique vers l'arrière; nymphe aplatie, formant- un long triangle squalène dont l'extrémité |)ostérieure se dresse abrupte au-dessus du bord supéro- postérieur. Impressions musculaires situées très haut et très inégales, J'antérieure étroitement allongée, la pos- térieure ovale; sinus grand, ovale, dépassant l'aplomb du cro- chet, se raccordant à l'impression palléale par une languette confluente sur toute son étendue. Dm. Diamètre antéro-postérieur : 27 mill. ; diamètre umbono- palléal : 15 mill. Rapp. et difif. — Le classement de- cette espèce dans un Genre nouveau, complètement distinct de Glycymeris par sa charnière, nous dispense d'in- sister sur les motifs pour lesquels on ne peut même pas supposer que ce soit un jeune spécimen de G. i)/ena?'di; d'ailleurs la forme et la minceur des valves, la saillie de la nymphe, le contour du sinus sont autant de dif- férences capitales qui écai^tent cette hypothèse a priori. Ce quia été exposé ci-dessus à propos du classement de Degrangia rend également inutile toute comparaison de l'espèce de Mayer avec Psa?mno6m^ Soletellina ou Gari dont la rapprocheraient seulement sa nymphe saillante et son sinus confluent. Localités. — Saucats, néotypes (PI. III, fig. 36 et 38-39) ; deux autres — 203 — valves de plus grande taille, mais douteuses (fig. 37 et pi. VI, fig. 19), coll. Deshayes,à l'Ecole des Mines; rare à la carrière Giraudeau, d'après Benoist. — Burdlgalâen. SAXICAVID^ Gray. Coquille polymorphe, épaisse, très iiiéquilatérale, perforante ou fixée aux anfractuosités ; charnière munie d'une dent 3 et d'une dent 2, la première parfois dédoublée, s'oblitérant chez les individus gérontiques; ligament externe, posé sur une nymphe peu saillante, séparée du bord par une rainure; impres- sion palléale sinueuse. Cette Famille doit être séparée des Glycymeridœ, parce que l'animal de Saxicava a une existence très différente de celui des Panopées; la charnière présente aussi des différences qu'il est aisé de constater au premier abord, les dents sont plus détachées du bord et présentent déjà une tendance à l'emboîtement au lieu d'une simple juxtaposition. Outre le Genre Saxicava, représenté dans l'Aquitaine, la Famille com- prend : Saxicavella Fischer, avec lequel on a souvent confondu une coquille bordelaise qui est en réalité un Anisodonta bien typique ; puis, Panomya et Paramya qui n'existent pas dans notre Miocène. SAXICAVA Fleuriau, 1802. Coquille très irrégulière, byssifère et bâillante en arrière; crochets antérieurs; surface rugueuse ou épineuse. G. -T. : Mi/a arctica Linné. — Viv. On a proposé beaucoup de noms génériques pour des défor- mations individuelles de la même espèce ; il n'y a en réalité qu'un seul Genre polymorphe auquel nous rapportons l'unique espèce ci-après. 58. Saxicava arctica [Linné]. PI. III, fig. 20-27. 1767. Mya arctica Linn. Syst. Nat., Ed. XII, p. H 3. 1837. Mytilus carinatus GoldL Petref.,II, p. 179, pi. CXXXI,tig. 14 {non Br.). 1844. Saxicava arctica Nyst. Goij. Fol. foss. Belg., p. 95, pi. III, flg. 15. 1830. — Wood. Crag Moll., II, p. 287, pi. XXIX, fig. 4. 1852. — d'Orb. Prod., III, p. 99, n" 1851, 26« et. 1852. Saxicava subrugosa d'Orb. Ibid., n° 1846, 26e et. — 204 — 1859. Saxicava arctica Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 24, pi. III, fig. i, 3-4. 1873. — Benoist Cat. Saucats, p. 19, ii« 12. 1878. — Benoist Et. Torton., p. 3. 1881. Saxicava ntgosa, var. arctica Nyst. Scald., p. 142, pi. XXVII, ilg. 9. 1901. Saxicava arctica Sacco. I Moll. Terz. Piem., XXIX, p. 47, pi. XIII, fig. 1-7. 1902. — Dollf. Dautz. Concli. Mioc. L., p. 72, pi. I, flg. 31-32. Test d'épaisseur variable. Taille n'atteignant pas 2 centimè- tres; forme très irrégulière, très itiéquilatérale, le côté anté- rieur étant obtus et très court; extrémité postérieure oblique- ment tronquée, souvent élargie; bord supéro-postérieur parallèle au bord palléal qui est presque rectiligne; crochets petits, peu gonflés, prosogyres, situés à peu près à l'extrémité antérieure des valves. De ce crochet rayonnent généralement, sur la sur- face dorsale, deux carènes subépineuses qui aboutissent respec- tivement aux deux angles de la troncature anale; le reste de la surface externe est rugueux et plissé par des accroissements irréguliers, dérangés par des cicatrices de déformations. Char- nière composée, sur chaque valve, d'une dent (3 ou 2), minus- cule, qui s'oblitère à mesure c{ue lacoquille vieillit; chez les très jeunes individus, on distingue même quelquefois une seconde branche 3a située un peu au-dessous de l'autre; nous n'avons pas observé ce dédoublement de la dent 2. Impression du muscle antéiieur bien gravée, arrondie, placée assez haut; impression du muscle postérieur, piriforme, située encore plus haut, près du bord cardinal et assez loin de l'extrémité anale; sinus palléal grand et arrondi. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 6,5 mill. ; diamètre umbono- palléal : 2,5 mill.; spécimen gérontique : 19 mill. sur 11 mill. Rapp. et diff. — L'espèce Unnéenne est trop variable pour qu'on puisse, avec quelque certitude, y distinguer des mutations miocéniques et pjiocé- niques; sans préjuger de la réunion à S. arctica des spécimens de la Tou- raine rapportés à S. rugosa, nous sommes convaincus qu'il n'y a qu'une seule espèce dans le Bassin de Bordeaux et qu'elle est identique à S. arctica. Mais il est peu probable que la mutation du Tongrien inférieur puisse être confondue avec l'espèce actuelle; quanta la forme ancestrale de l'Eocène moyen (S. vera Desb.), elle en est manifestement distincte. — 205 — En réalité, abstraction faite de la forme, qui varie suivant les individus, et de la charnière dont le développement est intimement lié à l'âge de l'animal, le principal critérium, pour reconnaître S. arctica, réside dans, l'existence des deux costules rayonnantes et subépineuses qui existent — au moins dans le voisinage des crochets — chez tous les spécimens de cette espèce. Aussi avons-nous rapporté à S. arctica les spécimens gérontiques et édentés qu'on confondait généralement dans le Bordelais avec S. rugosa, ce qui rend sans objet la dénomination subriigosa proposée par d'Orbigny. D'autre part, nous nous sommes assurés, par la comparaison avec un indi- vidu de Ritzing (Autriche), que possède l'un de nous, que c'est bien aussi cette espèce qu'on rencontre dans le Bassin de Vienne. Localités. — Mérignac, valve droite (PI. III, fig. 22-23), coll. Cossmann ; Cabanac, Villandraut (Gamachot), coll. Bial de Bellerade et Rozier; Méri- gnac (Piganeau), coll. Neuville; Saint-Avit, Lucbardez, La Saubotte, coll. Degrange-Touzin. — Aquitanien. Saucats (gisement non spécifié), deux grandes valves (PI. III, fig. 26-27), coll. Desh., à l'Ecole des Mines; Saucats (Lagus) rare (fig. 20-29), coll. Coss- mann; Léognan, spécimen gérontique (PI. III, fig. 24-25), coll. Nadal; Dax, coll. Bial de Bellerade. — Hurdigalien. Salles (Moulin Débat), coll. Benoist, au Mus. Hist. nat. Bord. — Helvé- tlen. Fam. BASTEROTIIDM Cossm., 1909. Coquille toujours inéquilatérale, à côté intérieur plus court et plus atténué que l'autre ; valves closes, égales, plus ou moins convexes, parfois gibbeuses; surface rarement lisse, générale- ment rugueuse ou granulée ; une dent en croc sur chaque valve; ligament externe et court, posé sur une nymphe souvent retrous- sée; impression palléale entière ou très légèrement sinueuse en arrière. Les coquilles que nous plaçons dans cette nouvelle Famille ont été con- fondues, soit avec des Poromya, quoique leur test ne soit pas nacré, soit avec des Cypricardia, quoique leur plateau cardinal ne soit pas formé, de sorte qu'il est inadmissible de les classer parmi les Hétérodontes. En réa- lité, elles ont presque exactement une « charnière de Panopée », pour emprunter l'expression de M. Douvillé, c'est-à-dire qu'elles sont intermé- diaires entre les Myacea et les Solenacea. Leur dent en croc 3 ressemble à celle de Corbula, mais leur ligament complètement externe, l'absence de cuilleron ou de fossette chondrophore les écartent absolument des Corhu- lidœ. Elles n'ont ni le sinus, ni surtout la forme — et par suite le mode — 206 — d'existence — des Solenacea; il semble plutôt qu'elles vivaient dans des cavités où leur test — assez mince en général — était mieux abrité; ce dernier point les rapproche, de même que leur charnière, des Saxicavidx à la suite desquels nous les classons. Les Genres dont nous composons cette Famille sont : Basterotia, avec la Section Fulcrella, et Anisoclonta; le premier seul parait encore représenté dans les mers actuelles [B. quaclrata Hinds). BASTEROTIA Mayer [in Hœrn. 1859). Coquille très gibbeuse, subcarénée en arrière, ornée de stries fibreuses ou granuleuses vers les bords; cro- chets saillants, prosogyres; une dent et une fossette sur chaque valve; nymphe courle et épaisse; impressions musculaires orbiculai- Fig. 9. — charnière de , , ^ rn r» / Baslerotia corbuloides res; pas de smus paileal. (j.-l. : n. corbu- Mayer. loides Mayer. — Miocène. Cette dénomination a pour synonyme antérieur Eucharis Recluz, 1850 [non Latreille), qui s'applique à l'espèce vivante précitée et à une dizaine d'autres formes des Antilles, de la mer Rouge ou du Japon ; toutefois, quelques-unes de ces dernières [ficle Fischer) sont bâillantes, tandis que le génotype fossile ne l'est pas. En 1886 (Gat. illustré, I, p. i37j, M. Cossmann a distingué un S. -G. Ful- crella (G. -T. Poromya paradoxa Desh.) qui diffère d' Anisodonta (considéré à tort comme synonyme de Basterotia) par sa nymphe non retroussée en arrière de la dent en croc, mais s'étendant parallèlement au bord supérieur. Ce Sous-Genre doit être rattaché à Basterotia et non pas à Anisodonta et on l'en distingue seulement par la disposition de sa nymphe plus allon- gée, par sa dent 2 plus saillante que chez Basterotia ; daxis ces conditions, c'est tout au plus une Section de ce dernier Genre, car la forme gibbeuse de certaines Fulcrella éocéniques se rapproche beaucoup de celle de B. cor- buloides. En tous cas, le genre Basterotia et sa Section Fulcrella doivent être nettement séparés d' Anisodonta, qui a un léger sinus palléal et uiie charnière un peu différente, ainsi qu'on le verra ci-après. — 207 — 59. Basterotia corbuSoides Mayer. PI. III, fig-. 44 48. 1859. Basterotia corbuloicles Eœrn .TerL Beck. Wien, II, p. 40, pi. III,fig. H. 1894. — Degr.-ïouz. Etude prélim. coq. foss. Ortliez, Actes Soc. Linn. Bord., XLVII, p. 4J3. 1902. Poromya Woodi Desh. in Dollf. Dautz. Conch. mioc. Loire, p. 88, pi. II, fig. 28-32. Test un peu épais. Taille moyenne; forme très convexe, gilDbeuse et carénée, très inéquilatérale ; côté antérieur court, ovalement atténué; côté postérieur dilaté et arrondi plutôt que tronqué; bord palléal presque rectiligne ou à peine arqué au milieu, se raccordant en courbe à ses extrémités avec les con- tours latéraux; crochets très gonflés, anguleux et saillants, peu prosogyres quoique inclinés vers le tiers de la longueur des valves, du côté antérieur; bord supérieur arqué et déclive en avant, rectiligne et relevé en arrière du crochet. Surface dorsale déprimée au milieu, convexe et bombée en avant et en arrière vers le bord palléal, mais carénée dans la région du crochet par un angle aigu qui sépare une région anale tout à fait aplatie et qui s'émousse insensiblement jusqu'à la région palléale arrondie, tandis que l'excavation de la région du corselet, près du crochet, se transforme graduellement en convexité; stries d'accroissement rugueuses ou fibreuses sur toute la surface, très régulières et serrées sur la face latérale et aplatie de la région anale des crochets. Charnière comportant, sur la valve droite, une dent 3 en arc saillant, tandis que la dent 2 se con- fond davantage avec le bord supéro-antérieurde la valve gauche ; nymphe courte, épaisse, un peu saillante dans l'angle du crochet et du corselet excavé, contre la face anale et aplatie. Impressions musculaires peu distinctes; ligne palléale non sinueuse, peu éloignée du bord. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 13 mill. ; diamètre umbono- palléal, y compris la saillie anguleuse du crochet : 9,5 mill. Observ. — Il ne nous paraît pas possible d'admettre, pour cette espèce, la dénomination Woodi que MM. Dollfus et Dautzenberg ont reprise, d'après — 208 — Deshayes, pour le fossile de la Touraiiie placé par ce dernier auteur, en 1850, dans le Genre Poromya; Desliayes s'est en effet borné à citer, à propos des espèces du Bassim de Paris, la coquille de la ïouraine, sans la décrire et en se bornant à la rapprocher de la forme vivante quadrata Hinds : WoocU est simplement un nomen nudiim, tandis que Hœrnes a donné une description et une figure très exactes de l'espèce qui existait déjà depuis longtemps dans la collection du Musée de Vienne sous le nom corbuloides appliqué par Mayer sur les étiquettes du fossile de Bordeaux. Il y a donc là une antériorité qu'il est impossible de nier, sous peine de fouler aux pieds toutes les décisions des congrès de nomenclature, et le nom Woodi ne date, en réalité, que de 1902, époque à laquelle il a été légitimé par une figure seulement, puisque la diagnose publiée par MM. DoUfus et Dautzenberg est elle-même reproduite textuellement d'après celle de Hœrnes, c'est-à-dire d'après le véritable corbuloides. Ijocalités. — Salles (Le Minoy), rare, plésiotype (PI. III, fig. 44-46), valve droite, coll. Neuville, valve gauche (fig. 47-48), coll. Cossmann ; Salles, coll. Degrange-Touzin; Sallespisse, coll. Degrange-Touzin, rare. — Hcl- Tétfieu, Mandillot, Cabanac, coll. Neuville, rare. — Burdîgalieii. 60. Basterotia Biali nov. sp. PI. V, fig. 6-8. Test un peu épais. Taille assez petite ; forme convexe, oblongue-transverse, très inéquilatérale ; côté antérieur extrême- ment court et arrondi; côté postérieur plus dilaté, elliptique, non tronqué; bord palléal peu arqué, raccordé en courbe à ses deux extrémités avec les contours latéraux; crochet petit, peu gonflé, prosogyre, situé un peu en avant du quart de la longueur de la valve, du côté antérieur; bord supérieur légèrement arqué de part et d'autre du crochet. Surface dorsale bombée, subangu- leuse surtout vers le crochet où la région anale est tout à fait aj)latie; mais la séparation des deux régions s'arrondit beau- coup vers les bords; stries d'accroissement fines et peu régu- lières, plus rugueuses vers le bord palléal. Charnière de la valve droite comportant une petite dent 3 assez émoussée sous le ciochet et, en arrière, une petite nymphe convergeant aussi vers le crochet et limitée par une fine rainure du côté du bord supéro-postérieur. Impressions musculaires orbiculaires et bien — 209 — gravées, surtout l'antérieure; impression palléale écartée du boi'd, non sinueuse en arrière. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 8,5 mill. ; diamètre umbono- palléal : 6 mill. Rapp. et dilf. — Il est impossible de confondre cette coquille avec B. corbuloides, car elle n'en a ni la forme subtrigone, ni la forte carène dorsale, son crochet est beaucoup moins saillant, situé beaucoup plus en avant. La dent cardinale est peu saillante, mais il est possible que ce soit un effet de l'usure sur l'échantillon ci-dessus décrit; en effet, on ne distingue pas non plus très nettement la fossette qui devait loger la dent 2 de la valve opposée : il semble que toute la charnière a subi un frottement qui en aurait oblitéré les saillies et comblé les creux. Sa forme ovale-transverse rappelle aussi B. Neuvillei, mais nous ne croyons pas que ce soit une Fulcrella à cause de la brièveté de la nymphe; nous n'apercevons pas non plus l'enracinement dans la cavité umbonale d'une forte dent en croc comme celle de l'autre espèce. Dans ces conditions, bien que nous n'ayons pu en étudier qu'une valve droite, nous croyons utile de la séparer sous un nouveau nom spécifique, pour la signaler à l'cittention de nos confrères. Localité. — Cestas, unique (PI. V, fig. 6-8), coll. Bial de Bellerade. — Kurdfgalien. 61. Basterotia (Fulcrella) Neuvillei nov. sp. PI. V, %. 16- (9. Test médiocrement épais. Taille assez petite; forme oblon- gue-transverse, quelquefois un peu variable, convexe k l'âge de l'adulte, très inéquilatérale; côté antérieur court et arrondi; côté postérieur allongé, subtronqué obliquement ou à peine arqué; bord palléal presque rectiligne, seulement raccordé en courbe à ses extrémités avec les contours latéraux ; crochets petits, peu gonflés et peu saillants, prosogyres, situés presque au quart de la longueur des valves, du côté antérieur; bord supérieur convexe et déclive en avant, très peu arqué ou presque horizontal en arrière du crochet. Surface externe très bombée, presque cylindracée au milieu, séparée de la région anale par un angle décurrent et arrondi; stries d'accroissement irrégulières, rugueuses vers les bords chez les spécimens adultes. Charnière Tome LXIII. 14 — 210 -- comportant sur la valve droite une forte dent 3, incurvée en crochet saillant, adjacente à une fossette antérieure pour la dent opposée 2 qui est également saillante sur la t? ^f^ n^, ■- a j? i ?, n o FiG. 10. — Charnière de Fulcrella Cossm. valve gauche, mais contiguë au bord antérieur et séparée par une fossette de la nymphe peu proéminente, simplement indiquée par une petite rainure qui la limite au-dessus et qui la distingue du bord supéro-posté- rieur. Impressions musculaires petites, peu visibles, situées assez haut; impression palléale non sinueuse en arrière. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 11 mill. ; diamètre umbono- palléal : 7 mill. 5; épaisseur d'une valve : 3 mill. Rapp. et diff. — Cette intéressante espèce — dont nous avons étudié toute une série d'individus de taille et d'âge différents — a tous les carac- tères de la Section Fulcrella, dans le Genre Basterotia; elle rappelle même quelques espèces parisiennes, de sorte qu'il est très intéressant de consta- ter que ce groupe, déjà répandu à l'époque tlianétienne, s'est poursuivi jusque dans l'Helvétien du Sud-Ouest de la France. B. Neuvillei est beau- coup plus inéquilatéral que B. par adoxa et que B. Baudoni, plus étroit que ce dernier, moins atténué en avant que B. edentula, moins élevé surtout que B. oncodes qui est aussi convexe ; les autres espèces du Bassin de Paris s'en écartent encore davantage et elles n'ont pas toutes une dent aussi forte ni aussi saillante sur chaque valve. Toutefois, il est utile de faire remar- quer à ce propos que la saillie apparente de cette dent dépend beaucoup de l'angle sous lequel on l'examine : elle sort en effet — comme un croc de sanglier — de la cavité umbonale où elle s'enracine par un contrefort très épais qu'on ne distingue bien qu'en renversant la valve, le sommet en bas; il en résulte que si l'on pose la valve à plat sur le dos pour la dessiner, l'extrémité de cette tige est seule visible et qu'elle paraît moins grosse et moins saillante qu'elle ne l'est en réalité. C'est ce qui explique pourquoi les fossettes destinées à loger ces dents semblent d'une petitesse dispropor- tionnée avec le volume de la dent et de sa racine, et pourquoi, notamment sur la valve gauche, la dent ne parait presque pas distincte du bord antéro- supérieur, tandis que si on regarde en profil, la pointe dépasse de beaucoup ce bord. Localités. — Salles (le Minoy), peu rare; cotypes figurés (PI. V, fig. 16- 19), coll. de l'Ecole des Mines, recueillis par M. Neuville. — îlelTétlen. 211 ANISODONTA Desh. 1858 {non 1863). Coquille à test mince, inéquilalérale, généralement aplatie, dilatée et subanguleuse ou tronquée obliquement en arrière; côté antérieur court et atténué; surface rugueuse ou granuleuse ; crocliels peu saillants, prosogyres, situés très en avant; bord cardinal peu épais; dénis 2 et 3 médiocrement saillantes, plutôt tuberculeuses; nymphe courte, peu jression. Les fragments de l'Aquitanien paraissent plus étroits que la forme typique du Burdigalien, et leur sillon antérieur semble moins oblique. DiM. Longueur ou diamètre antéro-poslérieur : 125 mill.; lar- geur ou diamètre umbono-palléal : 22 mill.; épaisseur des deux valves : 12 mill. Rapp. et dilf. — Cette espèce ne peut évidemment être confondue avec l'espèce vivante, S. vagina, car elle s'en distingue par son impression musculaire antérieure plus allongée, par sa troncature plus oblique, par son pli beaucoup plus profond, accentué par le retroussement du bord buccal, surtout par ses proportions plus larges. Ces différences étant bien établies, il reste h déterminer s'il y a une ou plusieurs formes fossiles dans les couches néogéniques de France et quel nom il y a lieu de leur donner. Or, d'après la planche du Mémoire de MM. DoUfus et Dautzenberg, sur laquelle le Solen de l'Helvétien de la Touraine a été figuré pour la première fois, il n'y a pas de différences appréciables entre les fragments de cette région et les spécimens burdigaliens, signalés dès 1825 par Basterot; peut- être le pli buccal est-il moins profondément rainure, mais cela peut tenir à l'état d'usure de la surface ; la forme de la troncature, la charnière — 220 — et les impressions paraissent identiques. Seulement, au lieu de reprendre le nom burcligalensis sous lequel l'espèce bordelaise a été figurée pour la première fois, en 1873, par Benoist, ces deux auteurs ont adopté le nom manuscrit de Desliayes (S. siliquarius), admis par Dujardin sans description et cité en synonymie par Benoist. Nous peasons que le choix de cette dénomination n'est pas conforme aux règles correctes de nomenclature : entre deux noms sans description ni figure, on ne doit adopter le plus ancien que si l'autre n'a pas été ultérieurement figuré, ce qui est précisé- ment le cas pour S. burcligalensis, tandis que S. siliquarius n'a été figuré qu'en 1902. Nous laissons de côté les figures publiées par Hœrnes, en 1859, sous le nom vagina, de même que les provenances pliocéniques signalées par M. Sacco en 1901 ; car il ne nous paraît nullement prouvé que ce soient des S. burcligalensis. En ce qui concerne la forme tortonienne du Portugal, M. G. Dollfus l'a désignée en 1903-1904, dans le fascicule posthume de Péreira da Costa, sous le nom de var. lusitanensis parce qu'elle est manifestement plus large et plus courte que S. burdigalensis et surtout que S. vagina. Dans l'Eocène des environs de Paris, S. plagiaulax Cossm. a la troncature buccale plus arrondie, le sillon beaucoup plus oblique et plus écarté du bord que chez S. burdigalensis ; ses crochets sont situés moins en arrière. Localités. — Pont-Pourquey, valve gauche (PI. IV, fig. 2), coll. de Sacy; Cestas, coll. de Sacy; St-Médard-en-Jalle, coll. Degrange-Touzin. — Bur- digalien. Assez commune. Léognan (Le Thil), valve droite (fig. 3), coll. de Sacy; Saucats (Lariey), coll. Benoist au Mus. Hist. nat. Bord. ; La Brède (Lassalle, tranchée du chemin de fer) ; St-Selve (Raton-Durand); Martillac (Breyra), coll. Degr. Touzin. — Aquitanten. Salles, rare, ficle Benoist. — Helvétfen. 66. Solen subfragilis Eichw. PI. IV, fig. 4-5. 1830. S. subfragilis Eichw. Natur. Skizze, p. 204. 1853. — Eichw. Leth. Rossica, III, pp. 462 et 132. 1859. — Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 14, pi. I, fig. 12-13. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 17, n° 7. 1877. — Benoist. Mon. Solén., p. 325, pi. XXI, fig. 10 a6c. 1895. — Zittel. Grundz. Palœont., p. 301, flg. 702. Test mince. Taille petite; forme étroite, allongée, très inéqui- lalérale; côté autérieui' égal au dixième de la longueur, limité — 221 — par un contour oblique et incurvé; extrémité postérieure ovale, non tronquée; bords supérieur et p;»lléal lectilignes et parallè- les; crochet petit, non saillant, pointu et prosogyre. Surface dorsale lisse et brillante, seulement marquée par des stries d'accroissement très fines, parallèles au bord pailéal et au bord anal, repliées suivant une ligne diagonale très obsolète ; dépres- sion buccale médiocrement profonde, séparant le rebord anté- rieur qui se retrousse légèrement, mais qui est dépourvu de stries lamelleui.es. Charnière de la valve gauche comportant une dent 2 triangulaire et bifide, saillante et pointue; la fos- sette destinée à loger la dent 3 est profondément creusée contre le rebord antérieur; nymphe étroite et peu proéminente, limitée par une rainure externe. Impression du muscle antérieur moitié moins longue que la nymphe; impression du muscle postérieur allongée en forme de palme; impression palléale non parallèle au bord, se rapprochant beaucoup de la charnière, vers son extrémité antérieure; sinus ovale et peu allongé. DiM. Longueur : 19 mill.; largeur : 3,5 mill. Rapp. et diflf. — Les fragments de la coll. Benoist étant trop incomplets pour être caractérisés, nous rapportons à cette espèce une petite valve gauche bien intacte, qui répond assez exactement à la diagnose de cet auteur. Nous ne croyons pas qu'on puisse la confondre avec les jeunes individus de S. burdigalensls, parce que : 1° son extrémité anale paraît moins tronquée; 2° sa dent 2 est plus nettement bifide; 3° son impression musculaire antérieure est beaucoup moins allongée; 4° son impression musculaire postérieure n'a pas la forme que Benoist a signalée pour l'autre espèce; 5° son impression palléale n'est pas parallèle au bord et se relève bien davantage en avant; 6° sa rainure buccale est moins profonde, plus oblique, non lamelleuse. Quant à l'identification de l'espèce bordelaise avec celle du Bassin de Vienne et de la Sarmatie, nous avons pu confirmer l'interprétation pro- posée par Benoist, en comparant la forme aquitanienne avec deux valves provenant du Sarmatien de la Russie et déterminées par feu Sokolow (coll. Cossraann) : ces valves sont incomplètes, mais elles montrent la charnière, et elles nous paraissent identiques à celle qui a été décrite ci-dessus, ainsi qu'à la figure publiée par Benoist. Dans ces conditions, il nous paraîtrait téméraire de proposer un autre nom pour l'espèce du Bordelais, malgré l'écart géographique et stratigraphique des gisements; nous en concluons 222 — donc que S. subfragilis a vraisemblablement vécu pendant toute l'époque miocénique. Localités. — Le Plantât, une valve (PI. IV, fig. 4-5), coll. de Sacy; coll. Benoist, au Mus. d'Hist. nat. de Bord.; La Brède et Bernachon [fide Benoist). — Aquitanfen. ENSIS Schumacher, 1817. Coquille longue, étroite, arquée, à test mince; forme très iné- quilatérale; crochets antérieurs et subterminaux; charnière comportant : sur la valve droite, une clent 3 (voir schéma ci- dessous) en chevron très ouvert, dont la pointe 3a est petite, mais saillante et pointue, tandis que l'autre branche 3i s'allonge le long de la nymphe avec laquelle elle est généralement confon- due; sur la valve gauche, deux dents 2 et 4, également en che- vrons, dont les deux pointes antérieures (2„, 4^) forment une paire de tenailles sous le crochet, tandis que leurs lames postérieu- res (2^, 4é) s'ali- gnent au-dessous de la nymphe, vis-à-vis de 36 qu'elles enser- rent; impressions musculaires très inégales, l'antérieure dédou- blée en marteau, la postérieure très écartée et à demi-cachée sous le bord supérieur; sinus palléal très peu profond; impres- sion palléale assez éloignée du bord et ondulée. G. -T. : Solen ensis Linné. — Viv. Ensls se distingue génériquement de Solen, non seulement par sa forme arquée et par son impression musculaire antérieure en marteau, mais sur- tout par sa charnière déjà plus complexe : la plupart des auteurs ont indi- qué qu'elle comporte une dent sur la valve droite et deux sur la valve gauche; Fischer a mentionné en outre une production lamelliforme et horizontale sur cette valve gauche, en lui attribuant le rôle d'une dent laté- rale postérieure. Mais M. Douvillé [loc. cit., p. 101) a constaté le dédouble- ment de cette lamelle, aussi bien sur les valves gauches d'Ensis siliqua que sur celles d'E. cnsis, et, en outre, il a signalé une lamelle homologue sur la valve droite ; étudiant de plus près la phylogénie de ces lamelles, il a été conduit à les rattacher aux dents subumbonales dont elles forment le che- 3. Fig. 13. — Charnière A'Ensis, d'après M. Douvillé. — 223 — vron très ouvert. Oa remarquera toutefois que 2 et 4 sont presque complè- tement soudées ensemble sur toute la région voisine du crochet de la valve gauche, de sorte que, sur une certaine partie de sa longueur supérieure, le chevron 3 n'a qu'un logement très superficiel. La faible saillie de ces lamel- les postérieures, leur adhérence à la nymphe, expliquent pourquoi elles ont généralement échappé aux observateurs. Le G. Ensisne paraît pas avoir fait son apparition avant l'époque miocé- nique, ce qui confirme l'évolution de la charnière qui dérive, par une spé- cialisation plus moderne, du type ancien de Solen où elle se réduit aux dents simples 2 et 3. Ensis a pour synonyme postérieur E?isaife//a Swains. (1840) et ne comporte d'ailleurs aucune subdivision. 67. Ensis cf. Rollei [Hœrnes]. PI. IV, fîg. 12-14. 1832. Solen ensis Des Moulins. Aet. Soc. Linn. Bord, V, p. 114 [non L.). 1859. Solen Rollei Hœrn. ïert. Beck. Wien, II, p. 15, pi. I, fig. 14. 1862. Ensis Rollei Nyst. Edeghem, p. 18. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 18, n" 10. 1877. Ensis Basleroti Benoist. Monogr. Solén., p. 328, pi. XXII, fig. 4 sol. 1894. Ensis Ro/ZerDegrange-Touzin. Etude prél. coq. foss. Orthez, Act. Soc. Lin. Bord., vol. XLVII, p. 416. 1901. — Dollf. Dautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 5. 1902. — Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 65, pi. I, fig. 35-38. Fragments minces et fragiles. Taille assez petite; forme étroite, oblongue, déprimée ou peu convexe, un peu arquée dans sa longueur; extrémité antérieure très courte, peu arron- die, sublronquée, non séparée par une dépression du reste de la surface qui est lisse et brillante, avec quelques stries d'ac- croissement peu marquées et incurvées; crochets petits, à peine saillants sur le contour, situés à peu près à l'extrémité antérieure, de sorte que la partie anale des valves en forme presque la lon- gueur totale. Ciiarnièrc [)eu développée, peu proéminente, com- portant 3a, 2a, 4(1, cette dernière très courte; mais 3^ est totale- ment confondue avec la nymphe. Branche antérieure de l'im- pression musculaire, verticale sous le crochet, de sorte que les deux branches ne font pas un angle aigu. — 224 — Rapp. et diff. — Ily a deux caractères constants, par lesquels la coquille ci-dessus décrite se distingue de la var. rainor de l'espèce actuelle (S. ensis) : d'abord elle est beaucoup plus aplatie, de sorte qu'elle semble moins bâillante et moins tronquée en avant que l'espèce linnéenne; ensuite l'im- pression musculaire de notre fossile a sa branche antérieure plus verticale et limitée par un épaississement qu'on n'observe pas chez les spécimens vivants que nous avons comparés; quant à la charnière, elle est identique chez les deux espèces; il n'y a rien à dire de la forme plus ou moins arquée des valves, attendu que nos fragments fossiles ne comportent qu'une lon- gueur tellement restreinte de la valve, qu'ils paraissent presque rectilignes; les tentatives de restauration que Benoist a faites sur ses figures ne permet- tent pas de faire une comparaison sérieuse à ce point de vue. La séparation du fossile et de l'espèce actuelle étant bien confirmée, il reste à établir s'il y a lieu de donner aux spécimens de l'Aquitaine (niveau Helvétien) le nova Basteroti Benoist, ou. le nom Rollei Hœrn., comme l'ont fait MM. Dollfus et Dautzenberg pour les échantillons de la Touraine. Malheureusement, il ne nous a. pas été possible de retrouver les types originaux de Benoist dans sa collection, et nous sommes réduits à quel- ques rares fragments provenant de l'Helvétien, élimination faite de ceux du Burdigalien qui, comme on le verra ci-après, représentent une espèce bien distincte; or il se trouve précisément que ces fragments ressemblent plus à la figure publiée par Hœrnes qu'aux spécimens de Touraine auxquels nous les avons minutieusement comparés et qui sont coupés plus carré- ment à leur extrémité antérieure ; de sorte que nous préférons les rapporter à l'espèce du Bassin de Vienne plutôt que les désigner sous le nom Bas- teroti comme Benoist l'avait fait à tort dans sa seconde publication, reve- nant sur l'identification proposée dans son premier Catalogue. S'il y avait une séparation à faire, ce serait plutôt pour les spécimens de la Touraine qui sont encore moins arrondis sur leur contour buccal. Quant aux Ensis du Scaldisien d'Anvers et du Grag d'Angleterre, d'après la comparaison des échantillons que possède l'un de nous, ils paraissent identiques à l'espèce actuelle, ce qui i^endrait inutile la dénomination SHÔensis proposée par d'Orligny dans son Prodrome, et ce qui les sépare de notre E. Rollei. liOcalités. — Salles (Le Minoy), rare (PI. IV, fig. 12-14), coll. Duver- gier; Saucats (La Sime), coll. Bial de Bellerade; Salies-de-Béarn, coll. Degrange-Touzin. — Helvétien. — 225 — 68. Ensis Degrangei nov. sp. Pl.lV,fig. 18-19et6-7,9-11. J877. Ensis Rollei Benoist. Moiiogr. Solén., p. 328, pi. XXII, flg. 5-6 {non Hœrn.). Fragmenis à test mince. Taille au-dessous de la moyenne; forme étroite, arquée, très déprimée, inéquilatérale; côté anté- rieur court, ovale, dépourvu de sillon rayonnant; côté posté- rieur formant presque toute la longueur de la valve, tronqué à son extrémité. Charnière comportant : sur la valve droite, 3a mince et pointue, séparée d'une petite protubérance antérieure par une fossette peu profonde; sur la valve gauche, 2a et -ia semblables à une paire de tenailles, séparées par un intervalle très étroit et destiné à loger 3a; nymphes allongées parallèle- ment au bord cardinal, lamelleuses et très saillantes, avec les- quelles se confondent presque les lamelles 3ô, 2i, âb, dont il a été question ci-dessus dans la diagnose générique. Impression musculaire antérieure, formée de deux branches en équerre ou en forme de marteau, la branche antérieure oblique sous le crochet et séparée de la région buccale par un épaississement obsolète, la branche postérieure non parallèle au contour supé- rieur et s'étendant jusqu'au tiers de la longueur de chaque valve. Rapp. et diff. — Elimination faite des spécimens helvétiens que Benoist avait séparés sous le nom Basteroti et qui sont — comme on l'a vu ci-des- sus — plutôt voisins d'£. Rollei, il reste, dans le Burdigalien et dans l'Aqui- tanien, de petits Ensis qui ne nous paraissent pas pouvoir être confondus avec la forme lielvétienne : en effet, leur extrémité antérieure, au lieu d'être subtronquée et légèrement arquée comme celle d'-B. Rollei, est ovale et elle dépasse notablement l'aplomb du crochet qui — par suite — n'est pas aussi terminal; en outre, les valves sont encore plus aplaties que celles des spécimens helvétiens et, à ce point de vue, elles s'écartent encore davantage de celles d'Ensis ensis; d'autre part, la branche antérieure de l'impression musculaire buccale est moins verticale sous le crochet, de sorte que les deux branches ne sont pas du tout orthogonales. Ces diffé- rences sont constantes et la première surtout a une grande importance dans le G. Ensis; aussi n'hésitons-nous pas à proposer une nouvelle déno- ToME LXIII. 15 — 226 — mination pour la forme burdigalienne, tout en regrettant que la preuve de la confusion faite par Benoist ne puisse pas être clairement établie par la comparaison des originaux qui ont disparu et qu'il faille éliminer, pour l'espèce burdigalienne, le nom Basteroti qu'il a appliqué à la forme helvé- tienne dont l'identité est plus douteuse; mais les règles de nomenclature "ne nous permettent pas de reprendre Basteroti pour la mutation du Burdi- galien, sous peine de confusion. Localités. — Léognan (Coquillat), un fragment de valve droite (PI. IV, flg. 6-7), coll. Degrange-Touzin; Saucats (Lagus), autre fragment (flg. 18-19), coll. Gossmann; nombreux débris (fig. 9-11), coll. Bial de Bellerade; Pont- Pourquey, coll. Degrange-Touzin. — eurdigalieu. Léognan (le Thil), coll. Bial de Bellerade. — AquUanien. PHARUS Leach, in Gray, 1840. (= Polia d'Orb., 1843; = Ceratisolen Forb. et Hanl., 1848). Coquille très mince, comprimée, subéquilatérale; crochets non saillants; charnière voisine de celle à'Ensis, comportant: sur la valve droite, une dent en équerre, dont la branche 3a fait une saillie perpendiculaire au bord sous le crochet, tandis que la branche Bb, plus longue, s'aligne le long de la nymphe; sur la valve gauche, une dent assez épaisse (2» 2^), saillant un peu obliquement sous le crochet, et coiffée par la dent 3» 36; ses deux branches sont peu écartées, quoiqu'elles divergent presque orthogonalement; en ou- tre, le long de la nymphe ::c:^ de la valve gauche est X^, '*' 3^ ^ une dent 4^, formant avec ^ ,, „^ ., ^ „, fiG. 14. — Charnière de Pliarus legumen [L]. 2^ une sorte de tenaille étroite qui enserre 3^, tandis que 3^ vient se loger dans une assez large fossette comprise entre 2^ et un renflement du bord cardinal qui représente la branche 4^ de la seconde dent 4; du côté antérieur, le bord cardinal — qui est nul en arrière sous la nymphe — forme un épaississement allongé sur lequel s'étend très obliquement une arête comparable à une lamelle dentaire. Clavicules internes de renforcement divergentes à l'intérieur des valves et rayonnant du crochet. Impression de l'adducteur anté- 227 rieur des valves horizontale, étroite, très rapprochée des dents cardinales; impression postérieure très éloignée; une petite impression pédieuse sous la charnière; sinus palléal bien mar- qué; impression palléale non parallèle au bord et assez écartée de lui. G. -T. : Solen legumen L. — Viv. Le nom Phariis a la priorité sur Polia et sur Ceratisolen ; d'ailleurs Polia était préemployé, dès 1816, pour un Lépidoptère (Oclisenh.). La même dénomination Pharus a été postérieurement appliquée à des Genres de Coléoptères et d'Arachnides. Ce Genre tout particulier a une charnière intermédiaire entre celle d'£n- sis et celle de Solenocurtus : les dents sont en même nombre que celles d'Ensis, mais les lamelles h sont beaucoup plus courtes; elles sont aussi petites que celles de Solenocurtus, mais il y en a une en plus (4» 46.] Le test est aussi mince que celui d'Ensis, mais la forme est subéquilatérale comme celle de Solenocurtus. EaOn les clavicules et les impressions musculaires représentent le maximum de la complication de ce qu'on peut observer chez les CultelUnse. La fossilisation ayant généralement pour effet d'empâter les productions dentiformes de la charnière, on conçoit que cette charnière ait été l'objet de variations très discordantes dans les diagnoses des auteurs qui ont décrit les espèces fossiles de Pharus. Desmoulins n'a pas observé les lamelles 36 46 qui sont adhérentes à la nymphe; Benoist y a signalé des tubercules qui ne sont que le résultat de la soudure accidentelle de plu- sieurs productions entre elles; sur un spécimen de Pharus saucatsensis que l'on verra figurer ci-après, le même fait de soudure donne à la charnière de la valve gauche un aspect de crête amorphe qui comprend à la fois 2b, 46, sans qu'on y distingue les séparations fondamentales qui ressortent si clairement dans le schéma reproduit ci-dessus d'après les deux valves d'un individu actuel de Pharus legumen. Le Genre Pharus apparaît pour la première fois dans le Miocène : il a été précédé, dans l'Eocène et l'Oligocène, par le G. Ensiculus, beaucoup plus inéquilatéral d'ailleurs, mais dont la charnière est très voisine, et qui porte également une clavicule interne et oblique. 69. Pharus saucatsensis [Des Moul.]. PI. IV, fig-. 15-16 et 20. 1825. Solen legumen Bast. Mém. env. Bordeaux, p. 97 {non Linné). 1832. Solecurtoides legumen Des Moul. Note sur le G. Solen, p. 109. 1838. Sole7i legumen Grat. Cat. zool. Gir., p. 68. 1852. Polia legumen d'Orb. Prod., III, p. 179, 27^ et., no 284. — 228 — J853. Ceratisolen legumen Mayer. Verz. Schw. Mol., p. 78. 1859. Polia legumen Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 17, pi. I, fig. 15. 1871.' Polia saiicatsemis Des Moul. Notes sur le G. Polia, p. 39, fig. 1-6. 1873. — Benoist. Gat. Saucats, p. 18, n"9. 1877. — Monogr. Solén., p. 327, pi. XVII, fig. 1-3. 1900. Phariis Beno isti lvo\as et Peyrot. Gontinb. Tour., p. 103, pi. III, fig. 18. 1902. Pharus saucatsensis DoUf. Dautz. Gonch. Mioc. Loire, p. 66, fig. 29. Test très mince et fragile, sauf vers la charnière. Taille assez grande ; forme oblongue, très déprimée, écjuivalve, inéqiiilaté- rale; côté postérieur deux fois plus allongé (jue l'autre, arrondi; côté antérieur plus atténué, quoique ovale; bord palléal presque rectiligue, non sinueux; bord supérieur à peiiie convexe de part et d'autre des crochets qui ne font pas la moindre saillie, (jui sont minuscules, opposés ou à peine prosogyres, aux deux tiers de la longueur, du côté antérieur. Surface dorsale très faible- ment bombée, lisse et brillante, mais néanmoins marquée de stries d'accroissement peu régulières, et obscurément rayonnée quand on la fait miroiter. Charnière de la valve gauche composée d'une crête saillante en éventail, subdivisée en trois dents bifides ou rainurées, les deux antérieures bien nettement séparées, tandis que la troisième en arrière est moins nette et plus enfoncée en contrebas des deux autres; en outre, cette troisième dent est trilobée; char- nière de la valve droite composée de deux dents pointues, très divergentes, l'antérieure dressée sur le crochet, l'autre s'allon- geant contre le bord et contiguë à la nymphe qui est très étroite, très allongée, non proéminente. Clavicule ou « barre » interne se détachant dans le prolonge- ment de la charnière, du côté antérieur, et s'atténuant sans atteindre le bord de la valve; une autre côte interne et plus obsolète descend obliquement de la cavité du crochet vers le côté postérieur. Trois impressions musculaires : une buccale, en forme de ruban, limitée par la barre cardinale; une anale, petite, triangulaire, située à côté du sinus qui est large et trigone; la troisième sous 229 les crochets, contre l'épaississement de la charnière. Impression palléale non parallèle du bord. DiM. Long'ueur : 75 mill.; largeur : 18 mill.; épaisseur : 5 à 6 mill. Rapp. et difî". — Cette espèce a été décrite, avec un grand luxe de détails, en 14 ou 15 pages, par des Moulins qui a nettement précisé les caractères différentiels entre le fossile burdigalien et la coquille des mers actuelles, Solen legumen Lin., avec laquelle on l'avait confondue jusqu'en 1891. Cet auteur a surtout insisté sur les côtes ou barres internes (clavicules) dont on constate l'existence à l'intérieur des valves, et auxquelles il a atta- ché, non sans raison, une grande importance au point de vue générique : il y en a deux divergentes, dans le G. Pharus, ainsi que nous l'avons briè- vement résumé dans notre diagnose ci-dessus; or la côte cardinale ou anté- rieure se détache en courbe chez le fossile, tandis qu'elle est rectiligne chez P. legumen; en outre, la côte postérieure est moins oblique et plus robuste chez ce dei'nier que chez P. saucatsensis (1). Mais les différences ne se bornent pas à ce seul caractère : le fossile bur- digalien est plus large et moins étroitement allongé que la coquille vivante, d'après les mesures vérifiées sur un certain noiïibre d'échantillons de cette dernière; d'autre part, le crochet de P. saucatsensis est situé sensiblement plus en avant que chez P. legumen; enfin l'inégalité des deux extrémités est plus apparente chez ce dernier, dont le côté antérieur s'atténue bien davantage, sans que le contour palléal montre la sinuosité qu'indique la figure publiée par des Moulins pour son espèce ; il est vrai que nous n'avons pas constaté cette sinuosité du contour palléal chez le néotype très intact dont nous faisons reproduire la vue dorsale. Au-dessus du Burdigalien, P. saucatsensis paraît avoir vécu dans l'Helvé- tien de la Touraine, d'après MM. Dollfus et Dautzenbei'g qui en ont fait figurer un fragment provenant de Perrière l'Arçon ; malgré l'état défec- tueux de ce spécimen, il paraît à peu près certain, d'après la figure, que ce n'est pas un P. legumen, et très probable que c'est la même forme que celle du Burdigalien. Il y a toutes réserves à faire en ce qui concerne les citations faites dans la Molasse de Suisse et dans le Bassin de Vienne; en effet, les échantillons de Suisse sont à l'état de moules internes et des Moulins pensait — sans l'affirmer toutefois — que la figure de l'ouvrage de Hœrnes avait été copiée sur un spécimen des mers actuelles. (i) Signalons, en passant, que des Moulins a dénommé valve droite celle que nous considérons, suivant les règles universellement admises, comme la valve gauche, et inversement. — 230 — Dans le Pliocène, si l'on se reporte à la Monographie de M. Sacco, ce serait une mutation intermédiaire que l'on rencontrerait (var. pUomagna Sacco), deux fois plus longue et un peu plus étroite que P. saucatsensis, mais surtout avec les crochets situés plus au milieu des valves, Textrémité antérieure étant cependant moins atténuée que celle de P. legumen. Les côtes internes de cette variété ne paraissent, d'après la fig. 17 (PI. IV), avoir aucune analogie avec celles de P. saticafsensiX l'antérieure est rectili- gne et rapprochée du bord cardinal, exactement comme chez la coquille vivante. En résumé, la séparation parait se faire, d'une manière très nette, à la fin de l'époque miocénique. Localités. — Cestas, une valve complète (PI. IV, fig. 20), coll. Neuville; une autre valve gauche montrant la charnière (fig. 15),'coll. de Sacy. Pont- Pourquey, un fragment de valve droite, montrant la charnière (fig. 16), coll. Bial de Bellerade, coll. Degrange-Touzin; Saucats (Moulin de l'Eglise, le Peloua), coll. Cossmann. — Burdigalien. Salles (Largileyre), un fragment de charnière, coll. du Laboratoire de géologie de la Sorbonne. — fiflelvëfieii. SOLENOCURTUS Blainv. em. 1824. Coquille assez solide, presque équilatérale, oblongue, arron- die et bâillante à ses deux extrémités; crochets peu saillants; bords supérieur et palléal presque parallèles; charnière com- posée : sur la valve droite, d'une dent dédoublée en chevron peu ouvert, 3^ Sb ; sur la valve gauche, de deux dents divergentes 2 et 4é, cette dernière COntigUë à la nym- Fig. 15. — charnière de ^otoocurfes, d'après , . , , , M. Douvillé. phe qui est assez longue et saillante, bien découpée à son extrémité libre; impressions du pied continentes avec celles des adducteurs des valves; une im- pression rayonnante sur les crochets. G. -T. : Solen 7'adiatiis Linné. — Viv. Fischer a désigné, dans son Manuel, S. strigilatiis comme génotype d'une Section Mâcha (Oken, d815) qui serait caractérisée par dès stries obliques et divergentes; si l'on admettait — au pied de la lettre — la règle d'élimination, il faudrait alors conserver Solenocurtus s. s. pour les formes simplement ornées de stries concentriques, auxquelles il a précisément — 231 — appliqué le nom Azo7' Leacli {in Gray, 1847); en effet, Blainville a compris dans son Genre Solecurtus les trois espèces S. vadiatus, S. strigilatus, S. antiquatus, dont les deux premières ne peuvent guère être séparées dans deux Sections différentes. Cependant, pour ne pas bouleverser les habi- tudes acquises, on peut à la rigueur appliquer Solenocurtus à S. racliatus, Mâcha h S. strigilatus, et Azor h S. antiquatus. Quant aux Sous-Genres Tagelus et Novaculina, qui n'ont pas été signalés à l'état fossile, nous n'avons pas à en discuter ici la valeur. Solenocurtus a fait son apparition dès la fin du système crétacique; on en rencontre dans l'Eocène et l'Oligocène, et il est largement représenté pendant toute la période néogénique par les deux Sections précitées. M. Douvillé {loc. cit., p. 100), à qui nous empruntons la définition ci-dessus de la charnière de ce Genre, l'a fait dériver de celle des Panopées, avec addition de lames supplémentaires; mais tandis que les deux produc- tions de la valve droite appartiennent à une même dent 3, celles de la valve gauche constituent, pour lui, deux dents distinctes2et 4, la première repré- sentée par une seule lame, l'autre formant la lame postérieure d'une dent en chevron dont la lame antérieure se sei'ait atrophiée. 70. Solenocurtus (^il/«c/i«^ Basteroti Des Moulins. PI. IV, %. 24-28. 1825. Solen strigilatus Bast. {non L.) Mém. géol. Bord., p. 96. 1832. Solecurtus Basteroti Des Moul. Note s. le G. Solen, p. 105. 1837. Solen strigilatus Duj. Mém. Tour., p. 45. 1838. Solecurtus strigilatus QvoX. Cat. Gir., p. 68. 1839. Mâcha strigillata Ag. Mém. moules viv. et foss., p. 42, pi. 2, fig. 8- 11. 1852. Solecurtus substrigillata d'Orb. Prod., t. III, p. 99, n° 1856, 6^ et. 1859. Psammosolen strigilatus Hœrn. Tert. Beck., t. II, p. 19, pi. I, fig. 16- 17. 1873. Solecurtus Basteroti Ben. Cat. Saucats, p. 18. 1877. — Ben. Monog. ïubic, p. 329, pi. XXII, flg. 9-iO. 1882. S. strigilatus, var. SerresiFont. Moll. plioc, t. II, p. 9, pi. I, fig. 7. 1886. Solecurtus Basteroti Dollf. Dautz. Et. prélim., p. 4. 1897. Solecurtus substrigilatus Raulin. Stat. géol. Landes, p. 299. 1901. Solenocurtus cf. Basteroti Sacco. I Moll. terz. Piem., p. xxix, p. 15, pi. IV, fig. 1-3. 1901. — Basteroti DoWî. Dautz. Liste Pélécyp. Tour., p. 5. 1902. — Dollf. Dautz. Gonch. Mioc. L., p. 69, pi. 1. fig. 43-44. - 232 — « Coquille allongée, trausverse, équivalve, inéquilatérale, bâillante à chaque extrémité; crochets [peu] saillants, [situés presque au tiers de la longueur, du côté antérieur] ; bord dor- sal [à peu près rectiligne]; extrémité buccale tronquée oblique- ment; extrémité anale arrondie, atténuée et comme courbée en avant; bord ventral un peu rentrant [ou presque rectiligne]. Surface ornée de stries serrées disposées en séries formant un angle suivant une ligne qui part des crochets et se dirige vers l'exlréniité anale; [ces stries strlgillées et subimbriquées s'espa- cent davantage sur la l'égion dorsale et aplatie, puis elles cessent totalement sur la région buccale où il ne subsiste que des plis d'accroissement irréguliers et courbes, avec quelques rides obliques et peu régulières vers le bord palléal]. » Charnière [épaisse], composée de deux dents divergentes [étroites et en cuilleron] sur chaque valve; [nymphe étroite, s'avançant jusqu'au milieu de la longueur de la valve, saillante au dehors]. Impression palléale [presque] parallèle au bord ventral; [impressions musculaires inéquidistantes, irrégulières, situées assez haut à l'intérieur de la valve; sinus palléal grand, allongé jusqu'à l'aplomb du crochet, limité en-dessus par une ligne droite] » (1). DiM. Longueur : 58 mill.; largeur : 24 mill.; épaisseur des deux valves réunies : 18 mill. Rapp.etdiff. — Ainsi que l'ont expliqué MM. Dollfus et Dautzenberg, cette espèce, assimilée à tort à S. strigiUatus L., s'en distingue « à première vue par sa forme plus étroitement allongée », par ses crochets surtout qui sont situés bien plus en avant, <( par son extrémité postérieure beaucoup plus atténuée », par sa nymphe un peu plus courte, par son sinus moins allongé, à contour supérieur plus rectiligne sur l'échantillon du Bordelais; ce sinus est au contraire plus convexe sur le spécimen de la Touraine qui, à ce point de vue, se rapproche plus de la forme vivante. Quoi qu'il en soit, nous ne voyons pas de motifs pour séparer le fossile burdigalien de celui de l'Hel- vétien. (1) Diagnose de Benoist, complétée entre crochets. — 233 — Nous avons compris dans la synonymie ci-dessus la référence à l'ouvrage de Hœrnes, pour les provenances du Bassin de Vienne, bien que nous n'ayons pu vérifier si c'est bien exactement S. Basteroti qu'on trouve dans ces gisements; les figures publiées par cet auteur ressemblent beaucoup à celles de l'espèce française, de sorte qu'il est à penser que MM. Dollfus et Dautzenberg ont eu raison d'assimiler l'espèce viennoise à celle de Des Moulins plutôt qu'à la forme vivante. Si nous remontons dans le Pliocène de France, nous trouvons une variété Serresi Font., que nous ne citons qu'avec un point d'interrogation dans la synonymie ci-dessus, parce que nous n'avons pu nous faire une opinion certaine d'après le spécimen incomplet que Fontannes a fait reproduire; MM. Dollfus et Dautzenberg pensent qu'il s'agit d'une forme intermédiaire entre S. Basteroti et S. strigillatus, mais ce serait à vérifier d'après des échantillons intacts. Dans le Néogène italien, M. Sacco a figuré un médiocre échantillon de l'Helvétien de Turin et à côté — à titre de comparaison — de bons spéci- mens de Bordeaux; mais la var. 2Jarvwh'ne//a, qu'il a établie et figurée pour les échantillons plaisanciens de Zinola, se rapproche beaucoup de S. stri- gillatus, ce qui confirme ce que nous venons de remarquer pour le Pliocène de France. L'échantillon que l'un de nous possède du Plaisancien de Cas- tell'Arquato, en Toscane, ne se distingue des spécimens actuels que par sa petite taille. En ce qui concerne le Crag, nous n'avons pu vérifier si S. strigillatus d'Angleterre est bien l'espèce vivante, mais nous sommes en mesure d'af- iirmer que les échantillons du Scaldisien d'Anvers n'ont aucune analogie avec S. Basteroti, attendu qu'ils sont encore plus larges et plus courts à proportion que ceux de la Méditerranée, et que leur crochet est situé exac- tement au milieu de la longueur des valves. Pour les échantillons du Pléistocène de Sperlinga, M. de Monterosato a séparé une variété quadrata dont il nous a envoyé des valves qui diffèrent de la forme vivante et typique par leur troncature anale, coupée presque orthogonalement et par leur crochet situé plus en aiTière; mais on ne peut les confondre avec S. Basteroti à cause de leur forme haute et courte, et ils auraient plutôt de l'analogie avec S. dilatatus Bonelli {in Sacco). Enfin, les spécimens de l'Astien que M. Sacco' a rapportés à S. candidus Ren. {in Brocchi) ressemblent à S. strigillatus, quoique le crochet soit plus en arrière; mais il est fort probable que les échantillons miocéniques rap- portés à la même espèce sont des S. Basteroti dont l'état de conservation est aussi médiocre que celui de la fig. 3 (pi. IV). En résumé, S. Basteroti pai^ait exclusivement cantonné dans le Miocène, car, au-dessous, S. similis v. Kœn.,de l'Oligocène de l'Allemagne du Nord, est encore plus inéquilatéral et plus atténué en arrière ; d'autre part, Tome LXIII. 16 — 234 — S. Deshayesi Des Moul., de l'Eocène des envix^ons de Paris, est une espèce plus ovale avec des crochets situés plus au milieu, comme chez l'espèce vivante. Il en résulte qu'il ne paraît pas possible de suivre une tendance quelconque dans les variations phylogénétiques des Solenocurtus de ce groupe, puisque la forme se rétrécit, s'allonge, devient dissymétrique, pour l'éprendre ensuite l'allure primitive. Localités. — Saucats (Lagus), plésiotype bivalve (PI. IV, fig. 24-26), coll. Bial de Bellerade; Léognan (Goquillat), une valve gauche (fig. 27-28), coll.de Sacy, commune; Cestas, Mérignac, Pontic, coll. Nadal ; Saint- Médard, coll. Degrange-Touzin; environs de Dax. — Burdigalten. Saint-Morillon (Raton-Durand, Rau; Léognan (Le Thil), coll. Degrange- Touzin, très rare. — Aquitanien. 71. Solenocurtus {Mâcha) candidus [Ren.]. PI. IV, fig. 21-23. 1804. Solen candidus Ren. Tavola alfab., p. 6. 1878. Soleciirtus strigillatiis Ben. Tort. Gir. P.-V. Soc. L. B., p. lxxxvii. 1894. Solenocurtus strigillatus Degr.-Touz. Etude prél. foss. Orthez. Actes Soc. Linn. Bord. 1901. Solenocurtus candidus Sacco. I Moll. terr. terz. Piem., part. XXIX, p. 14, pi. III, fig. 10-12. 1904. Solenocurtus Basteroti Pereira da Costa. Atlas, pi. I, fig. 7-10. Test assez mince; forme allongée, subcylindrique, mais peu bombée, peu inéquilatérale, bâillante en avant et en arrière; côté antérieur court, tronqué presque orthogonalement; côté postérieur plus long et plus arrondi; bord cardinal à peu près parallèle au bord palléal qui se raccorde par des courbes régu- lières et à court rayon avec les bords anal et buccal. Surface assez régulièrement bombée, mais un peu déprimée au milieu, particulièrement du côté palléal; elle est ornée de stries obli- ques, peu régulières, interrompues par les principales stries d'accroissement et discontinues; elles deviennent anguleuses sur le côté postérieur et disparaissent sur le côté antérieur. Cro- chets petits, situés à peu près aux deux cinquièmes de la lon- gueur à partir du bord antérieur. Charnière portant : sur la valve droite, une dent cardinale à deux branches divergentes 3a 3é et, en arrière, une nymphe saillante relevée, assez courte, coupée orthogonalement à son extrémité postérieure ; fsur la — 235 — valve gauche, une dent 2 petite et oblique, sous le crochet, puis un contrefort Ij, très obsolète, le long- de la nymphe. Sinus pal- léal profond, arrondi, dépassant l'aplomb du crochet. Impres- sions palléales bien marquées, placées très haut, près du bord cardinal. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 55 mill, ; diamètre umbono- palléal : 26 mill. Rapp. et diff. — Il est assez difficile de distinguer à l'état fossile S. stri- gillatus (1) et S. candidus, espèces vivantes qui diffèrent surtout par la colora- tion ; toutefois, ce dei^nier est constamment plus petit et plus transverse. Or, c'est le cas de nos spécimens, ils sont de taille moindre que les exemplai- res vivants de S. strigillatus auxquels nous les avons comparés; ils sont aussi un peu plus allongés ; leurs strigillations sont plus serrées. D'autre part, nos échantillons nous paraissent absolument identiques à des S. can- didus du Pliocène italien (collection Peyrot) et aux figurations que M. Sacco a données de cette espèce. L'exemplaire provenant de Salies-de-Béarn est un peu différent de ceux de Salles; ses strigillations sont moins nombreuses et ne couvrent pas tout le côté postérieur, mais son mauvais état de conservation ne nous permet pas de le séparer de S. candidus dont il a la forme générale. S. candidus est intermédiaire entre S. Basteroti et S. strigillatus; il est moins allongé que le premier et à strigillations moins serrées; il est plus allongé que le dernier et à strigillations plus serrées. Localités. — Salles (Largileyre), coll. Benoist, au Mus. d'Hist. nat. de Bord. [PI. IV, fig. 21-23); Salles (le Minoyj, coll. Duvergier ; Salies-de- Béarn, coll. Degrange-Touzin, rare. — Helvétien. 72. Solenocurtus (Azor) antiquatus [Pulteney]. MUT. miocœnica nov. mut. PI. IV, fîg. 29-32. 1832. Soleciirtus antiquatus Des Moul. Note s. le G. Solen, p. 105. 1838. — Grat. Cat. Gir., p. 68. 1860. Psammosolen coarctatus Hœrnes. Tert. Beck. Wien, II, p. 21. 1873. Solecurtus coartactus Benoist. Cat. Saucats, p. 76. 1877. — Benoist.Monog. Tubic.,p.379,pl.XXII,fig. 7-8. 1901. Azor antiquatus Sacco. I Moll. terz. Piem., p. XXIX, p. 15 {ex parte). (1) La plupart des auteurs \[a.Uensoni écr'ûslrigilalus; mais nous sommes habitués, en France, à écrire « slrigillé, strigillalion »; nous rétablissons donc forthographe normale strigillatus. — 236 — Test mince. Taille assez grande; forme peu convexe, étroite, allongée dans le sens transversal, inéquilatérale; côté antérieur largement arrondi; côté postérieur plus atténué, ovale; bord palléal rectiligne; bord supérieur déclive ou à peine convexe de part et d'autre du crochet qui est petit, non saillant, très peu opisthogyre, situé aux quatre septièmes de la longueur, du côté antérieur. Surface dorsale aplatie au milieu et vers le bord palléal, médiocrement convexe aux extrémités, terne sur toute son étendue et irrégulièrement marquée de stries d'accroisse- ment. Charnière étroite, munie sur chaque valve de deux petites dents saillantes et divergentes, inclinées vers l'arrière; nymphe un peu allongée, légèrement saillante; lame cardinale épaissie latéralement, superficiellement rainurée, mais sans aucune trace de dents latérales. Impressions musculaires bien gravées, situées assez haut et allongées jusque vers la cavité du crochet; impres- sion palléale écartée du bord; sinus grand et arrondi, confondu en partie avec la ligne palléale, se terminant à une ligne rayon- nante et oblique, issue de la cavité du crochet, DiM. Diamètre antéro-postérieur : 37 mill. ; diamètre umbono- palléal : 16 mill. Rapp. et diff. — Après un examen très attentif et comparatif d'e'chan- tillons provenant de divers gisements du Miocène et du Pliocène et des mers actuelles, nous concluons qu'on peut facilement distinguer ceux du Miocène de l'espèce vivante et qu'on peut en conséquence admettre qu'ils représentent une mutation ancestrale et complètement distincte de l'espèce actuelle pour laquelle nous adoptons d'ailleurs le nom antiquatus au lieu de coarctatus Gm., conformément à l'observation faite par MM. Bucquoy, Dautzenberg, DoUfus (MoU. Roussillon, II, p. 530). En efîet, S. miocœnicus est constamment plus transverse et plus allongé que S. antiquatus; le rapport de la longueur à la hauteur est en moyenne, chez le premier, de 2, 3; tandis que, chez le second, il ne dépasse guère 2; il est vrai que dans le texte, les auteurs précités indiquent comme dimen- sion 20 miliim. sur 47 millim., mais l'échantillon figuré, ainsi que tous ceux que nous avons mesurés, auraient pour cette même longueur de 47, une hauteur de 23 millim. En outre, l'espèce vivante a les crochets presque médians, tandis qu'ils sont situés plus en avant chez le fossile miocénique ; enfin, l'extrémité postérieure est sensiblement plus atténuée que l'autre chez ce dernier, au lieu qu'elles sont également arrondies chez S. antiquatus — 237 — Nous n'avons pu constater de différences bien nettes dans la charnière qui est rarement conservée, ni dans le sinus qui n'est pas toujoui^'s bien visible. Observons en passant qu'il y a une faute d'impression évidente dans les dimensions indiquées par Benoist (30 sur 18); il faut lire 13, ce qui corres- pond exactement à la flgure, tandis que d8 correspondrait à une valve beaucoup plus haute encore que celles de S. antiqiiatus. S. miocœnicus n'a pas été retrouvé en Touraine, d'après MM. Dollfus et Dautzenberg; Deshayes l'y avait signalé sous le nom coarctatiis qui s'appli- que à l'espèce exotique et non à celle de la Méditerranée. Mais il existe en abondance dans le gisement tortonien d'Adiça, en Portugal, feu Delgado en a autrefois donné à l'un de nous une demi-douzaine de valves qui sont identiques à celle du Bordelais. M. Sacco a rapporté à l'espèce actuelle aussi bien les échantillons de l'Helvétien et du Tortonien que ceux du Pliocène; mais il n'a figuré que ces derniers, de sorte que nous persistons à penser que les premiers sont bien la mut. miocsenica, d'autant plus que cet auteur ajoute que l'espèce varie beaucoup dans ses dimensions^ alors que les spécimens pliocéniques figurés, aussi bien que ceux que l'un de nous possède de Bologne, de Cas- tell' Arquato, de Cannes, ont invariablement une hauteur égale à la moitié de leur longueur. En ce qui concerne les spécimens de Ligurie (Tongrien?) dénommés S. proantiquatus Sacco, S. elongatus Bell, (in Rovereto), ce sont des moules à peu près indéterminables même génériquement, et il eût été plus prudent de ne pas leur attribuer de dénomination. L'échantillon original de Bel- lardi, de la Palarea, mesure 27 mill. sur 8 mill., c'est-à-dire qu'il est encore beaucoup plus étroit que S. miocsenicus, si toutefois c'est bien un Soleno- curtus, ce qui paraît même problématique. En résumé, la mutation miocœnica paraît être la première apparition certaine du groupe Azor dans le Système tertiaire, et sa forme s'est peu à peu modifiée par un accroissement graduel de la hauteur des valves et par un déplacement insensible des crochets vers l'axe médian. Localités. — Salles (Largileyre), plésiotypes (PI. IV, fig. 29-32), coll. Dumas; coll. Benoist au mus. Hist. Nat. de Bord.; Saucats, Souars (Le Paren). coll. Degrange-Touzin. — Melvctien. Saubrigues, coll. Dumas. — Tortonien. S. -Ordre : DESMODONTA Neiim. ex parte. Coquille à ligament à la fois interne et externe, la partie interne étant logée dans une fossette encadrée de dents qui sont supportées par un véritable plateau cardinal, la partie externe étant supportée par une nymphe peu ou point saillante. — 238 — D'après cette définition — qui est un peu plus précise que celle fournie par l'auteur — il faut éliminer de ce Sous-Ordre, non seulement les Anati- nidse et les Pholadomyidse qui sont, pour nous, des Anomalodesmata, mais même les Myacea qui ont un cuilleron saillant, les Panopœacea et les Sole- nacea qui n'ont ni plateau cardinal {Adapedonta), ni ligament interne, de sorte que ce Sous-Ordre — primitivement très diffus — se réduit presque aux Mactracea qui commencent à se rattacher à certains Heterodonta par la, morphologie de leur charnière, ainsi que l'a fait ressortir Félix Bernard et, notamment, par la formation d'un véritable plateau cardinal qui man- que aux Myacea. Toutefois, ce serait une erreur que de les y assimiler com- plètement; car le fait de ce que le ligament a persisté à être interne à tout âge, constitue un caractère distinctif, bien net; d'autre part, M. Douvillé a fait remarquer (/oc. cit., ^. 103) que l'apparition des dents latérales, par exemple chez Mactra, est simplement le résultat de ce que l'animal aban- donnant l'existence cavicole a eu besoin de fermer hermétiquement ses valves ce qui n'a pas lieu chez Lutraria qui n'a pas de dents latérales. Par suite, dans un même Cénacle, dans une même Famille, on adesDesmodon- tes sans dents latérales et d'autres avec dents latérales (Desmodontes sécularisés, pour employer l'expression très heureuse de M. Douvillé); ce qui prouve bien que ce ne sont pas de vrais Hétérodontes et que la clas- sification de Félix Bernard est à réviser à ce point de vue. Cénacle : MACTRACEA Lamk. Coquille équivalve, non nacrée à l'intérieur, à ligament en partie interne; charnière du type « desmodonte », c'est-à-dire comportant un cuilleron en arrière des dents cardinales; ligne palléale variable. La séparation de ce groupe remonte non pas à Gray, comme on l'a indiqué à tort, mais à Lamarck qui en faisait une Famille correspondant à une partie de l'Ordre des Desmodontes de Neu- mayr. Fam. MACTRIDM Fleming em. (1). Coquille épidermée, close ou bâillante, ovale ou trigone ; charnière bien développée sur un plateau cardinal comportant sur chaque valve, en avant de la fossette ligamentaire, une dent (1) De même que pour Corbididse, Fleming avait écrit Mactradœ, et Gray s'est borné à écrire Maclridœ. — 239 — lambdiforme, c'est-à-dire à deux J3ranches ayant la forme de A (V renversé), et des dents latérales non constantes, plus ou moins écartées des dents cardinales ; sinus palléal plus ou moins profond; impressions des adducteurs bien marquées. Test à structure cellulaire. Trois des nombreux Genres de cette Famille sont seuls représentés dans le Miocène de l'Aquitaine : Macira, Eastonia, Lutraria; ces deux derniers appartiennent à une Sous-Famille proposée (1) par M. Dali {Lutrariinse) pour les coquilles bâillantes, dépourvues — ou à peu près — de dents laté- rales. MACTRA Linné, 1767 (seîisu lato). Coquille close, plus ou moins Irigone, peu inéquilalérale, plus ou moins renflée, à crochets prosogyres ; surface externe lisse ou striée concentriquement, avec une aréa postérieure généralement carénée, lunule et corselet plus ou moins limités; charnière munie : sur la valve droite, d'une dent 3 à deux bran- ches Sa 3ô, dont la postérieure Sb est confondue avec la paroi antérieure de la cavité du cartilage, et de quatre lamelles laté- rales AI, A III, PI, PIII; sur la valve gauche, d'une dent 2 à deux branches 2^ % , quelquefois d'une dent postérieure 4^ qui forme la paroi antérieure de la fossette du cartilage ou d'une dent 4ft parallèle à la branche 2^, enfin de deux lamelles laté- rales A II, PII, parfois crénelées, qui s'engrènent respectivement et très solidement dans les rainures comprises entre les lamel- les latérales de la valve opposée; nymphe ligamentaire externe, réduite à l'état rudimentaire. FiG. 16. — Charnière de Mactra s. sir. (1) Proc. Malac. Soc. ofLondon, vol. I, p. 209 (1895). — 240 — Les Mactres sont extrêmement variables, aussi sommes-nous obligés de nous étendre un peu longuement à leur sujet. Dans son Manuel de Conchyliologie, Fischer a admis plusieurs Sections ou Sous-Genres du G. Mactra, mais sans en indiquer bien nettement les carac- tères distinct! fs, si ce n'est les crénelures des lamelles latérales chez Spisula et Hemimactra. D'autre part, dans sa morphologie précitée des charnières des Pélécypodes, Félix Bernard s'est surtout borné à étudier la formation de la dent lambdiforme de chaque valve, et à signaler l'apparition de la dent ib, mais sans en tirer de conclusions précises pour la séparation des Sous- Genres. En 1894, M. Dali a repris complètement l'étude des Mactracea, pour aboutir à une classification adoptée dans sa Monographie du Tertiaire de la Floride (1) et appuyée par de nombreuses figures détaillant toutes les pièces de la charnière de ce groupe difficile. Peut-être y a-t-il un abus de subdivisions dans cette classification, mais elle a en tous cas le mérite ti'ès réel d'avoir mis en lumière les variations de ces éléments cardinaux et d'en avoir tenu compte pour la délimitation des Genres, Sous-Genres et Sections. Tandis que F. Bernard s'est exclusivement attaché aux dents, M. Dali a attribué la prépondérance au ligament et à son cartilage (qu'il nomme rési- lium), où plutôt à la fossette destinée à loger ce cartilage et qu'il propose de nommer « chondrophore ». La conclusion de cette étude, c'est qu'on peut diviser la Famille en trois groupes, selon que le ligament est : mac- troïde, spisuloïde, ou submergé; dans le premier groupe, il y a séparation très visible du ligament et du résilium, c'est-à-dire une barrière entre la nymphe et le chondrophore; dans le second, la nymphe et le chondrophore sont en communication ; enfin dans le troisième, ligament et résilium ont le même logement. L'auteur en déduit la séparation des Genres Mactra, Spisula et Rangia, avec de nombreuses subdivisions dans chaque Genre. M. Dali ajoute d'ailleurs que la plupart des formes européennes, vivantes ou fossiles, s'écartent des formes américaines, ce qui nous met très à l'aise attendu que nous n'avons pas réussi à les faire rentrer dans ces subdivi- sions. En efTet, si l'on rapproche les Mactres françaises, éocéniques et miocéniques, de tous les schémas de charnières, publiées par M. Dali pour Mactrotoma, Mactroderma, Mactromeris, Hemimactra, etc., on constate de réelles différences que peut seule expliquer une coupure tranchée entre les deux faunes. Nous sommes donc obligés, tout en tirant de précieuses indications du travail de M. Dali, de laisser de côté la plupart de ces subdi- visions et de recourir à de nouvelles Sections pour celles de nos coquilles fossiles qui ne rentrent pas exactement dans le groupe typique de M. stul- (1) Contrib. Tert. ofFlorida, part. IV, 1898, p. 862-89L — 241 — torum [Mactra s. s.), restreint aux coquilles à charnière mactroïde, à liga- ment séparé du chondrophore (ou fossette), à dents lambdi formes cour- tes, sans lames accessoires, à lamelles latérales rapprochées du plateau cardinal, non crénelées, mais parfois granuleuses, à sinus assez court, à lunule et corselet non sillonnés. Barymactra (1) Cossm., 1909, nov. Sect. — Valves épaisses et de grande taille, subtrigones, inéquilalérales ; lunule et cor- selet peu distincts, non sillonnés; charnière épaisse et très con- centrée, à fossette piriforme et bien séparée de la nymphe, encadrée par une fine arête; sur la valve gauche, en arrière de la branche 2b est une lame âb qui ne se confond pas avec le rebord de la fossette; lamelles latérales fortes et rapprochées, surtout les postérieures, I et II ayant en outre leur face interne granuleuse; au-dessus de la fossette s'avance un éperon bien distinct, plus ou moins épais; aucune coalescence entre les branches 2^ ou 3^ et les lamelles antérieures. Sinus court, étroit et descendant; ligne palléale doublée en dessus par une rangée de ponctuations. G. T. : M. bwdigalensis Maycr. Ce groupe — localisé dans le Miocène — s'écarte complètement de Mac- tra s. s., non seulement par la forme des valves, leur épaisseur et par sa charnière concentrée, mais encore par le sinus et par la ligne palléale dou- blée. D'autre part, si la charnière ressemble à celle de Mactrella, sauf la coalescence des dents qu'on observe chez ce dernier, le sinus est très différent et aussi l'épaisseur du test. Quant à Hemimactra, c'est un groupe spisuloïde, à fossette bien différente et à latérales crénelées. Nous ne trou- vons rien de semblable dans les coquilles américaines, et nous sommes par suite obligés de proposer cette nouvelle Section dans un Genre déjà bien chargé. Eomactra (2) Cossm., 1909, nov. Sect. — Valves trigones, peu convexes, lisses ; lunule et corselet bien limités et striés sur la moitié de leur largeur; charnière étroite, échancrée sur son contour inférieur, à dents lambdiformes 2 et 3, minces, avec la branche 26 doublée d'une fine lame Ab', lamelles latérales, I, II, (1) Bapuç, pesant. (2) L]oç, commencement. _ 242 — III, longues et très minces, lisses, équidistantes de part et d'autre du plateau cardinal; fossette chondrophore très superficielle, sub- Irigone, mais séparée de la nymphe en dessus par une arête (type mactroïde) ; sinus large et court. — G. -T. M. Basteroti Mayer. Cette Section — qui prend naissance dans l'Eocène et qui paraît s'être éteinte avant le Pliocène — se distingue essentiellement de Madras, s., non seulement par la forme triangulaire des valves, mais surtout par l'apparition, sur la lunule et le corselet, de sillons concentriques, quoique le reste de la surface dorsale soit lisse; en outre, le plateau cardinal est étroit et le contour inféiieur de la fossette ne fait aucune saillie, ce qui supprime les sinus antérieur et postérieur signalés par M. Dali pour la plu- part de ses Sections; la fossette est elle-même moins piriforme et moins bien encadrée. Heteromactra (1) Gossm., 1909, noy. Sect. — Valves trigones et aplaties, lisses; lunule et corselet comme chez Eomactra; charnière comportant, outre les dents lambdiformes 2 et 3 peu ouvertes (surtout 2 dont les branches sont presque soudées en pyramide épaisse), une lamelle 4» parallèle à la face antérieure 2a de cette pyramide; pas de lame ât fossette chondrophore large, piriforme, non séparée de la nymphe (type spisu- loïde) ; lamelles 1, 11,111 inéquidistantes, les postérieures plus rapprochées que Fig. 17. — charnière de la valve . . T TT gauche à Heteromactra Graie- les antérieures, et les intérieures 1 et 11 toupi[Desh]. ayant leur face interne couverte de fines granulations ; sinus long et un peu large. — G. ï. : M. Gi^aleloupi Desh. L'effacement de la nymphe, qui se fond insensiblement avec la paroi supé- rieure de la fossette chondrophore, l'apparition de la lame 4a, la soudure partielle des deux branches 2a, 2 très peu ouvertes, l'écartement inégal des lamelles latérales, la forme du sinus, etc., justifient amplement la séparation de cette Section et de Mactra s. s. D'autre part, on la distingue d'Eomactra par l'épaisseur du plateau cardinal, par l'absence de la lame 4i, par sa fossette piriforme qui fait légèrement saillie sur le contour infé- rieur de ce plateau, entre deux sinuosités légères. Il n'y a aucune coales- (1) Etedoç, différent, H ; FiG de — 243 — cence entre 2» ou 3« et les lamelles latérales, il y a même un espace libre, très étendu, profondément creusé, entre les deux productions dentaii^es. Pseudoxyperas Sacco, 1901 (I). — Valves oblongues, sub- équilatérales, sillonnées sauf sur la région des crochets; lunule et corselet linnités, mais lisses; dents lambdiformes très peu ouvertes, 2« et 2^ presque soudées, avec une lame antérieure Aa très distincte ; lamelles latérales J^^^^ très rapprochées, surtout l'antérieure ^^ LU qui fait le prolongement de âa ; Air. elles sont striées sur leur face interne; . 18. -Charnière de la valve gauche fosscttc trigouc, Superficielle, non sé- e Pseudoxyperas Kunstleri Lossm. o ' l i ^^^^"s^'- parée de la nymphe, encadrée de deux légers sinus sur son contour inférieur; sinus long et ovale. — G. -T. : M. proaspersa Sacco. Cette Section se rapproche de la précédente par sa dent 4a, mais elle s'en écarte absolument par les stries crénelées des lamelles latérales, par sa fossette triangulaire, par la coalescence complète de 4a et deAII, enlin par ses valves transverses et sillonnées, ainsi que par son sinus oblong. Pseudoxijperas apparaît dans le Burdigalien et se prolonge jusqu'à l'époque actuelle. Spisula Gray, 1838 (2). — Valves petites, subtrigones, sub- équilatérale, souvent sillonnées ; charnière étroite, à dents lamb- diformes courtes sur la valve gauche, à lamelles latérales cré- nelées; fossette du chondrophore trigone et superficielle, non séparée de la nymphe; sinus palléal très court. — G. -T. M. so- lida Gray. On distingue, au premier coup d'œil, Spisula desEomactra qui ont aussi le sinus court et le contour postérieur subtronqué, par l'absence de 4ô, par la nymphe -indistincte de la fossette, par les crénelures de I et de II qui ne sont pas coalescentes en avant avec 3» et 2a. L'absence complète de 4a et la forme des valves distinguent, d'autre part, Spisula cVHeteromacti^a et de Pseudoxyperas. C'est un Sous-Genre et non une Section, et sa première apparition date du Burdigalien. (1) Moll. terz. del Piem., p. xxix, p. 20. (2) Mag. Nat. Hist., I, p. 370. — 244 — Nous ne nous appesantissons pas sur les autres groupes qui ne sont pas représente's dans le Néogène de l'Aquitaine. 73. Mactra {s. sir.) Benoisti nov. sp. PI. V, %. 34-36; et PI. VI, fig. 3. Test mince. Taillé moyenne; forme presque régulièrement ellipsoïdale, peu convexe, presque équilatérale; côté antérieur ovale, arrondi; côté postérieur très légèrement caréné; côté palléal très régulièrement arrondi et arqué. Crochets assez ren- flés, prosogyres, placés presque au milieu du bord cardinal qui est hien arrondi. Surface dorsale régulièrement convexe au milieu, légèrement excavée vers la partie antérieure du bord cardinal, plus jjrusquement déclive du côté postérieur du bord cardinal, mais sans l'existence d'un angle bien net limitant la région anale; stries d'accroissement très fines, s'accentuant un peu sur le côté anal et le côté buccal; néanmoins, la surface parait lisse et brillante. Lunule et corselet mal délimités, pas plus sillonnés que le reste de la surface vers les bords. Charnière comportant : sur la valve gauche, une dent cardinale à deux branches, 2^ et 2,!,, assez minces, formant un angle pres- que droit et n'atteignant pas les bords du plateau cardinal, une dent LA II mince, longue, plus écartée, parallèle au bord cardinal avec lequel elle forme une profonde rainure, et une dent LPII, saillante, très rapprochée, se raccordant, un peu en arrière du crochet, avec le bord cardinal et formant encore avec lui une rainure profonde; sur la valve droite : 3^, 3^, presque orthogonales et très minces, surtout 3^; LAI et LA III longues, minces et incurvées; LPI, LPllI aussi minces, mais plus rectilignes et prenant naissance à l'extrémité de la nymphe qui est relativement courte et séparée par une arête vive de la fossette triangulaire; les sinus du bord cardinal, de part et d'autre de cette fossette, sont à peine indiqués. Impres- sions musculaires peu profondes, placées près des bords buccal et anal et au même niveau; sinus palléal, large, arrondi, ne s'avançant même pas jusqu'au tiers postérieur de la valve. — 245 — DiM. Diamètre antéro-postérieur : 39 mill. ; diamètre umbono- ventral : 28 mill. Happ. et difF. — Si l'on se reporte aux critériums ci-dessus (p. 241) re'sume's pour Mactra s. str., on constate que cette intéressante espèce est la seule de nos terrains d'Aquitaine qu'on puisse rapporter au groupe typique. Par la forme de sa charnière, elle se rapproche tout à fait de M. corallina vivante, mais elle en diffère par un aplatissement plus grand, par sa forme moins trigone, plus elliptique et par son sinus palléal, moins arrondi et plus profond. Elle diffère de M. mioc^nica Dollf. et Dautz. par son aplatis- sement, par son contour ellipsoïdal et par sa charnière ; nous n'avons rien trouvé, dans les publications de MM. Sacco, Dollfus et Dautzenberg, qui puisse être rapporté à notre espèce. Elle ne présente d'ailleurs aucune ressemblance avec M. obtruncata S. Wood, que Benoist cite dans l'Helvétien de la Sime et que nous n'avons pas retrouvée. Localité. — Salles (Le Minoy), valve gauche (PI. IV, fig. 34-35), coll. Benoist, Mus. hist. nat. Bordeaux; deux valves droites (PI. VI, fig. 3), coll. Duvergier. — Helvêiien. 74. Mactra (Baryjnactra) substriatella d'Orb. PI. V, %. 12 et 28-30. 1825. M. striatella Bast. Mém. géol. Bord., p. 94, pi. VII, fig. 2 {noii Lamk.). 1838. — Grat. Cat. Gironde, p. 66. 1852. M. substriatella d'Orb. Prod., III, 26« et., p. 100, n° 1869. 1873. M. striatella Benoist. Cat. Saucats, p. 25, n» 35. Test épais. Taille très grande; forme cyprinoïde, ovoïdo- trigone, très convexe, surtout à l'état géronticjue; presque équi- latérale, sauf à l'état gérontique; côté antérieur ovale-arrondi, côté postérieur déclive et anguleux à sa jonction avec le contour palléal qui est largement arqué; crochets assez gonflés, proso- gyres, à pointe inclinée vers les trois septièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur presque également déclive de part et d'autre du crochet. Surface dorsale régulièrement con- vexe, excavée sur la lunule et sur le corselet, munie en arrière d'un angle rayonnant qui limite la région anale, tandis qu'une ligne beaucoup plus obsolète, souvent peu visible, rayonne symétriquement du côté buccal; région des crochets ornée de — 246 — rides concentriques et assez régulières qui s'effacent graduelle- ment et qui disparaissent vers la taille de 15 mill. pour faire place à des stries d'accroissement peu régulières, plus profondes vers le bord palléal que sur la région médiane qui est lisse et Jjrillanle; sur la région anale, au delà de l'arête, ces stries deviennent subitement sublamelleuses et serrées et elles y sont croisées par quelques angles rayonnants et peu marqués. Charnière épaisse et bien développée, comportant : sur la valve droite, deux branches 3» 3ô, minces, coudées à 75° envi- ron, 3a à peine séparée du bord supérieur, Sb formant la paroi de la fossette du cartilage oblique, assez profonde et piriforme, en outre, deux paires de lamelles latérales, courtes et saillantes, très rapprochées du crochet, 1 finement granuleuse sur sa face interne; sur la valve gauche, les deux branches de 2 sont ortho- gonales, très courtes et n'atteignant pas le bord du plateau cardinal, 3a est dans le prolongement de LA II et toutes deux forment deux crêtes bien distinctes, séparées du bord supérieur par une profonde rainure; l'extrémité inférieure de LPIl se dresse aja même niveau sur le bord inférieur du cuilleron et l'autre extrémité va se perdre dans la nymphe qui forme une large aréa triangulaire au-dessus de la fossette. Impressions musculaires ovales et presque symétriques, l'antérieure située plus bas que la postérieure; ligne palléale peu écartée du bord, avec un sinus court, étroit et descendant, quoique séparé de la ligne palléale par une languette triangulaire et non continente. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 96 mill. ; diamètre umbono- palléal : 82 mill. Rapp. et difif. — C'est avec raison que d'Orbigny a séparé cette espèce de la coquille vivante; elle en diffère par son cartilage bien séparé du liga- ment qui est attaché à une nymphe septiforme au-dessus de la fossette; d'après M. Dali, qui a créé pour M. striatella Lk. la sqcWow Leptospisiila (1895), cette différence placerait les deux coquilles dans deux Genres distinets; d'ailleurs M. striatella a le test mince et le sinus large et profond; enfin 2a et 3rt sont coalescents avec les lamelles latérales, tandis qu'elles en sont nettement séparées chez M. substriatella. D'autre part, ce dernier n'a aucune analogie de forme avec M. stultorum qui a un sinus court et arrondi et une — 247 — charnière très différente. Enfin, nous n'avons pas cité en synonymie, d'après Hœrnes, M. BucklancU Defr., attendu que cette coquille — autant qu'on peut en juger par les figures — est beaucoup plus ovale, moins convexe, élevée, munie d'un sinus plus large et d'un plateau cardinal plus déve- loppé. Localités. — Pont-Pourquey, commune dans la couche dite c à Mactra », néotypes (PL V, fig. 12 et 28-30), coll. Cossmann; Léognan, Dax, valves de grande taille, coll. Degrange-Touzin, coll. de l'Ecole des Mines et de la Sorbonne. — Burdigalien. 75. Mactra [Barymactra) burdigalensis Mayer. PI. V, %. 33; et PI. VI, %. 18 1864. M. burdigalensis Mayer. Jour7i. Conch., XII, p. 351, pi. XIV, fig. 2. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 26, n. 38. Test très épais. Taille très grande; forme très convexe, sub- trigone ou cyprinoïcle, élevée et presque aussi haute que large, inéquilalérale, le côté antérieur étant plus atténué et plus court que le côté postérieur qui est plus largement développé, quoi- que un peu sinueux à sa jonction avec le contour palléal qui est surtout convexe au milieu; crochets gonflés, cordiformes, saillants, prosogyres, inclinés au tiers de la longueur du côté antérieur ; bord supérieur rectiligne et déclive en avant, plus dilaté et légèrement convexe en arrière du crochet. Lunule et corselet excavés, non limités ni sillonnés; deux ou trois angles rayonnants du côté anal séparent la région dorsale qui est lisse jusqu'aux crochets et simplement marquée de plis irréguliers d'accroissement. Charnière épaisse, mais concentrée, compor- tant : sur la valve droite, la dent lambdiforme 3^ confondue avec la paroi de la fossette piriforme, 3^ presque adhérente au bord supérieur; lamelles 1 et III très rapprochées, 1 très épais- ses et cariées ou granuleuses sur leur face interne, III très min- ces et implantées sur le bord supérieur; sur la valve gauche, la dent lambdiforme à branches très ouvertes et inégales, 2^ plus court que 2^ et doublée d'une lame 4^ bien distincte de la paroi de la fossette, lamelles II cariées et très rapprochées ; au-dessus des dents et de la fossette s'étend une lame septi- — 248 — forme et largement aplatie qui forme l'extrémité du bord supéro- antérieur (c'est ce que M. Dali nomme l'éperon) et qui se super- 130se à la nymphe formant l'extrémité du bord supéro-postérieur et d'ailleurs bien nettement séparée de la fossette. Impressions musculaires ovales, bien gravées, la postérieure située plus haut que l'antérieure ; sinus relativement court, étroit et des- cendant; ligne palléale peu écartée du bord, doublée à quelque distance en dessus par une rangée de ponctuations qui relient la base du sinus à la pointe du muscle antérieur. DiM. Diamètre antéro- postérieur : 100 mill. ; diamètre umbono- palléal : 90 mill.; épaisseur d'une valve : 30 mill. Rapp. et diff. — Nous ne connaissons pas déjeunes individus de cette énorme espèce; néanmoins, même en tenant compte de l'exagération gérontique de certains caractères, il est impossible de la confondre avec M. substriatella qui atteint quelquefois presque la même taille. Ses crochets cordiformes, beaucoup plus inclinés en avant, son éperon beaucoup plus développé au-dessus de la fossette, sa lame 4i bien plus visible, l'absence de rides sur les crochets, sont autant de critériums distinctifs et très impor- tants qui justifient la séparation spécifique proposée par Mayer et la créa- tion de Barymactra. II n'y a d'ailleurs aucune forme semblable, signalée dans les autres régions tertiaires d'Europe, ni au même niveau ni au-dessus. Localités. — Léognan, plésiotypes (Pi. V, fig. 33; PI. VI, fig. 18), coll. de l'Ecole des Mines; Saint-Paul, près Dax, coll. Benoist, Mus. d'Hist. nat. Bord., Saucats (Giraudeau) ^de Benoist; Cabannes, coll. de la Sorbonne, Dollfus. — Kurdigalien. Mérignac (Baour), niveau inférieur, coll. Nadal ; Saint-Avit [f. Benoist); Mérignac (Pontic), coll. Nadal. — Aquitanien. 76. Mactra [Pseudoxyperasj oblonga Millet. PI. VI, fig. 1-2. 1854. M. oblonga Millet. Pal. Maine-et-Loire, p. 167 [sine clesc). 1857. M. aspersa Mayer. Jouvn. Conch., VI, p. 180 [non Sow.). 1864. — Mayer. Tert. Açores, p. 16 [id.). - 1878. — Benoist. Tort. Gir. P.-Y. S. L. Bord., t. XXXII, p. lxxxvii. 1866. il/, oblonga Millet. Pal. Maine-et-Loire, p. 600. 1901. Pseudoxyperas proaspersa Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 27, pi. VI, fig. 16-19. — 2i9 — 1901. M. oblonga Dollf. Dautz. Nouv. liste Péléc, p. 11. 1902. M. (PseudoxyperasJ oblonga Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 114, pi. VI, fig. 22-24. Test assez^épais. Taille assez grande; forme un peu convexe, transverse, subtrigone au sommet, un peu inéquilalérale; côté antérieur plus court, ovale quoique rétréci; côté postérieur plus acuminé, mais à contour supérieur un peu gibbeux ; bord palléal régulièrement arqué, se raccordant en courbe régulière avec les contours latéraux ; crochets un peu gonflés, légèrement saillants, prosogyres, situés aux trois cinquièmes de la longueur, du côté antérieur; i>ord supérieur un peu excavé en avant du crochet, et ensuite convexe vers l'extrémité buccale, rectiligne en arrière du crochet, puis coudé à moitié de la longueur du côté anal. Surface dorsale un peu bombée, à lunule et corselet déprimés, non limités ni sillonnés; l'ornementation concentrique ne com- mence à apparaître qu'à une certaine dislance du crochet, elle consiste en sillons imbriqués qui deviennent sublamelleux vers le bord palléal, surtout en avant, car la région anale est pres- que lisse. Charnière de la valve gauche, seule connue, compor- tant : 2a 2i) presque soudées en un repli épais et à 50° environ, âa beaucoup plus épaisse et plus saillante, faisant un angle de plus de 120° avec le prolongement de LA 11; LPII mince et saillante en arrière delà fossette qui est largement trigone et peu profonde, non séparée de la nymphe; contour inférieur du pla- teau cardinal échancré par deux sinus symétriques et peu pro- fonds; impressions musculaires bien gravées; sinus palléal large, subtronqué à son extrémité, mais n'atteignant pas l'aplomb du crochet. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 62 mill. ; diamètre umbono- palléal : 38 mill. Rapp. et diflf. — L'échantillon helvétien que nous rapportons à l'espèce de la Touraine en a exactement les proportions, la charnière, le sinus et l'ornementation : il n'y a pas de doute possible sur cette identification, sauf que le bord supérieur est un peu moins nettement coudé en arrière du crochet. Nous n'en connaissons d'ailleurs qu'une valve en étal médiocre de conservation. Tome LXIII. 17 — 250 — Comme l'ont fait observer MM. Dollfus etDautzenberg, la coquille helvé- tienne s'écarte de M. aspersa Sow., de l'océan Pacifique, par son bord supé- rieur un peu plus arqué en arrière des crochets, par ses sillons plus pro- fonds et plus écartés. Toutefois, nous n'avons compris dans la synonymie ci-dessus : ni la citation du catalogue de Benoist {Mactra sp. n. 40), parce qu'il n'est pas démontré que c'est à cette espèce plutôt qu'à la suivante qu'elle doit être appliquée; ni M. emporitensis Alm. et Bofill, du Plaisan- cien de la Catalogne, que nous ne connaissons pas en nature et qui pourrait peut-être rentrer dans l'une des variétés établies par M. Sacco pour des formes de l'Astien ou du Plaisancien du Piémont. Localités. — Saucats (La Sime) ; une valve gauche endommagée (PI. VI, fig. 1-2), coll. Benoist au Mus. d'Hist. nat. Bordeaux. — Uelvélien. 77. Mactra [Pseudoxyperas] Kùnstleri nov. sp. PI. VI, %. 21-27. Test peu épais. Taille moyenne; forme peu convexe, oblon- gue-transverse, subtrigone au sommet, subéquilatérale, ovale à ses deux extrémités, quoique plus atténuée du côté postérieur; bord palléal régulièrement arqué, se raccordant en courbe avec les extrémités latérales; crochets petits, peu saillants, non gon- flés, prosogyres, situés aux quatre septièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur un peu excavé en avant, déclive et presque rectiligne en arrière des crochets. Surface dorsale peu bombée, non carénée, mais simplement déprimée du côté anal, où le corselet, lancéolé, est limité par une petite arête, tandis que la lunule en fer de lance est un peu excavée; la région des crochets est à peu près lisse jusqu'à une distance verticale de 6 ou 7 millimètres, puis ornée de sillons concentri- ques, réguliers et profonds, jusqu'au bord palléal, relevés et sublamelleux sur l'arête du corselet qui est lisse, de même que la lunule. Charnière comportant : sur la valve droite, 3^, 3^ cou- dées à 45", s'étendant sur toute la hauteur du plateau cardinal, 3rt plus épaisse et dédoublée à son extrémité inférieure, une fossette triangulaire et peu profonde, deux paires de lamelles I, III, dont les inférieures (I) sont plus épaisses et plus saillantes que III et, en outre, striées sur la face contiguë à la rainure - â8l — séparative; sur la valve gauche, 2a et 2ô presque soudées en un repli épais, 4^ très distincte et faisant un angle avec LA II, tan- dis que LPII s'allonge en arrière de la fossette; nymphe non séparée de la fossette dont le contour inférieur est encadré de deux faibles sinus du plateau cardinal. Impressions musculaires situées assez haut, l'antérieure piriforme, la postérieure sublri- gone à côtés courbes ; sinus largement ovale, s'avançant presque jusqu'à l'aplomb du crochet. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 35 niill. ; diamètre umbono- palléal : 20 mill. Rapp. et difiF. — Après un examen très attentif des nombreuses valves qui représentent cette espèce dans le bassin de l'Adour et comparaison faite avec les échantillons de la Touraine connus sous le nom M. oblonga Millet, nous ne croyons pas qu'il soit possible de les confondre ensemble. M. Kilnstleri — que nous dédions à l'obligeant conservateur du Musée de Bordeaux — se distingue de l'espèce précédente par sa forme plus nette- ment trigone, surtout en arrière du crochet où le contour est particulière- ment rectiligne, au lieu de présente! un coude plus ou moins arqué ; en outre, elle est moins convexe, plus aplatie et ses crochets sont situés un peu moins en avant, de sorte que le sinus, qui est aussi profond, s'avance jusqu'à l'aplomb des crochets; enfin, les valves sont plus allongées d'un seizième environ, et la charnière présente quelques petites différences qui sont plus faciles à saisir qu'à expliquer. Nous pensions d'abord que cette première apparition du S. -G. Pseudoxy- peras dans le Burdigalien représentait une mutation propre à cet étage ; mais nous connaissons une valve gauche et une valve droite de l'Helvétien de Salles qui ressemblent — quoique à peu près lisses — plus aux spéci- mens de Dax qu'à celui de la Sime, ci-dessus rapporté à M. oblonga. Peut- être est-ce encore une variété qu'on pourra séparer quand on en connaîtra d'autres valves. Localités. — Dax, huit valves; cotypes figurés (PI. VI, fîg. 21-27), coll. Deshayes à l'Ecole des Mines. — Burdigalien. Salles (Largileyre), une valve gauche, coll. Benoist au Musée d'hist. nat. de Bordeaux; une valve droite, coll. Degrange-Touzin. — Helvétien. 252 78. Mactra [Eomactra] Basteroti Mayer. PI. VI, %. 4-7, 1823. M. deltoïdes Bast. Mém. géol. env. Bord., p. 94. 1838. — Grat. Cat. Gir., p. 65 {non Lamk.). 1853. M. Basteroti Mayer. Journ. Conch., t. VI, p. 178. 1859. — Hœrn. Tert. Beck. Wien., Il, p. 65, pi. fig. 10. 1894. — Degrange-Touzin, Etude préiim. coq. foss. Ortliez. Act. Soc. Linn. Bord., vol. XLIII, p. 416. 1901. — Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 24. Test peu épais et fragile. Taille moyenne; forme triangu- laire, médiocrement convexe, subéquilatérale ; côté antérieur ovale-arrondi; côté postérieur déclive avec un angle obtus h l'extrémité anale; bord palléal arqué, surtout au milieu; cro- chets petits, pointus, un peu gonflés, presque opposés ou à peine prosogyres, situés très peu en avant de la ligne médiane ; bord supérieur à peu près également déclive de part et d'autre du crochet. Lunule et corselet excavés, ornés de rides réguliè- res et assez fortes; surface dorsale lisse, sauf les accroissements peu visibles, limitée en arrière par un angle très émoussé sur lequel les accroissements sont un peu plus rugueux ; la pre- mière moitié de la région anale est lisse et l'autre moitié porte les rides précitées. Charnière peu développée comportant : sur la valve droite, 3^ 3 ô orthogonales, contiguës, l'une au bord supérieur, et l'autre à la fossette superficielle du cartilage dont le bord inférieur ne fait aucune saillie sur la limite du plateau cardinal ; deux paires de lamelles latérales, longues, minces et assez écartées du crochet; sur la valve gauche, 2» 2 6presque orthogonales, avec une très fine lame 4j bordant la fossette et les LU comme sur l'autre valve; enfin, une nymphe minuscule un peu en arrière du crochet, au-dessus de la fossette du carti- lage. Impression du muscle antérieur arrondie, située assez haut; impression du muscle postérieur plus trigone et située plus bas ; sinus palléal large et très court; impression palléale peu écartée du bord. — 2o3 — DiM. Diamètre antéro-postérieur: 30 mill.; diamètre umbono- palléal : 20 mill. Rapp. etdiff. — Cette espèce n'a encore été figurée que par Hœrnes, pour le Bassin de Vienne : il était donc urgent de combler cette lacune pour l'Aquitaine, d'autant plus que l'exemplaire de la Touraine — signalé par Mayer — a été égaré, d'après MM. Dollfus et Dautzenberg.EUe est plus aiguë en arrière que M. Loiistaiiœ Bayan et que M. siiessionensis Wat., du Bassin de Paris; à ce point de vue, elle se rapprocherait davantage de M. parameces Cossm., du Cuisien, mais elle s'en écarte par son côté anté- rieur plus arrondi, par son bord supéro-antérieur non excavé, et aussi par les branches plus orthogonales de sa dent 3a Zb; M. semisulcata Lamk., qui est du même groupe, a aussi les branches de sa dent moins ouvertes et, en outre, une forme plus bossue en arrière, avec un crochet situé plus au milieu. Toutefois, la dent i-b est beaucoup moins visible chez toutes les espèces éocéniques que sur la charnière de M. Basteroti, elle n'y est qu'à l'état rudimentaire presque confondue avec le rebord de la fossette. M. an- gulata Stan. Meunier, du Stampien de Pierrefitle, a exactement la même forme que M. Basteroti; mais 2» est presque coalescente avec A II et, d'au- tre part, P II est plus écarté du crochet, enfin 3(i Sô font un angle moins ouvert que chez M. Basteroti. liocalitès. — Pont-Pourquey, assez commune; néotypes (PL VI, flg. 4- 7), coll. Cossmann; Dax, commune, coll. de l'Ecole des Mines; Saucats (Lagus), coll. de la Sorbonne;Mérignac (Baour, niv. super.), coll. Nadal. — Burdigalten. Saint-Avit, la Saubotte; Mérignac (Pontic), commune, coll. Nadal; Léo- gnan (Le ïhil), commune, coll. Degrange-Touzin; Saint-Morillon, Le Haillan. — Aquitanieii. Souars (Le Paren), coll. Degrange-Touzin. — Ilelvctieii. 79. Mactra [Heteromaclra) Grateloupi, Desh. in coll. PI. V, %. 1-3. Test assez épais. Taille moyenne; forme triangulaire, un peu déprimée, presque équilatérale; côté antérieur un peu plus court et plus acuminé que le côté postérieur; bord palléal arqué, se raccordant par des angles arrondis avec les contours latéraux; crochets assez saillants, peu recourbés et à peine prosogyres, situés à peine en avant de la ligne médiane; bord supérieur un peu excavé en avant, rectiligne ou légèrement — 234 — convexe en arrière du crochet. Lunule et corselet légèrement excavés, non régulièrement sillonnés; surface dorsale peu con- vexe, lisse ou simplement marquée de stries d'accroissement peu régulières, limitée de part et d'autre par des arêtes peu marquées au-delà desquelles les régions anale et buccale sont ornées, sur la moitié de leur largeur, de sillons concentriques et réguliers, cessant subitement en deçà de la lunule et du corselet dont la séparation est indiquée par un léger bombe- ment rayonnant. Charnière composée : sur la valve droite, de deux branches 3a Sô, minces et peu saillantes, coudées à 45", 3ô contiguë à une fossette large, piriforme et non distincte de la nymple; L PI et LPllI plus minces et beaucoup plus rapprochées que LAI et LA II qui sont plus courtes; sur la valve gauche, 2rt et 26 for- ment une pyramide à base courte, à peine échancrée pour la séparation des deux branches, en avant une fine arête 4^ paral- lèle et très voisine de 2^, bien distincte du bord antéro-supérieur ; enfin LPII formant une crête beaucoup plus saillante et plus rapprochée que LA II. Impressions musculaires grandes, la postérieure subtrigone et située assez haut, l'antérieure plus arrondie et voisine du bord; sinus assez profond, peu large et un peu ascendant; impression palléale assez éloignée du bord. DiM. : Diamètre antéro-postérieur : 44mill. ; diamètre umbono- palléal : 33 mill. Rapp. et diff. — Comme on le voit par cette diagnose détaillée, M. Gra- teloupi appartient, non seulement par sa forme trigone et comprimée, et par ses aréas sillonnées, mais surtout par sa charnière, à un groupe bien différent de M. substriatella. D'autre part, sa charnière la sépare nettement d'Eomactra Basteroti qui appartient à un autre groupe, quoique avec une forme presque aussi trigone, et avec une lunule et un corselet sillonnés. Dans ces conditions, la séparation de cette espèce — pour laquelle nous reprenons le nom que lui avait attribué Deshayes — , se justifie sans qu'il y ait à développer davantage les comparaisons. Localité. — Dax, cotypes (PI. V, fig. 1-3), coll. de l'Ecole des Mines, avec l'étiquette manuscrite de Deshayes. — Burdigalfen. — 255 — 80. Mactra [Spisula] Nadali 7iov. sp. PI. V, fig. 25-27. Test assez épais. Taille petite; forme subtrigone, à peu près équilatérale, un peu convexe ; côté antérieur ovale, légère- ment anguleux; côté postérieur plus allongé et anguleux, bord palléal assez peu arqué; crochets petits, mais assez ren- flés, faiblement prosogyres, situés très peu en avant de la ligne médiane. Surface dorsale bombée au milieu, s'abaissant pres- que symétriquement de chaque côté pour former la lunule et le corselet qui sont ainsi séparés de la partie médiane de la valve par un angle émoussé; elle est ornée de plis transverses assez réguliers, plus fins vers les crochets, plus gros vers le bord palléal; ils sont moins marqués sur la lunule et le corse- let. Charnière formée : sur la valve droite, d'une dent cardi- nale à deux branches 3a et Sb presque orthogonales et atteignant le bord du plateau cardinal, de deux lamelles antérieures (LAI, LAIII), LAI dans le prolongement de 3» , et de deux lamelles postérieures (LPI, LPIII); lamelles I crénelées sur leur face interne, lamelles II très rapprochées du bord cardi- nal; sur la valve gauche, 2a 2b petites, courtes, 2^ presque dans le prolongement de LA II, L Pli écartée du crochet. Impressions musculaires arrondies, sinus palléal arrondi, s'avançant jusqu'au quart de la valve. DiM. Diamètre antéro-postérieur (valve droite): 22 mill.; Diamètre umbono-palléal : 9 mill. Rapp. et difF. — Nous avons comparé la forme du Bordelais avec de nombreux exemplaires de M. siibtrimcata var. triangula, de la Touraine, à laquelle elle ressemble à première vue, et nous avons trouvé les différences suivantes : dans la forme de Touraine, le bord postérieur, vu du côté interne, est brisé à partir du plateau cardinal et forme ainsi un angle très obtus; de plus, il se raccorde avec le bord palléal en formant une sorte de bec; dans celle du Bordelais, le bord postérieur est presque droit et il n'y a pas d'indice de bec; 3a et 36 font un angle plus ouvert dans la forme du Bordelais et les stries tranverses de la surface s'atténuent sur la lunule et le corselet, alors qu'elles sont également fortes sur toute la surface de l'autre. M. sulcatina May., de l'Helvétien de la Touraine, nous paraît plus — 256 — arrondie. D'un autre côté, on distinguera sans difficulté la présente espèce de M. Isevigata Defr. dont la surface est lisse. Localités. — Léognan (le Thil) valve droite, coll. Nadal ; Mérignac (le Pontic), valve droite, coll. Nadal; valve gauche, coll. Peyrot, cotypes figurés (PI. V, fig. 25-27); peu rare. — Aquitanien. 81. Mactra (Spisula) laevigata Defr. PI. VI, fig. 8-11. 1824. Mactra lœvigata Defr. Dict. Se. nat., XXVII, p. 549. 1825. M. triangula Bast. Mém. géol. env. Bord., p. 94 {non Ren.). 1838. — Grat. Cat. Gir., p. 65 (p. parte). 1852. M. subtriangida d'Orb. Prod., III, 26*^ et., p. 100, n° J868 (p. parte). 1868. M. triangula Des Moul. Fête linn., p. 33 {non Ren.). 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 26, n" 36 (p. parte max.). 1897. M. subtriangida Raulin. Stat. géol. Landes, p. 294, 296, 299 (p. parte). Test peu épais. Taille assez petite; forme sublrigone, quoique un peu coudée en arrière, très peu convexe, subéquilatérale; côté antérieur ovale atténué ou faiblement subanguleux h la jonction du contour supérieur avec la courbe de raccordement du bord palléal; côté postérieur plus nettement anguleux à la jonction symétrique, rectiligne et subtronqué jusqu'à la jonc- tion arquée avec le contour supéro-anal; bord palléal médiocre- ment convexe; crochets petits, peu saillants, à peine prosogyres, situés presque sur la ligne médiane ou h peine en avant de cette ligne; bord supérieur un peu convexe, mais plus coudé en arrière qu'en avant du crochet. Surface dorsale très peu bombée, entièrement lisse; lunule et corselet excavés, limités par des angles émoussés et munis de sillons réguliers sur la moitié environ de la région comprise entre l'angle et le bord supérieur. Charnière étroite et peu épaisse, comportant : sur la valve droite, 3a, 3^ coudées à 60", occupant toute la hauteur du plateau cardinal, une fossette trigone et superficielle, confondue avec l'attache du ligament, deux paires de lamelles 1 et III, les infé- rieures (I) crénelées sur leur face interne, 3a bien nettement séparée de AI; sur la valve gauche, 2a, 2b presque orthogonales et très courtes, et deux lamelles II crénelées sur leurs deux — 257 — faces; sur chaque valve, le bord supéro-antérieur forme sous le crochet un très petit éperon saillant au-dessus de la fossette fi^ f FiG. 19. — Charnière de Spisula Ixvigata Defr. du cartilage. Impressions peu visibles; sinus palléal court et ovale. DiM. Diamètre antéro postérieur : 14mill.; diamètre umbono- palléal : 10 mill. Rapp. et difif. — La description originale de Defrance s'applique à des spécimens de Léognan, tandis que d'Orbigny, dans le Prodrome, a confondu sous le nom subtriangula les formes du Burdigalien et de l'Helvétien : c'est donc le nom lœvigata Defr. qu'il faut reprendre. Or la coquille burdiga- lienne se distingue de celle de l'Helvétien (déjà peu pareille à la forme vivant dans la Méditerranée), non seulement par son galbe moins transverse, à contour moins coudé en arrière du crochet, par l'absence de sillons con- centriques sur la surface dorsale, mais encore par les détails de sa char- nière dont le plateau est beaucoup plus étroit, 3a et 26 formant un triangle isocèle au lieu de rectangle, et les lamelles latérales I et II non situées dans le prolongement de 3a 2a. Il suffît d'examiner un peu attentivement des séries d'échantillons provenant des deux bassins (Aquitaine et Touraine) pour être surpris qu'on les ait confondus jusqu'à présent (sauf Defrance et Raulin) en une même espèce. D'autre part, si l'on compare M. Ixvigata à M. niicleiformis Mayer de notre collection (coll. Peyrot), on trouve que celle-ci est plus courte et plus élevée, avec une forme nettement triangulaire et un peu inéquilatérale, le côté postérieur étant au contraire le plus court et avec une convexité des, valves beaucoup plus grande ; d'ailleurs, M. nucleiformis ne possède pas de stries sur la lunule ni sur le corselet. Localités. — Saucats (M. de l'Eglise), commune, types figurés (PI. VI, flg. 8-11), coll. Cossmann; répandue dans tous les gisements du même niveau, notamment à Léognan (Coquillat, Carrère, etc.) ; Mainot à Saint- Paul-les-Dax, coll. Peyrot. — Burfllg;alien. — 258 — 82. Mactra (Spisu/a) subtruncata Da Costa, var. triangula Renieri, PI. VI, fig. 15-17. 1804. Mactra triangula Renieri, ïav. alfab., p. 6. J837. — Duj. Mém. Touraine, p. 46. 1859. Mactra suhtriangula Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 66, pi. VII, fig. 11. 1873. Mactra triangula Benoist. Cat. Saucats, p. 26 (pro parte). 1878. — Benoist. Tort. Gir. l\-V. Soc. Linn. Bord., p. 3. 1901. Spisiila subtruncata Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 25, pi. VI, fig. 3-6. 1901. Mactra fSpisula) subtnincataDolU. Baniz. Nouv. liste Pélécyp.,p. 11. 1904. — var. triangula Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 115, pi. VIII, fig. 1-10. Test assez épais; forme snbtrigone, assez peu convexe, sub- équilatérale ; côté antérieur arrondi, subanguleux; côté posté- rieur plus nettement anguleux; crochet à peine prosogyre, submédian ; i^ord cardinal régulièrement déclive en avant et formant en arrière un coude peu proéminent vers le milieu de la distance entre le crochet et l'angle inféro-postérieur; bord palléal peu convexe, se reliant par des angles obtus avec les côtés latéraux. Surface dorsale peu bombée, ornée de nombreux cor- dons transverses, fins, assez réguliers, s'atténuant vers la région umbonale, devenant au contraire très profonds sur la lunule et le corselet. Charnière peu épaisse : comportant sur la valve droite, 3^, 80 minces, presque orthogonales, s'étendant sur toute la hauteur du plateau cardinal, une fossette triangulaire et très petite en arrière de 3^, A III petite et presque confondue avec le bord cardinal. Alpins forte et presque dans le prolongement de 3a, en arrière PI plus saillante que Plll; sur la valve gauche, 2a 24 plus faibles que 3, la fossette triangulaire, AU presque dans le prolongement de 2^, Pli un peu écartée du crochet. Impressions musculaires bien marquées, l'antérieure piriforme la postérieure arrondie; sinus largement ouvert et peu pro- fond. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 8 mill. ; diamètre umbono- palléal : 6 mill, — 259 — Rapp. et difif. — Nos spécimens sont semblables à ceux de la Touraine qui ont été identifiés, avec raison, avec l'espèce actuelle par MM. DoUfus et Dautzenberg : mais ils sont plus petits. Les éléments de comparaison avec les formes voisines de l'Aquitanien et du Burdigalien ont été détaillés ci- dessus, à propos de la diagnose de ces dernières. Toutefois, il est intéres- sant de constater que : au point de vue de l'aspect de la surface, la filiation ne se fait pas très régulièrement d'étage en étage, puisque cette Spisula commence par être striée au début de son apparition, qu'elle devient lisse à la mutation suivante et enfin qu'elle recommence à monti-er des stries concentriques à partir de l'Helvétien ; au contraire, en ce qui concerne la forme des valves, elles ne deviennent nettement coudées qu'à partir de l'Helvétien, la mutation ancestrale de l'Aquitanien étant tout à fait trigone tandis que celle du Burdigalien l'est déjà un peu moins. Localités. — Sonars (le Paren), peu rare, plésiotype figuré (pi. VI, fig. 16-17), coll. Degrange-Touzin ; coll. Peyrot. Salles (Largileyre), fide Benoist. — HelTcllen. [Il est probable que les citations — de Benoist relativement à la prove- nance de la Sime, de Raulin pour Saubrigues — se rapportent bien à cette espèce et non à M. lœvigata Defr.]. 83. Mactra [Spisula] nucleiformis Ma ver, var. Duvergieri jiov. var. Pi. VI, fig-, 12-14. 1867. Mactra nucleiformis May. Gat. Mus. Zurich, p. 24, 26. 1873. — May. Verstein. des Helvetian, p. 21. 1904. Mactra (Spisula) nucleiformis Dollf. et Dautz. Gonch. mioc. Loire, p. 120, pi. VII, fig. 13-29 (pars). Test assez solide, taille petite; forme oblongue, à peu près équilatérale, équivalve ; côté antérieur arrondi, assez régulière- ment déclive; côté postérieure peine plus long, anguleux; bord cardinal faiblement arqué du côté antérieur, plus rectiligne et un peu plus long du côté postérieur ; bord palléal à grand rayon de courbure; crochets petits mais assez saillants, prosogyres, situés un peu en avant du milieu de la valve. Surface dorsale lui- sante, lisse, marquée de très fines stries d'accroissement visibles seulement à la loupe ; lunule petite, corselet assez étroit, allongé, imité par un angle assez saillant; surface de la lunule et du corselet lisse comme le reste de la coquille. Charnière formée ; — 260 — sur la valve droite, de deux paires de lamelles, l'une antérieure l'autre postérieure, crénelées intérieurement; la lamelle supé- rieure est des deux côtés peu saillante et presque confondue avec le bord cardinal; d'une dent cardinale à deux branches 3a Sb presque rectangulaires, 3^ est à peine visible et confondue avec le bord supérieur, enfin d'une fossette ligamentaire petite; sur la valve gauche, d'une lamelle antérieure et d'une lamelle postérieure assez fortes, crénelées sur leurs deux faces, d'une dent cardinale courte et forte, les deux branches, 2^ 2^ obliques formant un angle aigu, et enfin d'une fossette ligamentaire; impressions musculaires peu marquées : sinus palléal arrondi, peu profond. DiM. Diamètre antéro-postérieur : Il mill.; diamètre umbono- palléal : 9 mil!. Rapp. et diflf. — La surface entièrement lisse de cette petite espèce permet de la distinguer aisément des autres Spisu/a décrites qui sont striées au moins sur la lunule et le corselet. La forme des spécimens de la Tou- raine est un peu variable; néanmoins, dans leur ensemble, ils sont plus courts, plus triangulaires que ceux de la Gironde qui constituent pour nous une variété distincte. Localités. — Salles (Minoyj commune (PI. VI, flg. 12-14), coll. Peyrot. — HelTctien. LUTRARIA Lamk. 1799. Coquille oblongue, bâillante aux deux extrémités, à crochets généralement antérieurs; surface externe striée concentrique- ment; plateau cardinal prolongé en avant et en arrière du cro- a FxG. 20. — Charnière de Lulraria. chet, mais dépourvu de dents latérales; charnière portant : à droite, une dent 3 à deux branches 3„ 3h, celte dernière très écartée et confondue avec le bord d'un large cuilleron piriforme — 261 - et peu profond; à gauche, une forte dent 2 dont les branches 2a 2b sont peu ouvertes, impressions des adducteurs rapprochées du bord supérieur; ligne palléale profondément sinueuse, avec une languette étroite et souvent confluente. — G. -T. : Maclra lutraria Lin. Il est à remarquer que Mayer, attribuant (d'après Herrmannsen) au nom Lutraria l'étymologie lutus (boue), a pris sur lui de rectifier l'orthographe Lutaria ; mais il n'a pas été suivi par la plupart des auteurs qui continuent à écrire Lutraria comme si l'étymologie était lutra (loutre). Dans cette incertitude, il est plus commode de conserver cette dernière orthographe à laquelle nous sommes tous habitués. M. Sacco a restreint ce Genre aux formes ovales, et il a, par suite, admis, à titre de Section, Psammophila Leach [in Brown, 1827), dont le génotype [L. oblonga Gm.) aune forme arquée, le bord supéro-postérieur étant concave, de sorte que l'extrémité postérieure est plus large que l'autre ; mais tous les autres caractères génériques paraissent identiques, sauf l'apparition de lamelles latérales rudimentaires qu'on retrouve aussi chez Lutraria sanna qui n'est pas arqué. D'ailleurs, MM. Dollfus et Dautzenberg ont rapporté à ce génotype des individus de la Touraine qui sont moins arqués que ceux d'Italie. Dans ces conditions, l'utilité de la Section Psammophila est très contestable, et si on la conservait, il faudrait en changer le critérium dis- tinctif pour y classer les Lutraires qui ont des lamelles latérales rudimen- taires, ce qui serait précisément le cas de L. sanna. Quant aux autres groupes : Darina, Goniomactra, Cœcella, Schizotherus, Zenatia, ils n'existent pas dans notre Miocène. Lutraria diffère de Mactra, non seulement par la forme ovale et allongée des valves qui ne sont jamais trigones comme celles de l'autre Genre, mais encore et surtout par sa charnière, dépourvue de dents latérales ou munie de lamelles peu développées, par le bâillement des valves à leurs deux extrémités, ce qui s'explique par l'habitat de la coquille qui s'enfonce dans la vase, tandis que Mactra a une vie plus active. Ce Genre n'a commencé à apparaître qu'à dater de l'Oligocène tout à fait supérieur; mais il a pris très subitement un grand développement, non seulement par le nombre, mais aussi par la taille des espèces qui le repré- sentent pendant la péi^ode miocénique, et qui — quoique très voisines les unes des autres — paraissent se distinguer entre elles par des caractères à peu près constants. — 262 — 84. Lutraria angusta Desh. PI. V, fig. 10-11. J830. L. angusta Desh. Encycl. méth., t. II, p. 390. 1844. L. angustior Pliil. Enumer. Moll. Sic, II, p. 7. 1867. L. angusta Mayer. Catal. Mus. Zurich, 2' cahier, pp. 28, 54. 1901. L. angustior Sacco. I Moll. terz. Piem., part. XXIX, p. 29, pi. YIII, flg. 2-3. 1902. L. lutraria DoUf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. iOl, pi. V, fig. 7-9 (non Lin.). Test mince. Taille assez grande ; forme très étroite, oblongue, ovale et également atténuée à ses deux extrémités, très inéqui- latérale, le côté antérieur atteignant à peine le tiers de la lon- gueur des valves ; bord palléal et bord supérieure peu près également arqués, quoique ce dernier soit un peu plus déclive de part et d'autre du crochet qui est petit et peu saillant. Sur- face dorsale peu bombée, déprimée en arrière, marquée de plis irréguliers d'accroissement, plus saillants sur l'angle très arrondi qui limite la région anale. Charnière de la valve droite un peu détériorée, seule la branche 3a est conservée; sur la valve gauche, dent 2 presque triédrique, l'échancrure inférieure qui indique l'existence de deux branches en A étant très atté- nuée; fossette chondrophore large et peu profonde formant une forte saillie triangulaire sur le contour inférieur du plateau cardinal ; un peu en arrière de celte fossette, on distingue la trace d'une lamelle PII et aussi de faibles rainures antérieures pour recevoir AI et AIII; sinus palléal ovale, à languette con- fluente s'avançant jusqu'à l'aplomb de la fossette chondro- phore. Fig. 21. — Valve gaudœ de L. angusta Desh. — 263 — DiM. Diamètre antéro-poslérieur : 35 mill.; diamètre umbono- palléal : 15 mill. Rapp. et difF. — Nous avons d'abord étudié l'unique valve désignée dans la coll. Renoist sous le nom L. angusta que Deshayes a appliqué au fossile du Bordelais et que Mayer a repris sans pouvoir en justifier la légitimité. L'individu bivalve de Villandraut — qui nous a été ensuite communiqué — nous a confirmé dans l'opinion qu'il faut séparer cette espèce de ses con- génères fossiles, à cause de son galbe particulièrement étroit. MM. Dollfus et Dautzenberg ont rapporté à L. lutraria Linné — qui est beaucoup plus élevé (2 1/2 au lieu de 7/3) — les fossiles de l'Helvétien de la Touraine dont les proportions sont identiques à celles de nos valves aquitaniennes. Nous convenons volontiers que la séparation de toutes ces formes est extrême- ment difficile, parce que les différences sont très légères et que les varia- tions sont fréquentes; mais il ne faut pas se guider simplement d'après la forme générale des valves : il y a aussi la disposition de la charnière et la forme du sinus qui nous décident à séparer nos fossiles du Bordelais de l'espèce de Linné, comme aussi de celle de Philippi, I. angiistior, du moins des spécimens actuels, tels que MM. Bucquoy, Dautzenberg et Dollfus les ont figurés (Moll. Rouss., pi. LXXXIII, flg. 5-6) ; chez L. angustior, le bord supérieur est beaucoup plus parallèle au bord palléal, en arrière du cro- chet et l'extrémité antérieure est aussi moins atténuée. C'est pourquoi nous ne citons en synonymie qu'avec un point de doute les références aux ouvra- ges de Philippi et de M. Sacco, et nous concluons qu'il faut reprendre pour les formes miocéniques le nom angusta Desh., même si l'on ne veut en faire qu'une mutation ancestrale de L. angustior et, par suite, de L, lutraria. Il y a lieu de noter que la citation de l'espèce à Saint- Avit, par Benoist, était fondée sur des spécimens non recueillis par lui, mais existant dans une collection locale qui a été depuis acquise par M. Dautzenberg et que notre confrère nous a communiqués. Or, ces spécimens sont manifeste- ment des valves de L. angustior, ils n'ont pas l'aspect fossile et il est pro- bable que l'étiquette Saint-Avit a été mise à tort sur des spécimens actuels. Localités. — Saucats (Lariey), unique (PI. V, fig. lO-H), coll. Benoist au Mus. d'Hist. nat. de Bordeaux; Villandraut (Gamachot), un individu bivalve, coll. Neuville; une valve gauche (flg. 21), coll. Bial de Bellerade. — Aquitanien. Cestas, une valve gauche de grande taille (55 mill. sur 27 mill.) douteuse, coll. Bial de Bellerade. — IBurdigalieii. — 2(34 ~ 85. Lutraria latissima Desh. PI. VI, fig. 28-29; et PI. VU, %. 5. 1830. i. /a^tssima Desh. Encycl. méth,, II, p. 389. 1859. — Hœrnes. Tert.. Beck. Wien, II, p. 57, pi. VI, fig. 1. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 25, n» 33. 1901. — Sacco. I MoII. terz. Piem., XXIX, p. 29, pi. VIII, fig. 4. Test assez épais. Taille très grande; forme peu convexe, obliquement oblongue, inéquilatérale, le côté antérieur étant beaucoup plus court et ovale, atténué, tandis que le côté posté- rieur plus allongé est aussi plus largement ovale; bord palléal arqué, se raccordant par des courbes régulières avec les con- tours latéraux; crochets très petits, peu gonflés, à peine sail- lants, opposés, situés aux trois dixièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur déclive et presque rectiligne de part et d'autre des crochets. Surface dorsale médiocrement bombée, vaguement marquée de dépressions rayonnantes et obsolètes, du côté anal, ornée de stries d'accroissement peu régulières, assez serrées, et de traces de stries rayonnantes, visibles par places et très fines, sur la région médiane. Char- nière puissante comportant : sur la valve droite, une dent 3 dont les branches font un angle de 50° entre elles, Sa étant beau- coup plus épaisse et plus élevée que 80; fossette ligamentaire relativement étroite et peu profonde, faisant une forte saillie curviligne sur le bord cardinal; sur la valve gauche, une branche 2b formant une crête épaisse et saillante, tandis que la branche 2a se réduit à une arête longue et rudimenlaire; fossette liga- mentaire étroite et oblique, plus profonde que celle de l'autre valve, et en arrière, une petite arête plus saillante, séparée du bord supérieur, et représentant peut-être une lamelle latérale PII. Impressions musculaires grandes et inéquidistantes, l'anté- rieure ovale allongée, la postérieure subtrigone et transverse ; sinus palléal largement ouvert et arrondi, s'avançant presque jusqu'à l'aplomb du cuilleron, avec une languette presque confluente sur toute sa longueur, qui le sépare de l'impression palléale écartée du bord. — 26S — DiM. Diamètre antéro-postérieur : 1 02 mil I. ; diamètre umbono- palléal : 56 mill. Rapp. et difT. — Cette belle espèce est caractérisée par sa forme oblique, inéquilatérale, comprimée, qui la distingue au premier coup d'oeil de l'ovale régulier des valves de L. lutraria ; sa fossette ligamentaire est particulière- ment étroite et oblique, inégalement profonde sur les deux valves; la décli- vité presque rectiligne des deux parties du bord supérieur, en avant et en arrière du crochet, est aussi un critérium distinctif très constant ; le rapport de la longueur à la largeur est notablement inférieur à 2. Les échantillons que M. Sacco a fait figurer du côté du dos, en les rappor- tant avec un point de doute à cette espèce, nous paraissent avoir exactement la même forme; mais cela s'explique, car ils proviennent de Saucats. Cet auteur ajoute, dans le texte, que les exemplaires du Bassin de Vienne lui paraissent très différents de ceux du Bordelais et qu'ils se rapprocheraient plutôt de L. sanna Bast. ; quant à ceux qu'on a cités dans le Plaisancien, ce seraient seulement de grands exemplaires de L. lutraria. Localités. — Léognan (Coquillat), néotypes (PI. VI, fig. 28-29; PI. VII, fîg. 5), coll. Dautzenberg, coll. Nadal, Peyrot, Rozier, commune; Léognan (la Sangsuéyre), coll. Degrange-Touzin; Saucats (carr. Giraudeau), fide Benoist, rare. — Murdigalf en. ' 86. Lutraria GrœfFei Mayer. PI. VU, fig. 21 et 25-26. 1873. L. elliptica Benoist. Cat. Saucats, p. 24, n. 32 {non Lamk.). 1889. L. Grseffei May. Journ. Conch., 3^ sér., t. XXIX, p. 203, pi. V, flg. 4. Test assez épais. Taille très grande; forme assez convexe, elliptique quoique inéquilatérale ; côté antérieur plus court et un peu plus atténué que le côté postérieur qui est régulière- ment ovale; Lord palléal à peine convexe, se raccordant par un arc de cercle avec le contour anal, et par une courbe plus déclive avec le contour buccal; le bâillement des valves est inégal aux deux extrémités, par suite du gauchissement du bord palléal un peu plus relevé en arrière qu'en avant; crochets petits, presque sans aucune saillie, situés au tiers de la longueur du côté antérieur; bord supérieur à peu près rectiligne de part et d'autre du crochet, mais plus déclive en avant. Charnière comportant : sur la valve droite, une dent 3 dont les deux Tome LXIII. 18 — 266 — branches sont à 90", et une fossette ti-igone assez large; sur la valve gauche, une denl 2 bifide, avec une faible arête antérieure, puis une fossette ligamentaire, moins profonde que celle de l'autre valve, et dont le rebord postérieur forme une saillie odontoïde à laquelle ne correspond aucune rainure sur l'autre valve. Impressions musculaires inégales et très inéquidistanles, l'antérieure limitée par un épaississement calleux qui rayonne du fond de la cavité umbonale ; sinus largement ouvert, sub- tronqué à son extrémité qui dépasse l'aplomb ducuilleron liga- mentaire, séparé par une languette confluente de l'impression palléale qui est inégalement écartée du bord. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 113 mill.; diamètre umbo- nopalléal : 52 mill. Rapp. et difF. — Cette espèce a été confondue à tort avec L. elliptica (L. lutraria); c'est avec juste raison que Mayer l'en a récemment séparée en lui attribuant un nom nouveau; elle est beaucoup moins allongée et moins inéquilatérale tout au moins que les spécimens de la Touraine que MM. Dollfus et Dautzenberg ont rapportés à l'espèce actuelle; mais il y a lieu de remarquer que ceux-ci ne ressemblent guère à ceux que M. Sacco a désignés sous le même nom, et qui se rapprochent davantage de ceux de la Gironde quoiqu'ils ne soient pas identiques. Sans avoir à nous pronon-- cer sur la détermination de l'espèce des faluns, pour laquelle les auteurs précités disposaient d'excellents matériaux de comparaison, nous pouvons affirmer que la coquille girondine en est bien différente. C'est pourquoi nous avons adopté le nom L. Grseffei. Mayer a fait, d'autre part, observer que son espèce ne peut se confondre avec L. latissima qui est plus large, plus oblique, plus comprimé, plus inéquilatéral, et qui, en outre, se rencontre à un niveau moins élevé dans le Bordelais. Localités. — Salles (Largileyre), rare entière, plésiotypes (PI. VI, fig. 21 et 25-26), coll. Dautzenberg, coll. de l'Ecole des mines; Le Minoy, coll. Duvergier; Moulin Débat, coll. Degrange-Touzin. — Helvêticii. Cestas (Moulin-Neuf), coll. Degrange-Touzin. — Burdigallen. — 267 — 87. Lutraria Pseteli Mayer. PI. VII, fig. 23-24. d867. L.oblonga Mayer. Gat. Moll. Zuricb, II, p. 52, no 47 {non Cliemn.). 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 25, n° 34 {id.). 1889. I. Pseteli Mayer. Journ. Conch., XXXVII, p. 204, pi. II, fig. 7. « Coquille oblongue allongée, presque elliptique, assez con- vexe, médiocrement inéquilatérale, irrégulièrement striée en travers; stries légèrement sinueuses sur le dos de la coquille. Côté antérieur le plus court, très allongé pour le Genre, pres- que droit et à peine déclive en dessus, arrondi à son extrémité; côté postérieur allongé, légèrement atténué, tant soit peu con- cave en dessus, à peine tronqué et très obtus. Fossette liga- mentaire très grande, oblique et arrondie. Dent cardinale droite et bifide. Sinus palléal profond ». Long. 49, lat. 113 mill. « Par sa forme moins inéquilatérale que de coutume dans le Genre, cette Lutraire se distingue suffisamment de ses voisines du groupe L. elliptica. Je connais cependant des exemplaires de la variété étroite de cette dernière espèce, variété nommée, je crois, par Gray, L. elongata, chez lesquels le côté antérieur commence à s'allonger et qui tendent ainsi vers l'espèce actuelle ». Rapp. et diff. — Dans la description et la comparaison que nous venons de reproduire textuellement, Mayer a définitivement séparé de L. oblonga l'espèce qu'il avait primitivement désignée sous ce nom et que Benoist avait signalée à la Sime dans le vallon de Saucats. Elle n'a pas en effet la forme aussi inéquilatérale que cette espèce vivante et elle est moins arquée en arrière du crochet, moins tronquée sur son contour anal. D'autre part, si on la compare à L. Grœffei Mayer, publié dans le même n° du Journ. de Conchyl., on remarque qu'elle n'a pas du tout la même forme, que son bord supérieur est plus excavé en arrière du crochet, que son côté anté- rieur est relativement plus allongé. Les différences sont encore plus accen- tuées entre L. Pœteli et L. latissima qui provient d'ailleurs d'un niveau plus bas et qui est franchement oblique. Mayer n'a malheureusement pas figuré la charnière, et les quelques mots qu'il en dit dans la diagnose ne visent que la valve gauche. D'autre part, les valves isolées, qu'avait recueillies M. Duvergier dans le même gise- ment, ont été brisées dans le transport à Paris ; en les recollant de notre — 268 — mieux, nous avons pu seulement constater que leur forme est plus étroite que celle de L. Grœffei et que leur sinus est manifestement plus court, moins élargies, moins tronqué à son extrémité; mais la charnière est bien semblable ; ces différences sont minimes, et Mayer aurait pu ne les men- tionner qu'à titre de variété. Localités. — « Salles, à la riche localité de Minoy, deux exemplaires » ; individus recueillis par M. Duvergier (pi. VIT, fie. 23-24). — llelvctlen. 88. Lutraria sanna Baslerot. PI. VII, %. 6-12; 1825. L. sanna Bast. Mém. géol. env. Bord., p. 94, pi. VII, fig.. 13. 1838. — Grat. Cat. Gir., p. 67. 1852. — D'Orb. Prod., III, 26e et., p. 98, n. 1831*. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 24, n. 31. 1886. — Benoist. Foss. St.-Avit, p. 49. 1901. — Sacco. I Moll. terz. Piem., part, xxix, pi. VIII, fig. 5 sol. Test peu épais. Taille moyenne; forme ovale allongée, un peu convexe, inéquilatérale; côté antérieur court, ovale-atténué ; côté postérieur plus allongé, arrondi et plus elliptique : bord palléal arqué, surtout en arrière, se raccordant néanmoins avec les deux extrémités par des courJDes régulières; crochet petit, peu gonflé, faiblement prosogyre, situé aux trois dixièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur déclive et faible- ment convexe en avant du crochet, rectiligne et presque hori- zontal en arrière. Surface dorsale peu bombée, légèrement déprimée du côté anal, simplement marquée de plis d'accrois- sement peu saillants et peu réguliers, (jui deviennent parfois sublamelleux sur la région anale; on y dislingue aussi quelques vagues rayons. Charnière bien développée, comportant surtout une large fossette liganientaiie, auprès de laquelle !a dent 2 forme un A à Ijranclies assez ouvertes, et la dent 3 h branches à "' '^^i^'ir^K^ 45° très inégales (3 •iH :3 tr <: H p^ O Pi (D W T^ 0- (U < D tr ■l-l nnéense de Bordeaux. T. LXIU. Pl. II. Conchologie néogénique de lAquitain< Par M. Co.>;,s.M.\\x et A. Peykot. PLANCHE III 1-4. GORBULOMYA BURDIGALENSIS Beiioist. 5-6. Semicorbula Nadali Gossm. et Peyr. 7-11. CoKBVLOUY. \ ( LenHdiu77i) Aqvita'nica [May.] 12-13. Pleurodesmâ Mayeri Hœrnes. 14-17. CoKBVLOMYA(Lentidm?7î)ToviiT^ovEm [May.] 18-19. Glygymeris cf. Rudolphi [Eichwald]. 20-21. Saxigava ARGTICA [Linné]. 22-23. id. 24-25. id. cm S. rugosa [h.]'! 26-27. id. 28-29 et 32-33. Pleurodesmâ Desmoulinsi [Pot. et Mich.]. 30-31 et 84. Pleurodesmâ Desmoulinsi [Pot. et Mich.]. 35. Teredo Daleaui Benoist. 36-39. Degrangia Fisghertna [Mayer]. 40-41. Glygymeris Menardi [Desh.]. 42-43. Pleurodesmâ Sagyi Gossm. et Peyr. 44-48. Basterotia GORBULOiDES Mayer.. 1/1 Pont-Pourquey. 1/1 Mérignac (Le Ponlic). 2/1 St-Avit. 1/1 Léognan (Thibaudeau) 4/1 Saucats (Lariey). 1/1 Salles (Largileyre). 2/1 Saucats (Lagus). 2/1 Mérignac. 1/1 Mérignac. 1/1 Env. de Bordeaux. 1/1 Pont-Pourquey. 1/1 Léognan. 1/1 Saucats (La Sime). 1/1 Saucats. 1/1 Saucats. 3/2 Gestas. 1/1 Salles (Le Minoy). H-1 Pi H o < w Q Pi o PQ w P w :z :z; w -w 7^ -w H -w u o < w Q W <1 S ■M 03 ■+-' •M :3 &* 5^ H ^ O Cii (U ^ eu (D H, /,A ScjciÉrrû I-ivs-j^ewe nr, Bobijeaux. T. l.XIII P, . n Conchologie néogénique de l'Aquitaine Par M. CossMANK et A. Peyrot. PLANCHE IV 1-3. SOLEN BURDIGALENSIS Desh. 4-5. SoLEN suBFUAGiLis Eichwald. 6-7 et 9-11. Ensis Degrangei Cossm. et Peyr. 8. Pholas (Zirfaea) Rozieri Cossm. et Peyr. 12-14. Ensis cf. Rollei [Hœrnes]. 15. PiiARus SAUCATSENSIS [Des Moul.] . 16. id. 17. Pholas (Zirfasa) Rozieri Cossm. et Peyr. 18-19. Ensis Degrangei Cossm. et Peyr. 20. .Pharus SAUCATSENSIS [Des Moul.]. 21-23. Solenogurtus (Mâcha) candidus [Ren.]. 24-26. Solenogurtus Basteroti Des Moul. 27-28. id. 29-32. Solenogurtus (Azor) antiquatus [Pult.], mut. miocaenica Cossm. et Peyrot. 33-34. Cyrtodaria Neuvillei Cossm. et Peyr. 35. Pholas Desmoulinsi Benoist. 36. Glycymeris Mayehi Cossm. et Peyr. 1/1 Pont-Pourquey. 2/1 Le Planta. 2/1 Léognan (Coquillat). 1/1 Saucats. 2/1 Salles (Le Minoy). 1/1 Cestas. 1/1 Pont-Pourquey. 1/1 Saucats. 2/1 Saucats (Lagus). 1/1 Cestas. 1/1 Salles (Largileyre). 1/1 Saucats (Lagus). 1/1 Léognan (Coquillat), 1/1 Salles (Largileyre). 1/1 Léognan (Coquillat) 1/1 Saucats (Lagus). 1/1 Balizac. > H X p <: w Q O m w Q w w -w :z :z -w H -w u o co <; w H •r-t (S •iH i-H Pi 0) w G ;z; '(D tm. p,._ l^ Conchologie néogénique de l'Aquitaine Par M. CossMANN et A. Peyrot. PLANCHE V 1-3. Mactra (Heteromactra) Grateloupi Desh. 4. Mesodesua (Donacilla) SECVNDVU Mayer. 5. Abra cyther.ï:formis Gossra. et Peyr. 6-8. Basterotia Biali Gossm. et Peyr. 9. Anisodonta saucatsensis Gossm. et Peyr. 10-11. LUTRARIA ANGUSTA Desh. 12. Mactra ('Ba?'!/?nac^?'aj substriatella d'Orb. 13-15. Anisodonta saucatsensis Cossm. et Peyr. 16-19. BASTER0Ti^7^itZc?'eZ/a; Neuvillei Gossm. et Peyr. 20-21. Anisodonta Duvergieri Gossm. et Peyr. 22. GoRBWLA (Agina) gibba [Olivi]. 23-24. Anisodonta Dumasi Gossm. et Peyr. 25-27. Mactra (Spisula) Nadali Gossm. et Peyr. 28-30. Mactra ( Bar ymach^a) substriatell.\ d'Orb. 31-32. Semble a7i sp. foss? 33. Mactra (Barymactra) burdigalensis May. 34-35. Mactra Benoisti Gossm. et Peyr. 1/1 Dax. 5/1 Sauçais. 3/1 Saucats. 3/2 Gestas. 3/1 Saucats (Eglise). 1/1 Saucats (Lariey). 1/1 Pont-Pourquey. 3/1 Saucats (Eglise). 3/2 Salles (Le Minoy). 2/1 Salles (Le Minoy). 2/1 Saubrigues. 3/1 Saubrigues. 1/1 Léognan (Le Thil). 1/1 Pont-Pourquey. 1/1 Saint-Avit. 1/1 Léognan (GoquiUat) 1/1 Salles (Le Minoy). > _1 X X p <; w Q Pi o PQ W Q W w -w s; -w H -W U O < W P W H U <: :3 0) T5 O W Oh 0) <^ (D S •rH V- o i-H O u o u Actes de la Société lixxéexne de Bordeaux. T. LXIII. Pl. \- Conchologie néogénique de l'Aquitaine Par M. CossMANN et A. Peyrot. PLANCHE VI 1-2. 3. 4-7. 8-11. 12-14. 15-17. 18. 19. 20. 21-27. 28-29. 30-32. 33-35. Mactra (Pseudoxyperas) oblonga Millet. Mactra Benoisti Cossm. et Peyr. Mactra (Eomactra) Basteroti Mayer. Mactra (Spisula) l^vigata Defr. Mkct:b.a. ( Spisula) nucleiformis Mayer, var. Duvergieri Cossm. et Peyr. Mactra (Spisula) subtruncata Da Costa, var. triangula Rewieri. Mactra (Barymactra) burdigalensis May. Degrangia Fischerina [Mayer]. Thracia (Cyalhodonta) Dollfusi Cossm. et Peyr. Mactra (Pseudoxyperas) Kunstleri Cossm. et Peyr. LUTRARIA LATISSIMA Desh. Ervilia fusilla [Phil.]. Mesodesma (Donacilla) erycinella Mayer. 1/1 Saucats (La Sime). 1/1 Salles (Le Minoy). 1/1 Pont-Pourquey. 3/2 Saucats (Eglise). 3/1 Salles (Le Minoy). 2/1 Souars (Le Paren). 1/1 Léognan (Coquillat). 1/1 Saucats. 1/1 Léognan (Molasse). 1/1 Dax. 1/1 Léognan (Coquillat). 3/1 Saucats. 3/1 Saucats. > a, X p <: w o k; o m H U O co <: w Q w H u < !^ "iH cd -(-> ■H 1:3 tf < H 'i—\ O Pi (U W T3 P-, (D < D tr IJ •T— 1 CJ ?; ^ .»- / o'.Mo -~V Oi'.OS Le graphique IV met en évidence le poids moyen des cocons filés dans chaque lumière. Nous devons tout d'abord attirer l'attention sur un fait remar- quable, à savoir qu'au moment de filer leur cocon les vers ont montré une tendance très nette à fuir les lumières violette et bleue; ils auraient une préférence marquée pour la lumière solaire, peut-être même pour la lumière rouge, ainsi que semble- rait l'attester la manœuvre de ce ver qui, échappé de la boite à lame de quartz, est allé filer directement sous un verre rouge. De même dans les lumières verte et rouge, nous voyons un grand nombre de vers faire leur cocon sur la paroi lumineuse elle- _ 307 — même, à tel point que le verre jaune et la cuve rouge ne lar- dent pas à être solidement fixés à leur boite. Nous devons cependant signaler deux vers qui ont filé hors de la cuve rouge et trois autres directement, un sur la lame de quartz, le second sur le verre bleu et le troisième sur la cuve bleu-quinine, mais ces faits nous semblent exceptionnels et une donnée nous reste acquise : les vers, sur le point de filer, ont une préférence très nette pour la partie la moins réfrangible du spectre. 11 faut aussi noter que sous le quartz et dans la lumière bleue tons les cocons sont blancs, tandis que nous en trouvons quel- ques-uns verdâtres dans la cuve bleu-quinine, la cuve verte et sous les verres jaune et rouge; dans les mêmes lumières, sauf sous la cuve à sulfate de quinine, le nombre des cocons colorés en jaune est encore plus grand. Cette dernière remarque, qui a bien son intérêt, semblerait indiquer que les radiations lumi- neuses ne sont pas sans intluence sur la coloration des cocons. En effet, il nous parait difficile de voir là des espèces différentes distribuées ainsi par le seul hasard ; mais ici encore nous ne pouvons être affirmatif. Notons enfin que nous avons trouvé quelques cocons franchement jaunesdans l'obscurité, tandis que dans la lumière blanche c'est à peine si quelques-uns, fort rares» présentent une teinte blanc-jaunâtre extrêmement pâle. Le premier papillon se montre dans la lumière blanche dès le 5 juillet; le lendemain, nous en trouvons dans le quartz, l'obs- curité et la cuve bleu-quinine ; ils apparaissent ensuite presque en même temps sous le verre et la cuve bleus, le verre et la cuve rouges, puis successivement dans le violet, le vert et le jaune. Ayant fait la détermination des sexes sur les papillons à l'état sec et, de ce fait, d'une observation plus difficile, nous ne som- mes pas suffisamment sûr de nos chiffres pour pouvoir donner des résultats exacts sur la répartition des mâles et des femelles suivant les différentes couleurs. — 308 -- Disons simplement que les papillons sont légèrement plus grands dans l'obscurité que dans la lumière blanche. Pour ce qui est des radiations colorées, les papillons les plus volumi- neux sont dans les lumières rouge et bleue ; puis, sous le quartz et dans le violet et, en tout dernier lieu, dans les boîtes verte et jaune; enfin, dans la cuve rouge, ils sont moins gros que ceux élevés sous le verre de la même couleur. De plus, dans les dif- férentes lumières colorées, un grand nombre ont leurs ailes mal dépliées et plus ou moins froissées, fait qui ne se produit, sauf de très rares exceptions, ni dans la lumière blanche, ni dans l'obscurité; enfin certains, presque toujours des mâles, petits et atrophiés, ne nous présentent, en guise d'ailes, que des moignons informes et tout recroquevillés ; ces derniers se répartissent ainsi : un dans la cuve bleu-quinine, 2 dans la cuve bleue et 1 sous le verre rouge. Si nous examinons ensuite les différentes pontes, nous voyons que les œufs, partout très nombreux, sont de volumes assez variables; ils sont maxima sous la cuve bleue, le verre violet, la cuve bleu-quinine, le verre et la cuve rouges, deviennent moins gros sous le quartz et le verre bleu et sont minima dans les lumières verte et jaune. Nous en trouvons partout de non fécon- dés, mais c'est dans le rouge et surtout le quartz que ces der- niers sont en plus grand nombre ;dans le quartz, c'est à peine si quelques uns, présentant une teinte lilas très pâle, semblent avoir été fécondés. Remarquons enfin, en terminant, que dans Tobscurité il n'y a pas d'œufs non fécondés et qu'ils sont plus volumineux que dans la lumière blanclie. N'ayant pas déterminé le nombre des femelles, il nous est impossible, de ce fait, de rien affirmer sur le nombre respectif des œufs dans les différen- tes boîtes. Nous pouvons simplement dire que les papillons sont plus gros dans les lumières rouge et bleue que dans la partie moyenne du spectre, plus gros aussi dans l'obscurité qu'à la lumière solaire; qu'ils peuvent, suivant les radiations lumineu- ses auxquelles ils sont soumis, présenter certains vices de con- formation portant surtout sur un arrêt de développement de leurs ailes et qu'enfin ce sont les régions extrêmes du spectre qui nous ont donné les œufs les plus volumineux. — 30â Quels sont les résultats de nos expériences? Nous pouvons brièvement les énoncer ainsi : Résultats relatifs : A. aux éclosions : 1° L'obscurité possède une action retardatrice par rapport à la lumière solaire; 2" C'est la partie la moins réfrangible du spectre qui favorise le plus les éclosions. B. aux vers : 1° La lumière blanche est défavorable au développement des vers par rapport aux lumières colorées et à l'obscurité ; 2° Les plus gros vers se trouvent dans les parties extrêmes du spectre, principalement dans le bleu. G. aux cocons : 1° Au moment de filer, les vers fuient la lumière bleue et sont, au contraire, fortement attirés par le vert, le rouge et le jaune ; cependant dans les lumières violette et bleue, la filature est très en avance sur celle des autres couleurs ; 2° Nous ne trouvons de cocons colorés que dans les lumières les moins réfrangibles; 3° La quantité de soie maxima dans le rouge, le quartz et l'obscurité est minima dans le vert et surtout le jaune. D. aux papillons et aux œufs : 1° Les papillons du placard obscur sont un pe^ plus volumi- neux que ceux de la lumière blanche ; 2° Dans la lumière colorée, les plus gros papillons se trou- vent dans les régions extrêmes du spectre; 3° Dans toutes les boites colorées, mais surtout dans les lumières violette et bleue, un grand nombre ont leurs ailes ma. dépliées et plus ou moins mal venues; quelques mâles, tout à — 310 - fait atrophiés, se répartissent ainsi : un sous la cuve bleu-quinine, deux sous la cuve bleue et un sous le verre rouge ; 4° Enfin les œufs,maxima dans les régions extrêmes du spec- tre, présentent leurs dimensions les plus faibles dans le vert et le jaune; dans le rouge, et surtout le quartz, un grand nombre ne sont pas fécondés. Bien que ces résultats, souvent assez contradictoires au pre- mier abord, ne nous autorisent pas à poser des conclusions absolument définitives, ils nous permettent cependant de tirer les déductions suivantes : 1" L'obscurité semble, sauf pour ce qui est des éclosions, jouer un rôle supérieur à celui de la lumière solaire. Nous avons dit plus haut ce qu'il fallait penser de ce résultat et dans quelle mesure il pouvait être imputé au défaut de lumière; 2° La lumière colorée a une action indéniable sur le dévelop- pement des vers à soie; 3° Le maximum d'effet revient aux parties extrêmes du spec- tre au détriment des lumières de réfrangibilité moyenne; A° 11 nous parait que, dans l'ensemble, ce sont les radiations rouges qui possèdent l'influence la plus favorable au dévelop- pement des vers; enfin, pour ce qui est des éclosions, nous croyons avoir nettement établi l'influence accélératrice des rayons les moins réfrangibles. Bordeaux, 12 octobre 1909. BIBLIOGRAPHIE Béclard (J.). — Compte rendu Académie des sciences, t. XLVI, p. 441, 1858. — Physiologie comparée. Note relative à l'influence de la lumière colorée sur les animaux. PoEY (Pleasanlon). — Influence de la lumière violette sur la croissance de la vigne, des codions et des taureaux. Compte rendu Académie des sciences, t. LXXllI, p. 1236, 1871. ScHNETZLER. — De l'influencc de la lumière sur le développement des larves de gre- * nouille, Archiv. des sciences phys. et natur., t. Ll, 1874. YuNG. — De l'influence des difl'érenles couleurs du spectre sur le développement des animaux. Archiv. de zoologie expériment., 1878, t. VII, et Compte rendu Académie des sciences, t. LXXXVII. Jakimovitgh. — Westnik obchestvenoy hygieny. August 1891. Féré (Ch.). — Note sur l'influence de la lumière sur l'incubation des œufs des poules. Comptes-rendus de la Société de biologie, 1893. Lerrede et Pautrier. — Influence des radiations de difl'érentes longueurs d'onde sur le développement des batraciens. Compte rendu Société de bij)logie, t. LUI, 1901, n. 41, et Photobiologie, Photothérapie, 1903, Naud. Flammarion. — Action des diverses radiations lumineuses sur les êtres vivants (vers à soie). Compte rendu Académie des sciences, 1899, t. CXXIX, p. 398. — Influence des couleurs sur la production des sexes. Compte rendu Académie des sciences, 1902, t. CXXXIII, p. 397-496 (erratum). TABLE DES MATIÈRES (ACTES) BIOGRAPHIE Pages Llaguet (B.). — Notice biographique sur le Professeur B. de Nabias 1 BIOLOGIE Baudrimont (A.). — Contribution à l"étude de l'influence de la lumière colorée sur l'éclosion des vers à soie 295 BOTANIQUE Mission en Mauritanie occidentale, par A. Gruvel et R. Chudeau : Gruvel (A.). — Avant-propos 11 I. Partie botanique : Bonnet (E.). — Etude systématique 15 Chudeau (R.). — Régions botaniques 38 Hue (Abbé). — Lichens . 47 GÉOLOGIE Mission en Mauritanie occidentale par A, Gruvel et R. Chudeau : Chudeau (R.) — II. Partie géologique ; 51 CossMANN et Peyrot. — Conchologie néogénique de l'Aquitaine 73 Tome LXIII. 20' "EXTRAITS DES COMPTES RENDUS DES Séances de /a Société Linnéenne de Bordeaux 1 909 PERSONNEL DE LA SOCIETE Au 1'^^ janvier 1909 (1) B'oiSDATEUR DIRECTEUR : J.-F. LATERRADE (mort le 31 octobre 1858), directeur PENDANT QUARANTE ANS ET CINQ MOIS, MAINTENU A PERPÉTUITÉ EN TÈTE DE LA LISTE DES M:E.MBRES, PAR DÉCISION du 30 NOVEMBRE 1859. Des moulins (Charles, mort le 24 décembre 1875), président pendant trente ANS, maintenu a PERPÉTUITÉ EN TÈTE DE LA LISTE DES MEMBRES, PAR DÉCISION DU 6 FÉVRIER 1878. M. MGTELÂY, #1-, é, Président honoraire. CONSEIL D'ADMINISTRATION poîir l'année 1909. MM. D"" Henri Lamarque, Président. Bardié, pJ., Vice-Président. Llagùet, &J A., Secrétaire général. Gouin, Trésorier. Breignet, ^ A., Archiviste. D»' Barrère, Secrétaire-adjoint . MM. Degrange-Touzin. Deserces. Devaux, i^ I. Doinet. Lambertie. D'' Sabrazès, &} A. COMMISSION DES PUBLICATIONS MM. Doinet. D'' Muratet, %> A. Rozier. COMMISSION DES FINANCES MM. Bial de Bellerade, i^ A. Daydie. Doinet. COMMISSION DES ARCHIVES MM. Bardié, si I. Baudrimpnt.. D^' Boyer, &} A. (1) Fondée le 9 juillet 1818, la Société Linnéenne de Rordeaux a été reconnue comme établissement d'utilité publique, par ordonnance royale du 15 juin 1828. Elle a été autorisée à modifier ses statuts, par décret du Président de la République du 25 janvier 1884. IV MEMBRES HONORAIRES MM. Cossmann (M.), rue de Maubeuge, 95, Paris (X^). Decrais (Albert), G. 0. ^, à Mérignac. Dollfus (G.), rue de Chabrol, 45, Paris. Linder, G. ^, p I., rue du Luxembourg, 38, à. Paris. Loynes (de), # I., 24, allées de Tourny. Pérez, ^, Q I., 73, cours Pasteur. Vaillant (Léon), ^, p L, professeur au Muséum, à Paris. Van Tieghem, 0. ^, p L, professeur au Muséum, à Paris. MEMBRES NON COTISANTS Membi'es à vie (-A-) et membres ayant rendu des services à la Société. MM. Bial de Bellerade, ^ A., villa Eslber, Monrepos (Genon-La-Bastide). Durand (Georges), 48, rue du Faubourg du Temple, Paris. Granger (Albert), iS L, 27, rue Mellis. •k Labrle (Abbé), curé de Lugasson, par Frontenac. -k Motelay (Léonce), ïj I., ^, cours de Gourgue. Neyraud, 212, rue Sainte-Catherine. MEMBRES TITULAIRES MM. Amblard (Df), l^ bis, rue Paulin, Agen (Lot-et-Garonne). Artigue (Félix), 104, rue Mondenard. Ballion (D^), Q A., h Villandraut (Gironde). Bardié (Armand), &^ I., 49, cours de Tourny.' Baronnet, 213, rue de Saint-Genès. Barrère (D»- P.), 35, rue Gaussan. Baudrimont (Albert), 15, rue Lliôle. Baille (Dr), p L, 35, rue Constantin. Boyer (Dr G.), p A., Faculté des sciences. Bouygues, J^ A., jg, 16, rue Mathieu. Breignet (Frédéric), ^ A., iO, rue de l'Eglise-Saint-Seurin. Brown (Robert), 99, avenue de la République, à Gaudéran. Cadoret (Yves), 17, rue Poquelin-Molière. Dautzenberg (Philippe), 213, rue de l'Université (Paris). Daydie(Gh.), rue Frantz-Despagnet, 65, Bordeaux-Saint-Auguslin. Degrange-Touzin (Armand), 157, rue de TEglise-Saint-Seurin. Deserces, 55, rue de Soissons. Devaux, ^ L, 44, rue Millière. Directeur de l'Ecole de Saint-Genès. Doinet (Léopold), 131, rue David-Johiislon. Dupuy (D- Henri), à Villandraut (Gironde). Dupuy de la Grand'Rive (E.), 36, Grande-Rue, à Libourne. Durand-Degrange, Q A., ^ cliâleau Beauregard, Pomerol (Gironde). Durègne, P I., 309", boulevard de Caudéran. Gineste (D»" Ch.), 82, cours de Tourny. Gouin (Henri), 99, cours d'Alsace-Lorraine. Grangeneuve (Maurice), 32, allées de Tourny. Gruvel, -i^, s|i I., 4, rue Lagarde, Paris (Vi^). Guestier (Daniel), 41, cours du Pavé-des-Charlrons. Jolyet (D''), ^, iS I-., à Arcachon. Journu (Augusle), 55, cours de Tourny. Kunstler, ^, P I., Muséum d'histoire naiurelle (Jardin-Public). Lafitte-Dùpont (1)''), ^ A., 5, rue Guillaume-Broclion. Lalanue (D"" Gaston), !i^ A., Castel d'Andorie, Le Bouscat (Gironde). Lamarque (l> Henri), 85, rue de Saint-Genès. Lambertie (Maurice), 42, cours du Chapeau-Rouge. La"wton (Edouard), 94, quai des Charlrons. Leymon (E.-M.), à Ploirac (Gironde). Llaguet (B.), ^ A.,, pharmacien, 164, rue Sainte-Catherine. Lustrac (de), 9, rue Victoire-Américaine. Muratet (D"" Léon), iS A., 1, place d'Aquitaine. Nadal (D'), 134, rue Mondenard. Peragallo (Commandant), 0. ^, 13, rue Leyteire. Pérez (Charles), Institut de zoologie, cours Saint-Jean. Peytoureau (D''), 14, cours de Tourny. Pitard, P A., Ecole de médecine. Tours. Preller (L.), 5, cours de Gourgue. Queyron, ^^ A., médecin-vétérinaire, Grande-Rue, La Réole. Reyt (Pierre), Bouliac (Gironde). Rozier (Xavier), 7, rue Gouvion. Sabrazès (D""), Q A., 26, rue Boudet. Sallet (D''), La Souterraine (Creuse). S?rry (.\.), Ecole de Sainl-Genès, rue de Saint-Genès. Sauvageau (Camille), professeur à la Faculté des sciences, Bordeau.x. Viault (Dr), Q L, Faculté de médecine, place d'Aquitaine. MEMBRES CORRESPOjMDANTS (Les membres dont les noms sont marqués d'une ■*• sont cotisants et reçoivent les publications). MM. Archambaud (Gaston), 9, rue Bel-Orme. Aymard (Auguste), Q L, directeur du Musée, Le Puy. Beaudon (C), Mouy-de-1'Oise (Oise). Bellardi, membre de l'Académie royale des Sciences, Turin. . • • * Blasius (W.), pi'of. Technische-Hocliscliule, Gauss-Slrasse, 17, Brunswick. Boulenger, British-Museum, i.ondres. Bouron, 24, rue Marlrou, Rociiefort sur-Mer. Boutillier (L.), Roucherolles, par Uarnelal 'Seine-Inférieure). • Bucaille (E.), 7Î, cours Nalional, Suintes. Capeyron (L.), Port-Louis (Maurice). . Charbonneau, 253, rue Mouneyra, Bordeaux. Choffat (Paul), 13, rue Arco a Jésus, Lisbonne (Portugal). Clos (Dom), ^, P I-, directeur du Jardin des Plantes, 2, allées des Zéphirs, Tou- louse. Collin (Jouas), Piosendals Vej., 5, Copenhague. ■A- Daleau (François), Q T., Bourg-sur-Gironde. -A- Debeaux (Odon), 0. ^, 23, rue Auber, Toulouse Denis (Fernand), ingénieur civil, Ghauny (Aisne). Douhet, Saint-Emilion (Gironde). Drory, ingénieur de l'usine à gaz de Vienne (Aulriclie). yr Dubalen, directeur du Muséum, Mont-de-Marsan (Laudes). Dupuy de la Grand'Rive, boulevard Arago, 10, Paris. -k Ferton (Ch.), chef d'escadron d'artillerie, Bonifacio (Corse). ■A- Fischer (Henri), 51, boulevard Saint-Mjchel, Paris. Froniental (D"" de), Gray (Haule-Saône). ir Gendre (D'^ Ernest), Institut de zoologie, Bordeaux. ' Gobert (Df E.), Mont-de-Marsan. Go3S9let, ^, ^ I., doyen de la Faculté des sciences, rue d'Antin, 18, Lille. Hansen (Karl), 6, Svauholmvej, Copenhague. ir Hermann, 8, rue de la Sorbonne, Paris. Horvath (Dr), directeur de la section de zoologie, Budapeslh. Hidalgo, Herlad, n» 7, dupl. 2^ derecha, Madrid. Janet (Charles), 71, rue de Paris, à Voisinlieu, près Beauvais (Oise). Jardin (Edelestan), Brest. Lalanne (Abbé), à Saiut-Savin (Gironde). Lamic, 2, rue Sainte Germaine, Toulouse. Lange (Joh.), professeur de botanique, Copenhague. Lartet, ^ L, professeur de géologie à la Faculté des sciences, rue du Pont-Tounis, Toulouse. -k Lataste (Fernand), Cadillac. * Léon-Dufour (Léon), Saint-Sever (Landes). Lisle du Dreneuf (de), Nantes. Lortet, ^, p L, directeur du Muséuin, Lyon. Marchand (D'), père, Sainte Foy-la-Grande (Gironde). Martin [iK.], 14, rue Notre-Dame, Cherbourg. * Maxwell (J.), p A., substitut du Procureur général, rue Villaret-de-Joyeuse, 6, Paris (xvii«). «. . Meyer-Eymar (Ch.), professeur de paléontologie, 15, Gesner-Allée, Zurich (Suisse). ■A- Mège (Abbé), euré de Villeneuve, près Blaye. Mûller, Copenhague. VIT Nordlinger, professeur à Sluttganl. •k Oudri (Général), G. 0, ^, à Durtol (Maine-et-Loire). if Péchoutre, au lycée Louis-le-Grand, rue Toullier, 6, Paris. •k Perdrigeat, pharmacien de !'« classe de la marine, Hôpital maritime, Rochefort- sur-Mer. ■A- Peyrot, %J A , 31, rue Wiistemberg. Ramon-Cajal, laboratoire d'histologie de la Faculté de médecine de Madrid. ir Ramon-Gontaud, >î| I., assistant de géologie au Muséum national d'histoire naturelle, 18, rue Louis-Philippe, Neuilly-sur-Seine. Regelsperger (G.), 85, rue de la Boétie, Paris. Revel (Abbé), Rodez. Rochebrune (de), ^ I, assistant au Muséurti, 55, rue Buffon, Paris. tV Rodier, 4| I, principal du collège de Bergerac. Rondou, instituteur, Gèdre (Hautes-Pyrénées). San Liuca (de), Naples. Scharff (Robert), Bœheinheimer Anlage, 44, Francfort-sur-Mein. -k Schlesch (Hans), Strandagervey, 24, Hellerup (Danemark). Serres (Hector), i^, Dax. • Simon (Eug ), 16, Villa Saïd, Paris. "VanHeurck, directeur du Jardin botanique, rue de la Santé, 8, Anvers. * Vi,sseur, professeur à la Faculté des sciences, Marseille. Vendryès, chef de bureau au Ministère de l'Instruction publique, 44, rue Madame, Paris. Verguin (Louis), capitaine d'artillerie, villa Raphaël, boulevard du Littoral, Toulon. •k Westerlunde (D''), Ronneby (Suède). VIII Liste des publications périodiiiues reçues par la Société '^^ I. — Ouvrages donnés par le Gouvernement français. Minislère de rinstruction publique : * Académie des sciences (Inslilut de France'. Go:nptes rendus hebdomadaires des séances. Bibliographie générale des travaux historiques et archéologiques publiée par les Sociétés savantes de France. Comité des travaux historiques et scientifiques. Nouvelles archives du Muséum d'histoire naturelle de Paris. * Annuaire des Bibliothèques et des Archives. Revue des Sociétés savantes. II. Sociétés françaises. Amiens. — Société Linnéenne du Nord de la France. Arcachon. — Société scientifique. Station biologique. AuTUN. — Bulletin de la Société d'histoire naturelle d'Autun. AuxERRE. — Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne. Bagnères de-Bigorre. — Bulletin de la Sociélé Ramond. Bar-le-Dug. — * Mémoires de la Société des lettres; sciences et arts de Bar-le-Duc. Besançon. — Mémoires de la Société d'émulation du Doubs. Bordeaux. — Bulletin de la Société de géographie commerciale de Bordeaux. — Annales de la Société d'agriculture du départeitient de la Gironde. — Nouvelles annales de la Société d'horticulture du déparlement de la Gironde. — Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux. — Procès-verbaux et Mémoires de la Société des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux. — * Observations pluviométriques et thermomélriques faites dans la France méridionale et plus spécialement dans le département de la Gironde. Bordeaux. — Bulletin de la Société d'études et de vulgarisation dans la Zoologie agricole. Bourg. — Bulletin de la Sociélé des Naturalistes de l'Ain. Brest. — * Bulletin de la Société académique de Brest. (1) Les Sociétés marquées d'un astérisque sont celles dont les publications ne sont pas parvenues à la Société Linnéenne dans le courant de l'année 1908. Messieurs les Bibliothécaires de ces Sociétés sont priés d'en faire l'envoi dans le plus bref délai. IX Caen. — Société Linnéenne de Normandie. Carcassonne. — Bulletin de la Société d'études scientifiques de l'Aude. Chalons-sur-Marne. — Mémoires de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne. Cherbourg. — Mémoires de la Sociélé nationale des sciences naturelles et mathéma- tiques de Cherbourg. Dax. — Bulletin de la Société de Borda. Dijon. — * Mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon. Grenoble. — Annales de l'Université. Le Mans. — Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe. La Rochelle — Académie de La Rochelle. Section des sciences naturelles. Levallois-Perret. — Annales de l'Association des Naturalistes. Lille. — Sociélé géologique du Nord. Limoges. — La Revue scientifique du Limousin. Lyon. — Annales de la Société Linnéenne de Lyon. — Annales de la Société botanique de Lyon. Maçon. — Bulletin trimestriel de la Société d'histoire naturelle. Marseille. — * Annales du Musée d'histoire naturelle de Marseille. ^- Annales de la Faculté des sciences de Marseille. ' — Bévue horticole des Bouches-du-Rhône. Montpellier. — * Académie des sciences et lettres de Montpellier (Mémoires de la section des Sciences). Moulins. — Revue scientifique du Bourbonnais et du centre de la France. Nancy. — Mémoires de l'Académie Stanislas. — Bulletin de la Sociélé des sciences naturelles et Réunion biologique. Nantes. — Bulletin de la Société des sciences naturelles de l'ouest de la France. Nîmes. — Bulletin de la Société d'étude des sciences naturelles de Nîmes. Niort. — * Bulletin de la Société de bolanique des Deux-Sèvres, de la Vienne et de la Vendée. Orléans. — Mémoires de la Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans. Paris. — Société géologique de France. — Journal de conchyliologie. — Association française pour l'avancement des sciences. — Bulletin mensuel de l'Association française pour l'avancement des sciences. — Bulletin de la Société botanique de France. — Revue générale de botanique (G. Bonnier). — Journal de botanique (L. Morot). — La Feuille des jeunes naturalistes. — Bulletin de la Société philomathique de Paris. — Société de secours des Amis des sciences. Comptes rendus annuels. — Journal des Naturalistes et E.xcursionnistes. — * Société zoologique de France. — Société entomologique de France. Perpignan. — Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales. Rennes. — "^ Travaux scientifiques de l'Université de Rennes. X:: ■ RocHECHOUART. — Bulletin de la Société << Les Amis des sciences et arts de Roche- choiiart ». Rouen. — Bulletin de la Société des Amis des sciences naturelles de Rouen. Semur. — Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles. Toulouse. — * Mémoires de l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres. — ' Société d'histoire naturelle et des sciences biologiques et énergétiques. Troyes. — Mémoires de la Société académique d'agriculture, des sciences, arts et belles-letires du département de l'Aube. Vannes. — * Bulletin de la Société polymathique du Morbihan. m. — Sociétés étrangères. Allemagne. Berlin. — Zeitschrift derdeutschen geologischen Geîellschaft. Monatsberichte. — Zeitschrift fur Ethnologie. — Verhandlungen des botanischen Vereins der provinz Brandenburg. — Mittheilungen and Bericht aut dem zoologischen Muséum zu Berlin. Bonn. — "Verhandlugen des naturhistorischen Vereins. — Silzungsberichte der Niederrheinischen Gesellschaft fur Natur und Heil- kunde. Brème. — Abhandlungen herausgegeben vom naturwissenschafllichen Verein zu Bremen. Francfort-sur-Mein. — Bericht and Abhandlungen der Senckenbergischen Nalur- forschenden Gesellschaft. B'ribourg. — Berichte der nalurforschenden Gesellschaft. GiEssEN. — Bericht der Oberhessischen Gesellschaft fur Natur und Heilkunde. Halle. — * Nova acta Academise CsesarEe Leopoldino-Carolinse Germaniae naturae curiosorum. Hambourg. — Jahrbuch der Hamburgischen wissenschaftlichen Anstalten. Kiel. — * Schriften des naturwissenschaftlichen vereins fiir Schleswig-Holstein. Kiel et Helgoland. — Wissenschafliche Meeresuntersuchungen, herausgegeben von der Kommission zur wissenschaftlichen Untersuchund der deutschen Meere in Kiel und der biologischen Anstalt auf Helgoland. Kœnigsberg. — Schriften der physikalisch-ôkonomischen Gesellschaft zii Kœnigs- berg. Leipzig. — Zoologischer Anzeiger. Munich. — Mathematisch-physikalischen Classe der K. B. Akadèmie der Wissens- chaften zu Munchen. — Gorrespondenz-Blatt der deutschen Gesellschaft fur Anthropologie, Ethno- logie und Urgeschichte. WiESBADEN. — Jahrbûcher des Nassauischen vereins fur Naturkunde. Alsace-Lorraine. Metz. — Mémoires de l'Académie des lettres, sciences, arts et agriculture. — Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Metz. yi: Australie. Sydney. — Recors of Ihe Auslralian Muséum. — Nombreuses aulres publications. Autriche-Hongrie. Brlnn. ^- Verhandlungen des nalurforscbeiiden vereines in Briinn. - Bericbt der meteorolog'iscben Commission. Budapest. — Annales hisloriconaturales Musei nationalis Hungarici. Cracovie. — Bulletin inlernalional de l'Académie des sciences (Comptes rendus des séances). Graz. — Miltheilungen des nalurwissenscbafllicbe Vereins fur Steiermark. Vienne. — Akademie derWissenscharilichen Miltheilungen der Erdbeben commission. — Annalen der K. K. nalurliislorischen Hofmuseums. — Verhandlungen der K. K zoologisch-bolanischen Gesellschaft. — Jahrbuch and Verhandlungen der K. K. geologischen Reichsanstalt. Belgique. Bruxelles. — Académie royale des sciences, lettres et beaux-arts de Belgique. — Mémoires de l'Académie. — Bulletin de l'Académie (Classe des sciences). — * Mémoires couronnés et Mémoires des savants étrangers. — * Mémoires couronnés et autres Mémoires. — Annuaire de l'Académie. — Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique. — Bulletins et Mémoires de la Société belge de géologie, de paléonto- logie et d'hydrologie. — Société entomologique de Belgique. — Annales de la Société royale zoologique et malacologique de Belgique. — Société belge de microscopie. Liège. — Annales de la Société géologique de Belgique. , Brésil. Rio-de-Janeiro. — Archives do Museu nacional. Canada. Québec. — Le Naturaliste Canadien. Ottawa. — Geological and natural history survey of Canada. — Nombreuses publications. Chili. Santiago du Chili. — Actes de la Société scientifique du Chili. Valparaiso. — * Revisla chilena de historia natural, XII COSTA-RICA. San-José. — Bolelin de la Sociedad nacional de agricullura. Danemark. Copenhague. — Académie royale des sciences et lettres du Danemark : — Mémoires et Bulletins. — Videnskabelige Meddelser fra den naturhistoriske forening. Espagne. Madrid. — Sociedad espanola de historia nalural. — * Commission del Mapa Geologico de Espafta. — Trabajos del Laboralorio de investigaciones biologicas de la Universilad de Madrid (Suite de la « Revista trimestral Micrografica »). Etats-Unis. Bkrkeley. — Uiiiversity of Galifornia publicatioas. Boston. — Boston Society of natural hislory. Brooklyn. — The muséum of the Brooklyn Iiistitute of arts and sciences. Cambridge. — Bulletin of the muséum of comparative zoology at Harvard Collège. Chapel-Hill. — Journal of the Elisha Mitchell scienlific Society. Chicago. — Field Columbian Muséum. Cincinnati. — Bulletin of the Lloyd library of Botany, Pharmacy and Maleria medica. — Mycological notes. Colorado. — Collorado Collège sludies. Indianopoi.is. — Proceediiigs of the Indiina Academy of sciences. Madison. — Wisconsin geological and natural history survey. Michigan. — Report of Academy of sciences. Montana.. — Bulletin Universily of Montana. New- York. — Annals of the New-York Academy of sciences. — Memoirs. Philadelphie. — Academy of Nalural : Proceedings. — Journal. — Proceedings of the American philosophical Society. Rochester. — ' Proceedings of the Rochester Academy of sciences. Saint-Louis. — Transactions of the Academy of sciences. — Missouri botanical Garden. ToPEKA. — Transactions of the Kansas Academy of sciences. UuBANA. — Bulletin of the llllnois-State laboratory of natural history. Washington. — S:niUisoiiian Inslii.ulion : — Annual report of the Board of Régents of the Smithsonian Institution. — Smithsonian contributions to knowledge. — U.-S.. National Muséum : Proceedings, Bulletin and annual Pieport. XIII Washington. — Conlribulion from the U. S. national herbarium. — Sinilhsonian Miscellaneous colleclions. Quarlerly issue. — Carnegie Inslilufion : — : Publications diverses. Grande-Bretagne. Dublin. — Royal Dublin, Society : Economie proceedings, Scientific proceedings, Scientific transactions. Edimbourg. — Proceedings of the royal physical Society. Glasgow. — Transactions of the natural hislory Society. LiVERPOOL. — * Proceedings and Transactions of Ihe Liverpool biological Society. Londres. — Hooker's icônes plantarum. — The Quarterly journal of the geological Society. — Geological lile- rature. — Proceedings of the geologists' Association. — The journal of the Linnean Society. Inde. Galcutia. — * Asiatic Society of Bengal : Journal, Proceedings. — Geological Survey of India : Memoirs, Records, Palœontologia indica. — Memoirs of the département of agriculture in India. PusA. — Memoirs of the département of Agriculture in India. Italie. Bologne. -^ Academia délie scienze dell' Insliluto di Boiogna : Memorie y Rendi- conto. Milan. — Alti délia Societa ilaliana di scienze naturali e del Museo civico di Storia nalurale. Pavie. — Atti dell Istituto botanico dell Universita di Pavia. PiSE. — Societa toscana di scienze naturali. Rome. — Atti deila Reale Academia dei Lincei : Rendiconli. — * BoUetino délia Societa geologica italiana. — BoUetino del Real Comitato geologico d'Italia. — Annali di Botanica. — Atti délia Societa ilaliana per il progresso délie scienze. Japon. ToKio. — Annotationes zoologicae japonenses. — The Tokio impérial University calendar. Mexique.. Mexico. — Memoria y Revista delà Sociedad cientifica « Antonio Alzale », Xiv Norvège. Christiania. — Nyt magazin for naturvidenskaberne. Pays-Bas. NijMEGEN. — Nederlandscl) kruidkundig archief. — Revue des travaux botaniques néerlandais. Pérou. Lima. — Boletin del Cuerpo de Ingeniores de Minas del Peru. Portugal. Lisbonne. — * Goinmunicaçoes da seccao dos trabalhos geologicos de Portugal. — Commission des travau.x géologiques du Portugal. — * Broteria. Revisla de sciencias naturales do collegio de S. Fiel. Porto. — Annaes scientificos da Academia polytechnica do Porto. République-Argentine. Buenos-Ayres. — Museonacional : Anales, memorias, communicaciones. Russie. Helsingfors. — * Acta Socielatis pro fauna et flora fennica. — Meddelanden ofSocielas pro fauna et tlora fennica. KiEw. — Mémoires de la Société des Naluralisles de Kiew. Moscou. — Société impériale des Naturalistes de Moscou. Saint-Pétersbourg. — Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg : Publications diverses. — Acti Horti Petropolitani. — Comité géologique de Saint-Pétersbourg. — Horee Socielatis en tomologicee rossicae. — Revue russe d'entomologie. ■ ■■ ■ ■ Suède. LuND. — Acla universilalis Lundensis. Stockholm. — Kungliga svenska Ventenskaps-Akademiens : Handlingar; Bihang; Ofversigl; Arkiv fiirBotanik, Kemi-mineralogi, Zoologi, Matematik, Aslronomi och Fisik, Geologi. — Arsbok. — Sveriges geologiska underskœning. — Geologiska fôreningens fôrhandllingar.; — Entomologisk lidskrift. Stockholm. — Meddelanden fran K. Vetenskapsakademiens Nobelinstitut. Journal entomologique, publié par la Société enlomologique. — Les prix Nobel. Upsala. — Publications diverses de l'Université. Suisse. Bale, — Bericht iiber die Verhandlungen der naturforshchenden Gesellschaft. Genève. — Annuaire du Conservatoire et du jardin botanique de Genève. — Mémoires de la Société de pliysique et d'iiistoire naturelle de Genève. — Bulletin de l'iierbier Boissier. Lausanne. — Bulletin de la Société vaudoise des sciences naturelles. Neuchatei.. — Bulletin de la Société neuchâteloise des sciences naturelles. Zurich. — Vierteljahrscbrift der naturforschenden Gesellschaft. Uruguay. Montevideo. — Anales del Museo nacional. Ouvrages divers. Agassiz (Louis). — Words spoken by professer William James at the réception of the American Society oF Naluralits by the Président and Follows at Harvard Collège at Cambridge, onSOdecembre 1896. Andehsson (K.-A.). — Die Pterobranchier, Stockholm, 1907. Arwidsson (Ivar). — Studien liber die Skandinavischen und Arklischen Maldaniden, Upsala, 1906. Bedel (Louis). — Provenance du Clilobius rugulipennis Pairm, Paris, 1896. — Coléoptères du Nord de l'Afrique, Paris, 1889. — Description d'un Platyderus nouveau de la Tunisie méridionale, Paris, 1900. — Notes sur les Paussiis du Nord de l'Afrique, et sur les espèces du groupe de P. cornulus Chevr., Paris, 1900. — Description des deux coléoptères nouveaux du Nord de l'Afrique, Paris, 1900. — Diagnose d'un nouveau Mylabre saharien, Paris, 1899. Bourgeois (F.). — Description de deux larves remarquables appartenant probablement au genre Lycus, Paris, 1899. — Voyage de M. E. Simon au Venezuela (décembre 1897-aoiit 1898). Coléoptères [Malacodermala)^ Paris, 1899. — Notes sur quelques Mallhinus paléarctiques et description d'une espèce nouvelle, Paris, 1900. — Notes sur quelques Podislrina et description d'une espèce nouvelle d'Algérie, Paris, 1900. — Contribution à l'étude des métamorphoses de VHerpes porcellus Lacord., Paris, 1906. — Sur le Celiasis mirabilis Lacord. (note synonymique), Paris, 1906. — , Description d'une nouvelle espèce algérienne du sous-gen4'e Absi- dia, Paris, 1906. Boyer (D"" G.). — Recherches et observations sur les conditions de formation et de XVI développement de la Truffe mélanospore ou Truffe du Périgord, Bordeaux, 1907. BoYER (D""G.)et Pradel(D'' Louis). — Guide pratique deTrufficulture, Bordeaux, 1908. Bremont (Ed. de). — Nouveau Buffon. Eléineuts d'histoire nulurelle, Paris. Garez (L.). — Mémoires pour servir à l'explication de la carte géologique détaillée de la France. La géologie des Pyrénées françaises, Paris, 1905. Choffat (Paul). — Essai sur la Tectonique.de la chaîne de l' Arrabida, Lisbonne, IS'vS, Clévé (P. -T.). — A Ireatise on tlie Phytoplankton, Upsala, 1897. CossMAN. — Description de quelques coquilles de la formation Santacruzienne en Palagonie, Paris, 1899. — Notes sur la géologie des terrains tertiaires du département de l'Hérault Béziers, 1899. — Faune pliocénique de Karikal (Inde française), Paris, 1900. — Note sur rinfralias de Provenchères-sur-Meuse, Ghaumont, 1907. DùLLFus (Gustave). — Note sur dés empreintes attribuables à une Actinie (? Palœac- tis vetulae) dans les schistes cambriens des Moitiers d'Alonne, Gherbourg, 1875. — Note sur une nouvelle coupe observée à Rilly-la-Montagne près Reims, Lille, 1878. — Gontributions k la faune des marnes blanches supérieures au gypse, Paris, 1877. — Observations sur le sondage de Monsoult, Paris, 1878. — Les sables de Sinceny. Note sur le contact des ligniles du Soissonnais et des sables de Guise, Lille, 1878. — Essai sur la nomenclature des êtres organisés, Paris, 1882. — Quelques nouveaux gisements du terrain tertiaire dans le Jura, près de Pontarlier, Paris, 1887. — Goquilles nouvelles ou mal connues du terrain tertiaire du Sud-Ouest, Paris, 1887-1889. — Remarques sur la concordance des couches de l'Eocène du bassin de Paris avec celles de la Belgique, Paris, 1889. Revision des feuilles de Melun et de Rouen, Paris, 1893-1896. Revision de la feuille de Rouen, Paris, 1895. Revision des feuilles de Rouen et d'Evreux, Paris, 1897. La feuille de Lille au 320.000^ (partie sud-ouest), Paris, 1898. Revision de la feuille d'Évreux, Paris, 1900. Re vision de la feuille de Gharlres, Paris, 1902- 1905. Feuille de Bourges au 320.000''. Galcaires lacus- tres de la Touraine, Paris, 1904. Feuille de Fontainebleau, Paris, 1907. Revision de la feuille de Fontainebleau.au 80.000=. Feuille de Bourges au 320.000* (ter- rains tertiaires), Paris, 1908. XVIÎ DoLLFUs (Guslave). — Relalions slraligraphiques de l'argile-à-silex, Paris, 1891. — Groupe quaternaire, Paris, 1891-93. — Recherches géologiques sur les environs de Vichy (Allier)j Paris, 1894. — Observations à la note de IS'r. Jousseaume sur les fossiles de Corinthe, Paris, 1894. — Prolongement du bassin houiller du Pas-de-Calais, Gompiè- gne, 1895. — Considération sur la délimitation des espèces animales, Paris, 1896. — Observations géologiques aux environs de Lou\iers, Vernon et Pacy-sur Eure, Caen, 1897. — Recherches sur la limite sud-ouest du. calcaire grossier dans le bassin de Paris, Paris, 1897. — Relation entre la géologie et l'hydrographie en Catalogne, Paris, 1898. — L'extension des anciennes mers, Paris, 1900. — Contribution k la géologie de Romoranlin, Paris, 1900. — Trois excursions aux environs de Paris, 1900. — Structure du bassin de Paris, 1900. — Note géologique sur les eaux de Rouen, Paris, 1900. — Des derniers mouvements du sol dans les bassins de la Seine . et de la Loire, Paris, 1900. — Une grande Vénus du ^liocène supérieur de l'Anjou, Paris, 1902. _ Sur les effondrements de la plaine de Sevran, Paris, 1903. — Classificalion des couches de l'Eocène inférieur dans le bassin de Paris. Classification du tertiaire moyen et supérieur de laRelgique, Paris, 1903. — Un sondage à Templeux-la-Fosse (Somme), Lille, 1904. — Critique de la classification de l'Eocène inférieur, Lille, 1905. — . La géologie il y a cent ans en Angleterre, Paris, 1907. — Faune maiacologique du Miocène supérieur (rédonien) de Montaigu (Vendée), Reims, 1907. Classification des couches de l'Eocène supérieur au nord de Paris, Paris, 1907. — La géologie il y a cent ans en France, Paris, 1908. _ Sur quelques Polypiers fossiles des Indes néerlandaises, 1908. DoLLFUs (G.) et Choffat (Paul). — Quelques cordons littoraux marins du Pléislo- cène du Portugal, Paris, 1904. DoLLFus (G.) et CooREMAN. — Compte-reudu des excursions de la session extraordi- naire de la Société belge de géologie, de paléontolo- gie et d'hydrologie dans les départements français de la Marne ei de l'Aisne, du 8 au 15 aoiit 1901, Bruxel- les, 1903. Procès Verbaux 1909 ■ 2 XVIIT DOLLFUS fG.) et Dautzenberg (Ph.)- — . Description de coquilles nouvelles des Faluns de la Touraine, Abbeville, 1888. — — Du nom spécifique qu'il convient d'attri- buer au Corbiila qui caractérise les sables de Merxen, 1896. — — Description d'une nouvelle espèce de Clilamys des Faluns de l'Anjou, Nantes, 1896. DoLLFUs (G.) et DouviLLÉ (Henri). — 1° Contribution à l'étude des Hydrogoaires fossiles. 2° Sur le genre Kei-ioiia, Lille, 1906. DoLLFus (G.) et LipPMANN. — Uii forage à Dives (Calvados), Lille, 1893. DoLLFUs (G.) et Ortlieb. — Compte-i-endu de géologie stratigraphique de l'excur- sion de la Société malacologique de Belgique dans le Limbourg belge, les 18 et 19 mai 1875. FoRTi (Dott.) et Trotter (D''). — Materiali per una monografia limnologica dei laghi Graterici del M. Vulture, Roma, 1908. Fries (Th. M.). — Bref och skrifvelser af och till Cari von Linné, Stocktiolm, 1908. Gautier des Cottes. — Nouvelles entomologiques ou Recueil synonymique de des- criptions d'espèces et genres nouveaux, Paris, 1866. Grenieu (D''). — Description de trois espèces nouvelles de Coléoptères français des genres Cionus, Baymondia e\, Anophthalmus et quelques réflexions sur les yeux de certaines espèces réputées aveugles, Paris, 1864. Grouvelle (Ant.). — Cucujides nouveaux ou peu connus, l^'" mémoire, Paris, 1875. Guillebeau (P.). — Descriptions de quelques espèces de la famille des Phalacridae de la collection Antoine Grouvelle, Paris, 1894. HoFSTEN (Nils von). — Studien iiber Turbellarien aus dem Berner Oberland, Leipzig, 1907. HoRVATH (Dr G.-V.}. — Die Hemipteren gattung Plinthisus (Westw.) Fieb., Buda- pest, 1876. — Beitrag zur Hemipteren fauna Transkaukasiens, Dresde, 1878. — Hemiplerologisches aus Transkaukasien, Dresde, 1879. HuLTH (J.-M.). — Bibliographia Linnœana, Upsala, 1907. 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RoLLA^■D (L). — Allas des Champignons de France, Suisse et Belgique, livraisons 1 à 12, Paris. XXI Séance du 6 janvier 1909. Présidence de M. le D^ Henri Lamarque, président. Le président sortant, M. Degrange-Touzin, n'ayant pu, malgré tout son désir, assister à la transmission de ses pouvoirs, M. le D' H. Lamarque prend place au fauteuil de la présidence et installe lui-même le nouveau bureau. Il adresse d'abord ses profonds remer- ciements à la Société qui vient de lui donner cette précieuse marque de confiance. 11 esquisse un rapide historique des brillantes années écoulées, puis évoque les services rendus par le président sortant et le dévouement inlassable de M. Bardié, rappelé encore à la viccr présidence. Prenant pour exemple les cinquante et quelques années consacrées à la Société par notre président honoraire, M. Motelay, il s'efforcera de donner sans compter toute son énergie, toute son influence pour maintenir et si possible augmenter la notoriété scien- litique mondiale de la Société Linnéenne. Il se félicite enfin de voir à ses côtés M. Llaguet, qui a bien voulu accepter pour une année encore les lourdes fonctions de secrétaire général, et les autres membres du Conseil. Avec de tels auxiliaires, il est assuré d'être k la hauteur de la tâche qui lui a été tracée. ' CORRESPONDANCE Lettre de M. Rondou (de Gèdre), regrettant que la mort de son père le contraigne à abandonner l'entomologie et à donner sa démis- sion de membre correspondant. Lettre de M. Tribondeau présentant aussi sa démission pour des raisons de départ très prochain. Il est décidé que des démarches seront faites auprès de ces mem- bres, pour les prier de revenir sur leur décision. PERSONNEL . La Société est informée du décès de notre collègue M. Vassillière. Une lettre d'unanimes condoléances sera adressée à la famille dé notre éminent et regretté collègue. XXII ADMINISTRATION Au sujet des publications, M. Gouin adresse une réclamation formulée également par plusieurs autres membres sur le retard porté à l'envoi du volume des Actes, cependant imprimé. La question est soumise à la Commission des publications qui décide de prendre sans retard des mesures définitives pour modifier cet état de choses préjudiciable à la vitalité de la Société. La Com- mission se réunira, au complet, le lundi 11 janvier. COMMUNICATIONS M. Gruvel a écrit à M. Degrange-Touzin pour proposer à la Société de publier dans ses Actes les importants documents recueillis par sa mission sur la côte occidentale d'Afrique. Les études botani- ques poursuivies par M. Bonnet seraient transmises incessamment: M. Degrange-Touzin a déjà répondu à M. Gruvel que la Société ferait certainement bon accueil aux travaux et aux découvertes de la mission. M. le D'' Lamarque est chargé de demander, pour la prochaine séance, des détails complémentaires. Sur deux cas d'empoisonnement par Amanita muscaria. Par M. G. Boyer. M, l'abbé Labrie, curé de Lugasson (Gironde), a bien voulu nous donner d'intéressants détails sur deux cas d'empoisonnement qu'il a observés dans la région qu'il habite. A cause des enseignements qui en découlent, nous croyons faire œuvre utile en les publiant. VAmanila muscaria n'est pas ti'ès commune dans la contrée dont il s'agit, ce qui explique qu'elle ne soit pas connue du public. Au contraire, il semble que dans les régions oi^i elle est plus abondante, dansle Périgord par exemple, elle soit moins à redouter; car les campagnards savent bien la reconnaître et ils n'ignorent pas qu'elle est vénéneuse. I. Le premier cas d'empoisonnement remonte au commencement d'octobre 1906 et s'est produit à Coui-piac dans la famille L., com- posée de trois membres : le père, la mère et leur fils. Les champi- gnons avaient été mangés au repas de midi. XXIII 1° Le fils L., 17 ans, pressé de partir en voyage, loucha à peine au plat et ne se sentit pas indisposé, du moins suffisamment pour y prêter attention. 2" Le père L., 60 ans, ayant mangé assez abondamment des cham- pignons, mais sans excès, fut indisposé assez tard dans la soirée, vers sept heures environ : il éprouva des vertiges et une sorte d'ivresse. Etant allé, sur ces entrefaites, dans un village voisin pour y régler une affaire, il fut obligé de s'excuser, son état ne lui permettant de rien traiter. En revenant, il s'assit sur le bord de la route et eut ensuite beaucoup de peine à se relever. Il rentra chez lui en titubant comme un homme ivre. Ces efîets se dissipèrent dans la nuit, 3° La femme L., o6 ans, avait mangé avec beaucoup d'appétit une assez grande quantité de champignons qu'elle avait trouvés excel- lents. Le soir, lorsque son mari rentra, comme il vient d'être dit, elle fut prise de violents vomissements, accompagnés d'hallucina- tions, de délire et d'une grande exaltation à laquelle faisait place par moments un abattement extrême. Elle fut ainsi agitée presque toute la nuit et le malaise se dissipa le lendemain malin. (Le chat de la maison qui avait mangé une partie des matières rejetées, disparut empoisonné). IL Le deuxième cas s'est produit à Lugasson, à la fin de septem- bre 1907, dans une famille composée de quatre membres, le père, la mère, leur fils et leur belle-liUe. Trois jeunes enfants ne doivent pas être comptés, car fort heureusement ils ne mangèrent pas de cham- pignons. L'ingestion eut encore lieu au repas de midi. 1° Le père B..., 72 ans, ayant absorbé seulement deux ou trois petits morceaux de champignons, n'éprouva rien qui mérite d'être signalé. 2° La femme B..., 06 ans, avait au contraire mangé beaucoup de cette malencontreuse amanite, cependant sans exagération, a-t-elle affirmé. Elle fut prise dans la soirée, sept heures environ après le repas, de vertiges, puis d'un besoin irrésistible de parler, tantôt riant, tantôt pleurant; on la mit sur un lit où elle resta comme anéantie, incapable pendant une heure de se relever, mais parlant toujours (genre bien particulier d'excitation féminine!) et en proie à un délire parfois violent. Les extrémités étaient tiès froides. Vers dix heures, l'amélioration commença et la malade fut enfin rétablie par le repos. 3° Alphonse B..., fils des précédents, 35 ans, ayant mangé très XXIV abondanniment des champignons, fut incommodé presque an même moment que sa mère. Il fut vite en proie à une violente exaltation, à tel point qu'on crut qu'il était atteint d'un « transport au cerveau », suivant l'expression du pays. Il lui semblait par moment que ses forces étaient notablement augmentées, a-t-ii dit, et tout lui parais- sait devenu démesuréuîent grand. Le délire dura près de trois heures, faisant place par intervalles à un état d'extrême prostration et à un commencement de coma. Il a rapporté qu'à une ou deux reprises il avait senti comme du « sang «qui lui montait à la gorge pour l'étouffer. Avant onze heures, le mal diminua d'intensité et vers minuit une amélioration notable s'était produite. Le malade se reposa ensuite et il ne présentait le lendemain qu'un peu d'hébétude. 4° Elisa B..., femme du précédent, 29 ans, n'ayant mangé qu'assez peu de champignons, fut prise, vers six heures, d'une sorte d'ivresse. Elle sortit pour se rendre chez une voisine et prit une direction opposée; en rentrant, elle faillit allumer du feu très loin de la che- minée. Cet état se dissipa de lui-même au bout d'une heure environ. Il convient de faire remarquer que le père B... n'ayant pas été incommodé et que de son côté la jeune Elisa B... n'ayant rien dit de ce qu'elle avait éprouvé (elle était seule à la maison), les deux autres malades attribuèrent leurs graves malaises à une cause autre qu'à l'ingestion des champignons. Une contrariété aurait, d'après eux, provoqué le «transport au cerveau » du jeune homme et sa mère le voyant en cet état aurait eu une crise de nerfs. C'est ainsi qu'on présenta les choses à M. l'abbé Labrie appelé auprès des malades vers dix heures. Comme à ce moment les symptômes commençaient , à devenir moins inquiétants, ce dernier estima que son ministère était inutile et on se contenta de ramener la chaleur aux pieds et aux tnains des malades. La cause de ces phénomènes avait donc échappé aux em[)oisonnés et à leur entourage. A tel point qu'une partie des champignons ayant été réservée, la famille se disposait à en manger à nouveau le lendemain ; ce qu'elle eût sans doute fait sans l'intervention de M. l'abbé Labrie, qui, cher- chant à se rendre compte du motif de ces malaises, découvrit le champignon, cause de tout le mal, et put mettre les intéressés en garde contre de nouveaux accidents peut-être plus graves encore. Ces deux cas donnent lieu à des observations de quelque intérêt. VArnanita muscaria est, paraît-il, d'un goût exquis; les per- XXV sonnes qui en ont mangé ani, été unanimes sur ce point. Les effets delà fausse oronge (.4. à mitscarine) ne se font sentir que quel- ques heures après le repas (six à huit heures dans les cas cités, ce qui est une limite d'après les auteurs) (1). Il va sans dire que dans les deux cas signalés, le repas du soir n'a pu avoir lieu. Pour d'au- tres amanites plus dangereuses (.4. à phalline) les effets sont encore plus lents, les personnes empoisonnées pouvant parfois prendre un autre repas avant d'avoir éprouvé aucun symptôme. Très exceptionnellement, les effets de l'absorption de r.4. miiscaria sont mortels; ils sont surtout plus ou moins fortement enivrants, ainsi que l'aflirment les auteurs, notamment Cazin [Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes et acclimatées, p. 720) qui rapporte qu'en certains pays on prépare avec VAmanita miiscaria une liqueur enivrante; ceux qui en abusent finissent par devenir fous. Il faut donc conclure qu'une dose faible du toxique procure sim- plement une ivresse plus ou moins prononcée, tandis que la dose qu'on peut appeler moyenne ou ordinaire provoque une ivresse qui va jusqu'au délire ou hallucinations suivant les sujets. Seule enfin, l'ingestion des champignons avec excès occasionne des accidents beaucoup plus graves : grande exaltation, congestion et coma; c'est le cas d'Alphonse B... (de Lugasson), qui a éprouvé tous les symp- tômes que les auteurs indiquent comme précédant la mort en sem- blable occurrence. Le cas dé la femme L... (de Courpiac), n'aurait sans doute pas été moins grave si de violents vomissements n'étaient venus heureuse- ment atténuer l'effet. du poison. Or, contrairement aux champignons à phalline [A . verna, A. citrina, A. phalloïdes, Volvaria gloïocephala), les champignons à muscarine ne provoquent pas constamment de vomissements ni de coliques, à peine parfois quelques nausées, même dans les cas assez graves. Le fait que l'A. muscaria n'occasionne presque jamais d'accidents mortels explique sans doute comment plusieurs auteurs ont pu affirmer qu'en certaines contrées ce champignon était comestible. Le Journal des connaissances médicales (V, 2^ série, cite par Moyen, Les Champignons), dit que dans les environs de Bordeaux, cette espèce est inoffensive et qu'elle constitue un met délicat. Voilà qui est assurément bien exagéré et cette confusion vient probablement (1) V. Beille, Botanique pharmaceutique, l, p. 450 el s. XXVI de ce qu'on a observé des cas où le champignon n'a été absorbé qu'en faible quantité. Peut-être aussi faut-il tenir compte de la manière dont sont préparés les champignons. A Lugasson comme à Courpiac, ils avaient été cuits dans la graisse avec de l'ail. Une ébullition préalable dans de l'eau salée, suivant la méthode de Gérard, aurait probablement fortement atténué leur nocuité. En tout cas, il serait dangereux pour le public de croire inoffen- sive cette espèce; on doit, au coniraire, le mettre en garde contre un champignon dont les effets, pour être rarement mortels, n'en sont pas moins toujours plus ou moins nuisibles. Et, tout d'abord, il importerait de lui faire connaître les bonnes et les mauvaises espè- ces, car les faits ici rapportés, unis à tant d'autres, montrent l'uti- lité des éludes mycologiques, vraiment trop délaissées surtout dans notre région. Les services que peuvent rendre les mycologues ne se bornent pas !pondant non cotisant. (1) Un cas d'empoisonnement suivi de morl et dû à cette espèce a été rapporté l'an dernier dans les Procès- Verbaux de la Société Linnéenne par M. Doinet. Le cham- pignon avait été récolté près de Bordeaux, à Talence. XXVII PERSONNEL A la suite des démarches faites auprès de M. Maxwell, notre ancien vice-président consent à devenir membre correspondant. M. le D"" Bruyère n'a pas donné de réponse, et Ton doit considérer sa démission comme définitive. Enfin, M. Charles Pépin a envoyé sa démission à partir de la fin de 1908. Une démarche sera tentée auprès de notre collègue. Les nombreux travaux et recherches préhistoriques de M. l'abbé Labrie ont valu à notre distingué collègue une médaille d'argent de la Société de géographie. M. LE Président exprime bien hautement au lauréat les félicitations de la Société. ADMINISTRATION A la suite d'observations justement formulées à maintes reprises par divers membres de la Société sur l'irrégularité des publications, M. le D"" Barrère a tenu, en sa qualité de secrétaire du Conseil, à rechercher les causes d'un état de choses si préjudiciable et h. dénon- cer les plus siirs moyens d'y mettre un terme. Il l'a fait dans une longue note documentée. Après avoir rendu un hommage de reconnais- sance aux membres de la Commission qui sont, qui ont toujours été au-dessus de leur tâche, il étudie la marche des nospublications sous l'impulsion de trois imprimeurs successifs. Un tableau nous montre que, depuis 1901, les intervalles séparant chaque fascicule des Procès- verbaux sont allés progressivement en croissant, ce qui a entraîné, comme corollaire inévitable, une augmentation proportionnelle du nombre de pages de chaque fascicule devenu trop important, parce- que paraissant moins souvent. Mais s'ils paraissent moins souvent, ils paraissent aussi trop longtemps après les séances dont ils don- nent le compte rendu, dit notre collègue. La vie scientifique d'au- jourd'hui ne permet plus, ces temporisations. Tous les auteurs ont intérêt à prendre date le plus tôt possible, sous peine de voir des travaux postérieurs enlever aux leurs toute actualité et toute valeur de priorité. M. Barrère attire enfin l'attention sur le prix un peu trop élevé des tirages à part, quand on le calcule, en regard des autres Socié- tés scientifiques, pour oOO ou 1.000 exemplaires. Il se réserve de reprendre d'ailleurs cette question. xxvm En se résumant, notre collègue pense qu'un règlement immuable, accepté et suivi à la lettre par les auteurs et l'imprimeur, est le seul et vrai moyen radical de redonner à nos publications leur vitalité proverbiale. Au nom de la Commission des publications, M. le D'^ Muratet s'associe aux conclusions de M. Barrère et fait remarquer que l'irré- gularité des Procès-Verbaux et des Actes est à la fois préjudiciable aux auteurs et à la Société. Il propose d'adopter le bref règlement suivant élaboré par la Commission réunie au complet. Article 1. — La Commission des publicalions se réunira au moins une fois par mois. Ses membres se partageront le travail suivant leurs aptitudes et suivant les besoins. Article 2. — Les Actes paraîtront tous les trois mois. Article 3. — Les manuscrits destinés à être imprimés dans les Actes devront être remis complets : texte et dessins, et accompagnés d'un devis approximatif rela- tif au clichage des dessins. Sinon un manuscrit complet pourra être imprimé avant un maimscrit incomplet remis bien antérieurement. Article 4. -- La Commission des publications n'acceptera un manuscrit destiné aux ^ Actes que dans les conditions prévues à l'article 3 et lorsque ce manuscrit, sou- mis à la Commission d'examen, portera la mention « Bon à imprimer » avec la signature du Président de ladite Commission. Articles. — Les Procès-Verbaux paraîtront régulièrement tous les deux mois au moins, quelle que soit leur importance. Article 6. — Lés auteurs doivent remettre, le jour même oii ils font leurs commu- nications, la note manuscrite qu'ils désirent voir imprimer. Faute de quoi il sera passé outre et simple mention sera faite du titre des communications. Article 7. — Les auteurs doivent retourner les épreuves au siège de la Société à l'Athénée, 53, rue des Trois Conils, après correction et bon à tirer daté, dans le délai maximum de trois jours à partir de leur réception. Passé ce délai, la Commission décline toute responsabilité quant à la date de la publication. Article 8. — La Commission, sauf avis contraire des auteurs, est autorisée à faire paraître, dans les journaux scientifiques locaux, tout ou partie des communica- tions originales, et, dans les journaux quotidiens^ les litres des communications faites au cours des séances du mois. Article 9. ^-^ Ce. règlement sera mis en vigueur dès que son texte imprimé sera par- venu à tous les Membres de la Société. Après échange de quelques observations, ce règlement est adopté |à l'unanimité. On décide, sur la proposition de M. Gouin, qu'il sera imprimé à part et envoyé sans délai à chaque membre. H sera mis en perma- nence sur la couverture des Procès-Verbaux et des Actes. XXIX COMMUNICATIONS M. le D'' Lamarque dépose sur le bureau de la Société, aux noms de MM. Gruvel et Bonnet, pour paraître dans les Actes, la partie botanique du compte rendu de la mission sur la Côte occidentale d'Afrique, étude annoncée dans la dernière séance. MM. Bardié, Motelay et Neyraut sont chargés d'examiner sans retard ce travail. M. Motelay fait remarquer que, dans sa Hièse, M. le D'" Dupuy parle de VEphedra equiseliformis qui n'existe pas. Il y a probable- ment là une erreur d'impression. M. Motelay demande, au nom de plusieurs collègues, si les séances ne pourraient avoir lieu l'après-midi. Après discussion, ce vœu n'est pas adopté. M. le B^ Gendre présente, sur l'Helminthologie africaine, des aperçus pleins d'intérêt qui font la matière de deux notes. Il nous fait espérer encore, avant son départ, quelques observations inédiles. Notes d'Helminthologie africaine. Par E. Gendre. ( P r emièr e no te ) , Pendant un séjour de vingt-six mois à Labé, au centre du Fouta- Djalon, en Guinée Française, j'ai eu l'occasion d'examiner les organes et les viscères d'un très grand nombre d'animaux, particulièrement de Vertébrés, et de récolter une collection "assez importante de Vers parasites dont la plupart appartiennent à des espèces nouvelles pour la science. Il me paraît intéressant aujourd'hui de décrire cette collection, car en dehors des publications des médecins et des vété- rinaires qui d'ailleurs n'ont généralement pas dépassé le cadre des parasites de l'Homme et des animaux domestiques, il n'existe presque aucun document sur la faune helminthologique de l'Ouest africain français. La présente note a trait à une espèce nouvelled'A/rac/w, petit genre d'Oxyuridé dont on ne connaissait jusqu'à ce jour que trois XXX espèces : A. daclylura Duj. (Europe, Tiirkestan); A. opealiira Leidy (Isie of iN'ew Providence); ^4. cruciata v. Linsl. (Haïli) (1). Atractis fasciolata n. sp. Dimensions. — Mdle : Longueui- totale, o'"™5 à 6"""2; largeur, Qmûi22 à 0"'"'28; œsophage — et queue - de la longueur totale. Femelle : Longueur totale, o™™? à 6""'7; largeur, 0°""28 à 0"™30; 1 1 œsophage — et cfueue - de la longueur totale. « Le corps est blanc, aminci de part et d'autre, principalement en arrière, dans les deux sexes. La cuticule est finement striée. L'extrémité céphalique est constituée par six petites lèvres semi- globuleuses et égales, extérieurement peu apparentes, mais bien distinctes du côté de la bouche où elles sont libres jusqu'à la base (fig. 1 et 2). Deux sont latérales et quatre submédianes; chacune FiG. 1. Fig. 3. Fig. 2. porte une papille au voisinage du sommet. L'œsophage présente deux régions de structure et de longueurs différentes : une antérieure, épaisse, musculeuse et rigide, arrondie n ses extrémités et une postérieure, glanduleuse et flexible, plus courte que la première d'un cinquième environ, renflée en un bulbe à sa terminaison. L'intestin, un peu dilaté à l'origine, se poursuit en ligne droite, en s'amincissant graduellement, jusqu'à l'anus. (1) Alraclis dactyhira. — Dujardin : Ilisloire nalui'elle des Helminllies. Paris, 1845 (p. 233 et additions, p. 654). Schneider : Monographie derNematoden. Berlin, 1866 (p. 124-125, pi. XI, fig. 2 a,b,c). Von Linstow : Nematoden, Tremaloden und Acanlhocephalen gesammelt von Prof. Fedlschenko in Turkestan (Archiv f. nalurg. Berlin, 1883, l. I, p. 296, pi. VHI, fig. 32). Von Drasche : Nematoden aus Testudo grseja (Verhandl. d. k. k. zool. bot. Ges. Wien, 1883, p. 328-329, pi. XIX, fig. 17, 18,' 19). P. Hallez : Anatomie de V Alraclis daclylura Duj., 1887, 0. Doin, Paris. Atractis opeatura. — J. Leidy : Notices oï Enlozoa. P. Ac. Philad., 1890 (p. 411-412). Atractis cruciata. — Von Linstow : Alraclis cruciata und Oxyuris monhyslera, zwei neue Nematoden aus Melapaceros cornulus (Gentralb. Bakter., XXXI, p. 28-30, fig. .1,2, 3, 4, 5). XXXI L'orifice de l'appareil excréleur est situé à la face ventrale, dans la moitié antérieure du ver, au cinquième environ de la longueur totale. Il se trouve au centre d'un petit appareil très remarquable qui a la forme d'un disque tangent à la surface du corps et qui se compose de fins bâtonnets chitineux, placés côte à côte et en série radiaire (flg. 3). Cet appareil, un peu plus large que long, mesure 64 [j. sur 55 [j.. La région postérieure du mâle, ordinairement enroulée en spirale lorsque l'animal a été soumis à une mort brusque, est terminée par une queue conique, munie d'un long appendice digitiforme. Elle possède dix paires de papilles ventrales: trois préanales et sept FiG. 4. FiG. b. Fie. 5. postanales (fig. 4). Les trois paires de papilles préanales sont sub- médiaires et disposées en série longitudinale non loin de l'orifice cloacal. La deuxième et la troisième paires sont voisines. Les sept paires de papilles postanales comprennent ; quatre paires de papilles XXXII subtnédiaires groupées deux par deux eu arrière de l'anus et vers le milieu de la queue, el trois paires de papilles latérales dont deux sont intercalées, l'une entre la première et la troisième, l'autre entre la troisième et la cinquième postanales; la dernière paire est terminale et se trouve près de la base de l'appendice caudal. Il existe, en outre, à la face ventrale, une formation particulière qui a valu son nom à l'espèce : c'est une bandelette chitineuse, de couleur jaune, formée par un épaississement de la cuticule et hérissée sur toute sa surface de petites pointes semblables aux dents d'une carde (fig. 4). Cette bandelette, large de 27 [j., commence à peu de distance de la première paire de papilles préanales et s'étend en avant, le long de la ligne médiane du corps, sur une longueur de 1 millimètre à 1™'"36; son rôle est évidemment dé favoriser la fixation du mâle sur la femelle lors de l'accouplement. L'appareil génital mâle est simple et occupe seulement la moitié postérieure de la cavité générale. Il n'otfre aucune particularité inlé- reésante saiif à l'extrémité terminale du canal déférent qui est renflée en un réservoir séminal et qui se continue avec un tube chitineux, en forme d'obus, orné extérieurement d'une couronne de crêtes longitudinales et parallèles (fig. 5). Ce tube dont les fonctions, sont celles d'un pénis, est habituellement enfermé dans le cloaque, mais il peut, à l'occasion, faire saillie à l'extérieur; un muscle spé- cial sert cl le rétracter. Les spicules, au nombre de deux, sont inégaux et striés tranversalement. Le spicule gauche, le plus long, mesure 0"""40 ; le spicule droit 0"""13 seulement. Le premier est arqué, cylindro-conique, avec une tête en entonnoir et une pointe aciculée. Le second est droit, fusiforme; sa tête est arrondie et sa pointe recourbée en crochet; il présente un orifice circulaire à la face inférieure et vers le milieu de sa longueur. Chez la femelle, la queue est droite, conique et effilée (fig. 6). La vulve, très apparente, est située dans la région postérieure du corps, juste en avant de Tanus. L'appareil génital est simple; il se com- pose : 1'^ d'un tube ovarien court et dirigé d'arrière en avani, auquel fait suite une grosse vésicule à parois minces, très apparente, même à un faible grossissement, au tiers antérieur de la longueur du corps; 2" d'un oviducte. étroit et musculeux qui commence au pôle antérieur de la vésicule précédente, la contourne suivant un méri-, dien et se termine près du pôle postérieur ; 3'^ d'un utérus en forme, de sac, étendu de l'extrémité terminale de l'oviducte au voisinage XXX m de la vulve; 4° d'un vagin couiL et étroit. Les œufs, peu nombreux, sont sphériques et mesurent 32 à 39 [x de diamètre; ils éclosent dans l'utérus et donnent naissance à des embryons qui continuent sur place une partie de leur évolution. Ces embryons atteignent au moment de la ponte des dimensions considérables, O^'^ô^ à 0"""69, soit environ le neuvièuie de la longueur de la luère; leur nombre dans l'utérus ne dépasse jamais cinq ». ' 1/^1. fasciolala est très voisine, comme organisation, de 1'^. dac- iylura. Elle s'en dislingue par une série de petits caiactèi'es, entre autres par l'existence d'une bandelette chilineuse à la queue du mâle et le nombre des papilles ventrales. Chez A. dactylura, le nombre des papilles ventrales n'est, en effet, que de neuf paires et il n'y a pas de bandelette mais une rangée de plaques cliilineuses triangulaires, au nombre de quarante-cinq paires, d'apiès Hallez. J'ai trouvé cette espèce à Sarékindia (province de Labé), en juillet 1907, dans le gros intestin d'une Tortue terrestre, Cinixys belliana Gray. Les individus étaient en si grande abondance contre la muqueuse c[u'ils la masquaient presque entièrement. Notes d^Helminthologie africaine. Par E. Gendre. (Deuxième note). Cette note contient la description de trois espèces d'Helerakis, parasites de l'intestin des Reptiles. Sur les trois espèces, deux sont nouvelles, la troisième est peut-être identique à VB. ornaln V. Linst. du Slellio vulgaris Lalr., de Madagascar. Hetorakis africana n. sp. Dimensions. —Mâle : Longueur totale, 5 à 7 millimètres; largeur, 1 1 Qnim3g ^ 0""" 46; œsophage (pharynx compris) g-g à. - et queue -— : à - de la longueur totale. 19,5 23 ^ FemeJle : Longueur totale, 6'^""3 à 8 millimètres; largeur, 0™™42 à 11 11 Qmm^g. œsophage (pharynx compris) j à — et queue— à ~^ de la longueur totale. « Le corps est blanc, aminci de part et d'autre mais plus brusque- ment en avant, dans les deux sexes. Il présente latéralement deux petites ailes membraneuses qui vont du voisinage de la tête au voisi- nage de la queue. La cuticule est très finement striée. Procès Verbaux 1909 3 XXXIV L'extrémité céphalique est constituée par trois lèvres semi-globu- leuses et égales, bien séparées par des sinus, qui délimitent une étroite cavité buccale. Chaque lèvre porte deux papilles latérales et symétriques sur la face externe et une petite auréole cuticulaire sur le bord libre (fig. i). Le pharynx est court; son canal, dilaté en forme de poire au niveau de l'abouchement du conduit œsophagien, montre deux ou trois épai^sissements chitineux nodulaires à la périphérie de la dilatation (fig. 2). L'œsophage est assez régulièrement cylin- drique dans les quatre premiers cinquièmes de sa longueur; il se transforme graduellement en un bulbe à l'extrémité postérieure. L'intestin, très renflé h son origine, se poursuit en ligne droite et sans grandes variations jusqu'à l'anus. L'orifice de l'appareil excréteur se trouve à la face ventrale, un peu en avant du milieu de l'œsophage. La région postérieure du mâle (fig. 3 et 4) est terminée par une queue conique, pointue et recourbée. Elle est munie latéralement de deux expansions membraneuses peu développées (bourse caudale) qui sont les prolongements des ailes du corps, et possède dix-huit paires de papilles à la face ventrale, plus, trois paires sur le dos de la queue. Les papilles ventrales se décomposent en onze paires de papilles préanales et en sept paires de papilles postanales. Le groupe des préanales, disposé longitudinalement et autour de la ventouse à anneau chitineux circulaire qui est placée sur la ligne médiane, non loin de l'orifice cloacal, a : sept paires de papilles en avant de la ventouse, trois paires sur les côtés et une en arrière, à la marge antérieure de l'anus. Le groupe des postanales, d'une disposition moins régulière que le précédent, comprend : deux paires de papilles submédianes autour de la lèvre postérieure du cloaque, qui est renflée en mamelon; deux paires de papilles latérales qui soutien- nent la bourse caudale à sa terminaison et trois autres paires à l'extrémité de la queue. Ces dernières sont.de petite taille de même que les trois paires de papilles dorsales et les trois premières paires préanales. Il existe en outre une quarante-troisième papille, petite, impaire et médiane, k l'extrémité postérieure du diamètre longitu- dinal de la ventouse. L'appareil génital mâle est simple. Les spicules.(fig. o), au nombre de deux, sont égaux, très longs (1 millimètre et plus), aplatis trans- versalement et creusés en gouttière du côté ventral jusqu'au voisi- nage de la pointe, qui est aciculée. Leur tête est très obliquement taillée et leur surface ornée de dessins réticulés. Heterakis africana. XXXV FiG. 3. FiG. 1. XXXVI Chez la femelle, la queue est droile, conique et pointue, mais plus épaisse et moins fine que celle du mâle (fig. 6). La vulve, peu appa- rente, est transversale et située à la face ventrale dans la moitié antérieure du corps (environ au -^pr- de la longueur). L'appareil génital est double. Les œufs, elliptiques, ont 60 cà 66 [x de long sur 39 à 41 [x de large et sont pondus en voie de segmentation peu avancée (fig. 7) ». J'ai trouvé cette espèce àSarékindia (province du Ijabé), en juillet 1907, dans le gros intestin d'une Tortue terrestre, Cinixi/s belliana Gray, en compagnie de VAtraclis fasciolaAa M. et d'Oxyures encore indéterminés. C'est la deuxième espèce d'Hétérakis signalée chez les Chéloniens; la première, YHeAenikis feoe Parona (1), est parasite d'une Tesludo sp.? de Birmanie. Heterakis elegans n. sp. Dimensions. —Mâle: Longueur totale, 9'""6; largeur, 0'""'48; œso- phage (pharynx compris) -— - et queue — - de la longueur totale. Femelle : Longueur totale,' 6"™3 à IS"'"'^.; largeur, O^^^aO k 0"^°'7o; 11 11 œsophage (i)harynx compris) -7— à -^.el queue --— à -— - de lalon- gueur totale. « Le corps, blanc ou brunâtre suivant les individus, est aminci de part et d'autre, mais plus brusquement en avant, dans les deux sexes. Il possède latéralement deux petites ailes membraneuses qui vont du voisinage de la tète au voisinage de la queue. La cuticule est très finement striée. Ij'extrémité céphalique est constituée par trois lèvres semi-globu- leuses et égales qui délimitent une étroite cavité buccale. Chaque lèvre porte une bosse médiane sur la face externe et deux papilles latérales et symétriques à proximité du bord libre (fig. 1). Il existe en outre une couronne irrégulière de petites papilles sessiles, en arrière de la tête, à une distance moindre que la longueur des lèvres. Le pharynx est long, son canal présente un épaississement chitineux de la paroi au niveau de l'abouchement du conduit œsophagien (fig 2). L'œsophage est cylindrique dans les quatre premiers cin- quièmes de sa longueur et se transforme graduellement en un bulbe à l'extrémité postérieure. L'intestin, renflé en ovoïde à l'origine, se poursuit en ligne droite jusqu'à l'anus. (1) Parona : Sopra alcuiii B]lminli di Vertebrali Birmani, rac-olli da LeonardoFea. Ann. mus. Genov., 1890, p. 769, pi, lit, lig. 9, 10 et 11). XXX vil tieterakis elegans. FiG. 2. Fm. 5. FiG. 6. FiG. 3. FiG. 4, xxxvin L'orifice de l'appareil excréteur se trouve à la face ventrale vers le milieu de la longueur de l'œsophage. La région postérieure du mâle (fig. 3 et 4) est terminée par une queue conique, obtuse et droite, munie d'un petit appendice pointu, recourbé du côté ventral. Elle est ornée latéralement de deux larges expansions membraneuses, soutenues par des papilles, qui se pour- suivent jusqu'à l'extrémité de la queue et qui constituent une véri- table bourse caudale. Les papilles, au nombre de onze paires, se décomposent en quatre paires de papilles préanales et en sept paires de;papilles postanales. Les préanales comprennent : trois paires de papilles latérales qui soutiennent la bourse caudale et une paire de papilles submédianes, située devant l'orifice cloacal. Les poslanales ont trois paires ti la bourse caudale et quatre paires libres : deux en arrière de l'anus et deux plus postérieures adossées ordinairement contre les dernières papilles de la bourse. Il y a encore une yingt- Iroisième papille, petite, impaire et médiane dans la paroi delà ven- touse, à l'extrémité postérieure du diamètre longitudinal. La ven- touse, profonde et circulaire, possède un fort anneau chitineux ; elle est placée en avant et près de l'anus. L'appareil génital mâle est simple. Les spicules(fig. 5), au nombre de deux, sont égaux, droits, très flexibles et en forme de baguettes. IjCur tête est légèrement évasée en entonnoir, leur pointe est aiguë sans être fine, leur surface est ornée de dessins réticulés. Ils ont Qmmg3 (jg longueur. Chez la femelle, la queue est droite, conique et pointue; elle pi-é- sente latéralement deux petites papilles, en arrière du milieu de sa longueur (fig. 6). La vulve saillante est transversale et située à la face ventrale dans la moitié postérieure du corps (au — environ de la lon- Flg. 7. gueur). L'appareil génital est double. Les œufs, elliptiques ont 69 à 98 [^. de long et 48 à 58 ;j. de large suivant la taille des femelles; ils sont pondus après la formation de l'embryon (fig. 7) ». XXXIX J'ai trouvé cette espèce, h Labé, en octobre 1906, dans le gros intestin d'un Caméléon, Chamœleon gracilis Hall. Heterakis ornata? v. Linst. Dans son travail sur les Helminthes de Madagascar, v. Linsto\v(l) a décrit sous le nom d'//. ornala, une espèce d'Hétérakis, parasite du Slellio vulgaris Latr., qui présente beaucoup de ressemblance avec celle que j'ai trouvée, à Labé, en juillet 1907, dans le gros intestin d'un autre Saurien, Agama colonorum Daud. Toutefois, comme ce dernier helminthe diffère par certains caractères (entre autres par le nombre des papilles du ruâle de l'Hétérakis du Stellion, je ne l'assimile qu'avec doute à VB. ornata et j'en donne la description. Dimensious. — Mâle: Longueur totale, 12 à 15 millimètres; largeur, ' ^ 11 0""' 76 à 0'"™84; œsophage (pharynx compris) — à .—. et queue - à — de la longueur totale. Femelle : Longueur totale, 13 à 17 millimètres; largeur, 0"""90 <\ 11 11 i millimètre; œsophage (pharynx compris) - à — et queue — à - de la longueur totale. . « Le corps, blanc ou brunâtre suivant les individus, est aminci de part et d'autre, n)ais plus brusquement en avant, dans les deux sexes. Il possède latéralement deux petites ailes uiembraneuses qui vont du voisinage de la tète où elles sont le plus développées, au voisinage de la queue. La cuticule est très finement striée. La tète est constituée par trois lèvres semi-globuleuses et égales. Chacune porte sur le bord libre une auréole cuticulaire qui est sou- tenue par deux longues papilles latérales et symétriques issues de la face externe. En arrière de la tête, à une distance à peu près égale k la longueur des lèvres, il existe une couronne de petites, papilles pédonculées (fig. 1). La bouche est étroite. Le pharynx est long; son canal est dilaté et garni de mamelons musculeux au niveau de l'abouchement du conduit œsophagien (fig. 2). L'œsophage, assez régulièrement cylindrique dans les six premiers septièmes de sa lon- gueur, présente un petit bulbe piriforme à sa terminaison. L'intestin, renflé à l'origine, est droit jusqu'à l'anus. L'orifice de l'appareil excréteur- se trouve à la face ventrale aux deux tiers environ de la longueur de l'œsophage. (1) Linslow : Nemalhehninlhen grôsstenUieils in Madagascar gesammell ''Arch. f. Naturg., Bd [, 1897, p. 29, fig. 5). XL La région postérieure du mâle (fig. 3 et 4) est terminée par une queue conique, obtuse et droite, suivie d'un court appendice. Elle est munie latéralement de deux larges expansions membraneuses, soutenues par des papilles, qui sont soudées l'une k l'autre à l'exlré- mité de la queue, en arrière de l'appendice qu'elles enveloppent et qui forment une vaste bourse caudale. Les papilles, au nombre de dix paires, se décomposent en six paires de papilles préanales et en quatre paires de papilles postanales. Les préanales comprennent : cinq paires de papilles latérales qui soutiennent la bourse caudale et une paire de papilles submédiaires, située devant l'orifice cloacal. Les postanales ont deux paires à la bourse caudale et deux paires libres, l'une en arrière de l'anus, l'autre plus postérieure adossée contre les dernières papilles de la bourse. Il y a en outre une vingt- unième papille, petite, impaire et médiane, dans la paroi de la ven- touse, à l'extrémité postérieure du diamètre longitudinal. La ven- touse, profonde et circulaire, est placée en avant de l'anus. L'appareil génital mâle est simple. Les spicules (fig. 5), au nombre de deux, sont égaux, droits et en forme de bâtonnets. Ils mesurent environ l'""'o de longueur; leur tête est taillée obliquement, leur pointe est arrondie et terminée par une coiffe hyaline; leur surface est ornée de dessins réticulés. Chez la femelle, la queue est droite, conique et très obtuse; elle présente latéralement deux papilles au voisinage de la pointe (fig, 6). La vulve, légèrement saillante, se trouve dans la moitié postérieure du corps (environ au — de la longueur). L'appareil génital est dou- ble. Les œufs, elliptiques, ont en moyenne 76 [j. de long sur 44 y. de large. Leur coque est épaisse. Ils sont pondus après la formation de l'embryon (fig. 7) ». Cette espèce est très voisine de VU. elegans M. ; elle s'en distingue par les caractères de la tète, le nombre des papilles caudales du mâle et là forme de la queue de la femelle. Heterakis ornata. XLÎ FlG. 1. FiG. 5. FiG. 2. FiG. 7. FiG. 6. ! . FiG. 3. pRpcÈs Verbaux 1909 FiG. 4. XLII Hémiptères nouveaux ou rares pour le département de la Gironde. Par Maurice Lambertie. Dans les excursions que j'ai faites l'année dernière, j'ai capturé plusieurs bonnes espèces d'Hémiptères dont 18 nouvelles pour le département. Les principaux endroits que j'ai explorés sonl Cazaux, Gajac et le Haillan. Dans mes comptes rendus de l'année passée, je vous ai cité plu- sieurs bonnes trouvailles en Homoplères et surtout en Coléoptères du genre Donacia. J'espère cette année faire un supplément h ce dernier travail suivi par d'autres travaux aussi importants. Je commencerai donc par vous énumérer les espèces d'Hémiptères que j'ai prises l'année der- nière, dont deux espèces nouvelles pour la France : Doralura homo- phyla Flor. et Idiocerus albicans Kb. Odontosceîis dorsalis l*". Dali. Cet Hétéroptère a été capturé à Gajac, en juin dernier, en filo- chant dans une prairie. Il est cité de l'Allier (E. OUivier), Landes (D'' Gobert), Loire-Infé- rieure (\bbé Dominique), Nord, Pas-de-Calais (Lethierry), Somme (Dubois). Corizusparunipunctatus Schlll. Dans l'excursion que j'ai faite au Haillan, en août dernier, j'ai capturé cette intéressante espèce sur V Aulne. Elle a été prise en Alsace (Reiber et Puton) , Aube (abbé d'Antessanty), Basses-Alpes (Azam), Loire-Inférieure (abbé Domini- que), Nord (t^ethierry), Hautes-Pyrénées (Pandellé). Hebrus pusillus Fall. Cette nouvelle espèce a été capturée <à Cazaiix, en juillet dernier, sous des débris au bord du lac. Cité de l'Ailier (E. OUivier), Alsace (Reiber et Puton), Aube (abbé d'Antessanty), Landes (D"" Gober!), Loire-Inférieure (abbé Domini- que), Nord (Lethierry), Hautes-Pyrénées (Pandellé), Somme (Dubois), Aude, Charente, Vosges (D'' Puton). XLIII Acetropis Gimmerthali Flor. cf 2 . Trouvé à Ceslas et à Gajac, en mai et juin dernier, sur ï Aulne. Nouvelle pour notre département. Cité des Landes (D"^ Gobert). Phytocoris meridionalis H. S. Cet Tîétéroptère a été capturé à Gajac, en juillet, sur VAulne. Il est cité de la Loire-Inférieure (abbé Dominique), Landes (D'' Gobert). Pilophorus perplexus D. S. Pris à Gajac, en juillet, sur ÏAulne. Cité de l'Alsace (Reiber et Puton), Aube (abbé d'Antessanty), Loire-Inférieure (abbé Dominique), Somme (Dubois). P. clavatus Kb. Cette nouvelle espèce a été prise à Gajac, en août dernier, sur V Aulne. . Cité de l'Alsace (Reiber et Puton), Aube (abbé d'Antessanty), Mo- selle (Bellevoye), Hautes-Pyrénées (Pandellé), Seine (Amyot), Somme (Dubois). .^torhinus angulatus Fab. L'année dernière, en juillet, j'ai pris cet intéressant Hétéroptère, sur V Aulne, à Gajac. Cité de l'Alsace (Reiber et Puton), Landes (D'' Gobert), Loire-Infé- rieure (abbé Dominique), Hautes-Pyrénées (Pandellé), Somme (Dubois). Orthotylus marginalis Reut. Cette nouvelle espèce a été capturée à Gajac, en juin dernier, sur VAulne. Elle est citée de l'Aube (abbé d'Antessanty), Loire-Inférieure (abbé Dominique), Pas-de-Calais (Lethierry). Psallus ambiguus Fall. Gajac, en juin, sur VAulne. Nouvelle espèce pour le département. Cité de l'Alsace (Reiber et Puton), Aube (abbé d'Antessanty), Basses-Alpes (Azam), Loire-Inférieure (abbé Dominique), Hautes- Pyrénées (Pandellé), Somme (Dubois). XLIV Ps. aurora M. R. Gajac, on mai, sur V Aulne. Nouvelle pour le département. Ps. alnicola D. S. Cette nouvelle espèce a été capturée à Gajac, en août dernier, sur ÏAulne. Cité des Basses-Alpes (Azam), Somme (Dubois). Stenarus maculipes Reut. Cette nouvelle espèce a été capturée à Cestas, en juin dernier, sur YAidne. Typhlocyba gratiosa Boh. Nouvelle espèce pour le dépai-tement. A été prise à Gajac, en août dernier, sur V Aulne. Cité de la Loire-Inférieure (abbé Dominique). Thamnotettix fenestratus var. guttulatus Kb. Capturé au ffaillan, en août dernier, en filochant dans une prairie. Th. dilutior Kb. Cette espèce a été prise à Gajac, en août dernier, sur le Chêne. Cité de la Loire-Inférieure (abbé Dominique). Jassus modestus Scott. Je l'ai capturé à Gajac, en août dernier, sur le peuplier. Cité de la Loire-Inférieure (abbé Dominique). Doratura homophyla Flor. Cette nouvelle espèce a été capturée à Gajac, en août dernier, en filochant dans une prairie. Elle n'a été prise qu'en Allemagne, Russie et Pays Scandinaves. Deltocephalus sabulicola Gurl. Capturé au Haillan, en octobre dernier, en filochant dans une prairie. Cité du Pas-de-Calais (Lethierry), Somme (Dubois). XLV Chiasmus translucidus M. R. var. conspurcatus Perr. Cette nouvelle variété a été capturée au Haillan, en octobre der- nier, en lilochant dans une prairie. Idiocerus albicans Kb. Ce nouvel Homoptère a été capturé à Gajac, en août dernier, sur le Bouleau. Il n'est connu que d'Allemagne et d'Angleterre. I. psecilus H. S. Gajac, en juillet dernier, sur le Peuplier. Nouvelle espèce pour le déparlement. Il n'est cité que d'Alsace (Reiber et Puton), Landes (D^ Gobert), Hautes-Pyrénées (Pandellé). I. fasciatus Fieb. Cette espèce a été capturée à Gajac, en août dernier, sur le Peu- plier. Elle n'est citée que d'Alsace (Reiber et Puton), Loire-Inférieure (^l'abbé Dominique). I. aurulentus Kb. Capturé k Gajac, en juillet dernier, sur le Peuplier. Cité d'Alsace (Reiber et Puton). I. decipiens Kb. Cette nouvelle espèce a été prise à Gajac, en mai dernier, sur le Peuplier. Il n'est cité que des Landes (D'' Gobert). Tettigometra sororcula Horv. Capturé à Gajac, en août dernier, sur le Chêne. Stenocranus lineola Ger. Capturé à Camarsac, en avril dernier, en filochant dans une prairie. Cité des Landes (D"" Gobert), Hautes-Pyrénées (Pandellé), Somme (Dubois). Procès Verbaux 1909 " ^ XLVr Delphax leptosoma Ploi-. Capluré à Gajac, en aoûl, dernier, sur Cyperus vegelus. Nouvelle espèce pour le déparlement. Cilé d'Alsace (Reiber et Puton), Landes (D' Gobert), Loire-Infé- rieure (abbé Dominique), Hautes-Pyrénées (Pandellé), Somme (Dubois). D. Bohemanni Slàl. Pris au Haillan, en septembre dernier, en filochant dans une prairie. Nouvelle espèce pour le département. Pterochlorus longipes Duf. Cette nouvelle espèce a été capturée à Gajac, en juillet dernier sur le Chêne. Séance du 3 février 1909. Présidence de M. le D'' Henri Lamarque, président. CORRESPONDANCE M. Lambert, président du tribunal civil de Troyes, propose à la Société de souscrire à VEssai de nomenclature raisonnée des Echi- nides, dont il est un des co-auteurs. Après quelques observations intéressantes de M. Rozier sur les recherches et travaux de M, Lam- bert, la Société décide sa souscription à ce volume qui sera d'un précieux appoint pour les Linnéens. M. LE Président dépose sur le bureau de la Société, au nom de son distingué collègue, M. Pitard, un long travail de haute portée scientifique : La Flore des Iles Canaries. M. Lamarque croit pouvoir informer la Société que l'inlassable travailleur qu'est M. Pitard poursuit, depuis trois ans déjà, l'étude approfondie de la flore cryp- togamique de Tunisie. La Linnéenne doit être fière, ajuste titre, de l'éminent botaniste dont elle a publié les premiers travaux. Circulaire relative au Congrès préhistorique de France qui se tiendra à Beauvais, du 26 au 31 juillet 1909, XLVIl MOUVEMENT DU PERSONNEL Sur sa demande et à raison de son éloigneiiient de Bordeaux, M. RoDiER est nommé membre correspondant cotisant. M. LE Président annonce qu'il a reçu une lettre de M. Goum donnant sa démission de trésorier de la Société. La décision de M. Gouin paraissant irrévocable, le Conseil a chargé M. Doinet de l'intérim jusqu'aux prochaines élections. M. le D'" Lamarque rappelle le profond dévouement el l'autorité incontestable d'un trésorier que tous ses collègues regrettent; il se fera l'interprète de la Linnéenne en lui transmettant les remerciements unanimes et les félicitations sincères de la Société pour sa parfaite gestion. ADMINISTRATION Compte rendu des travaux de la Société Linnéenne pendant l'année 1908. Par le docteur P. Barrère. Messieurs, Votre Secrétaire général, par suite d'occupations impérieuses, n'a pu au dernier moment dresser le compte rendu des travaux de l'année qui vient de s'écouler; en ma qualité de secrétaire de votre conseil, je suis chargé de vous le présenter à sa place. Ma tâche est heureusement moins délicate que l'an passé, car depuis lors nos collègues ont entendu l'appel énergique de notre président M. De- grange-Touzin, et se sont mis activement à l'œuvre pour rattraper le temps perdu. D'ailleurs, les Linnéens n'ont jamais ménagé leur peine; ils édifiaient dans le silence. Mais, avant toute chose, notre cœur a besoin de s'épancher, car il a traversé de bien dures épreuves. Nous avons vu disparaître, en moins de six mois, quatre de nos plus éminents collègues: MM. Gau- dry, Parrique, Vassillière, de Nabias. Parmi les plus grandes douleurs, dit l'adage, il en est toujours une plus grande que les autres ; ce fut pour nous la mort du professeur de Nabias. Bonne, douce et noble figure que contribueront à perpétuer dans notre pensée les accents et l'émouvante conviction d'un bio- graphe tel que M. Llaguet. La Société Linnéenne doit s'enorgueillir d'avoir aidé à faire apprécier ce grand esprit, en publiant ses tra- vaux les plus originaux, en relatant les étapes étonnantes de toute XLVIlI - une vie sclenlifique, car, même disparu, de Nabias illuslrera la Lin- néenne; il fut de ceux dont le souvenir ne s'enlize jamais dans Toubli, mais tire de cet oubli même tout ce qu'a fait briller un rayon de leur personnalité. Nos regrets vont également h l'affable collègue que fut M. Vassil- lière, au travailleur austère que fut M. Parrique, à noire sympathique membre honoraire, M. Gaudry. Leur souvenir nous sera cher, au même titre. Trois nouveaux Linnéens ont pris la place de nos absents regret- tés; souhaitons la plus large bienvenue à M. Henri Schlesch (de Copenhague), k MM. Gossmann et Dollfus. Ils ne sont pas pour nous des inconnus, car leurs travaux étaient depuis longtemps appréciés k la Linnéenne. Qu'il me soit permis encore de présenter vos félicitations aux membres qui ont été récenmient l'objet d'une distinction honorifi- que. Ce ne sera pas pour moi une simple formalité de courtoisie, mais la manifestation d'une joie collective, car il me semble que cet honneur matérialise une suite glorieuse de récompenses pour notre chère Société. La Légion d'honneur ne pouvait être décernée à de plus dignes que MM. Gruvel et Guestier. Mais si ces distinctions honorent grandement notre compagnie, il faut reconnaître que les Iravaux de 1908 jettent un nouvel éclat sur elle. Alors que nos Actes, en l'année 1907, étaient vraiment trop peu riches, ils ont repris actuellement toute leur ampleur. On n'y relève pas moins de huit travaux inédits. La paléontologie tient la tète avec cinq mémoires. Le docteur Lalanne nous a décrit l'abri sous roche des Carrières, dit « Abri Audi », station moustérienne et aurignacienne située non loin de la grotte des Eyzies. Il a signalé dans un autre mémoire la découverte d'un squelette humain de l'âge du renne à Laugerie- ïlaute. Des instruments en silex taillé provenant de ses fouilles ont passionné une de nos soirées. Nous avons eu encore du même cher- cheur une note sur un intéressant dessin de « Glouton » gravé sur bois de renne de l'époque magdalénienne. Nous ne saurions mieux faire que de nous joindre aux archéologues éminents qui ont visité les fouilles de notre collègue, pour affirmer l'intérêt préhistorique qui s'attache au résultat de ses recherches. Notre président M. Degrange-Touzin nous a résumé ses savantes remarques sur les nummulites du Sud-Ouest de la France. XLXIS Enfin, c'est par une étude critique des fossiles du Bordelais, non figurés ou mal connus, que notre nouveau collègue M. Dollfus a marqué son entrée à la Société. Les planches remarquablement pré- sentées qui accompagnent ce mémoire sont tout à l'honneur de l'auteur et de l'artiste qui a su si bien le comprendre. La botanique vient ensuite avec deux travaux seulement, mais l'un de ceux-ci en vaut, à lui seul, une pléiade. Je veux parler des observations de M. le D"" Dupuy concernant l'influence du bord de la mer sur le cycle évolutif des plantés annuelles. Ce labeur considé- rable, commencé il y a sept ans, et dont nous avions déjà eu des pré- misses à maintes reprises, a valu à son auteur le grade de docteur ès-sciences. La Société tient à le féliciter tout à la fois de ce titre et de la patience, de la volonté incroyables qu'il lui a fallu pour mener à bien des expériences entreprises sur des points distants d'une centaine de kilomètres. Dans une étude sur les Conopodium, présentée par M. Motelay, M. Richtcr oppose au Conopodium denudatum, le Conopodium à longue gaîne comme espèce définitive et non éventuelle. En entomologie, M. Lambertieaeu l'heureuse idée de rapprocher, dans un travail d'ensemble, auquel il a su donner sa note person- nelle, les divers insectes utiles et nuisibles de l'ordre des Hémiptères. Ce document sera d'une précieuse ressource pour nos agriculteurs du Sud-Ouest auxquels il permettra de diagnostiquer la maladie de leurs cultures et d'y apporter le remède. Vous voyez, Messieurs, que j'avais raison d'affirmer que nos Actes n'avaient point chômé; il faut même reconnaître que le nombre de pages a notablement dépassé nos prévisions les plus optimistes. Les Procès-Verbaux ne sont pas restés davantage en arrière ; ils ren- ferment au bas mot quarante communications sur les diverses bran- ches des sciences naturelles. Ici encore nous sommes en progression marquée. L'entomologie domine; nous devions d'ailleurs nous y attendre, car nous savons tous avec quelle régularité, quel amour de sa partie, notre sympathique collègue M. Lambertie poursuit sa description et sa classification des Hémiptères, Homoptères et Hétéroptères du Sud-Ouest, n a entrepris un travail colossal, qu'il mène à bien avec la volonté et la conscience qui en font un travailleur accompli. Je citerai de lui : Remarques en passant et description d'une espèce d'Homoptère. — Notules Hémiptérologiques. — Notes sur des Hémip- tères nouveaux ou peu connus pour le département de la Gironde. — Note sur Mantispa pagana Fab. — Remarques sur quelques Arach- nides. — Nouvelle station du Liosoma Pyrenseum Bris. — Compte rendu entomologique de l'excursion à Saint-Médard-en-Jalles; de la fête Linnéenne. — Des époques d'évolution et de l'habitat des espèces du genre « Donacia Fab. « dans le département de la Gironde. - — Dispersion de deux espèces d'IIomoptères du département de la Gironde et description de Cicadula cyanse Boh., Agallia Antonise Méli et de Cicadetta diminuta Horv. — Nouvelles stations du Phyllomor- pha laciniata Yill. Notre intrépide et toujours jeune collègue, M. Brown, discute la dif- férenciation prônée par lui des Sacraria et Sarothamnaria et donne une mise au point de quelques espèces méridionales de papillons, encore méconnues. Des lépidoptères nouveaux pour la faune dés Pyrénées sont signa- lés par M. Rondou (de Gèdre) et M. Pérez décrit quelques variétés de bourdons de Corse. Avec l'esprit de justice qui le caractérise, M. Gouin réclame la priorité de la capture en France de l'Arsilonche Albovenosa pour notre collègue M. Brascassat, à la date du 13 mai 1893; puis avec M. l'abbé Reignac il nous présente une nouvelle variété d'Orthocaris cardamines, var. Reignaci. En zoologie, notre affectionné président honoraire expose quelques considérations sur un phoque signalé en Gironde par M. Daleau, et qu'il croit être le Phoca vitulina et non le Leptonix leopardinus. Une superbe collection de reptiles néerlandais nous est apportée par M. le D"" Muratet et nous avons admiré des trigonocéphales, des caméléons, des myriapodes et des scorpions provenant de Sumatra. Comme dans les Actes, la botanique tient encore le second rang avec un total de douze communications. Deux de celles-ci sont dues à M. Brown qui se plait à étudier en commun plantes et insectes. 11 a eu la bonne fortune de ramasser le Galega offîcinalis à Beychac et de rencontrer un nouvel exemple de la présence du gui sur un pied d'aubépine. Notre aimé collègue M. Bardié s'est efforcé de renoncer quelque- fois aux attraits de l'archéologie et d'un musée dont il est fier ajuste raison, pour herboriser encore et nous rapporter quelques plantes rares dont une hybride de Primula variabilis. En botaniste aussi disert que paléontologiste distingué, le D"" La- Lî lanne nous a donné quatre noies : la première sur l'Utricularia monlana, une seconde concernant la station de quelques plantes rares pour la Gironde ; deux dernières sur l'Heemanthus multiflorus et des monstruosités chez une fleur de Cypripedium Mahleree. MM. Doinet et Boyer, continuant leurs utiles excursions mycolo- giques, nous ont permis d'admirer non seulement les champignons qu'ils ont récoltés, mais leur reproduction vivante due au pinceau d'un véritable artiste. Enfin notre président actuel le D'' Henri Lamarque nous a vive- ment intéressés par des remarques sur les variations du limbe des feuilles de Broussomelia papyrifera et de Symphoricarpus racemo- sus ; notre secrétaire général nous a soumis des notions fort prati- ques sur la teneur en fer de la racine du Rumex crispus. La paléontologie, ayant beaucoup donné aux Actes, se contente de deux mémoires. L'un, de M. Lalanne, relate ses fouilles préhistori- ques à l'abri sous roche de Laussel. Dans le second, M. Degrange- Touzin, complétant les anciennes recherches de notre regretté collè- gue ïournouër, signale un affleurement de terrain nummulitique dans les environs d'Orthez. MM. Peyrot et Pierre-Nadal nous présentent une hache en bronze trouvée au gisement du « Peloua ». Mon confrère et ami, le D"" Pierre- Nadal, aurait voulu payer davantage de sa personne et la quantité de matériaux accumulés chez lui est énorme; ses occupations pro- fessionnelles ne lui ont pas laissé, à son grand regret, le temps de s'adonner comme il l'aurait voulu aux sciences naturelles. J'ai gardé pour le couronnement de ce bref compte rendu les tra- vaux de MM. Sabrazès et Muratet en biologie. Chacune de leurs communications est marquée de cette empreinte de science appro- fondie qui est la caractéristique de nos éminents collègues. Après avoir découvert et décrit, en 1901, le Trypanosome de l'Anguille, ils nous apportent cette fois la description d'une nouvelle espèce, le Trypanosome de la Torpille. Le sang de ce poisson leur fournit le sujet d'une autre note, puis ils font tour à tour l'étude du sang de l'Axolotl, la description d'un parasite trouvé dans les matières féca- les des équidés de notre région et appellent l'attention sur la pré- sence d'un Cercomonas dans un épithélioma ulcéré de la face. Ils terminent par une observation d'épithôlioma mélanique de la pau- pière consécutif à une morsure chez un chat, dans la rate duquel ils ont trouvé une infiltration massive de Mastzellen. LU J'en ai fini, Messieurs, avec la revision de nos travaux. Vous m'ex- cuserez de l'avoir faite si brièvement. Chacun de nos mémoires, quand je le lisais ou plutôt que je le relisais, me semblait devoir entraîner tant de développements que j'ai été tenté d'être très long. Je me suis limité sachant que mon rôle était simplement de vous mettre à même de juger la valeur de nos publications; me rendant compte surtout que mes considérations n'auraient pu qu'affaiblir la portée et l'originalité des vues qui nous ont été soumises. Sachons, en terminant, nous féliciter de l'impulsion nouvelle que nos Actes, nos Procès-Verbaux ont prise en quelques mois d'efTorts. Vous venez de vous en convaincre, 1908 fut une année de travail; mais si j'en juge par l'entrain de tous nos collègues, par les résultats déjà acquis, j'ose vous prédire une année de labeur encore plus intensif. La ruche s'agite; fermt opus. C'est assurément notre devise! Commission des Finances. Rapport de M. Doinet. Messieurs, Votre Commission des Finances n'a pas un grand mérite à vous présenter son rapport annuel. De même que les précédents, ce rap- port consiste dans l'ensemble des renseignements fournis par notre excellent Trésorier. Il se résume dans les deux tableaux, établis par ses soins, que va vous présenter, en les accompagnant de ses expli- cations, son dévoué collaborateur, notre Trésorier adjoint, M. Lam- bertie. L'examen de la comptabilité fait ressortir en fin d'année un excé- dent de 683 fr. 19 par rapport aux prévisions budgétaires des recet- tes, et une diminution de 1888 fr. 52 sur les prévisions concernant les dépenses. Cette situation est satisfaisante. L'encaisse de la Société, au 31 décembre 1908, est représentée par 3218 fr. 12 en compte courant à la Société Bordelaise, et par 353 fr. 59 en espèces. La. Commission des Finances n'ayant eu à constater que la parfaite régularité des comptes qui lui ont été soumis et des justifications qui lui ont été présentées, ne peut que vous demander. Messieurs, de vouloir bien donner décharge à votre Trésorier pour son excel- lente gestion pendant l'année 1908, - LUI Rapport de M. Maurice Lambertie, trésorier adjoint. Messieurs, Le 31 décembre 1907, nous avions en caisse, tant entre les mains de notre Trésorier que comme solde de notre compte courant à la Société Bordelaise F- 3.93S 17 Nous avons encaissé pendant Tannée 1908 2.939 19 Le total de nos recettes et dépôts, au 31 décembre 1908, s'est élevé à ^'- 6.874 36 Les dépenses de l'année furent de. . 4.302 65 Il restait donc en caisse, au 31 décembre 1908, une somme de. . . P- ^-^^^ ^^ Cette somme de 2.571 fr. 71 se décompose comme suit : 1° En dépôt à la Société Bordelaise F. 2.218 12 2° Espèces entre les mains du trésorier . 3^3 59 2.571 71 Le tableau suivant, soumis à votre examen, présente par chapitre le détail de ces recettes et de ces dépenses, et la difTérence entre les prévisions et la réalité des faits. ÉTAT DES RECETTES ET DÉPENSES DE L'ANNÉE 1908 RECETTES DÉPENSES VI ARTICLES En caisse au 31 décem- bre 1907 Revenus de la Société . Cotisations 1908. )i arriérées . . Diplômes Vente de publications. Subventions : Conseil général . . 100 Conseil municipal BOO Ministère » Profits et pertes SOMMES prévues 3.935 17 125 » 1.398- .. 48 » 10 " 50 » 600 25 SOMMES réalisées 3.935 17 2i9 79 1.572 » 126 » 25 » 361 10 6.874 36 6.874 36 En caisse au 31 décembre 1908. 2.571 71 En plus ou en moins + 124 79 +174 + 78 + 15 +311 10 — 19 70 III ARTICLES SOMMES prévues 500 2.000 Frais généraux Publications : Actes et Procès- verb... Planches 1.000 Envoi de publications . 50 Complément de la pu- blication du volume 62 150 Bibliothèque 1.200 Rémunération de l'em- ployé attaché à la bi- bliothèque Souscriptions et Fête Linnéenne Fonds de réserve SOMMES dépen- sées 369 » 1.698 75 169 30 15 >. 7 35 736 75 100 191 17 1.000 » Total . 100 206 50 1.000 .1 4.302 65 2.571 71 6.874 36 En plus -131 —301 25 —830 70 — 35 —142 65 —463 25' +15 33 LIV Vous connaissez les causes de plusieurs de ces différences. Recettes. Chapitre P"^. — l/augmenlation recettes des revenus démontre de nouveau l'intelligente gestion de notre excellent trésorier. Chapitre II. — L'excédent des recettes résulte de l'admission de nouveaux membres. Chapitre III. — L'augmentation constatée provient de la même cause. Chapitre IV. — Le chiffre atteint par la vente de nos publications prouve combien celles-ci sont appréciées. C'est une constatation flat- teuse pour la Société. Chapitre V. — Il est à désirer que l'importance prévue de nos publications attire sur la Société la bienveillance ministérielle sous la forme très appréciable de la subvention de jadis. Dépenses. Chapitre premier. — Les frais généraux ne se sont élevés qu'à la sonune de 384 francs, résultat des économies réalisées. Chapitre II. — La somme pi'évue pour les Actes et les Procès- Verbaux, des planches et pour l'envoi des publications, n'a pas été atteinte, il n'a été dépensé jusqu'à ce jour que 1.875 fr. 40, mais l'impression des travaux de 1908 n'est pas achevée; il reste encore à publier la dernière livraison des Procès-verbaux et le dernier fasci- cule des Actes. Chapitre III. — Le service de la Bibliothèque a permis de réaliser une économie de 463 fr. 25. Il ne pouvait en être autrement avec le Bibliothécaire modèle que nous possédons et auquel on ne saurait adresser trop d'éloges. Le tableau ci-après vous présente un projet de budget pour l'année 1909. Il a été établi en tenant compte de considérations ana- logues à celles qui vous ont déjà été exposées en vous soumettant les projets de budget des années précédentes. LV PROJET DE BUDGET POUR 1909 RECETTES DÉPENSES c^> ARTICLES SOMMES t_2 ARTICLES SOMMES Solde en caisse au I Frais généraux 460 71 31 décembre 1907. . 2.571 71 TI Publications : I Revenus de la Société 125 .. Actes et P.-V. ) II Cotisations : t. LXIII . . . 2.000/ 1 50 lilul. à24fr. 1.200 Planches .... 500, ^ 2.550 » 4corr. àl2fr. 36 1.386 » Envois des pu- ' 10 » àl5rr. 150 blications. . . 50 / ■ Golisalions arriérées. . 48 .. Complément de la pu- III Diplômes 10 » III blication du t. LXII. 550 .. IV Vente de publications. 50 .. Bibliothèque Llémunération de l'em- 500 » V Subventions : ployé attaché à la bi- Conseil général. . 100 IV bliothèque 100 .. Conseil municipal 500 600 .. Souscriptions et Fêle, 1 Ministère (p. m.). » Linnéenne ' ' 150 .. VI Profits et perles. . . . 20 .) V Abonnement à diverses^ sociétés. , Fonds de réserve. . . . 500 » Total 4.810 71 Total 4.810 71'! Le projet de budget est adopté. M. Lamuertiiî: a eu l'heureuse idée, cette année, de faire distribuer un exemplaire des tableaux que l'on vient de lire à chacun de ses collègues. Grâce ù cette sage innovation, ces derniers ont pu suivre personnellement les observations et déductions du dévoué rappor- teur. Au nom de tous, M. le D'' Lamarque félicite M. Lambertie et le remercie des services qu'il rend k la Société dans ses fonctions de trésorier adjoint. COMMUNICATIONS Au nom de la Commission chargée de l'examiner, M. Motelay remet sur le bureau le travail botanique de M. Bonnet (de Paris). Il tient k proclamer le profond intérêt que présente cette première publication des résultats de la mission Gruvel et adresse ses plus vives félicitations à l'auteur. Afin de ne pas retarder l'impression de LVl ce travail, il propose d'écrire au botaniste chargé de la description des lichens pour lui demander de hâter son envoi qui doit compléter le précédent. M. X. RoziEK a trouvé dans l'Helvétien de Salles (Gironde), où cette espèce n'avait pas encore élé signalée, un exemplaire de Schizasler; il l'a confié à M. Lambert (de Troyes) qui s'occupe d'un nouveau travail sur les Echinides Fossiles du Sud-Ouest. Cypripedium Leeanum. Var. AlberLianum, Cogn. Par le D' G. Lalanne. J'ai l'honneur de présenter à la Société Linnéenne un spécimen vraiment remarquable de Cypripedium Alherlianum Cogn. Le L. Albertianum est un hybride obtenu par M. J. Hye, de Gand, en fécondant le C. Spiceriaymm Reichh, f. parle pollen du C. insigne Wall. Cet hybride, signalé dans la Revue hort. Belge, XVIII, p. 279, sous le nom de C . Albertianum J. Hyle, doit être rattaché au C Leeanum obtenu par Veitch et décrit par Reichenbach fils (in Gard, chron. new sér., XXI, p. 50, 188-4. La forme que j'ai l'honneur de présenter est absolument remar- quable, non seulement par la beauté et l'ampleur de la fleur, mais surtout par h's dimensions du sépale inférieur qui dépasse large- ment le labelle derrière lequel il est habituellement caché, par son coloris eL les rayures dont le bord est marqué et qui rappellent les dessins du pétale supérieur. J'ai tenu à vous faire connaître dès maintenant cette forme qui, si elle n'était pas exceptionnelle et se reproduisait les années suivantes, constituerait une variété d'élite des plus intéressantes. Présentation d'un Cattleya labiata alba. Par le D*^ G. Lalanne. Le Cattleya labiata est le prototype d'un groupe de Cattleya remar- quables par la beauté de leur fleur et par leur mérite horticultural. Tous les Cattleya du groupe labiata habitent l'Amérique du Sud et une région qui comprend le Brésil, les Guyanes, le Venezuela, la Colombie, l'Equateur. LVII Sur une étendue aussi immense, soumis à des influences biologi- ques infiniment variées, iT n'est pas surprenant que le Callleya labiata ait dévié de son type primitif et donné naissance à un certain nombre de formes toutes aussi remarquables les unes que les autres et parmi lesquelles doivent être rangées les espèces connues sous les noms de C. Dowiana, Luddemaniana, Eldorado, Gaskeliana, Mende- lii, Mossiœ, Chocoensis, Lind. et Andrs., Trianse, Warsceioiczii, etc. Le Cattleya labiata type est originaire du Brésil et son aire d'exten- sion occupe une large bande parallèle à la côte qui s'étend de Bahia à Porto-Alegre. Décrit par Lindley, Collect. Bol., tab. 33 {1821-1824), sous le nom de Callleya labiata, il figure sous le nom de Callleya labiata vera Veitch, Man. of Orchid., p. ii-112 (1887), de Cattleya labiata var. Automnalis- L. Linden, Lindenia, IJI, p. 25, tab. 112 (1887), de Cattleya labiata var. Warocqueana Rolfe, in Gard. Chron., liv. III, VII, p. 785 (1890) et in Journal des Orchidées, I, p. 139, de Cattleya Warocqueana L. Linden, in Journal des Orchidées, I, p. 219 (1890). Je n'insiste pas sur les caractères botaniques de celle plante décrits dans tous les traités spéciaux à la famille des orchidées; qu'il me suffise de dire que le pédoncule porte, sortant d'une double spatlie, de trois à. cinq fleurs larges d'environ 15 centimètres, dont les sépales sont généralement d'un rose lilacé, les pétales beaucoup plus larges que les sépales, de même couleur qu'eux; que le labelle est très grand, ovale, oblong, à bords ondulés-crispés, à partie anté- rieure d'un violet pourpre veinée de pourpre plus foncé. Les veines se prolongent jusqu'au fond de la gorge qui est jaune, avec une macule orangée de chaque côté de l'entrée. La gamme des teintes que cette fleur est susceptible de prendre est des plus riches et a servi à créer une foule de variétés horticoles des plus intéressantes. On conçoit que les formes les plus rares et les plus méritantes sont celles qui occupent les extrêmes, les plus claires d'un côté, les plus foncées de l'autre. On a décrit des formes tout à fait blanches et des formes tout à fait foncées, le Cattleya labiata var. Pelersi Rolfe, par exemple. La forme que j'ai l'honneur de vous présenter est une variété à fleurs blanches. Les pétales et les sépales sont d'un blanc pur. Le labelle est légèrement teiùté de rose et présente seulement une tache jaune, sans tache pourpre. La plante a été achetée en Angleterre et faisait partie d'un lot de LVIII sujets établis, mais n'ayant pas encore fleuri, achetés à bas prix. Le pied porl;e treize pseudo-bulbes et paraît bien portant, quoique les organes végétatifs soient, d'une manière générale, de taille assez petite. Elle a fleuri pour la première fois vers le 20 janvier de cette année. L'albinisme chez le Callleya Labiata auiumnalis est excessivement rare. On s'accorde à dire qu'on rencontre un seul pied à fleurs blan- ches sur dOO.OOO pieds importés. Aussi ces plantes figurent toujours sur les catalogues des horticulteurs pour un prix 1res élevé, et l'amateur qui voudrait acquérir un sujet de force moyenne devrait songer à dépenser la forte somme. Cependant, on connaît déjà un certain nombre de variétés alba du Caltleya labiata. La première qui ait été signalée est celle qui a fleuri au mois de janvier 1891 dans les serres de M. Warocqué, à Mariemont, Belgique [Journal des Orchidées, 1'^'" mars 1891, p. 376). On la trouve décrite sous le nom de Cattleya Warocquena var. alba. Une autre variété à fleurs blanches obtient un certificat de mérite de 1'* classe de la Société Royale d'Horticulture, et fait partie de la collection de M. Weills, de Broonefield {The Orchid. Review, 1898). Gardeners Chronicle, décembre 190o, signale qu'un Cattleya La- biata automnalis alba aurait fleuri en Allemangne, chez M. Keyssner, de Zossen. L'année suivante, un nouveau sujet fleurit en Angleterre dans les serres de M. Bail {Le Journal des Orchidées., 16 février 1896). Dans la même année 1906, parmi un lot de plantes importées par Sanders, de Saint-Albans, se trouve un Catlleya à fleurs blanches. Il avait été acheté par M. R.-H. Measures, Esq. [The Orchid. Revieiv, 1896, p. 2). En 1897, un Catlleya labiata alba est signalé dans la collection de M. Hardy, Esq., de Ashlon-on-Mersey {The Orchid. Revieiv, décembre 1897). Le Dictionnaire iconographique des Orchidées, mai 1898, repré- sente une variété à fleurs blanches appartenant à M. Béraneck. Au meeting de la Société Royale d'Horticulture qui se tient le 7 novembre 190o, M. J. Bradshow, Esq., expose des Cattleya labiata alba, mais ceux-ci paraissent provenir de la collection de M. Mea- sures. LIX Un spécimen très remarquable est signalé dans la collection de M. Clément Moores de Hackensack, New-Jersey, Etats-Unis d'Amé- rique {The Orchid. Revieiv, août 1906). Dans la vente de la collection Elliah Askworth, les 4 et 5 novembre 1903, deux pieds de Caltleija labiala alba atteignent le prix de 901iv. st. chacun, soit 2.'io0 francs (77te Orchid. Revieiv, déc. 1893). Le 29 octobre 1907, un CalUeya alba, faisant parlie de la collec- tion de M. le Major G.-L. Holfort, reçoit un certificat de mérite de 1'^ classe, de la Société Royale d'Horticulture. Parmi les formes à fleurs très pâles et se rapprochant par consé- quent des variétés alba, on peut citer celle qui appartient à M. Treye- ran, de Bordeaux, qui figure dans le Diclionnaire iconographique des Orchidées^ n° de février 1898, et qui est aussi une fort belle plante. Dans le relevé qui précède, relevé que j'ai établi avec les seules ressources bibliographiques qui étaient à ma disposition, figurent seulement les variétés à fleurs blanches qui ont été signalées dans les meetings horticoles ou dans les ventes spéciales d'orchidées. Toutes celles qui existent n'y figurent probablement pas. D'un autre côté, il est possible que certaines formes, signalées comme Labiala vrais, appartiennent à des variétés de cette espèce, et je suis certain que la plante que j'ai signalée comme faisant partie de la collection de M. Measures était un Gaskeliana alba. La conclusion est que ces plantes restent fort rares, car les sujets qui existent dans les collections proviennent tous de divisions des quelques sujets que j'ai cités. Il m'avait donc paru intéressant de vous signaler l'apparition d'un nouveau Catlleya labiala alba. Séance du 17 février 1909. Présidence de M. le D^" Henri Lamarque , président. CORRESPONDANCE M. Breignet rappelle la lettre adressée par M. Arnaud fils et lue en séance du 18 novembre écoulé. Des promesses d'envoi de documents ont été faites par ce correspondant. Noire arcliiviste a le regret de déclarer à ce jour n'avoir encore rien reçu. M. Rozier fait également remarquer que M. Léon Dupin nous a fait aussi des olFres pour l'envoi de la correspondance du docteur Graleloup et que depuis la séance aucune pièce n'a été livrée. L'Assemblée décide de faire un rappel de promesse à nos généreux correspondants. COMMUNICATIONS M. Bardié entretient la Société de la visite qui a été faite par plusieurs de nos membres au Musée de la porte de Cailhau et leur adresse les remerciements de la Société d'Archéologie. Un rapport sur cette courte mais très intéressante excursion paraîtra dans nos Procès-Verbaux. M.leD'"BARRÈHE accepte l'agréable mission de reproduire la grande satisfaction éprouvée par tous les visiteurs. M. DoiNET fait connaître son intention de se rendre à Rennes, au prochain Congrès des Sociétés savantes, où il pourra représenter la Société Linnéenne. M. Breignet faisant une incursion dans le mystérieux domaine de la radio-activité, nous donne lecture d'expériences présentées à l'Académie des sciences et faites sur la photographie radio-active. Il demande si les phénomènes de momification dont il a déjà entre- tenu la Société ne sont pas de même ordre biologique. Après l'échange de quelques observations, il est décidé que quelques-unes des expé- riences spéciales de dessiccation extemporanée de fruits et d'objets organisés seraient reprises en séance privée. M. Peyrot dépose au nom de M. Cossmann et au sien, un premier mémoire sur la « Conchyliologie du Bassin d'Aquitaine ». Rappelant les travaux de quelques-uns de nos collègues, en parti- culier ceux de M. Degrange-Touzin et de feu Benoist, sans cependant qu'aucune monographie complète n'ait jamais été faite, comme pour les autres régions de la France, les auteurs pensent pouvoir combler cette lacune par un travail d'ensemble. M. Peyrot met bien en évidence les qualités spéciales et la haute compétence de M. Cossmann qui, par ses collections personnelles et bien complètes, les ressources particulières dont il dispose, était désigné pour cette œuvre. Il se félicite de la part de collaboration qui LXI lui a été accordée et donne l'assurance que le travail proposé pourra faire le plus grand honneur à notre Société. Soumettant la question des planclies, il en annonce dont le prix pour chacune est de 54 francs, plus une carte, soit au total environ 500 francs; les zincs seront fournis parles auteurs. Le texte peut être évalué à environ 700 francs. Une lettre adressée h ce sujet par M. Degrange-ïouzin vient encou- rager la mise en œuvre du travail. Une commission est nommée pour l'étude de cette question. Elle est composée de MM. Degrange- Touzin, Bial de Bellerade et Rozier. M. Bardié entretient la Société d'une excursion faite dimanche dernier dans la Vieille Forêt de la Teste. Nous faisant revivre avec tout le coloris de ses intéressantes descriptions, la bonne promenade faite dans les lajides et sur la bruyère, il nous soumet des branches de VErica lusilanica, qui agrémente par ses belles touffes blanches la monotone forêt, et nous annonce avoir rencontré en abondance le Galanthus nivalis, dans les bois, au-dessus de Paillet. Rapport de la Commission des Archives. Par IVI. A. Baudrimont. Messieurs, Ainsi que les années précédentes, la Commission de vos Archives s'est réunie le 20 janvier dernier sous la présidence de M. Bardié; c'est à son membre le plus jeune qu'est échu l'honneur d'être son secrétaire et de vous soumettre les diverses décisions prises au cours de cette séance. M. le D"" Boyer, retenu par ses occupations, s'était fait excuser. Je ne veux pas entrer en matière sans remercier, au nom de la Commission, M. l'Archiviste de sa bienveillance, et, en ce qui m'est personnel, des avis et des renseignements précieux qu'il nous a donnés et qui ont rendu ma tâche des plus faciles. Votre Commission m'a chargé d'adresser aussi nos plus sincères remerciements à M. Lambertie pour sa générosité habituelle et les dons suivants qu'il a faits à notre Société : 1° La Terre et V Homme, par Maury ; 2° Le Nouveau Buffon, Eléments d'Histoire naturelle, par M. de Bremont; Procès Verbaux 1909 5 LXIT 3° Entomologie: Bourgeois, Giiillebeaii, Regimbart, Bedel, Grenier, Grouvelle, Gautier des Coites, Horvalh, Kerremans, Maindron, Orbigny, de Peyerimhoff, Trouessart. Enfin, vous voudrez bien me peimellre de ne pas reproduire ici la longue liste des nombreux ouvrages que votre Société a reçus cette année à titre gracieux et dont, au nom de la Commission, il m'est un agréable devoir de remercier les généreux auteurs. Vous en trouverez tout au long la nomenclature dans l'index bibliogra- phique ainsi que celle des livres achetés, en 1908, par notre Société. M. l'Archiviste nous a communiqué : 1° Une lettre datée du 12 juin 1908, de la Société Mycologique de France, en réponse à une lettre dans laquelle nous demandions l'échange de nos publications avec celles de cette Société. Le secré- taire général fait savoir à M. l'Archiviste qu'il soumettra notre demande à la première séance de l'année scolaire. La question en est restée là. Une nouvelle lettre de M. Breignet, datée du o janvier 1909, est restée sans réponse; %^ Une demande de la Société de vulgarisation des sciences natu- relles des Deux-Sèvres, relative à l'échange de nos publications. Cette Société étant tout nouvellement créée, la Commission vous propose d'attendre avant d'accepter tout échange, afin de pouvoir juger de la valeur et de l'importance de ses travaux. M. l'Archiviste se plaint encore cette année de la lenteur avec laquelle quelques ouvrages réintègrent leur place habituelle sur les rayons de notre bibliothèque; il accuse cependant une sensible amélioration et les ouvrages prêtés sont restés moins longtemps absents que les années précédentes. En terminant, au nom de la Commission des Archives, j'ai l'hon- neur de vous proposer de voter des félicitations à notre excellent Archiviste pour la méthode qui règne dans l'ordonnance de nos richesses bibliographiques, qui, gi-âce à son zèle, vont chaque jour s'accroissant, et surtout pour son inaltérable dévouement à la pros- périté de notre chère Société. LXdl Séance du 3 mars 1909. Présidence de M. le D»" Henri Lamarque, président. PERSONNEL Démission de M. le général Paris. ADMINISTRATION M. Deserces rappelle que, dans une élection antérieure, il a été décidé en principe qu'un membre ne pouvait faire partie à la fois de deux Commissions. Or, un membre du Conseil fait partie cette année de la Commission des Publications et de celle des Finances. M. DoiNET, dont le cas a été visé par M. Deserces, s'associe aux réflexions de son collègue et donne sa démission de membre de la Commission des Finances! « D'autant, ajoute-t-il, qu'il vient d'être chargé de l'intérim de la Trésorerie et ne peut se contrôler lui- même ». L'élection complémentaire qu'eniraîne cette démission est reportée à la prochaine séance. Sur la proposition de M. Motelay, on décide que la Commission des excursions se réunira lundi prochain, 8 mars. COMMUNICATIONS M. Lambertie, selon sa généreuse habitude, offre à la Bibliothèque deux petites brochures : 1" Liste de Coléoplères et d'Orthoptères capturés à Luchon, par M. J. Clermont, Extrait du Balletin de la Société d'entomologie ; 2° Résultais du Voyage du S. Y. Belgica, en 1897-98-99. Rapport scientifique. — Zoologie, par E. Olivier. M. Bardié remet une intéressante note sur les diverses amarylli- dées et liliacées dont il avait montré de superbes échantillons à la séance du 5 août 1908. M. Bardié avait depuis longtemps caressé le projet d'entretenir ses collègues des objets qu'il a trouvés dans les fouilles pratiquées au moment de l'agrandissement des « Dames de France ». LXIV Le pic des travailleurs a successivement mis à découvert des foyers différents d'incendie, dont quelques-uns peuvent remonter à l'époque de l'invasion des Barbares. M. Bardié montre la photogra- phie d'un mur dont on distingue aisément des reconstructions suc- cessives, puis il fait défiler sous les yeux de ses collègues des pote- ries, des morceaux de charbon de bois de construction et d'énormes clous de charpentier fort bien conservés. Tous les coquillages qu'il a pu ramasser appartiennent à des espèces comestibles et ont été probablement consommés par nos ancêtres. Citons rapidement : Pectus maximus, Cardium echinatum, Patella, Venus verrucosa, Cardium tuberculatum, Anomia ephippium, Ostrea edulis, Mytilus edulis. Notre collègue doit compléter cette communication, à la prochaine réunion, par la présentation de restes d'animaux. Remarques sur quelques stations de plantes vernales dans la Gironde. Par M. A. Bardié. Parmi les familles de plantes printanières, les liliacées, les iridées et les amaryllidées se distinguent par la beauté de leurs couleurs, l'élégance de leurs formes et la régularité de leur floraison. Chaque année, il m'est agréable d'aller revoir quelques coins préférés où fleurissent ces jolies plantes vernales. Malheureusement les stations se modifient par le hasard des cultures, quelquefois même elles dis- paraissent. Avec le peu de fréquence des herborisations, autrefois si goûtées, et la disparition des vieux botanistes, il est à craindre qu'il devienne parfois difficile de retrouver certaines plantes signalées par nos flores locales ou jadis présentées aux séances de la Société Linnéenne. C'est afin de rappeler à ceux qui s'intéressent à notre flore giron- dine les endroits où ils eurent le plaisir d'herboriser, et de leur don- ner en quelque sorte des nouvelles de ces modestes fleurs, qui sont la parure de nos campagnes et l'expression délicate de la beauté dans la nature, que j'ai voulu vous présenter ces quelques plantes qui me sont parvenues de divers côtés et dont j'ai pu apprécier l'habitat. Le 28 avril dernier, notre collègue, M. l'abbé Labrie, me montrait quelques narcisses qu'il avait cueillis le même jour, à Gornac LXV (Gironde), au cours d'une excursion géologique. Je voulus à mon tour visiter l'endroit où l'on trouvait ces amaryllidées. Déjà, dans une excursion de la Société, nous avions eu l'occasion de remarquer çà et là, dans les prairies du Haul-Langoiran, des touffes de Narcissus biflorus Curt. Cette plante existe dans plusieurs locali- tés de l'Entre-deux-Mers, mais nulle part elle n'est aussi abondante qu'à Gornac, au lieu dit Bachou, situé à un kilomètre des pittores- ques moulins de Gonin. Le vignoble disparaît sous son abondante floraison. Quelques-uns des narcisses biflores présentent la parti- cularité d'être soudés l'un à l'autre ; le périanthe est en partie engagé, mais la couronne est entière. Les hampes triflores se ren- contrent ici assez fréquemment. La Tidipa silvestris L. est commune dans tous les champs des environs de Gornac. Ces fleurs, épanouies sous les chauds rayons du soleil d'avril, forment un spectacle ravissant. J'ai déjà eu l'occasion de présenter le Narciss^is Bulbocodium L. provenant de Gradignan où il avait été signalé par M. Durieu de Maisonneuve. On trouve au même endroit Narcissus poeticus L. Le bois où il s'est localisé est éloigné de toute habitation. Toutefois ce joli narcisse n'aurait-il pas la même origine que Tulipa prœcoxTen. et Tulipa Oculus-Solis Saint-Am. si répandus dans l'Entre-deux- Mers et qu'on suppose être un reste des cultures de l'époque gallo- romaine? Les Narcissus de Carbonnieux tendent à disparaître. La cause de leur destruction est peut-être la même que celle du Galanthus niva- lis L. dont les paysans enlèvent les bulbes pour les placer dans leurs jardins (1). La recherche, pour la vente sur les marchés de la ville, de nos fleurs spontanées les plus belles se généralise. Les. plantes ainsi enlevées à leur milieu ne trouvent pas toujours le sol qui leur conviendrait; elles ne tardent pas à disparaître. J'ai pu observer ce fait sur les tulipes que j'avais rapportées de diverses excursions et plantées dans mon jardin. Le Tulipa Oculus-Solis Saint-Âm., dont j'avais de nombreux spécimens, n'a donné cette année qu'une seule fleur. M. l'abbé Labrie, à qui je signalais le fait, m'a dit que de son côté il avait fait une remarque analogue. Tulipa prseçox Teu., au contraire, pousse à merveille et atteint des proportions extraordinai- (1) l>e Galanthus nivalis était autrefois commun sur les coteaux de Langoiran. On le trouve encore dans [e bois au-dessus de Paille LXVI res. Celte plante constitue ainsi une jolie fleur de parterre. Tulipa Clusiana D. C. et Tulipa silveslris L. se multiplient et donnent de belles floraisons. Scilla Lilio-Hyaciulhus L. ne compte que quelques stations dans la Gironde. Je le remarquais pour la première fois ii Verdelais, il y a une vingtaine d'années, lorsque la Société Linné.enne y fit une herborisation. Depuis, la plante avait à peu près disparu par suite de l'exploitation des bois taillis. Les échantillons que je présente ont été rapportés de Birac, en Bazadais, où ils ont été cueillis, le 20 avril. Cet endroit privilégié, que notre vénéré Laterrade a signalé dans la flore bordelaise, se trouve au pied du coteau voisin du vieux château de Birac, dans un site pittoresque oii les bois ont en grande partie conservé leurs futaies. Endymion nutans Du Mort. Le 26 avril, je fis la rencontre d'un paysan qui apportait à Bordeaux divers produits de potager recou- verts par un amas de fleurs. Mon attention fut attirée par la couleur d'un bleu-violet de quelques-unes d'entre elles que je pris pour des jacinthes de jardin. Mais dans le même bouquet se voyaientaussi des primevères officinales et des ornilhogales. J'acquis bientôt la certi- tude que je me trouvais en présence de plantes spontanées. Lajacin^ the n'était autre qa Endymion nutans Du Mort, que j'avais autrefois récolté au Bouscat et à Bruges. Elle avait du reste la même prove- nance. L' Endymion nutans est toujours abondant dans le bosquet de Caslel d'Andorte, au Bouscat, chez notre collègue M. le D^ Gaston Lalanne. Les échantillons présentés à cette séance proviennent du domaine du Thil, à Léognan. Dans cette même localité on trouve Homulea hulbocodium Sebast. Il forme, dans le quartier de Mingoy, de véritables pelouses-. Narcissus Pseudo-Narcissus L. et Aspliodelus albus Willd. égayent aussi au printemps la monotonie des bois et des landes dos envi- rons de notre ville. Ces élégantes fleurs sont fréquemment employées comme motifs dt^ décoration par les artistes du style moderne. Je n'aurai garde d'oublier Fritillaria Meleagris L. dont l'un des princi- paux habitats, dans la Gironde, se trouve à Bègles au domaine de Tartifume. Les stations voisines de ces charmantes plantes, qui peu- vent rivaliser avec les plus belles fleurs de nos jardins, ne sont pas près de disparaître encore. Je termine en présentant quelques plantes méridionales acclima- tées dans la Gironde. LXVII VAphijllantes Monspeliensis L. a été signalé dans notre départe- ment, il y a quelques années. Les spécimens de celte curieuse lilia- cée, si commune sur les coteaux arides du midi de la France, provien- nent de Saint-Christoly, en Médoc. Ceux de Centaurea solslilialis L., composée épineuse qui pousse en bordure sur tous les chemins du Midi, ont été rapportés de Léognan. Cette plante a aussi été signa- lée dans quelques autres localités de la Gironde. Séance du 1 7 mars 1 909. Présidence de M. le D'' Henri Lamarque, président. A propos du procès-verbal de la dernière séance, M. Breigneï", reprenant la lettre de démission de M. le général Paris, met en parallèle les dépenses très élevées occasionnées par ce sociétaire, les cotisations par lui versées et les prix que nos publications lui ont permis d'obtenir. L'assemblée ne peut qu'exprimer ses regrets de constater le peu de courtoisie et de justice que ce collègue a conservés dans sa correspondance, et décide qu'il y a lieu de ne faire aucune démarche poui- le faire revenir sur sa décision. CORRESPONDANCE M. le D'' Lafite-Dufont présente sa démission de membre de la Société. Lettre de M. le D'" Boyer demandant l'abonnement au bulletin de la Société de mycologie. M. DoiNET soutient cette proposition. M. le Président se ralliant à la demande de nos collègues, il est décidé, à l'unanimité, qu'un abonnement sera pris à celle revue du plus grand intérêt. L'ordre du jour appelle le vote sur la candidature de M. Paul Arné, s'occupant de zoologie, présenté par MM. Barrère, Bardié et Ch. Pérez. M. Arné est nommé membre titulaire de la Société. LXVIIÎ COMMUNICATIONS Influence des différents agents marins sur les pins du littoral gascon. Par MM. P. Arné et P. Barrère. De Soiilac à l'embouchiive de l'Adour, derrière la longue dune lillorale qui ourle d'une manière continue les plages sablonneuses de la Gironde et des Landes, s'étend une région spéciale, sahara en miniature, dont le peintre Auguin a rendu de façon saisissante la mélancolie sauvage. Le long de cette zone, large de cent k deux cents mètres, parse- mée des panaches souples de l'Ammophila arenaria, vient mourir l'immense forêt de pins de la Gironde et des Landes. Mourir, à la lettre, car nulle part peut-être l'influence du voisinage de la mer sur les arbres ne se fait plus durement sentir. Il nous a été donné d'observer récemment les modifications subies par le Pin maritime sous l'action de ce puissant facteur : l'Océan, dans le sud des Landes, derrière les dunes littorales de Messanges et de Vieux-Boucau; nous croyons intéressant de résumer nos obser- vations, bien que cette question ait déjà été l'objet de plusieurs com- munications à la Société Linnéenne. Dans cette région des Landes, on peut facilement délimiter, par la seule répartition des plantes et surtout leur aspect, plusieurs zones entre la dune littorale et la forêt de pins normale. D'abord la dune elle-même, où les rhizomes longuement traçants de l'Ammophila arenaria contribuent avec l'Euphorbia Peplis, le Convolvulus Soldanella, et quelques autres plantes à lixer, d'une manière toute relative d'ailleurs, le sable continuellement remanié par les vents du large. Puis la zone comprise entre le pied Est de la dune et les premiers pins, où se rencontrent encore les Ammophila et les plantes qui les accompagnent, mais où abonde surtout l'Helichrysum annuum. Cette zone a une largeur très variable. Plus la crête de la dune littorale est élevée et la dépression qui se trouve derrière accusée, plus les pre- miers pins se rapprochent, formant çà et là des îlots détachés en avant de la forêt proprement dite. Derrière ces régions dénudées, commence la lisière de la forêt ou LX IX zone forestière niarilime. C'est dans cette partie que se fait naturel- lement sentir avec le plus de netteté l'influence du voisinage de la mer sur les arbres. Les pins y sont tordus, contournés de la façon la plus bizarre, rampent comme des serpents sur le sol, s'y enfoncent pour ressortir plus loin, s'inclinent sous des angles invraisemblables et l'on songe, malgré soi, aux arbres décrits dans La Mer de Michelet : « qui annoncent, à leur nianière, par des attitudes, j'allais dire par » des gestes étranges, la proximité du grand tyran et l'oppression de » son souffle. S'ils n'étaient pris par les racines, ils fuiraient visible- » ment; ils regardent vers la terre, tournent le dos à l'ennemi, sem- » blent tout prêts de partir, en déroute, échevelés. Ils ploient, se » courbent jusqu'au sol et, ne pouvant mieux, fixés là, se tordent » au vent des tempêtes ». En observant de près ces arbres, on peut néanmoins comprendre comment se produisent la plupart deleurs difformités, dont le désordre n'est qu'apparent, et qui sont dues, selon nous, k trois facteurs : 1° Le voisinage de la mer par l'influence du sel marin ; 2° Lèvent; 3" Le sable. L'influence du sel marin est indéniable. Il faut avoir vu, pendant les tempêtes, la distance à laquelle est emportée l'écume des vaguas qui s'attache comme de gros flocons de neige aux aiguilles des pins, et l'enduit visqueux dont elles sont ensuite imprégnées, pour saisir l'importance de ce facteur mise en évidence par M. le professeur Devaux dans sa note des Procès-verbaux (1) de la Société lAnnéenne. Les branches et les cimes les plus exposées sont tuées les premiè- res et l'action du sel marin a sur le port de l'arbre un rôle bien défini. On peut constater, en efïet, que le tronc du pin présente des inflexions successives à angles très brusques en forme de V, qui sont dues, en réalité, au développement d'une série de branches latérales au fur et à mesure de la mort de l'extrémité de la tige sous l'action du sel. . Mais succédant à cette série d'angles brusques, le pin présente ensuite nettement une partie simplement courbée en arc plus ou moins tendu, dénotant dans la croissance de l'arbre une période nouvelle moins pénible où selon nous agit de façon plus spéciale le facteur : vent. (1) Procès-verbaux, 1905, p. lxiii. Procès Verbaux 190'J 5* LXX Contrairement aux inflexions brusques qui sont dirigées un peu dans tous les sens, cette partie arquée de l'arbre est toujours incli- née vers l'Est, c'est-à-dire dans la direction du vent dominant. Cette inclinaison a comme résultat de diriger vers le sol les branches ou la branche qui constituent la seule partie vivante de l'arbre en con- trebalançant ainsi l'action du géotropisme négatif. A ce moment intervient le troisième facteur, le sable, qui, sur la lisière, a bien vite fait de recouvrir la partie de la branche en con- tact avec la terre et de l'y fixer. Cette branche étant ainsi, par sa position, la plus abritée de toutes, a tendance à se relever et con- centre en elle toute la force végétative de l'arbre, de sorte que l'on croirait avoir affaire à un nouveau pin sortant obliquement du sol. Mais, d'après nous, le sable n'a pas seulement un rôle de fixation, il a une autre action toute mécanique moins connue, qui vient s'ajouter à celle du sel marin, seule admise par M. Devaux. Poussé par le vent, il use très énergiquement la surface des troncs exposés à son contact, et peut arriver à faire disparaître complètement l'écorce et à mettre à nu le bois qui est comme poncé et passé au papier de verre. Cette action est difficile à mettre en évidence sur le pin, dont l'écorce estrudeetrésistante. Mais des Tamarins plantés par M. P. Arné sur la dune littorale ont été tués au bout de deux ans uniquement par cette usure du sable, usure si énergique qu'elle dépolit au bout d'un seul hiver les débris de bouteilles abandonnés sur la dune. Il est donc légitime de réserver à cette action mécanique du sable une place à côté du sel marin dans la destruction tout au moins des bourgeons et des tiges jeunes et tendres. Notons en passant que les îlots de pins les plus exposés que nous avons signalés en avant de la lisière de la forêt, présentent au maxi- mum ces différences manifestations de l'activité des agents destruc- teurs. Au bord de la forêt proprement dite, tous les pins présentent ce même aspect pendant une cinquantaine de mètres, avec une ten- dance cependant à se relever de plus en plus. On arrive ainsi, insensiblement, à une autre zone composée d'arbres dont le type a encore été signalé par M. Devaux. Le tronc désormais abrité par le feutrage des premiers pins se développe presque perpendiculairement, mais reste très bas. Au niveau où leur cime dépasse la partie abritée elle est tuée, mais, auparavant, le pin a émis, de tous côtés, de fortes branches horizon- LXXI taies, de sorte que l'arbre tout entier forme un massif buissonnant. L'influence du voisinage de la mer diminue naturellement h mesure que l'on s'en éloigne, et l'on arrive par des degrés successifs, degrés très variables suivant le relief du sol, h la forêt normale. Mais, même dans cette forêt normale, où l'action du sel marin ne peut guère être mise en cause, presque tous les troncs sont encore plus ou moins inclinés dans le sens du vent, nouvelle preuve, selon nous, de l'influence de ce dernier facteur, sur le port des arbres du littoral. Ceci nous permet de conclure, en résumé, que le pouvoir destructif du sel marin, si bien mis en relief par M. Devaux, n'est pas l'unique cause de déformation des pins maritimes, et qu'il faut attribuer une partie de ces déformations à l'action du vent et même à celle du sable soulevé par les tempêtes du Golfe de Gascogne. A propos de la note de MM. Arné et Barrère, M. Devaux, qui a déjà fait paraître dans les Procès-Verbaux une note sur le même sujet, fournit quelques renseignements complémentaires sur les modifica- tions de forme subies, sous l'action du vent, par d'autres arbres que le pin, tels que les chênes et les peupliers. L'avalanche, par le poid& de la neige entraînée, l'asphyxie localement produite, peut aussi dans la montagne amener des déformations. L'action du sable lui semble un peu douteuse à cause de la résistance que présente l'écorce du pin. Quant à l'influence du sel marin, elle se fait ressentir, a-t-il observé, à des dista,nces très grandes du bord de la mer, 40 kilomè- tres mémo, et peut s'expliquer par la mortification des feuilles, des bourgeons et la pénétration, dans les tissus ulcérés, des larves d'insectes, modifiant ainsi l'harmonie de l'évolution normale. Le tamarin exposé aux embruns est un exemple de cette mortification partielle. M. GouiN a remarqué des déformations analogues à plus de 80 kilo- mètres de la mer. M. Deserces soumet quelques observations de même ordre faite sur les yeuses. M. DoiNET se rappelle avoir remarqué des déformations de coco- tiers. Enfin "M. Lamarque a vu le même fait sur le hêtre dans la vallée d'Ossau. LXXII Anguilles et Canards. Pan M. F. Daleau. J'ai, à Bourg, un groupe de canards sauvages domestiqués qui prennent leurs ébats sur une pièce d'eau. Au mois de mai dernier., une des canes y conduisit sa couvée composée d'une douzaine de canetons. Ces petits palmipèdes disparurent en partie, on accusa les rats d'eau de ce méfait. Le hasard lit que je vis sur ce vivier un des canetons âgés de huit ou dix jours happé à la patte par une grosse anguille qui l'entraîna sous l'eau, ma surprise fut plus grande encore quand j'aperçus une seconde anguille lui disputer sa proie. Plus tard, d'autres canetons, âgés de vingt à vingt-cinq jours, eurent les pattes brisées, voire même une cuisse désarticulée par ces poissons voraces. Depuis celte aventure, canards et canetons abandonnèrent l'étang, ils y revinrent tin septembre et aujourd'hui les anguilles les laissent en paix. J'ai^^appris qu'il y a quelque dix ans, à l'île de Cazaux, sise sur notre fleuve, on fut obligé de vider une pièce d'eau pour y détruire les anguilles qui dévoraient les petits canards. Je sais que les canards avalent les anguilles, mais j'ignorais qu'il y eût réciprocité de la part de ces dernières. Seconde communication est faite par M. Bardié sur les résultats des fouilles à la place Puy-Paulin. Notre collègue soumet une longue et intéressante série de débris d'animaux que M. Daleau a magistra- lement et patiemment étiquetés. M. Llaguet présente un plathelminthe, adressé à M. le professeur Arnozan par M. le D'' O'Zoux de l'île de la Réunion. Une note sera donnée à son sujet dans les Procès-Verbaux. M. DoiNET soumet quelques spécimens à^Pezizes, en particulier une espèce intéressante : la Peziza coccinea. Le programme des excursionspour 1909, élaboré par la commission et approuvé par l'assemblée, est ainsi composé : / 8 avril : Saint-Brice-Castelvieil-Gornac-La Réole (avec le Club alpin). 9 mai : Saint-Médard-d'Eyrans, 30 et 3 i mai (Pentecôte) : Les Eyzies. 27 juin : Fête Linnéenne (Coutras). / 8 juillet : Cap Ferret. Lxxm Séance du 7 avril 1909. Présidence de M. le Di' Henri Lamarque, président. CORRESPONDANCE LeLtre de faire part du décès du professeur Fritz Roiuer, direcleur du Musée de Francfort. Lettre de M. Carex annonçant l'envoi du cinquième fascicule delà Géologie des Pyrénées françaises. Invitation au Congrès préhistorique de France qui aura lieu à Beauvais, du 26 au 31 Juillet prochain. M. Bardié est délégué à ce congrès. Lettre de la Société des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Pau émettant un vœu pour que les objets d'art de celte ville soient réu- nis dans un local ii l'abri des dégradations. PERSONNEL Lettre deM.GouiN présentant, pour des convenances personnelles, sa démission de membre du conseil et de membre de la Société. Le président, après avoir donné connaissance de cette décision pénible, exprime les regrets unanimes de voir notre collègue sorlir du conseil et se retirer en même temps de la Société. Après avoir adressé de justes éloges sur son dévouement, il traduit la pensée de tous en proposant de faire une démarche personnelle auprès de M. Gouin pour le prier de revenir sur sa décision. M. le D'' IjOuis Charron, s'occupa nt de bfologie, présenté par MM. Baudrimont et LIaguet, est nommé membre titulaire. COMMUNICATIONS M. Lambertie offre » ovulatum Bell. C. G. G. Daliella Brusinaï Gossm. R. R. Genea sp. ? Nassa Dujardini Desh. R. R. » cytharella Fisch. et Tourn. R. R. » Basleroti Michelotti. R. » sp. nov. (TV. asperula des auteurs bordelais). G, » sp.? » (ZeuxisJ sp.'^ Dorsanum Veneris Fauj. G. » subpolitum d'Orb. G. G. G. » turricidatum Bell. G. C. Columhella girondica Benoist in Goll. G, » corrugata Brocchi. G. » » var. G. » turonica Mayer. R. Murex f Rhynocantha) Partschi Hôrnes. R. R. Ocinebra cselata Grat. G. Purpura (Cuma) Grateloupi d'Orb. R. R. Cassis fSemicassis) Grateloupi Desh. R. » » saburon Lamk. R. R. Pirula condita Sism. C. » burdigalensis Sow. G. Erato lœvis Donov. G. » ^Maugerise Gray in Wood. R. 7'riforis jjerversus Linné. R. R. » papaveraceus Benoist. R. R. Cerithium bilineatum Hornes. R. R. Bittium spina Partsch. G. G. » pygmœum Philippi. R. R. » 2 sp. indéter. XGVII Polamides piclus Bast. C. » papaveraceus Bast. R. » girondicus Mayer. R. » [Pyrazus) bidentatus Grat. R. R. » » lignilarum Eichw. R. R. Vermelus intortus Lamk. C. C. » [Serpulorbis) arenarius Linné, C. Turritella terebralis Lamk. C. G. » turris Bast. R. » gradata Menke. C. C. Pseudomelania perpusilla Grat. R. » sp. ? Melania Escheri Brongn. R. R. Melanopsis aquensis Grat. C. » olivula Grat. C. » buccinoïdes Férus. R. Littorina varicosa Grat. C. C. » Prevostina Bast. C. » sp. ? Fossarus sp. ? Solarium carocollatum Lamk. R. R Rissoïa scalaris Dub. G. C. » Moulinsii d'Orb. C. G. C. » curta Duj. G. G. G. )) coslellata Grat. G. » sp. ? Scaliola sp. ? Rissoïna hurdigalensis d'Orb. G. G. » bicarinata Benoist. R. R. Hxjdrobia Andreaei Boeltger. R. » sp. ? Fossarulus [Stalioïa] Lemani Noulet. G. Cyclostoma sp. ? R. R. Hipponyx granulatus Grat. R. R. Crucibulum déforme Lamk. R. R. Crepidula unguiformis Lamk. R. R. » cochleare Bast. R. R. Calyplraea sinensis Desh. G. G. » depressa Lamk. R. XCVIII Xenophora Deshayesi Michelotti. R. R. Nalica sismondiana d'Orb. R. » burdigalensis Mayer. C. G, » turbinoïdes Grat. C. » (NeverilaJ Josephinia Risso. G; » sp. ? Sigaretus aquensis Reclus. R. Adeorbis quadrifasciatus Grat. R. Scalaria Banoni Tournouër. G. » [Littoriniscala) Basteroti Ben. in coll. R. R. » (Gyroscala) sp. ? R. R, Eulimadigilalis Ben. in coll. R. R. » girondica Ben. in coll. G. G. » similis d'Orb. R. » 2 sp. indéter. Pyramidella mitrula Férus. R. R. » Grateloupi à' Orh. R. » » var. elongata ? Odoslomia sp. ? l'urbonilla gracilis ? Brocchi. G. » subumhilicala Grat. G. G. » » var. elongata. » 5 sp. indéter. Nerila Plutonis Bast. R. R. Nerilina Ferussaci Recluz. C. G. » Gratehipeana Recluz. G. Phasianella Aquensis d'Orb. R. Trochus (Gibbula) patulus Brocchi. R. » Moussoni Mayer. R. » miliaris? Brocchi. R. R. » subturgidulus ? d'Orb. R. R. Clanculus araonis Bast. R. R. Monodonla sp. ? R. R. Bolellorbis simplex Benoist. G. » plicalus Benoist. C. » Defrancei Bast. C. Fissurella neglecta Desh. R. R. » clypeata Grat. R. R. Patella sp. ? R. R. XCIX Scaphopodes. Denlalium LamarcJci Mayer. C. » burdigalinum Mayer. U. » Bouei Desh. R. R. Siphono-dentalium politum Ben. in coll. R. Pélécypodes. Ostrea saccellus Duj. R. » cUgitalina Dub. C. » neglecta Mayer. C. C. C. » Boblayi Desh. R. » Aginensis Tournouër. R. R. Anomia costaia? Brocclii. C. Chlamys substriata d'Orb. R. R. » sp. ? Avicula phalenacea Lamk. R. R. Pinna Brocchii? d'Orb. R. R. Mylilus Aquitanicus? Mayer. R. R. Modiolaria sp. ? R. R. Congeria Basteroti Desh. C. » Touzini Andrusow. R. Arca {Barbatia) barbata Linné. C. » lactea Linné. C. » (Anadara) girondica Mayer. R. » turonica ? Duj. R. » (Cuciillea) sp. ? R. R. Pectunculus Cor Bast. C. C. C. Nucula 2 sp. in dé ter. Leda undata Defr. C. Venericardia nuculina Duj. R. R. » pinnula? d'Orb. R. R. Cardila elongata Bronn. R. R. » Auingeri Hôrnes. R. R. Woodia sp.? R. Lutelia sp.? R. Erycina sp.? R. Pseudolepton insigne Mayer. R. R. Lasaea Saiicalsensis Cossmann. C. Scintilla burdigalensis Cossmann R. Cardium hurdigalinum Mayer. C. C. » girondicum Mayer. C. » multicoslalum Brocchi. R. R. Chama Brocchii Desh. C. Baslerolia sp.? R. Merelrix erycina Lamk. C. » subnilidula d'Orb. C. C. » LamarcJii Agassiz, R. R. » Paulina Mayer. C. Grateloupia difficilis Bast. R. » irregularis Bast. C. C. Dosinia sp.? Venus multilamella Lamk. R. R. » ovala Pennanl. G. C. Diplodonla Irigonula Bronn. C. Donax affinis Desh. C. » transversa Desh. C. C. C. » gibbosula Mayer. R. R. Psammobia Labordei Bast. R. R. Solen burdigalensis Desh. C. C. Ervilia pusilla? Phil. C. Mactra triangularis Renier. C. » burdigalensis Mayer. R. R. » striatella Lamk, C. C. » Basteroli Mayer. C. Easlonia rugosa Chemnitz. R. R. lAitraria sp.? Corbula gibba Olivi. R. n carinala Diij. C. C. C. » (Corbulomya) burdigalensis Ben. in Coll. C. Pholas Desmoiilinsi Benoist. R. Lucina denlata Bast. C. C. G. » ( Dentilucina) columbella Lamk. G. C. G. » » Dujardini Desh. R. » » spinifera Mont. R. » incrassata Dub. R. » callypterix Tournouër. R. R. » (Divaricella) ornala Âgassiz. G. C. Cl Tellina donacina Linné. R. » hipartita Bast. R, li. » planata Linné. C. » (Capsa) lacunosa Cliemnitz. C. C. Slrigilla senegalensis Hanley. R. R. Pandora granum Benoist. R. R, D'autres animaux que les mollusques ont laissé des restes dans le Falun de Cestas. On y trouve de petits ossements de Vertébrés; des dents de ces mêmes êtres [Raia, Lamna, Oxyrhina, Myliobales), ainsi que des otolites; une espèce de Balanus indéterminée, des pinces de Crus- tacés, des Bryozoaires [Cupularia iniermedia d'Orh. , Tinoporus lenli- cularis Ficht., etc., etc.); enfin des Zoophytes et des Rayonnes [Pori- tes incrustans Edw. et H., Asiraea ellisiana Defr., Opercuiina compla- nala d'Orb., Crenaster sp.? Spaiangus ocellalus Defr.). 1^'examen de la liste qu'on vient de \ke doit suggérer quelques réflexions par lesquelles nous terminerons cette note. Tout d'abord, il est à remarquer, ainsi que l'ont fait observer déjci tous les auteurs que nous avons cités dans notre précédente commu- nication, qu'il y a à Cestas un mélange d'espèces ayant vécu dans des conditions biologiques toutes différentes. C'est ainsi qu'à côté d'une immense majorité de formes marines, on rencontre un certain nombre d'espèces terrestres et des espèces d'eau douce et d'eau saumâtre appartenant aux genres Hélix, Auriciila, Melampus, Leu- conia, Planorbis, Melania, Afelaiiopsis, Hydrobia, Fossarulus, Cyclos- toma, Nerita, Neritina, Congeria. Celte circonstance confirme abso- lument cette opinion déjà exprimée que le Falun de Cestas s'est déposé sur les bords d'une mer, dans le voisinage de laquelle se trouvait l'embouchure d'un fleuve dont les eaux y ont apporté les restes d'êtres terrestres et d'animaux ayant vécu dans les eaux dou- ces et saumâlres. D'un autre côté, il est à remarquer que l'on rencontre aussi dans le Falun de Cestas un certain nombre de formes qui sont très déve- loppées dans des niveaux slratigraphiques beaucoup plus inférieurs. On y trouve notamment et en grande abondance, les espèces sui- vantes : Rissola scalaris, R. Moulinsii, R. curla, Neriiina Ferussaci, toutes espèces qui sont caractéristiques de l'Aquitanien supérieur. C'est sans doute cette récurrence d'espèces aquitaniennes qui avait Procès Verbaux 1909 7* cil induit en erreur les premiers auteurs qui ont étudié le Falun de Ces- tas et qui leur avait fait penser que ce Falun devait être placé au même niveau que le P'alun de Bazas. Sa place stratigraphique dans l'échelle de nos terrains du Sud-Ouest ne saurait d'ailleurs être douteuse. Ainsi que l'ont pensé MM, Tour- nouër et Linder, ce Falun, qui présente une remarquable analogie avec celui de Pontpourquey, à Saucats, dans lequel on remarque un même mélange de faunes marine, terrestre, d'eau douce et d'eau sau- mâtre, appartient incontestablement au Burdigalien. On y observe, en effet, toutes les espèces caractéristiques de cet étage et surtout celles de sa partie supérieure : Actseon hurdigalensis, Tornatina Lajonkaireana, OUvancillaria Basterotina, Olivella Gratelovpi, Cyl- lene baccatum, C. ovulatum, Dorsanum subpolitum, Liltorina varicosa, Nalica burdigalensis, Ostrea neglecta, Cardium burdigalinum, Mere- Irix subnitidula, Donax Iransversa, Solen burdigalensis, Mactra stria- tella, Corbula carinata, Lucina columbella (var. major)^ L, ornata, y sont représentés par d'innombrables individus. En terminant, nous reviendrons en quelques mots sur l'opinion exprimée par notre regretté collègue Benoist, opinion dont nous nous sommes déjà occupé et qui consiste à penser que le gisement de Cestas, jadis exploré par feu Banon, serait contemporain des dépôts Helvétiens de Salles et de La Sime (Saucats). Dans la note qu'il a publiée, en 1873, dans nos Actes, Benoist cite comme les ayant trouvées à Cestas, les espèces suivantes : Cardita Jouanneli, Conus Dujardini,Nassa Sallomacensis. Ce sont bien là des espèces de l'Helvétien. Elles sont, d'ailleurs, faciles à reconnaître et on ne peut supposer une erreur de détermination de la part d'un paléontologiste aussi avisé que l'était Benoist. Si elles ont été trou- vées à Cestas, on devrait reconnaître que la couche qui les renferme ne saurait être classée dans le Burdigalien. Mais quelle est cette couche et où. est le gisement jadis exploré par feu Banon et retrouvé par Benoist? Ce qu'il est permis d'affirmer, c'est que ce gisement n'est pas celui qui se développe dans le bourg même de Cestas, depuis le niveau du ruisseau jusqu'à la hauteur du terrain sur lequel est bâtie l'église de Cestas. Cet ensemble de couches, qui présente une épaisseur considérable, ne renferme aucune des espèces helvé- tiennes citées par Benoist comme provenant du gisement Banon. Et l'étude de sa faune ne permet pas de le classer dans un autre étage que le Burdigalien. On est donc conduit à penser et à dire que les cm explorations de Benoist ont pu porter sur d'autres couches que celles que nous avons étudiées, couches occupant un niveau supérieur à celles qui ont fait l'objet de nos observations. Il serait intéressant de retrouver ces couches, afin de pouvoir élucider d'une façon définitive la question de savoir si l'Helvétien existe réellement à Cestas. Séance du 19 mai 1909. Présidence de M. le D^' Henri Lamarque, président. Le Président fait part à. l'assemblée du projet des modifications à apporter aux statuts et au règlement intérieur, modifications qui ont été étudiées par le Conseil dans ses précédentes séances, sur la pro- position de plusieurs de ses membres. Les statuts et règlement ainsi modifiés sont adoptés en première lecture. M. RoziER, reprenant la proposition qu'il a faite en dernière séance, relative à la demande d'ouverture du Muséum pour nos sociétaires et tous ceux qui s'occupent de sciences, demande la création d'une carte de membre de la Société. Il exprime aussi le désir qu'une démarche soit faite en vue des avantages que pourraient accorder les compagnies de chemin de fer, La proposition de M. Rozier est prise en considération et sera mise h l'étude dans une prochaine réunion. COMMUNICATIONS M. Lambertie donne une note relative à la recherche de certains insectes dans la région des plaines du département de la Gironde. M, Llagueï dépose au nom de M. Sauvageau quelques brochures intitulées « Lettre ouverte à M. le professeur de Toni, au sujet des Huîtres de Marennes et de la Diatomée bleue ». CIV Sur une espèce de Terfezia récoltée en Tunisie. Par M. G. Boyer. Les deux échantillons de Terfas que je présente à la Société ont été récoltés près de Gabès en avril 1909 et rapportés par M. le pro- fesseur Devaux qui a eu l'obligeance de me les transmettre, ce dont je le remercie bien sincèrement. Ces échantillons sont, en effet, intéressants à divers points de vue. D'abord parce que ces truffes ne se récoltent pas dans nos régions et paraissent être spéciales à l'Afrique du Nord et à l'Asie occiden- tale. On les trouve cependant aussi, mais moins communément, dans les contrées les plus méridionales de l'Europe, en Espagne, en Sicile. De plus ces échantillons, aujourd'hui bien desséchés, n'offrent plus la forme arrondie, un peu lobée, qui est celle des plantes fraîches. Les tubercules sont actuellement profondément ridés et racornis; ils présentent même des fentes très prononcées qui parais- sent provenir de la dessiccation. Ces sinuosités de la surface semblent être durs à ce que la gléba ou intérieur de la truffe s'est, en séchant, fortement rétractée tandis que le peridium ou enveloppe externe, dont l'épaisseur et la dureté sont relativement grandes, a conservé à peu près la même surface et n'a fait que se plisser ou se fendre à mesure que l'ensemble se rétractait. De cette forte diminution de volume de la partie centrale du terfas, on peut déjà conclure que le tubercule était, lorsqu'on l'a récolté, encore jeune; ce qui conduit k penser que les terfas se forment à la tin de l'hiver ou au début du printemps. Cette déduction est confirmée par l'examen microscopique de ces truffes. En effet, une préparation de la gieba examinée h un grossissement suffisant fait apercevoir dans leurs thèques des spores dont un grand nombre ne présentent pas encore d'ornementation et offrent tous les caractères de spores jeihies. Les tubercules sont donc vraisemblable- ment jeunes aussi. On peut donc admettre que la formation des terfas est contemporaine de celle de nos premières truffes d'été dont j'ai soumis récemment un exemple à la Société; peut-être même est- elle un peu plus précoce, puisque les auteurs indiquent que la récolte de ces tubercules se fait en mars et avril, tandis qu'on ne commence guère à récolter la truffe d'été qu'<à partir du mois de mai. cv Bien que jeunes, les échantillons que je présente à la Société m'ont permis d'en déterminer l'espèce. En effet, on a affaire ici à des tuber- cules d'un jaune rendu un peu foncé par la dessiccation vraisembla- blement. Les tubercules à l'état frais doivent atteindre presque les dimensions d'une mandarine; le peridium est épais, charnu, passant au parenchyme sous-jacent; la chair est lobée, les veines nulles; les thèques sont grandes et renferment de 5 à 8 spores sphériques ayant (il s'agit des plus mûres) de 0'^"'022 à O'^^'OSô, non alvéolées, à papilles grosses, d'un relief bien prononcé, obtuses-tronquées, simu- lant assez bien, au pourtour de la spore, des dents d'engrenage placées à la circonférence d'une roue. Ces truffes se trouvent souvent sous des cistes ou sous quelques autres arbustes. Pas d'odeur ni de saveur (au moins appréciables actuellement). Tous ces caractères nous permettent d'affirmer c[ue nous avons affaire ici au Terfezia Leonis (Tul.) espèce comestible déjà connue et appréciée des Romains. « La truffe d'Afrique, dit à ce sujet Chatin [La Truffe,^. 264), est la nourriture à peu près exclusive des Arabes et surtout de leurs caravanes qui la dessèchent pour la conserver toute l'année ». L'importance alimentaire des Terfas serait donc grande et méritait d'être rapportée ici. Liste de quelques espèces de Reptiles du Fouta Djalon. Par E. Gendre. La liste que je donne ci-dessous est celle des principales espèces de Reptiles que j'ai capturées pendant mon séjour au Fouta Djalon et rapportées en France (1). Elle est très réduite et ne comprend qu'une infime partie de la faune herpétologique si riche et si variée de cette région ; néanmoins, je crois utile de la publier à titre documentaire, pour ceux qui s'intéressent à l'étude des faunes locales du continent africain. Sauriens. Hemidactylus brookii Gray. (Labé). Agama colonorum Dand. (Labé). (1) Je dois la délerminalion des espèces à l'exlrême obligeance de M. le Dr Boulen- ger, du Brilish Muséum. pROciDS Verbaux 1909 7** CVI Varanus niloticus L. (Labé). Mabina perroleti Dum. et Bibr. (Labé). Chamœleon gracilis Hall. (Labé). Ophidiens. Txjphlops punctatus Dand. (Pita). Lycophidium semicinclum Dum. et Bibr. (Labé) Bijdrœthiops melanogasler Gthr. (Labé). Chlorophis irregularis l^each. (Labé, Timbo). Rhaumophis œthiops Gthr. (Ditiun). Thrasops flavigularis Hall. (Yambéring). Coronella regiilaris Fisch. (Labé). Grayia smyaii Leacli. (Labé, Yambéring). Psammophis sibilans L. (Labé). Sepedon hsemachales Mer. (Timbo). Causus rhonibeatiis Liclit. (Labé). Bitis arietans Mer. (Labé). Chéloniens. Cinixtjs belliana Gray (Labé), Stenwthœrus sp. ? (Labé, Diliun). Séance du 2 juin 1909. Présidence de M. le D"' Henri Lamarque, président. On décide, à mains levées, que la Fête Linnéenne aura lieu à Coulras, le 27 juin. Une commission, composée de MM. Bardié, Barrère et Rozier, est nommée à l'effet de préparer cette excursion et d'arrêter les détails de la journée. COMMUNICATIONS M. DoiiNEï montre des Amanita ovoïdea (Coucoumelles) rapportées de la Madeleine (les Eyzies) par M. Boyer. CVII M. le D"" BoYER annonce qu'il a pu faire germer des spores de morilles et les cultiver sur un milieu de culture spécial. « Divers auleurs, Brefeld, de Seynes, Molliard, Constantin et Matruchot ont signalé la germination de spores de morilles, notam- ment de Morchella esculenta. Ces derniers même prétendent avoir obtenu des cultures pures de ce champignon et sa reproduction complète. Le peu de précision fourni par ces auteurs, lant sur la forme du mycélium obtenu que sur la composition des milieux de culture qu'ils ont employés, nous a suggéré l'idée de reprendre ces expériences. Il nous a été facile de faire germer les spores de iMor- chella esculenla recueillies depuis quelques jours et de M. fusca récoltées environ un mois auparavant. Ces spores germent aisément dans l'eau. Mais pour pousser plus avant, un milieu approprié est nécessaire. Ce milieu a été trouvé; mais comme mes recherches ont été faites en collaboration, elles feront l'objet de publications ulté- rieures ». Excursion de la Société Linnéenne de Bordeaux à Saint- Brice, Castelvieil, Gornac, Foncaude, Bagas, La Réole, 18 avril 1909. Compte rendu par Ph. Queyron. Les plantes recueillies et observées pendant l'excursion du 18 avril 1909 dans les environs de Saint-Brice, Castelvieil, Gornac, Foncaude, Bagas ont été les suivantes : de la gare de Saint-Brice à moulin Saquet, dans les vignes : Erodium cicularium L'Herit., Plerolheca sancta F. Schultz ou Plerolheca Neniausensis Cassini, Muscari Mole- layi Fouc. Je note ici, en passant, que ces deux dernières espèces {Plerolheca Nemausensis et Muscari Motelayi), se répandent de plus en plus dans l'Entre-deux-Mers. Plerolheca sancla était plutôt rare en Benauge il y a une dizaine d'années, aujourd'hui celte plante est très commune, envahil toutes les vignes autour de la gare de Saint- Brice, le long de la ligne Bordeaux-Eymet. Il en est de même de Muscari Molelaiji, confondu pendant tiès longtemps axec Muscari bolrijoides L. que l'on trouvait autrefois dans la vallée de la Garonne, de Langon h Agen. Muscari Molelayi, assez rare dans le Réolais il y a une quinzaine CVIIT d'années (3 ou 4 stations autour de La Réole), se propage aujourd'hui très rapidement dans les prés et vignes de l'Entre-deux-Mers et dans la vallée du Drot. J'ai remarqué que le type Muscari Molelayi du Réolais (stations du Mirail, Frimont, Tucot à Casseuil, Mineur à Cau- drot) était plus robuste, plus développé que le type Muscari Mote- layi de l'Entre-deux-Mers (Saint-Brice, moulin Saquet, Dugot, Gor- nac, Bachon) et de la vallée du Drot (Mesterrieux, Landerrouet, Neuffons, les Esseintes). Par contre, je ne retrouve plus aujourd'hui Muscari boiryoides dans la vallée de la Garonne (Gironde, Caudrot, île de Casseuil) où cette plante était autrefois très commune ; les nouvelles méthodes culturales, les engrais chimiques, ont di^i la faire disparaître. Au Nord de moulin Saquet, dans les friches, on rencontre Orchis morio L., Orchis pyramidalis L., Ophrys aranifera Huds., Ophrys fusca Link., Carex prsecox Jacq., Carex sylvalica Huds., Carex remota L. Dans le village de Saint-Bi-ice, j'ai vu Iris germanica L. sur une muraille, et Hyosciamus niger L. autour de l'église, A Pombrède près Saint-Brice, dans une vigne, à gauche et en arri- vant au village, on trouve une belle station de 7uUpa prœcox Ter\. Dans cette vigne, j'ai aussi observé Allium vineale L. Pterolheca Nemausensis Cass., dans une mare, près la ligne du chemin de fer Ranunculus aquatilis L. De Pomlirède à Dugot, on traverse des prés secs où foisonnent : Orchis morio L., Orchis pyramidalis L., Ophrys aranifera Huds., Ophrys fusca Link., Carex prxcox Jacq. De moulin Dugot à Cavaron, dans des terrains argileux, on remar- que dans les blés et les vignes, Tulipa prsecox Ten. ; vers Bassetord on rencontre avec Tulipa prxcox, Tulipa oculus solis Saint-Ams., la belle tulipe rouge de Saint-Amans si commune dans FAgenais et la vallée de la Garonne près Valence-d'Agen. Les stations à Tulipa prœcox de Dugot, Cavaron, Bassetord, Pom- brède, remarquables par leur étendue (plusieurs hectares), ont été signalées en 1904 à l'attention des botanistes et des Linnéens, par notre savant collègue M. l'abbé Labrie. J'ai trouvé en 1908 Tulipa prsecox dans le Réolais, à Saint-Michel- la-Pujade sur. la route de La Réole à Lorette, à gauche après le vil- lage des Bleyriaux. La station était, paraît-il, autrefois très importante, elle tend CIX aujourd'hui à disparaître par suite des modifications apportées à la culture des terres. Les terrains où poussait T. prœcox étaient complantés en vignes, ces vignes ayant été arrachées par suite de la mévente des vins et remplacées par des luzernières, des champs de trèHe et de sainfoin, les Tulipes ont disparu ou tendent à disparaître; on les rencontre cependant çà et là dans les terres et le long de la route, jusqu'à Lorette. D'où proviennent Tulipa prœcox et Tulipa ociilus solis, plantes d'origine méridionale qu'on signale à Nîmes, Montpellier, Toulon, Grasse, en Asturie, en Grèce (Boissier), à Eden dans le Liban (R.-P. Vincent), à Nazareth (Gaillardol), au Djebel-Simjen en Mésopotamie (Haussknet), etc., etc.? Boissier assure que Tulipa oculus solis, ainsi que Tulipa prsecox Ten., qui en est bien voisin, a été probablement introduit d'Orient dans l'Europe méridionale; c'est ce qui explique le petit nombre de localités où croissent ces Tulipes (0. Debeaux). A la Société Linnéenne de Bordeaux, quelques botanistes (Labrie, Bardié) ont émis l'idée suivante : les Tulipes rouges de la Benauge tireraient leur origine de l'occupation des Gaules par les Romains. Les Tulipes auraient été rapportées d'Orient dans les Provinces Romaines et en Aquitaine avec des semences (blé ou orge), ou pro- viendraient tout simplement de Tulipes cultivées dans les jardins et dans un but ornemental à l'époque gallo-romaine. Ces Tulipes, déjà acclimatées dans notre pays, auraient survécu à la destruction des villas gallo-romaines par les Barbares envahis- seurs; c'est pourquoi on trouve aujourd'hui les Tulipes rouges, [T. prsecox notamment) près de ruines romaines ou gallo-romaines, c'est-à-dire non loin de l'endroit où ces plantes étaient primitive- ment cultivées. Voilà pourquoi les quelques stations de Tulipa prsecox que nous connaissons en Gironde sont nettpment circonscrites, bien locali- sées, peu étendues. Dans le cas qui présentement nous occupe, l'opinion émise par MM. Labrie et Bardié est probablement exacte. En effet, les historiens locaux (Gauban, Histoire de la lîéole, p. 488), signalent des débris gallo-romains à Coirac (villa Galbesse), les restes d'une voie antiljue entre Coirac et Saint-Brice, et enfin, nous savons que les stations à Tulipes rouges de Dugot, Cavaron, Pombrède, Bassetord, ne sont ex pas non plus bien éloignées des ruines gallo-romaines de Lugasson, décrites par notre confrère M. Labrie. J'ai renfiarqué également que Tulipa prœcox avait donné cette année des graines avortées. L'hiver 1908-09, si long et si rude, avait sans doute empêché les graines de cette plante d'arriver à complète maturité, mais ce fait se produirait paraît-il tous les ans (Labrie), T. prxcox ne poussant chez nous qu'accidentellement, le climat girondin n'étant pas assez chaud pour mûrir les graines de cette plante d'origine méridionale. Autour du village de Cavaron, on trouve des champs couverts de Trigonella fœnum grœcum L., plante du Midi de l'Europe introduite et cultivée en France comme fourrage. De Cavaron à Castelvieil, on remarque Ophrys aranifera Huds., Orchis morio L., Carex prsecox Jacq., dans les prés et pelouses et sur les bords de la route. A Castelvieil, sur les murs du cimetière, j'ai cueilli : Orohanche hederse Vauch., Sempervinum teclorum L., Sedum acre L., Sedum reflexum L., et Asplenium rula muraria L., sur un des ornements (signes du zodiaque) du beau portail roman de l'église. A droite et à gauche de la route de Castelvieil à Gornac, dans les blés et les vignes, Tulipa syheslris L., foi-me de larges plaques jaunes tranchant sur la couleur verte des champs et des prés. Ces teintes donnent de l'ampleur, de la grâce au paysage naturel- lement fort beau entre Castelvieil et Gornac. Du bas de Castelvieil, on aperçoit à l'Ouest le bourg de Gornac fièrement perché sur une colline, à droite Cavaron, à gauche le mou- lin de Gravelier. Des bois de Saint-Martial, bien alignés, raides, surgissent du sol à. la manière des cierges péruviens et mexicains d'étranges Cactées, qui profilent dans les airs leurs doubles bras en croix... un instant les botanistes s'inquiètent, pas longtemps cependant, car il s'agit en l'espèce d'énormes pylônes en fer salissant par leur couleur grisâ- tre le troisième plan de ce tableau, pylônes destinés â soutenir les fils devant conduire l'énergie électrique de Bergerac à Bordeaux. A Gornac, j'ai récolté sur les murs du village, Sedum acre 1j., Saxi- fraga tridachjliies L., entre Gonin et Dambert au N. de Bachon, Orchis laxiflora L., et dans une vigne, Narcissus biflorus Curt., plante assez rare en Gironde. Nous parcourons en voiture le trajet Gornac, Saint-Félix de Fon- CXI caiide. Au voisinage de Roux, à droite de la roule, j'ai aperçu dans une vigne quelques touffes de Narcissus pseudo Narcissus en fleurs. A Saint-Félix de Foncaude, au château de Pommiers, vieille forte- resse en ruines du xiii^ siècle, nous pouvons étudier toute la flore spéciale aux murailles. Nous trouvons : Cheiranthus Cheiri L., Dianthus caryophylliis L., Paneiaria officinalis L., Polypodium vulgare L., Ceterach officinarum Willd, Scolopendrium officinale Sm., Adianthum Capillus Veneris L., Asplenium adianlhum nigrum L. Dans le parc du château moderne. Anémone coronaria L., échappé des cultures, et Primula officAnalis Jq. Cette dernière plante, très rare dans le Réolais (2 stations), est très commune dans l'Entre-deux-Mers. J'ai remarqué que Primula offici- nalis de la Benauge ne dépassait pas, au Sud, Saint-Félix de Fon- caude et, de même, qu' Aslragalus glyciphyllos L., s'arrêtait à la Vignague, A Foncaude (foun caude, fontaine chaude), nous visitons le Picharot, source très importante s'échappant de rochers qui surplom- bent la Vignague. Au bas de Billaud, nous trouvons, le long de la Vignague : Anémone nemorosa L., Belleborus viridis var. occidentalis Reut., Cardamine impatiens L., Nuphar luteum Sm., Orobus niger L., Angelica sylves- tris L., Valeriana officinalis L., Pulmonaria affinis Jord., Symjjhylum tuberosum L., Orchis viridis Kranlz, Orchis maculala L., Orchis laxi- flora L., Orchis purpurea Huds., Carex pseudo Cyperus Huds., Typha latifolia L. De Foncaude à La Réole, on ne s'arrêta qu'à Bagas; remarqué à Saint-Exupéry, près moulin Balan, Belleborus viridis var. occidentalis, et à Bagas, près le vieux moulin fortifié : Narcissus pseudo Narcissus; en montant vers La Réole, Belleborus occidentalis et Aceras anthro- pophora R. Br. En somme, belle excursion ; à part un trop grand nombre de plantes i3anales, à signaler quelques plantes rares et des stations qui méritent d'être prises en considération par les floristes girondins : Tulipa prsecox, Tulipa oculus solis, Narcissus biflorus, Cardamine im- patiens, Pulmonaria affinis, Orobus niger, Aceras anthropophora, Pri- mula officinalis, et la limite extrême de cette plante, au Sud de notre département, le ruisseau la Vignague. CXII Séance du 1 6 juin 1 909. Présidence de M. le D^^ Henri Lamarque, président. CORRESPONDANCE Lettre de M. Dalbavie, maire de Saint-Léon, remerciant la Société de la visite qui a été faite dans cette intéressante région des gorges de la Vézère. PERSONNEL M. Lacouture, s'occupant de botanique, présenté par MM. Lamar- que, Bardié, Barrère, est élu membre de la Société. COMMUNICATION M. DoiNET fournit la liste ci-après des champignons récoltés par M. le D"" BoYER et par lui, pendant leurs récentes excursions mycolo- giques. Le 24 avril 1909, à Eysines et au Vigean. Amanita vernalis G. et R. Pholista segerita Fr. Psalliola campestris L. var. villatica. Coprinus comalus, var. ovalus Scli. Lenziles flaccida Fr. tricolor Fr. Stereum hirsutum S. Pleurotus funbriatus Fr. Polyporus arcularius Batsch. Forquignoni Q. hirsulus Wulff. Lycoperdon montanum Q. hiemale B. excipidiforme Scop. Tulostoma inanvnosum Fr. CXIII Le l'''^ mai, à Eysines. Amanita vernalis G. et R. Pleurolus comucopioïdes P. Lentinus squamosus Scli. Pholiota segerita Fr. Cortinarius tabularis Fr. Coprinus comalus, var. clavalus Balsch. Le 10 juin, à Eysines. Omphalia leucophylla A. et S. Lentinus squamosus Sch. Pluleolus aleuriaius Fr. Eccilia cancrina Fr. Bolbitius titubans Br. Naucoria orbicularis B. Psalliota comtula Fr. campestris, var. a/ôa Fr. Anellaria gracilipes Pat. Panxolus (spec?) Coprinus deliquescens B. Scleroderma bovista Fr, Le 13 juin, à Lafon-Féline. Amanita porphyria, var. recAitita Fr. Colhjbia fusipes B. Stropharia merdaria Fr. Ifygrophorus conicus Scop. Russula heterophylla Fr. mustelina Fr. fœtens Pers. Cantharelius cibarius Fr. Naucoria semiorbicularis B. Psathyrella subatrata Batsch. Boletus chrysenleron B. Scleroderma vulgare Fr. Bovista plumbea, var. ammophila Lév. Procès Verbaux 1909 CXIV Note relative à la recherche de certains insectes dans le département de la Gironde. y^ îïole (région marilime). Par M. Maurice Lambertie. Le département de la Gironde peut se diviser en régions de coteaux, de plaines et de dunes maritimes. Le sol des coteaux est un sol calcaire; les plaines, très fertiles, sont arrosées par de nombreux cours d'eau; une partie, dite landes girondines, couverte d'ajoncs, de bruyères, de fougères et de forêts de pins, est sablonneuse ; enfin la partie maritime comprendles dunes de sable partant de la Pointe-de-Grave et allant jusqu'à Cazaux. Ces différentes régions, couvertes de plantes spéciales, donnent nourriture et abri à de nombreuses espèces d'insectes. Grâce k son climat tempéré, climat spécial, nommé par les géographes climat girondin, beaucoup d'espèces d'insectes, originaires du bassin médi- terranéen, peuvent se capturer dans ce déparlement. Le bord de nos étangs abrite, parmi les herbes, beaucoup de Coléoptères d'espèces spéciales. Le littoral, couvert d'une graminée, Psamma arenaria, procure au chercheur le très rarissime CaUicnemis Latreillei Cast. et de nom- breux carabides et curculionides. La flore spéciale des dunes demande <à être fouillée avec soin. Le chercheur y capturera des espèces réputées rares et tout à fait spéciales aux bords de la mer. La plage elle-même est habitée par la famille des Cicindélides et par celle des Carabides. C'est l'iiabitat de la très jolie Nehria compla- nata L., qui se cache en troupes nombreuses sous les planches et les morceaux de bois rejetés par les flots sur le sable. Dans les cours d'eau, les mares, les étangs, de nombreuses espèces d'insectes aquatiques peuvent facilement se faire prendre. Les bords de la rivière eux-mêmes demandent à être tamisés avec soin, car les débris de toutes sortes portés et abandonnés par les marées abritent des quantités de Staphylinides, Carabides, etc. Ce sont ces différentes chasses que nous nous proposons de passer en revue en donnant les indications nécessaires pour que l'entomo- logiste de passage puisse trouver facilement de bonnes espèces et garder un agréable souvenir de son séjour dans notre département. cxv Nous commencerons par énumérer les espèces d'Hémiptères qui se trouvent dans les landes girondines. Nous pensons être utile aux entomologistes, et si ces notes de chasse leur font trouver des espèces manquant à leur collection, notre but aura été atteint. Nous partirons de la Pointe-de-Grave et nous suivrons le littoral jusqu'à Cazaux. On prendra, en parcourant le pays jusqu'à Soulae, Odonlolarsus grammicus L., Sciocoris fissus M. S., en fllocliant sur les herbes, y^lia acmninala L., sur le genêt, Peribalus vernalis Wolff, sur les aulnes, Carpocoris fuscispimis Boh., C. nigricornis F., sur les ombellifères, Palomena prasina L., en filochant, Piezodorus incarnaius Germ., sur les genêts, Eurydema feslivum L. var. pictum H. -S., sur les crucifères, Picromerus bidens L., sur les chênes, Zicrona cserulea L., en filochant, Slenocephalus nugax Fab., sur les Euphorbes, Cfiorosoma Schillingi Schml., en filochant, Lygseus apuanus Rossi, Nysius Senecionis Schill., Ischnodemus SabidetiFaW., en filochant, Helerogasler affinis]î.S., sur les orties, Dictyonota crassicornis Fall., Pliymata crassipes Fab., Pirates hybridus Scop., Coranus segyplias F., sur les pins, Phylocoris Ulmi L., sur les ormes, Brachycoleiis bimaculala Ramb., sur TEryn- gium, Globiceps flavomaculatus F., sur les chênes, Plyelus spumarius L., Agallia puncticeps Ger., A. venosa Fall., en filochant, Strongylo- cephaliis Megerlei Scott., sur le prunier épineux, Thamnoteltix fenes- tratus H. -S., sur le chêne, Aihysanus stactogala Fieb., ^4. plebejus Zett., A. variegatus Kb., A. impiclifrons Boh., Delphax Aubei Perris, sur le tamaris. A Soulae, sur l'Ononis maritima, Meiacanthvis elegans Curt. , et les espèces précédentes. A la Côte d'Argent (Lacanau-Océan), Agallia Antonise Mél., sur les genêts, Plyelus spumarius yclv. margi7iellus Fab., sur la même plante. Au Cap Ferret, on prendra Plyelus spumarius L., sur les genêts avec ses variétés marginellus Fab, et Populi L., nouvelles pour le département. A Arcachon, le i)/ono/ocon's filicish.^ sur Pteris aquilina, Aihysa- nus erythrosticlus Leth., sur le chêne, A. stactogalus Fieb., sur le tamaris. Plus au sud, à Cazaux, on récoheraiV Eusarcoris inconspicuus li.-^., sur le saule, Orsillus depressus M.-R. , sur les pins, Plinthisus brevi-' pennis Latr., PI. Puloni Horv., Stygnocoris pedeslris Fall., sur les ex VI saules, Copium Teucrii Mo&l., Aradus cinnamomeus Pz., sur les pins, Hebrus pusillus Fall., qui se cache sous les débris rejelés par les eaux, les Gerris qui sautent sur Teau, Phymala crassipes Fab., qui se trouve dans les troncs pourris, Salda Cocksii Curt. courant sur la plage et se cachant à l'approche de l'entomologiste, Microplujsa pselaphiformis Curt., sous les mousses, Syslellonatus Motelayi Lamb., sur le pin maritime, Pelogonus marginatus Latr., au bord du lac, Cicadula cyanea Boh., sur le polamogeton, Dellocephalus sabulicola Curt., sur les saules, Alebra albustriella Fall. var. Walilbergi Boh., sur les aulnes, Thamnotellix enjthrosliclus Leth., Allygus mixtus Fab., Acocephalus albifrons L., sur le chêne, Pediopsis scutellata Boh., P. nassa var. cretacea Fieb., sur le saule, Tetligia orni L., grimpant sur le tronc des pins, Helicoptera marginicollis Spin., sur les aulnes, Cixius cunicidarius var. fuscus P'ieb., sur le bouleau, Didyophora europsea L., qu'on recueillera en filochant sur les herbes, Delphax fumipennis Fieb., qu'on trouvera sur les plantes des marais. Séance du 7 juillet 1909. Présidence de M. le D'' Henri Lamarque, président. PERSONNEL M. André Bargues, s'occupant de botanique, présenté par MM. Devaux et Bouygues, est nommé membre de la Société. M, DoiNET annonce que M. Lambertie, donnant une nouvelle preuve de son attachement à la Linnéenne, est devenu membre à vie. M. le Président adresse les remerciements unanimes à M. Lambertie et y joint ses propres félicitations. Compte rendu de l'excursion dans les gorges de la Vezère. Pan Mi. le D' Barrère. La science préhistorique était hier encore l'apanage un peu spé- cial des seuls initiés. On se rappelait vaguement les découvertes CXVII célèbres du crâne du Néanderllial el du fameux Pithécanthrope reconstitué avec audace, par le D"" Dubois, à Java, mais une indiffé- rence fâcheuse continuait à envelopper le problème si troublant de nos origines. Brusquement, de palpitantes trouvailles sont venues secouer l'apathie générale. A la Chapelle aux-Saints, dans la Corrèze, MM. les abbés .1. Bouys- sonie, A. Bouyssonie et L. Bardon ont mis au jour le crâne préhisto- rique, dont les journaux ont donné, il y a quelques mois, la descrip- tion et les caractéristiques. A son tour, dans la vallée de la Vézère, aux abris du Moustier, un Suisse, M. Otto Hauser, a exhumé un sque- lette fossile appartenant également à l'époque moustérienne; le crâne, fort semblable à celui de la Chapelle-aux-Saints, mais moins com- plet, est malheureusementdevenu la propriété de l'Université de Bâie. Enfin privilégiée, la Société Linnéenne a eu, en 1908, la primeur d'une troisième trouvaille. Nous nous rappelons tous la captivante communication du D"" Lalanne qui venait de trouver, aux Eyzies, un squelette entier, probablement de l'époque présolutréenne et contemporain des squelettes de Cro-Magnon, de Menton, de Spy, époque où le culte des morts fut très en honneur. La Société Linnéenne se devait à elle-même, et devait à son but de vulgarisation d'aller aux sources de ces découvertes et de complé- ter par une visite scientifique des gorges de la Vézère les notions de préhistoire que ses membres venaient d'acquérir. C'est ainsi que pour les fêtes de Pentecôte elle organisait, sous la direction de son dévoué secrétaire général, M. Llaguet, une excur- sion merveilleuse qui marquera dans nos souvenirs. Trente-cinq volontaires avaient répondu à son appel; c'était de bon augure. La boule de neige avait grossi depuis notre première grande excursion de 1907 aux Eaux-Chaudes ! Malgré le mauvais temps, bien peu encourageant, de la semaine qui précéda le départ, elle n'a pas fondu; les invocations aux baromètres furent exaucées. On désespérait presque, quand le samedi un coin du voile de nuages se souleva; et le dimanche, à 6 heures du matin, le soleil étant exact au rendez-vous, nous le fûmes tous. Grâce h l'amabilité du personnel des chemins de fer d'Orléans dont nous n'avons eu qu'à nous louer, grâce surtout à l'activité expansive de notre secrétaire général, quatre compartiments réservés nous tendaient, à 7 heures 23, leurs portières. A Libourne, tous les excursionnistes causaient déjà comme de ex VIII vieilles connaissances. A Bergerac, les bons mots s'entrecroisaient quand, pour la première fois, résonna la sympathique sonnette, organe officieux de notre secrétaire, qui annonçait le déjeuner « facultatif ». Et facultativement, tous nous déjeunions, car notre temps était précieux et le programme chargé. Un changement rapide de train au Buisson et nous voici aux Eyzies. Depuis quelques kilomètres déjk nous dévalions entre les falaises des gorges de la Vézère et c'est sous l'empire d'une première émotion que nous descendions au fameux centre de pèlerinage préhistorique. A 40 kilomètres, à peine, au sud-est de Périgueux, on se croirait brusquement transporté dans une région de basse montagne. Les rochers abrupts, d'une centaine de mètres de hauteur, ourlent de chaque côté le fond de la vallée et leur aspect sévère fait un étrange contraste avec la luxuriante végétation des bords de la Vézère. Ce ne sont ni les Alpes, ni les Pyrénées, c'est quelque chose d'aussi impressionnant que l'on n'a pas l'habitude de voir, qui étonne. A la gare nous attend le plus affable des guides, M. Lesvigne ; il vient remplacer M. Peyronny, l'instituteur des Eyzies, un érudit,que des raisons certes valables ont empêché de se joindre à nous. Le temps de déposer hâtivement nos bagages et nous volons sur ses pas. Laissant derrière nous les maisons du village, nous traversons la voie ferrée. Un pont sur la Vézère nous mène à la route qui suit sur la rive opposée le bord de la rivière. Mais déjà les botanistes s'attar- dent, les piochons sortent des gaines et MM. Bardié, Baudrimont, Boyer et votre rapporteur bêchent ferme; ils en ont été amplement récompensés. Cependant le soleil tape dru sur la route qui se glisse entre la falaise et le bord de l'eau. Voici un peu d'ombre et tous d'en profiter pour se délasser de la chaleur du voyage. Mais notre secrétaire général veille, ainsi que l'annonce sa sonnette. « Il faut, s'écrie-t-il avec à propos, faire encore plus ample connaissance ! » et lui-même se charge des pré- sentations. Nous ne pouvons mieux faire que l'imiter en nommant : le D"^ Henri Lamarque, notre dévoué président, auprès duquel se groupent étroitement nos infatigables collègues MM. Bardié, Baudri- mont, Bial de Bellerade, D'^' Boyer, Breignet, Lambertie, Llaguet sans omettre votre rapporteur. Deux Linnéennes convaincues, i^mes Breignet et Llaguet, font les honneurs de la fête à nos gracieux invités Ce sont MM. Aubert, Clôt, Dantras, D'' Dauriac, Dufour, Dul- tier, Godillon, Godemet, Gondinet, Lacouture, André et Raoul CXIX Lafaste, Louis Latasle, Marc, Médcville, Nogaret, Pelletier, D^ Puy- hauberl ; ce sont aussi M'""'' Aubert, Dantras, Godemet, Lacouture, Marc qui n'ont cessé de faire preuve de la plus merveilleuse endu- rance. Entre les uns et les autres, M. Motelay fils qui, selon le vœu de son père, représente notre vénéré président honoraire, affirme l'union des deux groupes : invité par protocole, mais linnéen par le cœur ! Après cet instant de repos, on gravit la falaise, car on s'est arrêté au pied du roc de Tayac. A mi-hauteur des 80 mètres de rochers qui surplombent directement la route, s'étale une vaste terrasse qui fut, à l'époque de la guerre de Cent-Ans., le repaire de redoutables ban- dits; aux brigands de jadis avait succédé, il y a quelques années, l'honnête auberge du Paradis. Mais ce Paradis, qui n'était vraiment pas là à sa place, a disparu à son tour, et son propriétaire se con- tente de faire visiter son domaine- à trois étages. Sur le premier gradin se trouvaient l'écurie et un puits qui permettait aux habitants de s'approvisionner d'eau sans sortir de chez eux. Un escalier de bois mène au second palier d'où part l'antique escalier de pierre qui monte au troisième étage. Ici, l'excursion devient presque périlleuse ; pour aller dans les dernières salles creusées dans le roc, le proprié- taire a établi un balcon vertigineux dont les planches commencent à être vermoulues et qui décourage les moins imprudents. Le temps de descendre et nous reprenons la route qui, une cen- taine de mètres plus loin, nous laisse à l'entrée de la Gorge d'Enfer. Le sentier caillouteux monte rapidement, à travers un site sauvage, vers une énorme excavation de 40 mètres d'ouvert-lire. Les recher- ches scientifiques n'y furent pas, dit-on, très fructueuses, mais en tous cas celles de nos botanistes les remplissent d'aise et personne ne se plaint. De nouveau, par la route surchauffée sous le soleil de midi, nous continuons vers les Laugerie. La falaise grimpe de plus en plus et là haut grincent les corneilles qui tourbillonnent autour de leurs nids. Voici Laugerie-Basse si connue dans le monde scientifique. Un tout petit chemin, à gauche, nous conduit à l'endroit oti, derrière les maisons, M. Massénat a trouvé son squelette magdalénien et recueilli de magnifiques échantillons de l'industrie de nos ancêtres de l'époque. Puis apparaissent les plaques numérotées qui classifient mathémati- quement le domaine des fouilles de M. Otto Hauser. L'on parvient ainsi à, Laugerie-IIaute. Tels les hommes préhistoriques, nos troglo- cxx dytes modernes ont appuyé leurs maisons économiques ii la muraille de gauche. A droite de la route, au contraire, se trouve le musée de M. Ilauser. Affable, il nous étale lui-même ses découvertes et leur reproduction; certes ce spectacle fut captivant pour nous, cependant un même nuage assombrissait notre joie. Ces richesses que nous étions admis k contempler n'étaient-elles pas déjà destinées aux universités et aux collectionneurs étrangers? Il est cruel de voir notre sol donner sans compter pour autrui ! Quelques verres de bière relèvent notre moral; nous reprenons le chemin parcouru et, après un nouveau coup d'œil sur l'admirable paysage, nous rega- gnons la gare des Eyzies. Pendant que beaucoup s'asseoient pour souffler un peu, les plus hardis, sous la conduite de notre archéologue, M. Bardié, poussent une pointe jusqu'à l'église de Tayac. Deux antiques colonnes de marbre encadrent la façade de ce monument fortifié du x^-xi^ siècle. Sur la muraille latérale, au-dessus d'une fenêtre, est encastrée une pierre gravée de l'époque mérovingienne. VA tout le groupe repart de plus belle. En face du passage à niveau se dresse un rocher dont la cime se découpe en gigantesques cham- pignons. C'est l'abri de Cro-Magnon; lors de la construction de la route, en 1868, M. Lartet y découvrit les ossements et les trois crânes qui permirent au savant Broca de préciser les premières caractéris- tiques de cette antique race de troglodytes. Là comme partout dans les environs, les silex taillés et objets en os ont abondé jadis. Puis nous traversons les Eyzies. Une partie du village est cons- truite sous un long abri qui forme une sorte d'auvent naturel aux habitations. Au-dessus, quelques murs démantelés, seuls vestiges de l'ancien manoir féodal des féroces seigneurs de Beynac. En l'honneur de notre sympathique collègue, le docteur Lalanne, la proposition de visiter un des abris qu'il fouille en ce moment, est acclamée à mains levées. Nous entrons dans la vallée de la Beune, petit affluent de la Vézère et nous côtoyons la rive droite de la rivière. A doux pas de la grotte des Eyzies, nous nous arrêtons à l'abri « Audi » dont M. Audi lui-même nous fait les honneurs. L'ascension est plutôt difficile et pourtant nous montons nombreux; le spectacle en vaut la peine car, sur la corniche, on a une magnifique échappée jusqu'à Font-de-Gaume. Un groupe photographique nous réunit un instant et nous dévalons, nous dégringolons plutôt, par une sorte de tobogan primitif dont les planches se dérobent insidieu- CXXI sèment. Un coude est un peu foulé, mais le palient reste plus ardent que les autres. La route, encore une route pleine de poussière et de soleil ! Les fronts s'épongent en gravissant un nouveau sentier; c'est le vrai contrefort aride des vallées pyrénéennes. Nous sommes à Font-de- Gaume. Trois équipes successives pénètrent et ressortent émer- veillées. Des deux entrées qui s'ouvrent sur le terre-plein, on prend celle de droite; bougie en mains, à la file indienne, se baissant, se rasant entre les stalagmites, se glissant dans un trou de souris, « le Rubicon », nous défilons devant les peintures et les gravures décou- vertes par M. Peyronny en 1901. Ce sont des bisons à barbiche et à grande bosse, des chevaux au galop, des antilopes, des rennes affrontés, des mammouths. Ces peintures sont faites à l'ocre rouge et souvent agrémentées d'un trait gravé fortement dans le roc. Il est cinq heures et demie, les voitures nous attendent en bas sur le chemin. Elles nous font faire demi-tour et nous allons reprendre devant l'abri Audi la route du Moustier, sur la rive droite de la Beune. Bientôt nous découvrons toute la vallée de cette pittoresque rivière. Nous passons en face du hameau des Girouteaux; vis-à-vis la fameuse grotte des Combarelles, que l'heure tardive ne nous a pas permis de visiter, la route s'écarte de la Beune et rejoint le cours de la Vézère que nous allons côtoyer, sur sa rive gauche jusqu'au Moustier. Un magnifique rideau d'arbres s'étend entre nous et la vallée, c'est le domaine du château de Marzac. En un petit galop les cinq voitures traversent la rue de Tursac, aux maisons tapissées d'une profusion de roses blanches et rouges; la population s'est pré- cipitée aux fenêtres. Nouvel émoi au Moustier, dont nous accla- mons les habitants au passage. Nous venons de traverser la Vézère et un long arc de cercle au pied de coteaux sauvagement arides nous conduit h Saint-Léon. La table est mise; les jambes sont un peu lourdes, mais la langue n'est pas fatiguée et Ton s'en donne à cœur joie. Le docteur Lamar- que se lève et avoue qu'un discours serait déplacé, mais il tient ci féliciter M. Llaguet pour la réussite de la première journée; puis il donne la parole à votre rapporteur qui ne la réclamait pas du tout! Votre secrétaire-adjoint s'est borné à convier tout le monde au repos et, prenant la tête de la bande joyeuse, a conduit chacun à son home respectif. Les habitants de Saint-Léon, que nous ne saurions trop remercier, avaient mis un empressement gracieux à nous céder CXXII toutes leurs chambres disponibles; il faut qu'ils sachent que nous garderons d'eux et de leur confortable hospitalité le meilleur sou- venir. Cette promenade, dans la nuit déjà noire, ne manquait pas de charme; nous avions toujours un lit de trop ou une personne à loger. En fin de compte, tout le monde était casé à minuit. A cinq heures, le lundi matin, chacun était censé avoir puisé dans le sommeil de nouvelles forces et quelques infatigables eurent déjà un soleil de plomb pour gravir la longue côte de Jorre. C'est un point de vue renommé dans tout le pays : d'un côté les gorges de la Vézère avec leurs falaises, de l'autre la plaine à perte de vue avec ses cultures qui affectent la régularité d'un joli damier. Si beau que soit le spectacle, il ne faut pas s'y attarder car les estomacs crient famine. D'ailleurs la barque linnéenne attend ses passagers. Son avant regorge déjà des mets appétissants que vont nous servir, à midi, nos restaurateurs de Saint Léon. Je doute fort qu'il existe encore, de par la France, un modèle plus accompli des hôtes parfaits, dépensant sans compter leurs pas, leur temps, leur amabilité ; disons- leur qu'ils n'ont pas obligé des ingrats. Le bateau va lever l'ancre; n'allail-on pas oublier notre merveil- leux secrétaire général qui se précipite, brandissant le drapeau delà journée oi^i flamboient : « Fête Linnéenne. Mai 1909, Les Eyzies »! Et l'on part. Pauvre barque linnéenne! Ce n'était heureusement qu'un radeau de fortune et non l'esquif glorieux de notre Société; elle faisait eau de toutes parts... et le flot montait, montait... ! Vous pardonnez à votre rapporteur d'avoir à ce moment manifesté d'une façon un peu énergique ses sentiments, mais la sécurité des dames lui a paru l'exiger. Tout le monde débarque sur la berge et l'on rend à la rivière quatre à cinq barriques d'un liquide que nous ne lui avions pas demandé. La bonne volonté aidant, on a pu tenir ensuite jusqu'au soir. De véritables tapis de renoncules aquatiques recouvrent la Vézère dont le flot, lentement, nous éloigne de Saint-Léon. Par endroits, de petits rapides, torrents en miniatures, nous donnent l'impression d'un danger que notre nocher évite merveilleusement, non sans se faire valoir avec la modestie qui convient. On racle quelquefois le fond, mais on passe toujours. Paysac ! Petite église bien tranquille sur le bord de l'eau, gardienne cxxni avancée à l'entrée de la gorge. Jusqu'ici nous avons vogué entre deux rives bien planes; voici de nouveau la falaise haute de plus de cent mètres. En corniche, serpente la route qui va de Tursac à Saint-Léon et dessert Paysac. Nous aurions dû la suivre hier, mais les chevaux ne pouvaient fournir ce nouvel effort. La Roche Saint-Christophe, première escale. Un immense palier, à mi-hauteur du rocher, marque l'emplacement d'un château et d'un fort des xiv-xv" siècles. Le sentier qui monte est abrupt, les marches glissantes. Dans la vaste feuillure, on distingue encore le creusement horizontal des salles et les points d'appui des madriers. La descente est une gaie répétition, sans incident, des glissades de l'abri « Audi ». Il n'y a que les pantalons à en souffrir ! Certains voudraient aller à pied aux abris du Moustier, mais ils se rangent docilement à l'avis des plus sages et l'on rallie le charmant petit port cil sommeille notre galère. Un nouveau rapide, et, toujours avec la même chance, nous fran- chissons le pont du Moustier. Les falaises se sont écartées, mais l'on distingue très bien, sur la droite, les gradins où fouille aujourd'hui M. Hauser. C'est la célèbre station qui a donné son nom à une épo- que de l'âge de la pierre, « l'époque moustérienne », car on y a trouvé les premières pointes en silex et les premiers râcloirs de ce type. Dernièrement, comme nous le disions au début, M. Hauser a exhumé là son squelette fossile. Les rochers se rapprochent et bordent la rive; ce sont les falaises du Rut, les cuves de Malpas ; çà et là s'ouvrent des fenêtres qui éclairent les excavations des anciennes demeures des troglodytes. Après un nouvel élargissement de la vallée, voici le château de Ragnac. Dans l'intérieur du roc, les pièces sont distribuées sans compter : écuries avec mangeoires, cuisines, chambres. On passe maintenant entre les propriétés de Marzac et de la Made- leine. C'est le dernier effort avant midi ! Au tournant de la boucle surgit le château de Marzac qui domine fièrement la falaise. Nous allons nous arrêter au-dessous pour déjeuner ; les aimables châtelains nous ont donné toute latitude à cet égard. L'endroit est propice à souhait ; aussi personne ne se fait prier pour se mettre à table. Le plus diffi- cile est de prendre une position pratique et concevable, car les sièges manquent totalement; tels nos sauvages prédécesseurs dans ces parages, d'aucuns mangèrent à quatre pattes. Celte situation éîait CXXIV d'ailleurs très sage et très stable. Pour l'avoir oublié, notre secré- taire général s'est vu rappeler, de la manière forte, les lois fonda- mentales de la statique. L'heure des toasts est venue. Le D"" Lamarque remercie les aima- bles compagnons de la Linnéenne et leur promet, comme souvenir, le compte rendu officiel de l'excursion. Après lui, M. Llaguet, que notre président vient de féliciter au nom de tous, remercie avec émotion et porte la santé de M. Dalbavie, le conseiller général du canton, maire de Saint-Léon, qui a tenu à préparer cette belle excursion ; il félicite nos hôtes d'hier soir et d'aujourd'hui dont tout le monde gardera le meilleur souvenir. Notre aimable hôtelier, très ému, boit à la prospérité de la Société Linnéenne. Sur la proposition de M. Lambertie, les verres se vident une fois de plus en l'honneur de notre vénéré président honoraire, M. Motelay. MM. Dauriac et Gondinet remercient, au nom des invités, du gracieux accueil qu'ils ont reçu. Enfin la dernière bouteille est vidée ! Vogue la galère ! A la hâte et subrepticement, nous débarquons à la Madeleine. La propriétaire n'aime pas beaucoup, paraît-il, les intrus sur son domaine. Nous montons rapidement jusqu'au vieux château féodal dont les ruines couronnent le rocher et jetons un regard sur le bel abri préhistorique qui a fourni des harpons de toute beauté de l'époque dite « magdalénienne ». Un instant plus tard, notre barque glisse devant les « sept frères » ; ici les blocs, bien alignés, semblent de gigantesques tonneaux. La chaleur est étouffante; un profond silence a remplacé la gaîté de tout à l'heure. Les yeux se ferment involontairement; instant d'oubli et de somnolence réparatrice. Laugerie, Gorge d'Enfer, Tayac. Devant nous défilent nos sites pittoresques d'hier. Les Eyzies ! on peut enfin se dégourdir les jam- bes. La soif est vive, mais on prend le temps de l'apaiser avant le départ, tandis que notre inlassable secrétaire général transmet, par télégramme, notre admiration h M. Cartailhac, à M. Dalbavie, au D'' Lalanne. Au Buisson, à 7 heures, la table nous attendait sous une tonnelle où nous trouvions enfin de l'ombre et de la fraîcheur. Un retour joyeux, malgré quatre cluingements de trains, fut le digne couron- nement de ces deux journées d'entente charmante. Aujourd'hui, la Société Linnéenne peut se féliciter, ajuste titre, La Roche Saint-Christophe (au fond le D^Coustier). Les Ey::jes. Clichés du D' H. I.ainarque Embarquement à Saint-Léon. EXCURSION AUX GORGES DE LA VEZERE 30-31 MAI 1909 CXX V de ses efforts incessants. Cette excursion a répondu à ses espérances, et déjà un nouveau membre s'est fait inscrire parmi nous. Des âmes linnéennes sommeillent qui ne demandent qu'à vibrer au contact de la nature. Faisons ces contacts aussi fréquents que possible et nous répondrons tout à la fois aux aspirations de nos fondateurs, à la rai- son d'être de notre compagnie, à son besoin grandissant d'expansion scientifique. Plantes recueillies à l'excursion des Eyzies. Par MM. Bardié et Banrère. Ranunculus fluilans Lamk. Ranunculus bulbosus L. Helleborus fœtidiis L. Aquilegia vulgaris h. Papaver Rhœas L. Hesperis matronalis L. . Alxjssum calycinuin L. Fiimana procumbens Gren. et G. Polygala vulgaris L. Silène nutans L. Dianthus Carthusianoriim L. Linum catharticum L. Linum salsoloides Lamk. Géranium Robertianum L. Géranium sanguineum L. Anthyllis vulneraria Iv. Bippocrepis comosa L. Spirsea filipendula L. Rosa canina L. Amelanchier vulgaris L. Rrgonia dioica Jacq. Sedum reflexum L. Orlaya grandiflora Hoff. Angelica silvestris L. Heracleum Lecokii Godr. et G. Hedera Hélix L. (en fruit). CXXVI Cornus sanguinea L. Sambucus nigra L. Galium cruciata Scop. Galium verum L. Knautia silvalica Duby. Inula montana L. Bellis perennis L. Lactuca perennis L. Crépis virens h. Hieracium murorum L. Specularia spéculum A. DC. Campanula Erinus h. Campanula rapunculus L. Primula officinalis Jacq. (en fruit). Convolvulus Cantabricà L. Lithospermum arvense L. Myosotis hispida Schlecht. Cynoglossum officinale L. Rhinanthus major Ehrh. Orobanche minor Suit. Lavandula latifolia Vill. Salvia pratensis L. Lamium maculatum L. Lamium album L. Stachys recta L. Globularia vulgaris L, Rumex acetosa L. Euphorbia pilosa L. var. [3. villosa Deysson. Euphorbia Gerardiana Jacq. Eiqjhorbia cyparissias L. Parielaria erecta Mert. et Koch. Ficus carica L. Jugions regia L. Quercus llex L. *Sa/îa? purpurea L. Juniperus communis L. Ornithogalum umbellatum L. /ns psendacorus L. Orchis mascula L. CXXVII Orchis pyramidalis L. Listera ovata R. Br. Briza média L. Scolopendriwn officinale Smith. Adiantum Capillus-Veneris L. Séance du 21 juillet 1909. Présidence de M. le D^ Henri Lamarque, président. ADMINISTRA.TION Le président charge le secrétaire des séances de transmettre les félicitations de la Société aux trois membres qui viennent d'être l'objet d'une distinction honorifique : MM. Peyrot et Sabrazès pro- mus officiers de l'Instruction publique et M. Gineste nommé officier d'Académie. CORRESPONDANCE Programme du 48'^ Congrès des Sociétés savantes, en 1910, à la Sorbonne. Les mémoires devront être déposés avant le 31 janvier prochain. COMMUNICATION M. DoiNET montre à ses collègues un Ohisium muscorum et donne la liste suivante de champignons, recueillis avec le D^ Boyer, dans diverses excursions. Le 20 juin, au Parc Bordelais. Lepiota excoriaia Scli. prominens Viv. Russula (sp.?). Laccaria laccata Scop. CXXVIII Le 26 juin, à Bruges. Lepiota procera Scop. Psalliota campestris L. Le 1"^' juillet, au Jardin Public. Tubaria furfuracea Pers. Inocijbe rimosa B. Le 1^1' juillet, à Saint-Augustin. Maramius oreades Boit. Stropharia coronilla B. Le 4 juillet, à Mérignac. Russula (sp.?). Marasmius oreades Boit. Collybia fusipes B. Boletus obsonium Paul. Crepidotus haustellaris Fr. Le 19 juin, au Vigean. Amanita rubescens Fr. vaginata, var. fulva. Lepiota granulosa, var. amianthina Scop. var. carcharias Pers. Collybia dryophila Fr. Russula helerophylla Fr. Cantharellus cibarius Fr. Marasmius oreades Boit. Laclarius subdulcis B. Pholiota pudica Bull. Galera (sp.?). Psalliota conitula Fr. campestris L., var. a/6a. Stropharia coronilla B. Boletus granulatus L. Lycoperdon cselatum Balsch. CXXIX Le 11 juillet, au Parc Bordelais. Lepiota (sp.?). excoriata Scli. Russula (sp.?). CoUybia fusipes B. Nolanea maialis Fr. Scleroderma bovista Fr. Tricholoma cnista Fr. Le 18 juillet, au Cap Ferret. Russula ochracea A. et S. nauseosa Pers. M. DoiNET donne également la liste suivante des champignons supérieurs, qu'il a pu déterminer, récoltés, le 13 et le 14 juillet, par M. le Df BoYER, dans la Dordogne : à Sorges, Amanila solitaria var. strobiliformis Vitt. vaginala B. CoUybia (sp.?). k LdiChd.le\lene, Bygrophorus conicus Scop. puniceus Fr. pratensis Pers, Cantharellus cibarius Fr. Lactarius piperatus Scop. azonites B. (sp.?). Russula emetica Sch. peclinata B. fœtens Pers. chamxleontina Fr. Marasmius oreades Boit. Laccaria laccataècop. Boletus obsonium Paul. Lycoperdon py ri forme Sch. 11 fait connaître qu'il a reçu de notre collègue, M. M. Lambertie, un Clalhrus cancellalus Tour., récolté, le 18 juillet, à Camblanes. Il fait passer sous les yeux de ses collègues une vingtaine de plan- Procès Verbaux 1909 9 cxxx ches il l'aquarelle, reproduisant des champignons qu'il a pu étudier dans ses récentes excursions mycologiques. M. DoiNET présente ensuite les cliampignons dont les noms -sui- vent, récoltés par M. le D' Boyer et par lui, au Vigean, dans la mati- née de ce jour : Amanita rubescens Fr., élal naissant; jeune; adulte, très élancé, h. = 19 centimètres. phalloïdes Fr., état naissant. Collybia dryophila, var. aurata L. bulyracea, var. asenia Fr. longipes B., touffes. Laccaria laccata, var. amethyslina Vaii. Cantharellus cibarius Fr. Lactarius subdulcis B. Russula helerophylla Fr. cyanoxantha Scli. Psalliola campeslris L., état naissant. ' Boletus granulatus L., état naissant; jeune; adulte. Dans cette excursion, ont été rencontrés : Paxillus atrolomentosus Baiscli, desséché, Psalliola comtula Fr., desséché. Schizophyllum commime Fr., desséché. Polyporus radiatus Sow. versicolor L. Sur une jeune truffe trouvée en Périgord le 14 juillet 1909. Par M. G. Boyer. La truffe que je présente à la Société a été trouvée chez M. le D"" Pradel, dans sa propriété d'Ache, près Sorges (Dordogne). Elle me permet de confirmer mes précédentes observations, déjà publiées ici même. J'ai déjà écrit, en effet, que les truffes mélanospores ne commencent à se trouver dans les truffières qu'aux premiers jours chauds de l'été, après des pluies d'une certaine importance. Or il a plu cette année jusqu'au 12 juillet. Cette truffe est la plus jeune de celles qui, à ma connaissace, aient jamais été trouvées. Elle ne mesure, dans ses plus grands diamètres, CXXXI que cent. 7 et cent. 8. Elle est entièrement blanche à Tintérieur, avec traces de veines toutefois. Le péridium présente de toutes petites verrues, à peine noires au sommet et, plus bas, rougeâtres. Les intervalles qui séparent les verrues sont encore moins foncés. Les spores ne sont pas encore différenciées. Mais la conformation des verrues, l'aspect, différents autres caractères, ainsi que l'endroit de la récolte bien connu de moi, me permettent d'affirmer qu'il s'agit bien de tuber melanosporum. Du p<:ridium semblent partir par endroits de petits filaments sim- ples, tout à fait semblables au tissu même de ce péridium, sauf qu'ils ne sont pas feutrés, mais séparés les uns des autres par de très larges intervalles. Ces filaments paraissent se continuer avec d'autres semblables qui existent dans la terre entourant la truffe, et sans doute aussi plus loin. Il n'existe point, autour de cette jeune truffe, l'abondant feutrage mycélien que Tulasne attribue à la truffe mélanospore et qu'il a représenté dans son important ouvrage sur les Champignons hypogés. Tab. III-II (1). On peut donc penser qu'il y a eu méprise de la part de cet auteur, réputé pourtant, à bien des titres, excellent observateur. Cette jeune truffe fera l'objet d'études plus complètes et de recher- ches qui, nous l'espérons, seront intéressantes. Il m'a paru qu'il valait la peine d'en entretenir d'ores et déjà la Société, car elle apporte une contribution aux faits déjà connus sur l'évolution de la truffe mélanospore, et elle permet de rectifier certaines observations probablement inexactes. (1) Les truffes représentées par Tulasne avaient, dit-il (loc. cit., p. 59), le volume d'une noix et « les spores commençaient à peine à s'y montrer dans les sporanges ». Ces truffes étaient donc vraisemblablement plus âgées que celle que nous présentons à la Société. Or, l'on sait que plus la truffe avance en âge, plus elle paraît séparée de toute attache mycélienne. Raison de plus pour penser que le mycélium représenté par Tulasne n'était pas celui de ces truffes. cxxxir Séance du 4 août 1909. Présidence de M. le D^ Henri Lamarque, président. CORRESPONDANCE Lettres de MM. Peyrot et Sabrazès, remerciant la Société des féli- citations qui leur ont été adressées à l'occasion de leur promotion comme officier de l'Instruction publique. ADMINISTRATION M. Llaguet, au nom de ses Collègues, propose la suppression de la séance d'août, qui serait remplacée par une séance le premier mercredi d'octobre. Compte rendu de la 92^ Fête Linnéenne à Coutras. Par X. Rozier. Partis de Bordeaux par le train de 7 h. 45, les excursionnistes arrivaient bientôt à Libourne où les attendait un omnibus pour les conduire à Abzac, près de Coutras. Le temps incertain avait empê- ché bon nombre de nos collègues de se joindre à notre caravane, et c'est en effet sous une ondée désagréable que nous allons suivre la route du plateau libournais. La bonne humeur ne fait cependant pas défaut ; et, juchés sur l'impériale de l'omnibus, les plus intrépides bravent l'averse, sous des abris improvisés. Le panorama que nous comptions admirer disparaît dans les embruns, et nous n'apercevrons pas la plaine verdoyante de l'Isle, ni les découpures des coteaux qui la bordent sur la rive droite. Nous passerons presque sans les voir au milieu des hameaux de Goujon, de la Marche, aux Chapelles, où, seules, quelques tètes curieuses se montreront derrière les fenêtres aux rideaux de cretonne. Un brusque détour sur la gauche, ej: nous quittons la route de Périgueux, au hameau de Tripoteau. Abzac n'est plus très loin, son clocher pointe droit devant nous, et, comme pour fêter notre arri- CXXXIII vée, la brise chasse les derniers nuages, la pluie cesse. La route dévale vers le pont du ruisseau du Petit-Palais, vite franchi, et nous voici gravissant la dernière côte qui nous mène à l'entrée du bourg d'Abzac. Au tintement cadencé des grelots de notre équipage et des claquements de fouet que notre timonier ne ménage pas, la gent ailée se sauve à tire d'ailes et les chiens de garde de l'hôtel Cosson nous souhaitent la bienvenue en montrant aimablement leurs crocs. Pendant que quelques-uns de nos collègues donnent des ordres pour le déjeuner, des groupes se forment : le D"" Muratet et quelques adeptes de la pèche h la ligne se dirigent vers la rivière; d'autres, munis de piolets et de boîtes, vont à la recherche des plantes rares. Sous la conduite de M. Neyraut, un groupe fouille les talus de la route, tandis que les vétérans de notre Société, MM. Motelay, Brei- gnet, Bial, Doinet, se dirigent vers les bois du coteau d'Abzac. Une halte sur l'esplanade que l'église ferme à l'Ouest permet de jeter un regard sur la plaine de Coutras, qui vit en 1587 la défaite des Li- gueurs par Henri de Navarre. Au loin, les dômes des huileries de Laubardemont — autrefois minoteries — s'échappent d'un bouquet d'arbres; les coteaux de Guîtres, s'estompant dans l'horizon em- brumé, rejettent, vers l'isle, la Dronne invisible derrière sa bordure de grands peupliers, tandis que, plus près, la route qui mène à Coutras plaque sa traînée blanche sur le fond vert des prairies et que la rivière indolente hésite à franchir le pont aux trois arches qui se mire dans ses eaux teintées de grisaille. Descendant par le sentier qui longe les murs du château moderne d'Abzac, notre groupe arrive au bief du moulin, tour à tour huilerie et rizerie. M. Doinet cueille quelques champignons, M. Brown et M. Bial examinent les corolles des fleurs pour y trouver les bestioles chères à leurs études. La récolte continue ainsi longtemps, réservant parfois d'heureuses surprises, qui font oublier l'heure du déjeuner. Et c'est sans hâte que nous nous dirigeons vers l'hôtel. MM. Bardié, Deserce, Lacouture nous rejoignent bientôt, apportant des brassées de plantes en fleurs, qui, après avoir servi de parure à notre table, iront se dessécher dans les cartons des botanistes. Sept heures. — Plusieurs collègues, qui n'ont pu assister à l'excur- sion complète, nous rejoignent à l'hôtel du Lion d'Or, k Coutras, où les diveis groupes devaient se rallier pour la séance et le banquet. CXXXIV M. LIaguet, notre secrétaire général, le D"" Charron, M. Lambertie ont bien voulu ne pas manquer la dernière partie du programme, et nous nous retrouvons nombreux dans la salle des fêtes de l'hôtel, 011 a lieu la séance consacrée par nos traditions. M. Barraud, con- seiller général et Maire de Coutras, a bien voulu accepter notre invi- tation. M. le D'" Lamarque, notre Président, après avoir souhaité la bienvenue à notre hôte, et retracé en quelques mots le but de notre Société, rappelle que c'est dans cette même salle que, le 29 juin 1854, eut lieu la 37^ fête Linnéenne, sous la présidence de Charles des Moulins. Constatons, avec notre Président, que le fardeau des années n'a pas diminué la vitalité de notre Société presque centenaire, et for- mons le vœu de nous voir encore en plus grand nombre aux fêtes à venir. Compte rendu botanique de l'excursion faite le 27 juin 1909 aux environs d'Abzac et de Coutras, à l'occasion de la 92" fête Linnéenne. Par M. Neyraut. Il est dix heures. Une voiture nous dépose au milieu du village d'Abzac et aussitôt nous commençons à herboriser. Sur les murs du village, nous récoltons : Reseda luteola L. (1). Sagina apetala L. Arenaria serpyllifolia L., var. A. lepioclados Guss. Cerastiwn triviale Link. Epilohium tetragonum L. Galium parisiense L. Parielaria officinalis L. Scleropoa rigida Griseb. A leur pied et sur les talus : Pa paver Rhœas L. Chelidonium majus L. (1) Classificalion adoptée par l'abbé Coste dans sa Flore de France. cxxxv Sisymbrium officinale L. Capsella Burs a-pas loris Mœnch. Stellaria média Gyrill. Géranium molle L. Hypericum perforatum L. Medicago lupulina L. Eryngium campestre L. Turgenia latifolia HofFm. Galium Aparine L. Achillea Mille foliiwi L. Lampsana communis L. Sonchus oleraceus L. Crépis virens L. Anagallis arvensis L. Lycium vulgare L. Verbascum pidverulenlum Vill. Salvia pratensis L. Stachys recta L. Ballota nigra L. Rumex pulcher L. Rumex oblusifolius L. Urlica dioica L. Triselum flavescens P. Beauv, Kœleria phleoides Pers. Festuca pratensis Huds. Hordeum murinum L. Hordeum secalinum Schreb. Un peu plus loin, tout h fait à l'extrémité du village, nous descen- dons, presque en face de l'église et dans la direction S.-O., jusqu'cà la rivière de l'Isle. Chemin faisant, nous notons : Ranunculus acris L. Lychnis vespertina Sibth. Linum angustifolium Huds. Malva silvestris L. Géranium Robertianum L. Géranium disseclum L. Evonymus vulgaris Scop. CXXXVI Fraxiniis excehior L. Medicago sativa h. Medicago maculata Willd. Lotus corniculatus L. Lathyrus pratensis L. Rubus macrostemon Focke. Agrimonia Eupatoria L. Bnjonia dioica Jacq. Torilis helvetica Gmel. Œnanthe pimpiiielloides L. Anthriscus silvestris Hoffm. [A. elalior Bess.) Hedera Hélix L. Sambuscus nigra L. Galium, verum L. Dipsaciis silvestris Mill. Senecio erraticus Bert. Centaurea nigra L. Centaurea calcitrapa L. Cichorium Intybus L. Convolvulus arvensis'L. Myosotis intermedia Link. Verbascum virgatum With. Glechoma hederacea L. Brunella vulgaris L. Carex vulpina L. Car ex muricata L. Holcus lanatush. Poa pratensis L. Poa annua L. Dactylis glomerata L. Cynosurus cristatus L. Brachy podium silvaticum Rœm. et Sch. Lolium perenne L. Midi. Nous allons déjeuner; le repas terminé, nous revenons au bord de la rivière et, tout en remontant l'Isle sur sa rive gauche, nous avons le plaisir de récolter, dans la rivière et sur ses bords : Ranunculus divaricatus Schrank. Nuphar luteum Sib. et Sm. CXXXVII Sinapis nigra L. {Brassica Koch). Trapa natans L. Ceratophijllum demersum L. Scrophularia aquatica L. Stachys silvatica L. Lysimachia nummularia L. Polygonum amphibium L. Helodea canadensis Rich. Jris pseudoacorus h. Naias major AU. Sparganium ramosum Huds. Scii'pus lacustris L. Scirpiis palus tris L. Carex hirla L. Car ex vesicaria L. Glyceria aquatica Wahlb. (non fleuri). Dans la prairie à droite : Raphanus raphanistrum L. Lychnis Flos-cuculi L. Trifoliuni campeslre Schreb. Trifolium minus RehI. Trifolium repens L. Trifolium arvense L. Vicia angustifolia Reich., var. V. Bobarlii Forster. , Bellis perennis L. Leucanthemum vulgare Lamk. Hypochœris radicata L. Thrincïa hispida Roth. IVagopogon. jjratensis L. Rhinanthus miner Ehrh. Muscari comosum Mill. Allium vineale L. Cyperus longus L. Carex divisa Huds. Anthoxanlhum odoratum L. Phleum pratense L., var. P. nodosum L. Briza média L. CXXXVIII Et dans le bois que nous apercevons là-bas droit devant nous : Arabis hirsula Scop., var. A. accedens Jord. Androssemum officinale A.1I. Hypericum hirsutum L. Vicia sepiwn L. Geum urbanum L. Rubus hedycarpus Focke, intermédiaire entre les sous-espèces R. macroslemon Focke et R. Gilloti N. Boulay. Rosa canina L., var. ramosissima (Desegl.) Rau. Circxa luletiana L. Sanicula europsea L. Rubia peregrina L. Galium cruciata Scop. Veronica Chamsedrys L. Euphorbia amygdaloides L. Mercurialis perennis L. Ornithogalum pyrenaicuni L. ?('!). Endymion nutans Dumort. (fruits mûrs). Tamus communis L. Ophrys api fera Huds. Orchis hircina Crantz. Carex silvatica Huds. Poa memoralis L. Melica uniflora Retz. Festuca rubra L. Broinus asper Murr. Pteris aquilina. L. Equisetum maximum Lamk. Mais le temps passe vite en herborisant et nous n'oublions pas que nous devons rentrer à Coutras, pour assister d'abord à l'assem- blée générale de la Société, puis au banquet traditionnel. Nous rebroussons chemin. Un champ, situé au-dessus de la prairie que nous venons de par- courir, nous donne : (1) Il ne nous a pas élé permis d'étudier celte plante qui, malheureusement, n'a été récoltée que par un membre de la Société (un seul exemplaire en fruits). CXXXTX Sinapis arvensis L. Trifolium repens L., var. T. phyllantum DC. Vicia lutea L. Vicia angustifolia Reich., var. V. segetalis Thuill. Vicia Cracca L. Vicia hirsuta Koch a. eriocarpa G. G. Lathyrus Aphaca L. Lathyrus hi7'sutus L. Lalhyrus Cicera L. y. latifolius Rouy. Lathyrus prateiisis L. Ammi majus L. Scandix Pecten-Veneris L. Calendula arvensis L. Mairicaria Chamonilla L. Cirsium arvense Scop. Anchusa arvensis Bieb. Antirrhinum Orontium L. Veronica persica Poir. Rumex sanguineus L. Rumex crispus L. Polygonum Convolvulus L. Avena fatua L. Briza minor L. Lolium lemulentum L. De retour au village d'Abzac, nous nous dirigeons immédiatement sur Coutras. Chemin faisant, nous notons : Papaver Rhœas L. Fumaria officinalis L. Dianthus prolifer L. Erodium cicutarium L'Hérit. Ononis repens L. Trifolium incarnatum L. Sedum rubens L. Filago canescens Jord. Anthémis arvensis L. Onopordon Acanthium L. Carduus tenuiflorus Curt, CXL Centrophyllum lanatum DG. Thymus Serpyllum L. Echium vulgare L. Verbena officinalis L. Plantago Coronopus L. Avena barhala Brot. Bromus sterilis L. . Quand, loul à coup, sur noire chemin, nous rencontrons une car rière de marne grise dont nous ignorions l'existence. A la hâte, nous l'explorons en partie. Elle nous donne de très beaux exemplaires et complets de : Ranunculus sardous Crantz. Delphinium Ajacis L. Papaver Argemone L. Nasturlium officinale R. Br. Viola tricolor L. Silène gallica L. Gypsophila. muralis L. Alsine tenuifolia Crantz. Spergula arvensis L. Spergularia rubra Pers. Malva rotundifolia L. Hypericmn humifusum L. Trifolium subterraneum L. Trifolium nrvense L. f* J\ agreslininn Jord. Lotus hispidus Desf., var. major Rouy. Vicia lutea L. Vicia angustifolia Reich. Lalhyrus angulalus L. var. angustifolius Rouy Ornilhopus compressus L. Ornithopus roseus Dufour. Ornithopus perpusillus L. Callitriche stagnalis Scop. Lythrum hyssopifolia L, Herniaria hirsuta L. Corrigiola littoralis L. Scleranlhus annuus L. var. S. biennis Reut CXLl Sherardia aroensis L. < Erigeron canadensis L. (non fleuri) Senecio vulgaris L. Filago minima Fr. Logfia gallica Coss. et Germ. Cenlaurea Cyanus L. Cichorium Inlybus L. Sonchus asper AU. Jasione monlana L. Convolvulus arvensis L. Anchusa arvensis Bieb. Linaria sparlea Link et HofF. \ero7iica Anagallis L. Plantago lanceolala L. Plantago major L. Rumex acelosella L. Rumex bucephalophorus L. Polygonuin lapalhifolium L. Typha angustifolia L. (non fleuri). Juncus bufonius L. Juncus g laucus Khrh. Juncus conglomeratus L, Juncus lamprocarpus Elirli. Scirpus selacens L. Anthoxanthum odoratum L. A gratis vulgaris With. Arrhenatherum elalius Mert et K. var. bulbosum Presl. Gaudinia fragilis P. Beau v, Cynosurus crislatus L. . Lolium temulenlum L. et un grand nombre d'autres plantes que nous avons déjà vues, tel- les que : Trifolium campestre Schreb. Trifolium minus Rehl. Trifolium repens L. Crépis virens L. Anagallis arvensis L. ex LIT Antirrhinuni Orontiuni L. Bolcus lanalus L. Briza minor L., etc. Mais il est grand temps de partir. A regret, nous quittons cette carrière insuffisamment explorée et nous rentrons à Coutras en cueillant le long de la route : Ranunculus'repens L. Allhsea officinalis L. Ulex europgeiis L. Vicia sepium L. Lithrum Salicaria L. Sedum Cepsea L. Galium palustre L. Convolvulusisepiiim L. Linaria spuria Mill. Lycopus europseas L. Glyceria fluitans R. 6r. M. DoiNET a remarqué, sur les bords de Tlsle, un Ulmiis camp es tris dont les jeunes pousses de la base avaient, de loin, l'apparence d'un arbousier en fruits. Cette apparence était due à la présence, sur presque toutes les branches, d'un très grand nombre de cécidies Schi- zoneura lanuginosali&vllg. , dont quelques-unes avaient jusqu'à quatre centimètres de diamètre. Compte rendu mycologique. Par M. L. Doinet. Les champignons supérieurs récoltés ont été peu nombreux. Les mycologues ont recueilli dans les prairies et sur les coteaux boisés bordant l'Isle : Amanita vaginata B. var. cinerea. Collybia fusipes B. Marasmius oreades Boit. rotula Scop. ex LUI Laccaria laccata Scop, Russula (sp. ?). Hygrophorus coniciis Scop. Canlharellus cibarius Fr. Galera hypnorum var. rubiginosa Pers sparlea Fr. Bolbitius litubans Br. Corlinarius (?). Naucoria orbicularis B. Tubaria furfaracea Pers. Inocybe rimosa B. Panaeolus campanulalus L. Coprmus (sp. ?). Boletus scaber var. aurantius Sow. Rencontré, non dans les bois, mais dans les assiettes : Psalliota pralensis Sch. Tuber melanosporum Witt. entrant dans la préparation des sauces savantes accompagnant cer- tains mets très réussis, qu'ont su apprécier les gourmets présents au banquet de l'Hôtel du Lion d'Or. Un chêne croissant au milieu de pâturages, sur un plateau, était attaqué par le Blanc do chêne, Microsphœra Alni Wall., à un point tel que les feuilles des branches inférieures en paraissaient toutes blanches. Un autre chêne de la même espèce, situé sur le même pâturage, à environ vingt-cinq mètres du premier, semblait complètement indemne : son feuillage ne présentait aucune apparence de points blancs ou de taches. Compte rendu entomologique. Par M. Brown. Je n'ai malheureusement qu'un bien petit nombre d'espèces de Lépidoptères à signaler, une dizaine à peine; ce sont : Spilothyrus Alcese, dont un échantillon femelle m'est éclos, le CXLIV 23 juillet, d'une chenille, à peu près adulte, trouvée sur Malva sil- vestris. Stegania trimacularia, dont une femelle m'est éclose, le 17 juillet, d'une chenille adulte trouvée sur le peuplier pyramidal. Crambus rorellus : deux sujets femelles, dont l'une, défraîchie, a pondu dans le tube, et les petites chenilles sont écloses le 17 juillet au matin. Crambus pascuelius : un échantillon unique et bien fripé. Tortrix heparana : une femelle éclose, le 23 juillet, d'une chenille trouvée sur le charme. Coleopliora Binderella : un fourreau trouvé sur le noisetier; mais le papillon n'est pas éclos! Gracilaria auroguttella : quelques chenilles ont été recueillies sur un Millepertuis et deux papillons me sont éclos le 16 et le 23 juillet. Nepticula (species?) : trois chenilles ont été trouvées sur le charme; mais aucun papillon ne m'est éclos et il m'est impossible, dans ces conditions, d'identifier l'espèce ! Enfin, j'ai vu voler un Lépidoptère de petite taille, qui était peut- être intéressant, mais que je n'ai pas réussi à capturer! J'ai aussi vu voltiger quelques rares échantillons d'espèces ultra- banales, telles que Satyres, Piérides, Polyommates, que j'ai négligé de capturer et dont l'énumération n'offrirait aucun intérêt. Parmi les Hémiptères, j'ai capturé, sur le peuplier pyramidal, un échantillon femelle de Rhaphigaster griseus, d'une teinte sensible- ment plus foncée que chez tous ceux que j'ai capturés jusqu'ici, et une petite Cicadinée indéterminée, ainsi que des galles, probablement de Phylloxériens, sur des pétioles de peuplier pyramidal et surtout sur des buissons d'ormeau croissant le long de l'Isle. J'ai retrouvé depuis, au Thil, les galles du pétiole du peuplier contenant le plus souvent, en outre des Phylloxériens, une larve de Diptère en train de les dévorer et je pense que l'espèce est com- mune, mais je n'ai pas son nom scientifique! CXLV Séance du 20 octobre 1909. Présidence de M. le D"^ Henri Lamarque, président. CORRESPONDANCE Lettres de MM. Gondinet, Lataste, Peyrony, Godillon et Delsaut en remerciement de l'envoi qui leur a été fait de la notice surl'excur- sion des Eyzies. M. Breignet présente le bulletin bibliographique du mois d'octo- bre et dépose la flore des Basses-Pyrénées de M. Bergeret, et le sup- plément à la 4® édition de la flore bordelaise, par Laterrade, offert par M. Daydie. M. le D'^ MuRATET soumet les rapports du V^ Congrès des Pèches maritimes auquel il a assisté en délégué de notre Société. C'est avec le plus grand plaisir qu'il fait part de l'hommage public qui a été rendu à l'un de nos collègues pour ses études sur le verdis- sement des huîtres. Il fixe notre attention sur le rapport résumant nos connaissances actuelles sur l'évolution du homard et des crus- tacés. M. Lambertie fait don à la Société de plusieurs volumes : Martin : Les Lépidoptères d'Europe; Lacépède : Histoire naturelle des serpents; Olivier (Ernest) : Longévité d'un insecte; Cosson : Flore de Paris ; Flore de Grenier et Godron en trois parties ; Histoire naturelle des punaises de France par Mulsant et Rey. COMMUNICATIONS M. Baudrimont fait une communication intitulée : Contribution à l'influence de la lumière colorée sur le développement des vers à soie. Cet intéressant travail sera publié dans nos Actes; une commis- sion composée de MM. Daydie, Muratet, Llaguet est nommée pour l'examiner. M. DoiNET présente un Lepiota lenlicularis Lasch. envoyé par M. le D' Ballion (ce champignon, assez rare, est un spécimen de l'en- Procès Verbaux 1909 10 CXLVI chaînement du genre Amanita au genre Lepiola). Il donne les noms des espèces de champignons qui lui ont été adressées par nos collè- gues, MM. Boyer, Lacouture et Lambertie. Parmi ces espèces, citons Armillaria mellea, Psalliota arenicola et Polijporus versicolor. Note relative à la recherche de certains insectes dans le département de la Gironde. 2^ noie (région des plaines). Par* M. Maurice Lambertie. Les plaines du département sont surtout composées de bois, de prairies et de vignes produisant les meilleurs crus de la région. Les forêts et les landes de Cazaux se continuent jusqu'à Cestas bien connu des paléontologistes par les faluns qu'on y rencontre. On capturera dans les environs de cette localité : Sous les mousses, Phymala crassipes F., sous les débris de paille, Coranus JEgyptius Fab., en filochant, Carpocoris fuscipmus Boh., Cymus glandicolor Hahn, Nabis férus L., Leptopterna ferrugata Fall., Lijgus pratensis Fab., sur les ombellifères, Calocoris bipunctatus Fab., sur les ajoncs, Nabis lativentris Boh., TV. ericelorum Schtz., sur les peupliers, Idio- cerus scurra Germ., Hythoscopus flavicollis L., sur les chênes, Eusar- coris seneus Fieb., Globiceps sphegiformis Rossi, Alebra albostriella Fab., Eupteryx concinna Ger., Typhlocyba Lelhierryi Edw., Acoce- plialus slriatxis Fab., Macropsis lanio L., Ptyehis spumarius L., Issus coleoplralus F., sur les aulnes, Peribalus vernalis Wolff, Arina cus- tos F., Elasmotethus griseus L., Cyphostethus tristrialus Fieb., Enop- lops scapha F., Acetropis Gimmerthali Flor., Miris calcaratus Fall., M. lœvigatus L., Phyhis melanocephalus L., Stenaris macuUpes Reut., Empoasca smaragdula Fall., Bylhoscopus Alni Schk., Agallia venosa Fall., Psylla Fœsteri Flor. A Gazinet, on rencontrera sous les pierres ou vieux morceaux de bois, Harpaclor enj Ihropus L., sur les chênes, Platymetopius major Kb. A l'Alouette, on capturera sous les débris au bord des mares, Paromius leplopoïdes Baer, Myrmedobia coleoptrata var. snbtruncata Rey, en criblant les herbes sèches, Acocephahis albifrons L., dans les mares, Coriza semistriata Fieb., C. coleoptrata Fabr. CXLVII A Villandraut, on prendra sur les saules Idiocerus notatus Fah., sur les aubépines, Athxjsanus plebejiis Zelt., A. sordidus Zett., A. notaius Fab., en fîlochant, Metacanthus elegans Curt., Nysius senecio- nis Schill., Notochilus contractus H. -S., sur les ajoncs, Corizus cras- sicornis var. abutilon Ross., Aphanus quadratus F., Monanthia dume- torwn H. -S., Nabis férus L., T.hamnotettix croceus H. -S. A Saint-Médard-d'Eyrans,où se trouvent des terrains marécageux et des pâturages, on prendra : sous les mousses au bord des fossés, Holcogasler fibulata Germ., au pied des pommiers, Phyllomorpha lacian'ala Vill., en battant les haies, Caloplatus carthusianus Gœze, en tamisant les herbes sèches, Coreus subapterus de Geer, en fîlo- chant, Pseudophlœus Walttli H. -S., Chlorila viridula Fall., Chiasmus translucidus M.-R., Delphax propinqua Fieb., sur les peupliers, Idio- cerus aurulentus Kb., sur les prunelliers, Helicoplera marginicollis Spin., sur les saules, Thamnoleltix erythrosticlus Leth. var, exemius Lœw., Jassus commutatus Fieb. Près de Bordeaux, on capturera aux allées de Boutant, dans le sable des talus du boulevard, Salda Coksii Curt., en fîlochant, Eup- teryx airopunctala Gœze, Deltocephalus ocellaris Fall., Cixius pallipes Fieb., Delphax colUna Bohn. Au Haillan, dans les bois et champs qui bordent la route de Saint- Médard-en-Jalles, on capturera d'intéressantes espèces d'Hémiptè- res parmi lesquelles, sur les aulnes, Corizus parumpunc talus Schill., sur les saules, Pediopsis scutellata var. rubi Vahl. Bohn., sur les genêts, Agallia Antonise Mel., Ptyelus spumarius var. fasciatus F., vitlatus F. (nouvelle variété), en fîlochant, />^c^^/ono^a fuliginosa Cosla, Metapterus linearis Costa, Empoasca smaragdula Fall. var. rutes- cens Mal., Gnatodus punctatus Thumb., Thamnotettix fenestralus var. gultullalus Kb., Athysanus striatulus Fab., Deltocephalus repletus Fieb., D. sabulicola Curt., Acocephalus fiisco fasciatus Gœze, Chias- mus translucidus M.-R. var. conspurcatus Perr., Ommalidiotus dissi- milis Fall., Euidella basilinea Ger., Delphax Bohemani Stâl. A Gajac, sur les potamogetons, Ctca(iu/a cyana?Boh.,surles prêles, Delphax leptosoma Flor., sur le genêts, Agallia Antoniœ Mel., Am- blyrrhina Putoni Lœw. (nouvelle espèce), sur les bouleaux, Idioce- rus albicans Kb., uslulatus M.-R., sur les peupliers, Idiocerus psecilus H. -S., fasciatus Fieb., /. vitreus F. (nouvelle espèce), I. aurulentus Kb., /. decipiens Kb., sur les chênes, Thamnotettix dilutior Kb., Th. erythrosticlus Leth., Tettigomeira sororcula Horv., Pterochlorus Ion- ex L VIII gipes Diif , en filochant, Empoasca smaragdula Fall., Doratura homo- phyla Flor., Acocephatus rivularis Germ., Bythoscopus rufusculus Fieb., sur les aulnes, Odonloscelis dorsalis F. Dali., Acelropis Gim- merthaii Flor., Pfiylocoris meridionalis H. -S., Pilophorus perplexus Scolt., P. clavatus Kb., ^^thorinus angulatus Fab., Ortholylus margi- nalis Reut., Psallus ambiguus Fall., Ps. aurora M.-R., Ps. alnicola Dgl. S., Alebra albostriella Fall., Eupteryx concinna Ger., E. atropunc- tata Gœze, Zygina blandula Rossi, Typhlocyba juciinda H. -S., 7'. graiiosa Boh., T. sexpunctala Fall., Jassus modestus Scott., Cixius pilosus var. albicinctus Germ., C. pinicola Fieb. A Saint-Médard-en-Jalles, on capturera sous les mousses, Berytus Signoreli Fieb., Acocephalus histrionicus Fab., en filochant, Odonto- larsus grammicus L., Dyroderes marginatus F., jElia rostrata Boh., Piezodorus incarnatus var. alliaceus Ger., Phyllomorpha lacianata Vill., Chrorosoma Schillingi Schmb., Prostemma guttula Fab., Nabis ericetorum Schlz., Scolopostethus affinis Schill., Globiceps sphegifor- mis Rossi, Reuteria Marqueli Put., Teltigonia viridis L., sur les genêts, Chlorila ftavescens Fab., sur les saules, Aphrophora Salicis de G., sur les pins, Melropis lugubris Sign., sur les fougères, Stiroma Pleridis Gêné, sur les chênes, Camptobrochis punctulata Fall., Jassus mixtus Fab., sur les peupliers, Idiocerus scurra Germ., /. aurxdenius Kb., /. confusus Flor., Kelisia guttida Germ., sur les moutardes, Eury dénia f es livum L.^ E. oleraceum L. avec ses variétés confluens Royer, Laborderii Royer, annulatum Fall., sur les aulnes, Micrelytra fossularum Rossi, Phytocoris Tilise Fall., Ph. Uhni L., Cyphodema inslabile Sign., Camptobrochis lutescens Schill., Alebra albostriella var. discicollis H. -S., Aphrophora Alni Fall., Cixius cunicularius L,, Psylla Fœrsteri Flor. Note sur deux Cochenilles du département de la Gironde. Par M. Maurice Lambertie. Lecanîum hesperidum L. J'ai trouvé cette espèce sur le Sycomore. Elle se trouve placée sur- tout à l'aisselle des jeunes pousses et le long du pédoncule des feuilles par plaques très serrées; il s'en trouve aussi sur les nervures, CXLIX de distance en distance, et surtout au point d'insertion du pédoncule et des nervures de la feuille. Elle peut se trouver sur les Orangers et sur les plantes les plus diverses. Aspidiotus hederse Vallot. A. nerii Bouché. Cette espèce se trouve sur le Phœnix daclylifera L. : on la rencontre surtout sur les folioles et sur le pédoncule des feuilles. Lorsqu'on enlève les cochenilles collées à la feuille, on remarque que la coloration verte du pédoncule a été remplacée par une colora- tion jaune et généralement ronde. Cela tient probablement à ce que ces insectes se sont nourris du suc de la plante et, si l'on n'a pas la précaution de les détruire, la plante fatalement succombera. Cette espèce est également polyphage et extrêmement répandue. Note sur deux Cécidies. Par iM. M. Lambertie. Dans une excursion que j'ai faite, le 17 octobre dernier, à Gajac et au Haillan, j'ai rencontré dans une prairie plusieurs bonnes espèces d'Hémiptères qui donneront lieu à un compte rendu détaillé lorsque je les aurais révisées. A Gajac, vu un tremble dont la plupart des feuilles étaient atro- phiées par la piqûre d'insectes. Parmi celles-ci j'en ai remarqué plu- sieurs dont le pétiole était déformé en spirale. Après avoir consulté le remarquable travail de notre collègue C. Ilouard sur les zoocécidies des plantes (1), j'ai pu établir le nom de cette Cécidie. C'est Pemphigus spiratecse Pass. (Hémiptères aphides). Au Haillan, j'ai trouvé sur le Chêne une galle produite par le Cynips conglomerala Giraud (Hym. cinipide). Cet insecte produit une cécidie verte, molle et par endroits teintée de rouge. (I) G. Houard, Les zoocécidies des plantes d'Europe et du bassin de la Méditer- ranée, Paris, 1908. Procès Verbaux 1909 11 CL Présentation d'une très jeune truffe trouvée le 4 août 1909. Par M. G. Boyer. Le 21 juillet dernier, je signalais la rencontre que j'avais faite d'une jeune Irulïe quelques jours auparavant. Je vous ai montré celte trufîe, qui était noir rougeâtre à l'extérieur, blanche à Tinté- rieur. Vous n'avez pu voir autour d'elle aucune trace de myceliuai visible à l'œil nu. \a\ truffe que je vous présente aujourd'hui conservée dans l'alcool est encore plus petite. Elle ne pèse que cinq centigrammes. C'est là la plus petite truffe qui, à ma connaissance, ait jamais été signalée. Elle donne lieu aux mômes remarques que la précédente, à laquelle elle ressemble beaucoup sauf la grosseur. Ses verrues notamment sont plus réduites dans toutes leurs dimensions. L'absence de mycélium bien apparent vient une fois de plus à rencontre de ce qu'a écrit Tulasne dans son Hisloire et monographie des champignons hypogés (p. 59-60). « Les jeunes trufTes, dit-il, sont de toutes parts enveloppées d'un feutre parfaitement blanc, très dense, de un à trois millimètres d'épaisseur et dont les fils constitutifs... se prolongent ou s'étendent çà et Ik, autour du champi- gnon, sous la forme de filets déliés ou celle de flocons mal définis (Voy. pi. m, fig. II et pi. XIX, fig. XII) ». Or, la jeune truffe que je vous présente ici, pas plus que d'autres échantillons un peu plus volumineux trouvés quelques jours après, ne possèdent rien de semblable à ce qu'a décrit Tulasne. Il est donc probable que cet auteur aura pris pour le mycélium de la truffe une production qui lui est étrangère, une moisissure sans doute. Séance du 3 novembre 1909. Présidence de M. le D^' Henri Lamarque, président. ADMINISTRATION La Société procède aux élections pour l'année 1910. Sont nommés membres du Conseil : MM. Bardié, Barrère, Breignet, CLI Degrange-Touzin, Devaux, Daydie, Doinet, D'' Lamarque, Lamberlie, Llaguet, D'' Muratet, Rozier. A la Commission des Finances : MM. Bial de Bellerade, Daydie, Deserces. A ]a Commission des Publications : MM. Doinet, D' Muratet, Rozier. A la Commission des Archives : MM. Baiidrimont, Boyer, Peyrot. A la Commission des excursions : MM. Bardié, Barrère, Lacoulure, Lambertie, Motelay, Rozier, COMMUNICATIONS M . Lambertie présente une feuille de phénix avec la cochenille déjà indiquée à la précédente séance. M. Doinet présente plusieurs champignons de l'espèce Clalhriis cancellatiis Tourn., que M. Rozier lui a adressés. M. Barrère attire l'attention sur le parisitisme du Lathrœa clan- deslina, récemment signalé en Touraine sur la vigne. Compte rendu d'une excursion mycologique à Tresses. Par M. Doinet. Dimanche dernier, 31 octobre, notre collègue, M. Lacouture, a organisé à Tresses une excursion mycologique à laquelle M. Lam- bertie et moi avons pris part. Sur le sol accidenté de cette commune, à quelques centaines de mètres de la station Tresses-Mélac, outre les sites pittoresques que nous avons admirés, se trouvent des bois aux essences diverses et de frais vallons bordés de coteaux agrestes dont les flancs, couvei-ts de taillis et de futaies, présentent une végétation naturelle qui, n'étant pas contrariée par la culture, favorise le libre développement des productions cryptogamiques; cela nous a permis de faire une ample et intéressante récolte de champignons variés, tellement variés que je n'ai pu, faute de temps, représenter toutes les espèces que je voyais pour la première fois et faire les déterminations nécessaires. Je continuerai celles-ci plus tard. Je ne puis donc, à mon grand regret, vous présenter qu'une faible partie de notre récolte comprenant les champignons qui me sont connus. GLU M. Doinet accompagne celte communication par la présentation des cliampignons ci-après : , Amanita mappa Fr. Collybia radicata Relh. Tricholoma sejunctum Sow. » bufonium Pars. » cnisla Fr. Mijcena flavoalba Fr. Bygrophorus eburneus B. » conicus Scop. » penarius Fr. » niveus Scop, Lactarius nigricans B. » pijjeratus Scop. » vellereus Fr. » pijrogalas B. » circellatus Fr. » azonites B. Russula emelica, var. fragilis. » intégra Linn. Bolelus scaber, var. aurantius Sow. PhoUota destruens Pers. Gomphidius viscidus L. Cortinarius bolarius Pers. Marasmius rolula Scop. Hydnwn repandum L. » imbricatum L. Cantharellus infandibuliformis Scop Craterellus sinuosus Fr. » var. Crispus Sow. cornucopioides L. Lenziles flaccida Fr. Dxdalea quercina L. Peziza onotica Pers. Calocera viscosa Pers. Slereum ferrugineum B. Pholiola aurea. Tricha loma orcinum Fr. CLIII Myceria lactea Pers. Stropharia. Clavaria condensala Fr. » cornicidala'àcXi. Collybia dryophila Fr. M. Daydie fait passer sous les yeux de ses collègues de très inté- ressants silex taillés. Il accompagne cette présentation de la conniiu- nication suivante : Atelier préhistorique à Pessac-sur-Dordogne (Gironde). Par M. Daydie. En septernbre dernier, mes excursions conchyliologiques m'ame- nèrent sur un plateau planté de vignes, situé à proximité de Pessac- sur-Dordogne (Gironde) el orieuté à peu près au sud de celte localité. Ce plateau fait partie du domaine de Macliin. En traversant le vignoble, je remarquai quelques morceaux de silex à moitié engagés dans l'argile dont se compose le'sol de ce plateau. J'en ramassai quelques-uns, et la plupart offrirent à un exa- men superficiel des tailles intentionnelles. De là à me livrer à une recherche plus attentive, il n'y avait qu'un pas, que je fi'ancliis tout- naluiellement; et pendant une huitaine de jours, deux à trois heures chaque fois, je revins exploi'er la même pièce de vigne. L'obligation do mon départ m'a seule empêché de parcourir tout le plateau. C'est le résultat de ces recherches hâtives et très supeiTicielles (je n'ai recueilli que les silex à fleur de terre) que je soumets ci votre appréciation. Ce qui m'a tout d'abord frappé, c'est la petitesse d'un grand nom- bre d'outils. Je possède des râcloirs, perçoirs, grattoirs, lames, poin- tes ne dépassant pas un 1 centimètre trois c[uarts à 2 centimètres de longueur. Quelques-unes de ces pièces sont en calcédoine. Les plus grandes pièces, à l'exception de deux ébauches de haches qui ont respectivement 10 centimètres sur 5 centimètres et demi et 8 centimètre et demi sur 6 centimètres, ne mesurent pas plus de 5 à 6 centimètres de long et cette catégorie forme l'exception; la géné- ralité oscille entre 3 centimètres et 4 centimètres et demi. La couleur du silex est ordinairement d'un gris marbré de noir, ou CLTV bien c'est du silex pyromaque, quelques pièces ont probablement subi raclion du feu et présentent, avec une coloration bleuâtre ou blan-" châtre, des traces très visibles de craquelage ; quelques pièces sont en silex calcédonieux ; plus rares encore sont les pièces en jaspe jaunâtre; une seule est en calcédoine agathisée. J'ai aussi remarqué un très grand nombre de silex aux formes extraordinaires et s'éloignant des types généralement admis, silex retouchés cependant avec grand soin. Je puis dire que toutes ou presque toutes les pièces que j'ai ramas- sées portaient des traces d'utilisation ou de retouches. Quelle en a pu être la cause? Sans doute la pénurie de matière première. Pour que des ouvriers qui paraissent avoir possédé une assez grande sûreté de main, une adresse assez consommée (l'ou- tillage uiicrolithique que j'ai recueilli en est la preuve), se soient résolus à employer jusqu'aux éclats les plus bizarres et les plus exigus, il faut supposer qu'ils ne pouvaient s'approvisionner qu'avec de grandes difficultés. C'étaient assurément des peuplades pauvres. Ils utilisaient même les éclats de haches polies. Quant â la forme irrégulière observée dans un grand nombre de pièces, elle doit provenir de ce que le silex employé, ayant perdu son eau de composition, ne s'éclatait qu'avec difficulté et ne pre- nait que rarement ces belles formes classiques de la plupart des stations. En ce qui concerne la provenance des silex, il est à présumer qu'ils ont été recueillis sous forme de cailloux roulés, dans le lit de la Dordogne, distant du plateau d'un quart d'heure de marche environ. Cet atelier, je crois pouvoir, sans trop de hardiesse, lui donner ce nom, se rapporte à l'Époque robenhausienne. Jusqu'ici, du moins, toutes les pièces recueillies ont le caractère de cette époque. Notre éminent collègue, M. le D'' Lalanne, dont on connaît la haute com- pétence, a bien voulu examiner mes modestes trouvailles, et son opinion est que nous nous trouvons en présence d'un atelier néoli- thique bien caractérisé et très intéressant eu égard à l'exiguité et à la forme bizarre des pièces, cependant très adroitement travaillées, malgré la qualité inférieure du silex employé. Je vais énumérer simplement les divers outils ou armes que j'ai recueillis, en indiquant les formes les plus ordinaires, ne pouvant entrer dans des détails de description qui demanderaient une corn- CLV pélence autrement grande que lu mienne, el sortiraient du cadre de cet article. i" Percuteurs : Il y en a trois en silex grisâtre ou en silex pyio- maque. Leur forme est parfaitement sphéroïde; un très allongé en silex jaunâtre; plusieurs de forme discoïdale en silex gris noirâtre. 2" Betouclioirs ou conipressoirs : Ils sont assez nombreux, quelques- uns discoïdaux; généralement de forme allongée mais imprécise; l'un très petit en silex calcédonieux. 3"^ Nucleus : Trois de forme bien caractérisée et de taille petite (4 à 5 centimètres), avec plans convergeant vers un sommet en pointe, 4° Pierres de Jet : En nombre assez élevé, allant de la taille d'une grosse cerise à celle d'un abricot; quelques-unes bien sphéroïdes. 5° Disques : De grandeur et de forme variées, de 2 centimètres de diamètre à 4 centimètres et demi; un, en une sorte de grès siliceux et de forme ovalaire, atteint 6 centimètres; un autre, en beau silex opaque blanc bleuté, et également ovale, mesure 6 centimètres et demi. 6° Pic : Une pièce en jaspe jaunâtre a dû primitivement servir de petit pic; elle a 7 centimètres et demi de long et 4 centimètres et demi dans son plus grand diamètre. Certaines de ses arêtes sont comme déchiquetées, ce qui semble indiquer qu'elle a dû aussi servir de compressoir ou retouchoir. 1° Racloirs : Ils sont rares et de petite dimension, le plus grand n'a que o centimètres et demi de large. 8° Grattoirs proprement dits : Ils sont nombreux, de forme et de dimensions très variées. Les uns assez allongés, larges et hauts dans la partie utilisable, étroits et surbaissés à la partie opposée; d'autres ont une forme discoïdale plus ou moins aplatie; quelques-uns sont nucléiformes. Leur grandeur va de 2 centimètres et demi à 6 cenli- mètres de longueur; il en est de très finement travaillés et consti- tuant des pièces de choix. 9** Grattoirs divers: Puis vient toute une série de doubles-grattoirs (un en calcédoine mesure 4 centimètres de long sur \ centimètre fort de large) : grattoirs-racloirs, grattoirs concaves, grattoirs convexes, grattoirs avec perçoir. Tous sont très artistement travaillés. 10" Rabot : Une pièce mesurant 4 centimètres de long sur 3 centi- mètres de large, a pu servir de petit rabot. 11* Perçoirs : Ils sont assez petits, le plus long n'a que 4 centime- CLVl 1res et demi, mais ils offrent une taille 1res soignée. Il en est parmi qui se rapprochent de la forme du bec de perroquet magdalénien. 12° Burins : Assez rares et petits; les deux plus grands, l'un en silex gris noirâtre, l'autre en calcédoine agathisée (double burin), atteignent à peine 5 centimètres de longueur. 13° Lames : Egalement rares et de dimension très exiguë. Très peu sont effectivement travaillées; ce sont plutôt des éclats. Une seule est admirablement taillée et rappelle les belles lames magdalénien- nes, mais elle n'a que 4 centimètres de long sur un demi-centimètre de large, 14° Tranchels : Peu nombreux; le plus grand a 4 centimètres de longueur et 4 centimètres à la base. i'^'^ Pointes ."Assez nombreuses; quelques-unes de forme ovale et régulière ; d'autres triangulaires; d'autres en fer de lance ou sub- tétragones; l'une même est pentagonale; la plus grande mesure 5 centimètres sur 4 centimètres et demi, elle est en silex calcédo- nieux; les autres sont en silex gris noirâtre. 16° Pointes de flèches : J'ai trouvé un assez grand nombre de silex de formes très diverses; les uns paraissent se rapporter à des ébau- ches de flèches, d'autres, retouchés avec soin, semblent être des pointes de flèches terminées. Aucune de ces pièces n'offre cependant; la forme, même éloignée, des belles pointes à pédoncule. Un éclat de silex blond affecte toutefois une forme très élargie à la base avec encoches et commencement d'ailettes et de pédoncule, mais elle n'est pas terminée. Dans le nombre, quelques pointes à tranchant trans- versal. 17° Pièces dive^^ses : Je possède aussi, de la même provenance, une foule de pièces de formes étranges, portant des traces d'utilisation ou de retouches, sans qu'on puisse bien caractériser leur emploi. 18° Quatre pièces, cailloux roulés taillés sur deux côtés (un grand et un petit), les deux autres côtés conservant la croûte naturelle. Ils. sont retouchés sur leurs deux faces de manière à former une tranche: très aiguë. Les côtés respectés semblent l'avoir été pour faciliter la préhension. Ces pièces ressemblent un peu au coup de poing à talon (coupe- ret) du chelléen, du moins comme aspect général. 19° Des éclaJ,s et esquilles plutôt petits. Je n'en possède que 2 de grandes dimensions, 6 centimètres de large sur 5 centimètres de haut et 5 sur 5. . cLvn 20° Enfin des fragmenis assez grands mais informes de haches polies; des moitiés de haches polies, ainsi que des ébauches complè- tes ou brisées de haches; ces ébauches, du moins la nature de la roche dans laquelle elles ont été taillées semble l'indiquer, provien- nent de la région de Bergerac distante d'à peu près 40 kilomètres. J'ai aussi ramassé au même endroit tout un outillage microlithique (petit retouchoir en calcédoine, racloir de même matière, racloirs- grattoirs, doubles grattoirs, grattoirs h encoclie, grattoirs rappelant le bec de perroquet magdalénien, lames et diverses pointes dont deux à encoches). J'ai également recueilli des silex taillés à Sainl-Avit de la Soulège, silex mêlés ù, des débris de poteries gallo-romaines ou du moyen âge, brique romaine, morceaux de marbre vert. Je dois aussi parler des gravières de la Beysse, à S kilomètres et demi de Pessac, gravières oîi Ton trouve dans la partie supérieure des débris gallo-romains et dans la couche inférieure des silex som- mairement taillés (?) et roulés que certains palethnologues préten- dent se rapporter à la période éolithique(?) J'en ai rapporté quelques- uns, mais à titre de simple curiosité, n'étant nullement convaincu de leur authenticité, ou du moins ne croyant pas devoir les faire remon- ter à une date aussi éloignée. Et maintenant, je demande pardon aux maîtres de la palethnolo- gie, si j'ai commis quelque hérésie scientifique en exposant le résultat de mes excursions. Ma seule excuse est mon incompétence encore bien grande en cette matière qui demande de si sérieuses études. C'est un commençant qui a écrit ses impressions et qui réclame comme un service qu'on lui signale ses erreurs, tout prêt non seule- ment à les loyalement reconnaître, mais à en faire son profit pour l'avenir. J'espère que ma franchise me vaudra l'indulgence et les salutaires leçons de ceux qui, depuis longtemps, lisent couramment dans ce livre de l'enfance de l'humanité dont je bégaie à peine l'alphabet. CLYIII Séance du 17 novembre 1909. l'résideiice de M. le D'' Henri Lamarque, président. CORRESPONDANCE Lettre de démission de M. Hans Schlesch (de Copenhague). Invitation au VIII® Congrès de zoologie, à Gratz (Autriche). Note relative à la recherche de certains insectes dans le département de la Gironde. 5" note (région des coteaux). Par M. Maurice Lambertie. Le plus généralement, les coteaux de la Gironde sont recouverts de bois et de vignes. Les entomologistes ont intérêt à parcourir cette région où il y a beaucoup à récolter et oîi ils trouveront très probablement des espèces nouvelles, car l'Entre-deux-Mers n'a pas été très exploré jusqu'à présent, faute de facilités de communication. A Camblanes, village dominant la Garonne, on capturera : en bat- tant les haies, Piezodorus incarnatus Germ., sur les sauges, Plaly- plax Salvise Schill., sur les chardons, Mananthia Cardus L., sur les ombellifères, Lygus Paslinacx Fall., sur les orties, Liocoris tripuslu- laius Fab., sur les saules, Idiocerus socialis Fieb., sur les rosiers, 7\jphlocyha Rosse L., sur les figuiers, Homoloma ficus L., sur les aulnes, Peribalus uer??a^ù Wolff, Aphrophora Alni Fall., sur les peu- pliers, Idiocerus fulgidus Fieb., Bylhoscopus flavicollis L., sur les chênes, Gonocevus venator Fab., Lopus golhicus L., Orlhoiylus nassa- tus F., Jassus farcalus Ferr., Cixius pilosus 01., OUarius quinquecos- latus Duf., Teltigometra viriscens Pz., 7'. obliqua Pz., en fauchant, Cydnus flavicornis Fab., Sehirus duùius Scop., Carpocoris Verbasci de (j.^^Micrelylra fossularum Rossi, Corizus capilalus F., C. rufus Schill., Perilrechus geniculatus Hah., Nolochilus contractus H-S., Triphleps eux nigra Wolff, Leptopterna dolabrala L., Oncognathiis binotatus F., Lygus rubrigatus Fall., Pœciloscylus unifascialus Fall., Dicyphus pal- lidus H-S., Thamnotellix diluiior Kb., 71i. sulphurellus Zelt., Alhg- sanxis sordidus Zett., A. fraterculus Reiit., Cixius stygmaticus Ger., Slenocranus longifrons Boh., Delphax pellucida, var. obscura Fieb. (nouvelle variété), Triecphora maclala Ger., Deltocephalus ocellaris Fall. A Citon, jolie localité arrosée par le ruisseau La Pimpine, encais- sée entre deux collines dont les versants sont plantés d'acacias, de chênes, d'aulnes, etc., et dont les bas-fonds sont formés de prairies et de vignes, on rencontrera : sous les amas de paille, Deltocephalus sabulicola Curt., sur les vipérines, Psacasla exanthematica Scop., sur les genévriers, Spathocera laticornis Schill., sur les luzernes, Mega- locoleus moUiculus Fall., sur les lierres, Dicyphus er?'aî7.s WolfT, sur les menthes, l'eltigonia viridis L., sur les saules, Typhlocyba jucunda H-S., Idiocerus aurulentus Kb., sur les prunelliers, Thamnotettix Fieberi, var. tseyiiatifrons Kb., Th. fenestratus, var. gullulatus Kb., sur les peupliers, Idiocerus exaltatus Fab., /. ustulatus M. R., sur les orties, Capsus laniarius L., Heterotoma merioptera Scop., sur les prêles, Idiocerus scurra Germ., Macropsis scutellaris F., sur les aulnes, Peribalus sphacelatusF., ^torhinus angulatus F., Empoasca smarag- dula Fall., Pediopsis nassata, var. graminea Fab., Aphrophora Alni Fall., sur les chênes, Berytus Signoreti Fieb., Arocatus Rœselii Schm., Plinthisus Putoni Horv., Megacœlum infusum H-C, Jassus modestus Scott, Teltigometra fuscipes Fieb., Hyalesthes luteipes, var. Scotti Ferr., B. obsoletus Sign., Cixius nervosus L., Oliarus melanochœtus Fieb., 0. cuspidatus Fieb., Delphax discolor Boh., en hlochant, Odon- lotarsus grammicus L., Cydnus flavicornis F., Corizus hyalinus Fab., Neides tipularius L., Cymus glandicolor Han., Geocoris siculis Fieb., Notochiius hamulatus Thm., Dictyonota fuliginosa Costa, Oncocepha- lus pilicornis H-S., Pantilius tunicatus Fab., Miridius quadrivirgatus Costa, Calocoris marginellus Fab., Oncognathus binotatus F., Capsus Schach. Fab., Charagochilus Gyllenhali Fall., Dicyphus Epilobvi Reut., Platytomalocoris planicornis H-S., Chlorita vittata Leth., CM. viri- dula Fall., Eupteryx Wallengre^n Stâl., Athysanus obsoletus Kb., Deltocephalus cephalotes H-S., D. striifrons Db., Acocephalus alhi- frons L., Lepyronia coleoptrala L., Ptyelus lineatus L., Dictyophora europœa, var. rosea Mel., Delphax propinqua Fieb., D. elegantula Boh. CLX A Sallebœuf, on prendra : sui' les trembles, Idiocerus Tremulse Esll., sur les prunelliers, Thamnoteitix tenuis Germ., sur les chênes, Tetiigomeira sororcula Horv., Cixius pilosus, var. albicinclus Germ., en filochant, Thamnoletiix fenestratus, var. gulLulalus Kb., Athysa- nus slrialulus Fall., Acocephalus hifascialus L., sur les pins, Troilus luridus F., Phlepsius inlricalus H-S., sur les aulnes, Brachysteles rufescens Costa, Pilophorus perplexus Scott, Idiocerus elegans Flor., Agallia reticulata H-S., sur les saules, 7'gphlocyba sexpunctala Fall., Pediopsis glandacea Fieb., P. nassala, var. virescens Fab., P. sculel- lala Boh. A Camarsac, dans des bois de chênes et des prairies baignées par un ruisseau dont la bordure est composée d'aulnes, de saules, etc., on capturera de très intéressantes espèces, parmi lesquelle : sous les herbes en pourriture, Ochetostelhus nanus H-S., sur les prêles, Eysarcoris seneus Fieb., sur les aulnes, Idiocerus liluralus Fall., sur les peupliers, Idiocerus exallalus Fab., sur les prunelliers, Selenoce- phalus obsolelus Germ., sur les genévriers, Cyphostethus trislrialus Fieb., Gonocerus Juniperi H-S., sur les chênes, Acocephalus fusco- fascialns Gœze, Ptyelus spumarius L., Telligometra virescens, var. bicolor Ain., var. dorsalis Lalr., T. fuscipes Fieb., 7'. impressopunc- tala Duf., y. obliqua Pz., var. Iritsenia Fieb., platytœnia Fieb., Macropsis prasina Fab., M. lanio L., Cixius intermedius Scott, en filochant, Dyroderes marginalus F., yElia acuminata L., y^. rostrala Boh., Carpocoris fuscipinus Boh., Balhysolen nubilus Fa\l., Pggolam- pis bidenlala Fower, Phylocoris varipes Boh., Athysanus distinguen- dus Kb., Dellocephalus picturaius Fieb., D. argus Marsh., Plaiymelo- pius undalus de G., Teltigonia viridis L., Kelisia gutlilifera Kb., Asiraca clavicornis F. A Coutras, on capturera : sur les saules, Lygus pabulinus L., sur les chênes, Camptobrochis lulescens Schill., Cixius pilosus 01., sur les marguerites, Monanthia Woll/ii Fieb., en battant les haies, Syro- masles marginalus L., Verlusia sulcicornis F., Cenlrocoris spiniger F., en filochant, Pseudophlœus Fallenii Schill., Corizus crassicornis L., Perilrechus nubilis F., Pygolampis bidentata Fourcr., Miris Ixoigalus L., Megalocenea erralica L., Calocoris pilicornis Pz., C. sexpunclalus, var. coccineus Duf., nankineus Duf., Dellocephalus strialus L., Acoce- phalus slrialus Fab. CLXI Séance du 1°' décembre 1909. Présidence de M. le D'' Henri Lamarque, président. CORRESPONDANCE Lettre du comité géologique de Russie annonçant la mort de M. Serge Nikitin. ADMINISTRATION Sur la proposition réitérée de plusieurs membres, et vu le bien fondé de cette modification, la séance du 1" mercredi d'août est supprimée et reportée au 1" mercredi d'octobre. Sur le rapport de la Commission des publications, la Société sup- prime la pagination romaine des procès-verbaux et la remplace par la pagination ordinaire précédée du mot Procès-Verbaux. COMMUNICATION Le secrétaire de la séance rend compte de la parfaite réussite du banquet d'hiver qui, sous la direction de MM. Bardié et Breignet, a eu lieu au restaurant Gobineau, le jeudi 25 novembre 1909. Quinze membres avaient répondu à l'appel des organisateurs; c'étaient MM. Bardié, Breignet, Motelay, Rozier, Lambertie, D' Barrère, Lia- guet, D'' Lamarque, D'" Muratet, Lacouture, Sauvageau, Brown, Baronnet, Neyraut, Gouin. Le repas fut empreint de la plus cordiale intimité et au dessert notre président, ainsi que MM. Bardié et Lla- guel burent aux succès de cette année et à l'avenir de notre chère Société. M. RozTER montre à ses collègues de magnifiques échantillons d'instruments néolithiques, ramassés par M. Neuville et appartenant à sa collection. La pièce de valeur est une lame, en forme de poi- gnard, longue de 23 centimètres, trouvée à Mazion, près de Blaye; M. Rozier estime qu'aucun musée ne possède probablement un échantillon d'une taille aussi remarquable. Une pointe en forme de poignard, et deux haches polies ont la même provenance. Enfin, notre collègue nous montre une hache en bronze, admirablement conservée, qui provient d'Arudy (Basses-Pyrénées). CLXII M. DoiNET donne les noms des deux polyporées présentés par M. le D'' Lamarque à la séance précédente : Polyporus fomentarius L. Lenziles flaccida Fr. Il fait passer sons les yeux de ses collègues les champignons dont les noms suivent, recueillis à Tresses-Mélac, le 28 novembre, dans une excursion mycologique, par MM. Lacoulure et Boyer : Tricholoma porlentosum Fr. sulfureum, var. crassifolium Berk. Clitocyha nebularis Batsch. maxima A. el S. Laccaria laccala, var. sandicina Fr. Russula nigricans B. sardonia. Fr. Cantharellus tuhseformis Fr. Mycena galericulata Scop. Marasmiiis (sip.'!). Cortinarius cinyiamomeus L. Gomphidius viscidus L. Polijporus vulpinus Fr. Stereum hirsutum Wild. Hydnum repandum L. imbricatum L. Ulocolla saccharma Fr. ainsi qu'un intéressant individu de l'espèce Polyporus lucidus Leys. récolté également h. Tresses-Mélac, le 21 novembre, par M. Lacou- ture . CLXIII Séance du 15 décembre 1909. Présidence de M. le D'' Henri Lamarque, président. CORRESPONDANCE Lettre de la Société géologique de France relative k un legs de M. Danton, ingénieur civil des mines, fondant un prix de 4.000 francs destiné à l'auteur de la découverte géologique la plus utile à l'in- dustrie. ADMINISTRATION Le Conseil a ainsi composé son bureau pour l'année 1910 : Président MM. le D'Henri Lamarque. Vice-président .... B. Llaguet. Secrétaire général . . le D'" P. Barrère. Secrétaire adjoint. . . Bardié. Archiviste Breignet. Trésorier X. Rozier. Les dates des séances pour l'année 1910 sont ainsi fixées : Janvier . . . 5-19 Juin 1-15 Février . . . . . 2-16 Juillet 6-20 Mars . . 2-16 Octobre. . . . 5-19 Avril .... 6-20 Novembre . . 9-23 Mai 4-18 Décembre. . . 7-21 COMMUNICATIONS M. Daleau soumet un cas de floraison d'un Agave americana, à Bourg-sur-Gironde. CLXIV A-ddendum à ma note sur les époques d'évolution et l'habitat des espèces du genre « Donacia Fab. » dans le département de la Gironde. Par M. Maurice Lambertie. Donacia tomentosa Ahr. Cette belle espèce, réputée assez rare, que je croyais disparue des environs de Bordeaux, n'a fait que changer de station, et du sud de Bordeaux s'est transportée au nord. En effet, le 14 juillet dernier, après-midi, j'ai fait une excursion dans les marais de Boutaut au lieu dit Le Lapin 6/onc, station que j'avais visitée autrefois et qui ne m'avait donné rien de remarqua- ble. Les divers fossés bordant ou avoisinant le sentier qui conduit du chemin vicinal vers la Garonne, à l'extrémité de l'installation des tuyaux de colmatage, m'ont donné surtout des vulgarités, mais cependant trois exemplaires de D. appendiculata, var. cxrulans Ws, Un peu à droite de la ligne des tuyaux, un fossé sensiblement plus large que les précédents, dans lequel poussaient çà et là quelques Butomus umbellatus L. m'a procuré une centaine d'exemplaires de D. tomenlosa Ahr. d'une fraîcheur parfaite et bien variés en taille et coloris. C'était certainement le moment de l'éclosion, car, sur une tige arrachée et à la partie basilaire d'une feuille, j'ai constaté la présence de deux nymphes qui se sont parfaitement développées deux jours après. Ces insectes butinent dans les ombelles sur l'une desquelles j'en ai pris jusqu'à dix. Tous sans exception ont été capturés sur celte plante. L'espèce n'a donc pas disparu et nos collègues auront encore de bonnes moissons à faire dans ces parages. Je ne désespère pas d'y reprendre la Donacia cinereM Herbst. TABLE DES MATIERES (PROCÈS-VERBAUX 1909) BIOLOGIE Pages Baudrimont Contribution à l'influence de la lumière colorée sur le développement des vers à soie cxlv BOTANIQUE Arné (P.) et Bap.rère (D''). Influence des différents agents marins sur les . pins du littoral gascon lxviii Bardié(A.) Station de plantes vernales dans la Gironde . . . lxi, lxiv — 7'MZ/joapra?coa; (distribution de spécimens) lxxiv Bardié (A.) et Barrère (D""). Plantes recueillies à l'excursion des Eyzies . . cxxv Barrère (D'') . . . . Graine d7?j/af/a trouvée sur le littoral de l'Océan. . . lxxxiv — .... Parasitisme du Z-a^/»'cBa cZfljirfes^i'na sur la vigne. . . cli BoYER (Dr) Sur deux cas d'empoisonnement par Amanita mus- caria xxii — Morchella et Tuher trouvés au début d'avril 1909 . . . lxxxiv — Sur une espèce de Tei/ezia, récoltée en Tunisie, xciii, civ — Germination et culture de spores de Morille cvii — Sur une jeune trufîe trouvée en Périgord, le 14 juillet, cxxx — Présentation d'une très jeune trufîe cxlix BoYER(Di')etDoiNET Présentation de champignons xciii Daleau Tige de pin bifurquée (présentation) lxxiv . — Floraison à Bourg-sur-Gironde d'un ^^«ye«»2e7'zcfl?ia. clxiii Deserges, Doinet, Gouin, Lamarque (D''). Observations sur les déformations des arbres lxxi Devaux Influences diverses agissant sur les plantes aux bords de la mer lxxi-xciii Doinet Sur quelques spécimens de Pezizes lxxii — ^H?a?n;a owoïcZea (présentation) cvi — Excursions mycologiques. Champignons récollés, cxii-cxxvii — Compte rendu mycologique de l'excursion de la 92« fête linnéenne . cxlii — Lepiota lenlicularis (présentation) cxlv — ........ Clathrus cancellalus (présentation) ....,.,... cli Procès Verbaux 1909 11* CLXVI Pages — Excursion mycologique à Tresses. Presentalion.de champignons eu — Préseiilalion de cliampignons recollés le 28 novembre, clxii Gruvel et Bonnet . Envoi de la partie botanique de la mission sur la Côte occidentale d'Afrique (voir dans les Actes) xxix Lal.\nise {D^) .... CijpripediUin Leeanum, var. AiberLianum lvi — . . . ■. CdLlleya labiata, alba (présentation) lvi MoTELAY .\ \)ropos à' Ephedraequiseliformis! xxix — L'Aceras densiflora trouvé à Arcachon xcii MuRATET (Dr) . . . . Soudure de rameaux de fusain xcm Neyraut Compte rendu botanique de l'excursion de la 92» fête linnéenne cxxxiv QuEYRON Excursion du 18 avril 1909 à Saint-Brice, Castelvieil, Goruac, Foncaude, Bagas, La Réole cvii Vallet (abbé). . . . Localités nouvelles de 'AiZijaa OcmZus-So/îs et Fri/i7Za- ria meleagris xcii ENTOMOLOGIE Brown Compte rendu entomologique de l'excursion de la 92'' fêle linnéenne cxliii Lambertie Hémiptères nouveaux ou rares pour la Gironde. . . . xui — Recherches de certains insectes dans le déparlement de la Gironde : 1° Région maritime cxiv 2° Région des plaines cxlvi 3° Région des coteaux clviii — Notesurdeux cochenillesdudépartementdelaGironde gxlviii — Présentation de l'euilles de Phénix, avec cochenilles, eu — ...... Note sur deux Cécidies cxux — Epoques d'évolution et habitat des espèces du genre Donacia Fab. dans la Gironde glxiv GÉOLOGIE Deg^iange-Touzin . Faune du Falun de Cestas xgiii RoziER (X.) Exemplaire de Schizasler dans l'Helvélien de Salles . lvi Daydie Atelier préhistorique à Pessac-sur-Dordogne cuii RoziER (X.) Présentation d'instruments néolithiques glxi ZOOLOGIE Bardîé (A.) Quelques mots d'histoire naturelle archéologique à propos d'une fouille dans le Bordeaux gallo-romain, lxxxyi Breignet Envoi par M. Lataste de cornes d'Antilocapra ameri- cana lxxxiv CLXVII Pages Daleau (F.) Anguilles et canards lxxii — OEuf de poule anormal, « cocalrix » . lxxiv DoiNET Danger de certains escargots au point de vue alimen- taire . LXXXV Gendre (D') Notes d'helminthologie africaine : If" note: Ati'actis xxix 2° note : Heterakis xxxui 3" note : Clieilostomiens, Acheilostomiens . . . lxxiv — Liste de quelques reptiles du Fouta-Djalon cv DIVERS Personnel de la Société m Admissions : Membres titulaires lxvii, lxxiii, cxii, cxvi Membres correspondants xxvi, xxvii, xlvii Membre à vie cxvi Démissions 'xxi, xxvii, xlvii, lxiii, lxvii Décès XXI Distinctions honorifiques ; xxvii, cxxvii Bulletin bibliographique , vin Election des membres du Conseil pour 1910 cl — — de la Commission des finances cli — — — des publications cli — — — des archives cli — — — des excursions cli — — du bureau pour 1910. clxiii Compte rendu du Secrétaire général sur les travaux de la Société pendant l'année 1908 xlvii Dates des séances pour Tannée 1910 clxiii Dons à la Société xlvi, lxiii, lxxiii, gxlv Modification des statuts. cm Programme des excursions pour 1909 lxxii Rapport de la Commission des archives lxi — ^ — finances . lu — — publications xxvii, xxviii Suppression de la séance du mois d'août cxxxii Barrère (D^") .... Compte rendu de l'excursion dans les gorges de la Vézère (1 pi.) cxvi — .... Banquet annuel d'hiver 1909 clxi Rozier (X.) Ouverture du muséum pour les membres de la Société et les étudiants xcii — Création d'une carte de membre de la Société cm — ..... Compte rendu de la 92e fête linnéenne à Coutras . . . cxxxii 31.686. — Bordeaux, Y. Cadoret, impr., 17, rue Poquelin-Molière. SMITHSONIAN INSTITUTION LIBRARIES 3 9088 01314 9802